SAV de Noël : mon enfant est déçu de ses cadeaux, il est jaloux des cadeaux des autres, il y a des conflits entre enfants mais aussi les relations familiales sont difficiles : comment réagir constructivement ?« Mon enfant est déçu de ses cadeaux de Noël ! … il est quand même le seul à être aussi exigeant ou aussi difficile » me disent parfois les parents dans les accompagnements que je fais. Vous faites peut-être partie de ces parents qui cherchent comment réagir pour accompagner leur enfant au mieux dans ces circonstances. Alors voilà quelques pistes pour faire face à cette situation.

Depuis des semaines, votre enfant a soigneusement préparé sa liste de cadeaux. Il a découpé avec application – et avec beaucoup de déchets 😀 ! – les catalogues de jouets que vous avez ramené à la maison. Il a feuilleté les pages avec enthousiasme, cherchant à sélectionner ce qui lui plaisait le mieux. Parfois il a fallu un 2e catalogue parce que 2 jouets qui lui plaisaient se trouvaient sur la même page, recto verso et qu’il ne pouvait pas en découper un sans abimer l’autre.

Noël approchant, muni de la précieuse liste, vous commencez à vous demander pour quel(s) cadeau(x) vous allez opter. Oui parce que, à moins d’être riche comme Crésus ou d’avoir une très très grande famille, vous ne pourrez probablement pas acheter TOUT ce qu’il y a sur la liste. Il va donc falloir faire un choix. Et qui dit choix dit doutes et hésitations de notre part … Parce que oui, nous les parents, on aimerait bien que le matin de Noël tout se passe bien, alors on cherche à faire le meilleur choix possible … (Tiens, d’ailleurs, pourquoi c’est si difficile de choisir ? j’en avais déjà parlé non ? A lire ici …)

Le risque, si vous choisissez mal, c’est d’avoir au matin du 25 décembre, un enfant larmoyant ou en crise au pied du sapin, pleurant toutes les larmes de son corps ou hurlant sa déception. On peut rêver mieux pour un matin de Noël … Et si la famille élargie est là au grand complet, vous aurez non seulement à gérer la déception de l’enfant mais aussi le regard réprobateur de l’entourage qui trouve que, décidément cet enfant est vraiment capricieux et que, si vous vous y preniez mieux il ne ferait pas de caprices.

Comme je n’ai aucun moyen de vous garantir que vous allez choisir LE cadeau dont votre enfant rêve secrètement (sauf s’il n’y en a qu’un dans sa liste … et encore), je me dis qu’il vaut mieux être préparé à cette éventualité pour s’éviter de mal réagir sur le moment.

Mon enfant est déçu de ses cadeaux : quelques pistes pour savoir comment gérer constructivement la déception d’un enfant au matin de Noël …

D’abord une vidéo à voir pour comprendre ce qu’il se passe … A retrouver sur le blog de Coccinelle Boutique et à voir en cliquant sur l’image ci-dessous :

Mon enfant est déçu de ses cadeaux : une vidéo pour mieux réagir

De mon côté, ça m’est arrivé il y a quelques années en arrière avec mon petit gars … alors voici quelques tuyaux qui pourraient vous aider …

Nous sommes le matin de Noël, les enfants se sont levés aux aurores pour se précipiter sur leurs cadeaux. J’émerge tant bien que mal et je les rejoins. Mon fils ouvre une boite, y jette à peine un oeil puis passe à la suivante. Très vite il a ouvert les 3 ou 4 paquets qu’il a … et il dit, très énervé : « c’est nul ! Y a pas ce que j’avais mis sur ma liste ! »

Je dois bien reconnaître que, prise par le temps, j’ai choisis parfois des choses proches mais pas forcément exactement le modèle de la liste. Il y a aussi un cadeau ajouté parce que mon fils en a parlé enthousiaste mais qu’il n’avait pas mis sur sa liste … Bref, c’est le gros fail de Noël. Mon fils est ultra déçu par ses cadeaux … Evidemment, l’entourage proche commence à réagir

Enfin tu n’es pas gentil de parler comme ça ! Le Père Noël ne passera pas l’année prochaine si tu continues comme ça !

Mon sang ne fait qu’un tour en entendant ça pour 2 raisons : la première est que le chantage au Père Noël est une chose que je ne supporte pas (et vous pouvez comprendre ici pourquoi) … et la 2e est que je vois bien que mon fils commence à monter dans les tours et que tout ça ne l’aide pas. Et je n’ai pas envie de me taper une crise monumentale au matin de Noël. Je préférerais ouvrir mes propres cadeaux dans le calme !

Mon fils réagit donc mal à cette 1e approche – comme à peu n’importe qui de déçu je pense (vous pouvez aller voir la vidéo de .

Il s’énerve, crie

De toute façon, j’en veux pas des cadeaux ! Le Père Noël il est trop nul !

et part pleurer dans un coin du salon. Oui mon fils ne fait pas dans la 1/2 mesure …

La famille en rajoute une couche :

Tu n’es pas raisonnable, c’est idiot de réagir comme ça ! Puisque c’est ça, on va prendre tes jouets pour les donner à un autre enfant qui les veut.

Le risque d’insister dans la voie du « tu n’es pas raisonnable » est que cela dégénère en conflit de pouvoir. A ce moment-là, même si l’enfant n’est plus déçu ou plus triste, il va continuer à rejeter les jouets et à râler, simplement pour ne pas perdre la face devant vous. Ce qui serait dommage parce que ça va vous gâcher toute votre journée de Noël (et même les jours qui suivent).

Pour en revenir à mon fils – qui, comme vous le savez ne lâche jamais dans ces moments-là – je sens venir le moment où il va s’énerver pour de bon et dire des choses violentes comme il l’a fait encore récemment, en m’insultant (à lire ici).

Je sais aussi qu’il est sous le coup d’une forte déception. Il a du mal à faire dans la demi mesure émotionnellement parlant. Et sous le coup d’une émotion, adultes comme enfants perdent un peu – beaucoup ?- le sens de la mesure. C’est l’effet ballon émotionnel.

A ce moment-là, l’enfant est plus ou moins dépassé par son émotion et a du mal à agir de façon rationnelle – et donc il n’est pas raisonnable (dans tous les sens du terme). Ce qui aide à ce moment-là c’est de se sentir compris, entendu, d’entendre que ce qu’on vit est légitime – même si ça n’excuse pas tous les comportements. Je décide donc d’essayer de dégonfler son ballon émotionnel.

Je m’approche donc de lui et je lui dis

– Tu es vraiment triste et déçu. Ca n’est pas du tout ce que tu voulais.

– Non !

– C’est dur alors : avoir autant attendu pour ne pas avoir ce qui te faisait envie … T’as raison, va falloir qu’on change de Père Noël ! … (il se détend un peu physiquement) … Tu veux bien m’expliquer comment tu es déçu ?

Il vient sur mes genoux, fait un gros câlin et reste un moment avec moi. Il pleure assez fort dans mes bras, sans parler. A ce moment-là, je ne dis rien de plus : il a juste besoin de traverser ce moment. Je le tiens juste dans mes bras.

Au bout d’un moment, sa détente physique montre qu’il a se sent entendu et respecté dans sa déception.

Ce jour-là, ça lui a pris longtemps pour retourner jouer avec ses jouets « trop nuls ». Nous avons pris le petit déjeuner et papoté à table un long moment. Et ensuite seulement il est retourné voir ce qu’il y avait dans les boites … et il a fini par jouer avec toute la journée avec, visiblement avec plaisir.

Mon enfant est déçu de ses cadeaux : Et si c’est vraiment un « caprice » et que l’enfant veut juste faire pression ? Ou bien si l’écoute n’a pas donné de résultats satisfaisants ?

Je ne crois pas aux enfants manipulateurs mais je constate qu’il peut arriver qu’ayant fait l’expérience qu’insister peut fonctionner, certains enfants essaient. S’ensuit alors un jeu de pouvoir qui va dégrader la relation et qui ne cessera que lorsqu’un des 2 cèdera.

Dans ce cas, aller dans le sens de l’enfant « c’est vrai que c’est trop nul, tu es vraiment horriblement déçu, plus jamais de cadeaux si c’est pour être déçu à ce point là » a des chances de fonctionner. Je l’avais décrite dans l’article « le drame intersidéral du slip manquant ».

Il se peut aussi que l’enfant, malgré l’écoute, aie du mal à sortir de son émotion, souvent parce qu’il croit qu’il pourrait ne plus ressentir cette émotion désagréable. C’est l’un des inconvénients de l’écoute qui pourrait laisser croire qu’à un moment, on ne ressentira plus l’émotion qui nous met mal.

Or la réalité de la vie fait que, lorsqu’on est déçu, triste, on ne supprime jamais cette émotion. On apprend à faire avec. On agit malgré la peine, la déception, la tristesse … Et on se rend compte qu’on peut faire avec, voire qu’on finit par ne plus y penser. C’est un apprentissage primordial à faire faire à un enfant : il en aura besoin toute sa vie pour surmonter le moins mal possible les déceptions et les désagréments qui ne manqueront pas de lui arriver.

Dans ce cas, lorsque l’écoute n’a pas fonctionné ou pas suffisamment, voici ce qu’il est possible de faire afin de montrer à l’enfant qu’on à la fois entendu son émotion mais qu’il est temps de passer à autre chose :

Mon chéri, tu es bien déçu de ne pas avoir eu tous les cadeaux que tu voulais. Je ne peux vraiment rien faire de plus pour t’aider et je pense que tu vas continuer à être triste très longtemps.

Tu préfères être triste en prenant ton petit déjeuner ou en restant ici à pleurer sur le canapé ? Ou bien en jouant malgré tout avec ces jouets trop nuls ?

Vous voilà donc (un peu) préparé à la déception de votre enfant devant ses cadeaux de Noël …

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Mon enfant est déçu de ses cadeaux : pour aller plus loin pour gérer la déception d’un enfant :

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Quelques livres (liens affiliés) :

  1. Alors ça, c’est une super bonne idée que ce SAV de Noël avec les enfants !
    Comme d’habitude, toujours très bien écrit, éclairant, inspirant, bienveillant.
    Merci infiniment de votre sagesse ! C’est un cadeau avant l’heure ! 😉
    Audrey
    Nomilk-today.com

  2. Merci Sandrine, très instructif comme d’habitude !

    Par contre, je n’ai pas compris ce passage : « Il se peut aussi que l’enfant, malgré l’écoute, aie du mal à sortir de son émotion, souvent parce qu’il croit qu’il pourrait ne plus ressentir cette émotion désagréable. C’est l’un des inconvénients de l’écoute qui pourrait laisser croire qu’à un moment, on ne ressentira plus l’émotion qui nous met mal. » Vous pouvez l’expliquer différemment ? Merci. 🙂

    Il n’y a pas d’urgence pour la réponse, notre petit samouraï n’a que deux ans… 😉

    • Parfois, même avec l’écoute, l’enfant continue à se sentir mal. L’écoute permet de se sentir compris et entendu et donc diminue la sensation d’inconfort par rapport à l’émotion. Mais elle ne la supprime jamais totalement.
      Certains enfants espèrent parfois ne plus ressentir du tout les sensations désagréables associées à l’émotion. Pour ces enfants-là, leur faire passer le message qu’ils vont continuer à être tristes/déçus/… mais qu’ils peuvent choisir de continuer à agir malgré tout est nécessaire. D’où ma proposition de leur dire « tu préfères être triste en mangeant ceci ou cela ? en faisant la tête ou en jouant avec les autres ? »

  3. Ah, ici ce n’est pas d’avoir mal choisi qui m’angoisse mais plutôt le contraire. Mes enfants 3 et 4 ans ont tous les deux choisi un seul jouet et le MEME. Ils le désirent tous les deux très fort et comme il coûte relativement cher, je leur ai dit qu’ils en auraient certainement qu’un seul pour tous les deux. MAIS ils sont incapables de jouer ensemble eu même jeu. Je commence donc déjà à angoisser sur la gestion de la crise qui mêlera excitation et frustration.

  4. Je peux aussi rajouter une piste…quand j’étais petite et que mes parents s’étaient un peu trompé sur le cadeau que je souhaitais…ben en fait, j’étais hyper mal à l’aise car (attention, ce qui suit va être tiré par les cheveux mais c’est véridique !) j’avais pas envie de leur faire de la peine et en même temps comme je ne savais pas mentir ni faire semblant, j’étais vraiment coincée dans une espèce de conflit intérieur…je voulais leur faire plaisir mais je ne pouvais pas….et oui ! ! ! je les voyais, tout content à l’idée de me faire plaisir …et moi qui n’arrivait pas à faire semblant. Juste horrible ! car je ne voulais pas leur faire de la peine.

    • Merci pour ce témoignage !
      Je crois qu’il est tout à fait révélateur de ce que vivent beaucoup d’enfants : ils veulent tellement faire plaisir à leurs parents qu’ils se retrouvent coincés par la culpabilité, ce qui ne les aide pas à se comporter mieux aux yeux de leurs parents, au contraire.

      • Je voulais en plus préciser que mes parents étaient super bienveillants et que jamais ils n’auraient prononcé un truc du genre : « ha ben si c’est comme ça on va les donner à un autre enfant etc » (je ne dis pas que vous l’avez dit Sandrine, c’est juste pour planter le décor de la suite de mon propos). Je disais donc que mes parents étaient supers, c’est peut être pour ça aussi que je n’avais pas envie de les décevoir, que j’avais une sorte de grand respect et de reconnaissance pour eux…dans ma tête d’enfant, j’étais persuadée que j’allais leur faire beaucoup de peine si je leur montrais qu’ils s’étaient en quelque sorte planté sur le cadeau…faut dire que j’étais un peu sensible comme on dit !

        • C’est pour ça qu’il est important de montrer qu’on accepte les expressions émotionnelles de l’enfant d’une part … mais aussi de veiller à comment se comporte un enfant. Quand un enfant se comporte « trop bien », alors c’est le signe qu’on doit l’encourager à râler, à se tromper, … Les parents peuvent même montrer qu’ils sont eux-mêmes déçus parfois et l’exprimer, justement pour encourager les enfants à faire de même.

          • oui, c’est très vrai ce que vos dites, j’aurais bien aimé qu’ils m’aident à exprimer davantage mes émotions…du coup, inconsciemment ou consciemment d’ailleurs (hi hi), j’ai développé cela avec mon fils …

  5. Je ne sais pas si c’est possible d’y echapper (le mien n’a que 15 mois) mais je suis assez mal a l’aise avec le coup de la liste et des catalogues et tout. Ne serait-ce pas de la que vient le probleme ? Ne pourrait-on rêver de connaitre assez son enfant sur l’année, en l’observant, en discutant avec lui, pour connaitre ses gouts, et aussi de le sensibiliser à la sobriété pour restreindre ses désirs à un ou deux trucs qu’il désire VRAIMENT ? Quitte à « préparer » le jour de Noel avec lui : « Imagine, tu as ce cadeau, juste celui-la, tu seras content ? Content combien ? Et si tu n’as pas ca, mais un truc qui ressemble ? Et si tu n’as pas ca parce que le Pere Noel ne l’a pas trouvé, qu’est-ce qui te ferait plaisir à la place ? »
    Dites-moi, j’utopise, la ?
    Merci

    • Je pense qu’il n’est ni possible ni souhaitable d’avoir un enfant qui n’est jamais déçu.
      Bien sûr que c’est chouette de les voir les étoiles dans les yeux et que ça leur fait de beaux souvenirs. Bien sûr qu’on peut se décarcasser à préparer un cadeau génial et que c’est un magnifique moment.
      Mais la déception fait partie de la vie. S’il n’y en a pas là, il n’y en aura d’autres à d’autres moments qu’on ne pourra pas préparer.
      A trop vouloir protéger nos enfants de la réalité de la vie, on les fragilise car on ne leur permet pas de développer – dans un cadre sécurisé – les compétences qui les aideront toute leur vie.
      Il n’est donc pas souhaitable de leur éviter des déceptions, ni de chercher à les réduire.

      On peut préparer une éventuelle déception. Mais l’émotion se vit sur l’instant de façon spontanée. On ne peut pas savoir à quel niveau on sera content le moment venu. Préparer ce moment comme vous le suggérez peut diminuer la déception … mais alors cela va aussi diminuer la joie éventuelle (surprise, excitation, …). Imaginez-vous dans la même situation et dites-moi si les émotions agréables seront aussi fortes si on vous a préparée de la sorte ?

      C’est dommage (et risqué) de prendre le risque de diminuer la joie, juste pour éviter un déception non 🙂 ?

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