SAV de Noël : des conseils pour gérer la déception d'un enfant, la jalousie, les conflits entre enfants mais aussi les relations familiales difficiles Même si notre souhait à tous est que les fêtes de fin d’annéeNoël en tête – soit un moment de partage et d’harmonie, la réalité s’avère souvent fort différente … Les relations familiales difficiles sont monnaie courante. Et la présence d’enfants peut venir largement compliquer les choses : leur comportement – pourtant normal pour des enfants – peut déranger certaines personnes ; la façon dont nous nous en occupons peut aussi poser problème aux personnes présentes … ou bien nous pouvons être dérangés par les méthodes éducatives des autres parents présents.

Et ce qui devait être un chouette repas de famille peut vite dégénérer en pugilat verbal autour de l’éducation des uns et des autres.

Que faire pour préserver un semblant de calme et pour être moins touché par ces remarques et ces critiques autour de l’éducation ?

Sur le blog de Coccinelle Boutique, vous trouverez une vidéo où j’aborde 3 pistes différentes pour réagir différemment aux relations familiales difficiles et aux critiques et remarques qui pourront vous être formulées (cliquez sur l’image pour voir la vidéo). La 3e piste vous paraitra peut-être surprenante mais je vous invite à essayer notamment si vous avez le sentiment d’avoir déjà tout essayé pour faire taire les critiques. Le résultat pourrait vous surprendre 😀 …

quand les relations familiales sont difficiles : que faire (en vidéo) ?

Un peu d’empathie pourrait-elle apaiser les conflits familiaux ?

Concernant les raisons qui rendent les relations familiales difficiles et peuvent pousser les gens à vous critiquer de cette façon, j’ai abordé 3 motivations différentes dans la vidéo ci-dessus. Mais une 3e est aussi possible : la culpabilité. Lorsque les gens vous voient faire différemment, ils peuvent se sentir destabilisés ou critiqués dans leur façon de faire à eux. Et la culpabilité ainsi ressentie peut les amener à vous reprocher la façon dont vous fonctionnez.

J’ai longtemps fait du soutien à l’allaitement et j’ai pu constater qu’il n’était pas rare que les grands-mères qui critiquaient le plus l’allaitement ou faisaient des reproches à leurs filles ou belles-filles à ce propos étaient celles qui avaient le sentiment d’avoir raté leur allaitement à elles.

Pour ces personnes, chacun de nos gestes vu comme une réussite vient remuer le couteau dans la plaie de ce qu’elles vivent comme un échec. Et quand on souffre, on est souvent violent. Ce n’est pas une excuse pour des propos violents évidemment. Mais cela explique que, parfois, avec un peu d’empathie pour ces personnes, les choses changent du tout au tout.

Dans la plupart des cas, ce n’est pas en disant à votre belle-mère : « foutez-moi la paix ! » qu’elle va arrêter. Par contre, lui demander comment ça s’est passé pour elle et constater que, visiblement, tout n’a pas été facile à ce moment-là et que tout ne s’est pas passé comme elle avait imaginé peut éventuellement la calmer.

Et si ça ne marche pas, revenez à la 3e idée de la vidéo 😀 …

Parler d’éducation … ou pas ?

Par expérience, parler d’éducation est souvent très compliqué. Dès que vous abordez le sujet, sous quelque forme que ce soit, les gens interprètent très vite tous vos arguments – même rationnels et scientifiquement appuyés – comme une tentative de leur démontrer que leur façon d’éduquer leurs enfants est inadaptée. Le parent est susceptible (moi comme les autres !). C’est donc un sujet miné.

Si vous vous retrouvez confronté à des personnes qui essaient absolument de VOUS convaincre que vous n’avez pas la bonne méthode d’éducation, outre les pistes abordées dans la vidéo, c’est peut-être aussi qu’ils essaient absolument de SE convaincre que la leur est vraiment la bonne !

Et vice versa (repensez à toutes les fois où VOUS avez essayé de convaincre votre belle-soeur de cesser de faire ce qu’elle fait) …

Il y a souvent des doutes derrière les critiques les plus véhémentes (évidemment ne le dites pas à la personne qui vous critique, elle va se sentir attaquée et donc devenir encore plus critique !).

Il est donc adéquat d’éviter, autant que faire se peut, les sujets autour de l’éducation durant les repas de famille. A moins que vous n’aimiez le sport, les conflits et les joutes verbales enflammées auquel vous allez passer un bon moment 😀 …

Et si un autre parent traite ses enfants que je trouve violente ?

Parfois, ce n’est pas vous qui faites l’objet d’une critique mais vous constatez que l’un ou l’autre des adultes présents traite son enfant d’une façon qui vous parait violente ou inadaptée pour l’enfant. Les repas de famille sont souvent un lieu privilégié pour ce type de comportement. Comme nous sommes sous le regard des autres, avec souvent une pression forte pour « bien faire », nous sommes tendus. Et quand nous sommes tendus, nous nous énervons plus facilement sur nos enfants qui, eux, se comportent juste … comme des enfants.

Je me souviens de cette scène racontée par une maman :

C’est un repas de famille. Ma fille de 5 ans est à table et ma mère lui met des marrons qui accompagne la dinde dans son assiette. Ma fille ne veut pas manger les marrons. Elle dit qu’elle n’aime pas ça. Ma mère insiste. Ma fille dit « j’en veux pas ». Puis elle me jette un regard suppliant. Ma mère me regarde d’un oeuil noir. Les remarques commencent « elle est bien difficile cette petite. », les soupirs, les regards appuyés.

Et alors … Alors je pense « bon sang elle n’a qu’à manger ces 3 marrons qui se courent après et on en aura fini. ». Je dis à ma fille « allez mange tes marrons ! ». Elle me dit « non ». Et là j’explose. Je lui ai mis une gifle et je lui ai dit « tu vas manger tes marrons bordel au lieu de nous faire chier ! » … ma fille a pleuré. Elle a mangé ses marrons, et puis elle a vomi.

Au fond de moi, je sais que c’est vrai : elle n’aime pas les marrons. Moi-même je déteste ça. Mais qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Je sais bien que je n’aurais pas dû la taper. Mais je ne pouvais quand même pas la laisser ne pas manger ces p*** de marrons ! J’aurais perdu la face devant toute ma famille. Je ne savais pas quoi faire d’autre.

Cette maman n’est pas une mère maltraitante : elle réfléchit sur l’éducation de ses enfants, elle cherche à bien faire. Mais au moment précis du repas de famille, le regard des autres, l’émotion qu’il suscite chez elle lui fait perdre pied. Elle se retrouve à avoir une attitude qu’elle déteste, qui fait du mal à sa fille …

Il est extrêmement difficile pour la personne qui est dans cette situation de se sortir seule de l’émotion qui monte à ce moment-là tellement elle est forte. Si vous êtes témoin de ce genre de scène, n’hésitez pas à intervenir pour vous occuper de l’enfant récalcitrant, sans jugement ni pour l’enfant, ni pour le parent, en douceur. Simplement en reconnaissant à quel point c’est parfois difficile de s’occuper d’enfants et à quel point ils sont parfois incompréhensibles et illogiques.

Peut-on s’affranchir du regard des autres ?

Face à ces repas de famille, une demande fréquemment formulée en accompagnement ou en atelier c’est

J’aimerais m’affranchir du regard des autres

J’aimerais ne plus être blessé-e quand on me critique.

Je voudrais ne plus être touché-e par les propos de mes parents

Je me permets de dire ici que cela n’est ni possible ni souhaitable.

Ce n’est pas souhaitable car on ne peut pas se couper des émotions désagréables et garder les agréables. C’est un tout. Si vous ne ressentez pas d’émotions désagréables quand une personne vous critique – même constructivement – cela signifie que cette personne n’est pas importante pour vous. Et que donc sa présence ou son absence vous importe peu. Renoncer aux émotions désagréable supposerait donc de renoncer aussi au plaisir d’être avec cette personne.

Ce qui implique donc que, tant que vos parents, frères, cousins, … sont importants pour vous, vous continuerez à vous sentir blessé par les reproches qu’ils vous font.

Ce n’est pas possible non plus … tout simplement parce que nous sommes des animaux sociaux. Il nous est impossible de nous affranchir du regard des autres car nous n’existons qu’à travers lui. S’affranchir du regard des autres ne suppose donc pas ne plus ressentir d’émotions désagréables lorsque nous rencontrons un jugement … Mais plutôt nous sentir capables de tolérer l’émotion désagréable que ce jugement suscite, de nous sentir capables de la traverser et de nous en sortir.

Si vous vous préparez à affronter de rudes repas familiaux, je ne saurais donc trop vous inviter à vous préparer de façon réaliste à ce qu’il va se passer … en envisageant le pire : quelles situations pourraient vous mettre en difficulté ? Quelles critiques allez-vous entendre ? Comment vous sentirez-vous alors ? Où et comment se manifestera votre émotion ? … et que ferez-vous ensuite, concrètement : quels mots, quels gestes, … CHOISIREZ-VOUS de faire malgré l’émotion ressentie ?

Pour aller plus loin au sujet des relations familiales difficiles

Le sujet est vaste et je n’ai fait que l’effleurer ici. De façon rapide et superficielle. J’y reviendrai probablement lors de prochains articles. N’hésitez pas à me faire part des situations qui vous ont posé problème pour que je puisse y revenir dans un prochain article.

Vous trouverez aussi quelques articles complémentaires :

  1. Excellent sujet ! Je mettrais juste un bémol sur

    Si vous ne ressentez pas d’émotions désagréables quand une personne vous critique – même constructivement – cela signifie que cette personne n’est pas importante pour vous. Et que donc sa présence ou son absence vous importe peu

    .
    Ces personnes sont « importantes » pas forcément parce qu’elles nous importent mais parce qu’on est « obligés » de les côtoyer.
    Je pensais avoir une bonne relation avec mes beaux-parents jusqu’à ce que ma belle-mère nous fasse part l’été dernier de toutes « les erreurs » que nous faisions selon elle avec notre fille de 18 mois à l’époque XD je pense que dans ce cas cela rentre effectivement dans les 2 première catégories de votre vidéo mais ce n’était clairement pas dit de la meilleure des manières ! Sur le moment j’ai été calme, j’ai essayé de comprendre pourquoi elle nous disait ça, etc, mais cela m’avait mise dans une rage qui n’est passée qu’au bout de plusieurs semaines.

    Bonnes fêtes tout de même, lol !

  2. Merci Sandrine pour ces articles. Ca sonne juste, ça donne de l’énergie et souvent un nouvel angle pour regarder les situations. Je fais suivre autour de moi. Ca plante des graines! Merci!

  3. Merci pour ces explications. Faire retomber la tension et la critique: oui c’est souvent une lourde tâche qui nous est dévolue…quand on a l’énergie suffisante pour le faire.
    Juste une (vraie) questions: si ces remarques critiques sont exprimées régulièrement par son conjoint et pas seulement à Noël, on fait comment ? 😉

    • @ Vervaine: on reformule ce qu’il vient de dire et on essaie de se mettre en lien avec lui pour savoir et comprendre ses blessures anciennes de petit garçon qui lui font dire ce qu’il dit , on se met en empathie avec lui. Souvent ce que l’on reproche aux autres c’est ce que l’on a du mal à appréhender avec soi même. C’est pour cela que les enfants disent cette vérité:  » c’est celui qui le dit qui y est » . Comme le dit Isabelle Padovani: dans une relation c’est celui qui a le plus de conscience qui doit prendre en charge la relation. On ne peut pas faire changer les autres, on peut essayer d’être en relation avec l’autre, sans vouloir avoir raison , simplement en étant en empathie avec l’autre » sur sa page Facebook Communification , Padovani poste régulièrement des videos

  4. Super, cette série d’articles sur Noël !
    Nous partons pour un long périple lundi, qui va nous faire traverser la France de familles en familles (ma famille en Bourgogne, ma belle-famille en Picardie, nous partons de l’arrière-pays niçois…), en faisant des arrêts chez des amis. Autant de rencontres, autant de différents points de vus sur l’éducation… Je repenserai à certaines de tes astuces, ça c’est sûr !

    Petite réflexion : je me sens tout à fait affranchie du regard des autres depuis très longtemps (c’était déjà le cas à l’adolescence). Mais je ne me retrouve pas dans « les autres ne sont pas importants pour moi ».
    C’est plutôt une sorte de confiance absolue :
    – dans l’amour de ces autres quand ce sont des proches : nous ne sommes pas d’accord, certes… Mais ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare. Je suis intimement convaincue que quoi que je fasse (et qu’elles en pensent/disent), ma mère / ma sœur seront toujours là. Et j’espère que mes enfants ont la même confiance en moi…
    C’est le propre de la famille de rassembler des personnes qui n’ont en commun que l’arbre généalogique, et j’adore ce contact étroit avec la différence, où l’on peut être soit-même sans nuire à l’autre, sans que l’autre nous nuise. Côtoyer de très près des personnes qu’on ne croiserait jamais dans notre vie quotidienne, c’est extra ! Nous sommes rassemblés autour de la table car nous aimons tous les mêmes personnes ; alors franchement, les idées politiques ou sur l’éducation, c’est un détail, non ?
    – dans la vie quand ces autres ne me sont pas proches : nous sommes tous co-terriens, nous devons vivre ensemble, et même, incroyable, nous devons coopérer ! Ainsi est faite la nature : la biodiversité signifie la coexistence d’être qui peuvent sembler antinomique, alors qu’ils font en réalité partie d’un tout équilibré. J’ai beau me sentir beaucoup plus proche des syriens qui fuient les bombes dans un canot sur la méditerranée que de mes voisins consuméristes et grappe-sous, il faut bien que je vive, au quotidien, avec mes voisins. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord (ni même de se dire bonjour), mais en tant que co-terriens, ils sont comme moi, nous nous devons un minimum de respect – sous la forme d’une indifférence mutuelle polie, à défaut du plaisir de se voir.
    Je ne peux pas pour autant dire que mes voisins / les parents sur le trottoir de l’école, etc ne sont pas importants. C’est plus cette sensation (peut-être un peu spirituelle, même si je ne pratique aucune religion) que nous faisons partie d’un tout, et que nos différences sont naturelles, normales, saines. Donc importantes, même si elles ne m’influencent pas.
    Si j’aimerais vivre dans une bienveillance généralisée, notamment envers les enfants, ce serait quand même bien triste si tout le monde avait les mêmes goûts et les mêmes avis sur tout…

    C’est peut-être l’esprit de Noël qui m’influence ce matin… Sur ce, je vais allez finir de fabriquer les derniers cadeaux…
    Joyeuses fêtes !

  5. Il me semble que la vision de la famille est parfois idéalisé: on doit être uni, être tous de même avis, réussir, être joyeux pendant les fetes… au lieux de se regarder en vrai et du coup d’être accepté comme on est.
    Moi, je me prepare de jouer mon role pendant le 24, sinon personne comprendra et n’acceptera pas, voir on sera forcer de rentrer dans le rang. Noel c’est un masquerade, une mis en scene, il faut sur-jouer un peu.
    On a un astuce qui marche à coup sur – inviter des autres personnes que la famille (une voisine âgée qui est seule, un/e ami/e qui se retrouve seul/e pour une raisons quelconque) et les conflicts devinent très rare.

  6. Bonjour,
    Merci pour cet article, évidemment nous recevons, et pas simplement pour noel, des remarques en tout genre qui peuvent être blessantes… Souvent, je me tait… C’est pas le moment, ni le lieu de …
    Cette année, justement pour noel, j’ai vu des parents avec la main « légère », j’etait surprise et choqué, mais je n’ai rien dit. J’ai essayé de jouer avec les enfants, pour éviter que leurs parents ne s’énervent.
    Je n’en est pas non plus parlé avec ma fille de 5 ans, choqué aussi (puisqu’après ça, elle s’est mise à faire la bise à tout le monde, alors qu’elle ne le fait jamais d’habitude, meme avec des proches- on se voit peu)
    Un conseil pour réagir dans ces moments là ?

    Autre sujet, pendant les fêtes de noel, c’est le rdv pour retrouver cousins et cousines ( on se voit peu aussi, car trop loin) et ma fille a été « victime » du  » t’es trop petite pour venir avec nous (6 mois d’écarts, 1 ans Max) ou encore  » c’est un jeu que pour les garçons » – enfants présents :7 gars, 1 seule fille.
    Je sais que les autres se voient plus souvent et se connaissent mieux, ma fille essaie toujours d’aller jouer avec les autres, mais c’est sur qu’avec ces réflexions, elle ne peut pas. j’aimerai l’aider, Un conseil?
    merci d’avance !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>