Petit Papa Noël …

Wanted Père Noël
Licence Creative Commons – http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.en / Auteur : Kevin Dooley : http://www.flickr.com/photos/pagedooley/

Je n’avais initialement pas prévu d’écrire d’article sur Noël. Je m’étais dit qu’on nous casse bien assez les pieds avec tout ce qu’on doit faire et ne pas faire avec nos enfants – moi y compris – pour ne pas en rajouter en cette période de Noël que je souhaite au passage douce et tendre à chacun d’entre vous.

Mais – car il y un mais – voilà que ce matin au petit déjeûner je lis le mini-debrief de Homewseetmome « quand Noël nous fait réfléchir » sur les Vendredis Intellos  … Ben oui que voulez-vous, certains lisent « Le Monde » au petit déj, moi c’est « Les Vendredis Intellos », chacun son truc !

Enfin bref, donc je lis le mini-debrief qui m’amène sur un article de Catherine Dumonteil-Kremer « Le Père Noël, parents conscients, extraits ».

Et là, désolée mais je n’ai pas pu me retenir !

Il a fallu que je ponde un billet illico presto entre 2 rendez-vous … Non parce que là, ça ne va pas, mais pas du tout 😉 …

 Le Père Noël, il existe ou pas ?

Déjà, pour moi, l’article commence mal :

Pour moi le fait de croire ou pas au Père Noël n’a rien à voir avec une opinion, il n’existe pas.

Non, sérieux, je vais être pénible là … mais le Père Noël existe au moins autant que n’importe quoi d’autre que nous n’avons jamais rencontré de façon tangible : les extra-terrestres, les fées, les fantômes, les méridiens de l’énergétique chinoise … ou même Dieu …

Ce n’est pas parce qu’on ne l’a pas rencontré et qu’il ne fait pas les cadeaux que le Père Noël n’existe pas.

Je n’ai jamais rencontré Dieu et je ne l’ai pas vu à l’oeuvre et pourtant j’y crois au moins un peu. Comme au Père Noël en fait. J’ai envie d’y croire en fait ;-).

Je suis peut-être un peu tordue mais ça s’explique, lisez plus bas pour tout bien comprendre ;-).

Mais le plus important à mes yeux dans l’article de Catherine Dumonteil-Kremer n’est pas là.

L’important -et la vérité – sont ailleurs … tin tin tin … (les plus jeunes d’entre vous ne comprendront rien à cette référence culturelle mais je la trouvais particulièrement appropriée dans cet article à vrai dire).

 Si quelqu’un croit en son existence ici, je comprendrais qu’il la transmette à son enfant, mais là c’est très différent, nous sommes un groupe d’adultes qui ne croyons plus au Père Noël depuis longtemps. Nous savons qu’il est une fable et nous faisons ou pas passer ce message nos enfants.

Puis après – et c’est là que ça se gâte le plus à vrai dire :

En tant qu’enfant, je crois que l’on s’attend à recevoir beaucoup de bon de la vie, de vraies relations avec des adultes qui n’ont pas peur de la vérité.

Les bons et les mauvais parents se reconnaissent à la façon dont ils gèrent le Père Noël

Ah oui, donc là, il y a les bons et les mauvais parents (cf mon article sur les « bons » et les « mauvais » parents à lire ici).

Donc les « bons » parents disent la vérité à leurs enfants et ne leur font pas croire au Père Noël.

Et les « mauvais » parents mentent à leurs enfants et leur font croire au Père Noël.

Et ça, ça me gêne aux entournures. Voire même ça m’énerve sérieusement ! Et ce n’est pas la 1e fois (vous verrez ça lundi).

 

Et le « bon de la vie », ça ne pourrait pas être un bon moment de rêve partagé ? Un moment de magie où on peut croire à tout ce qu’on veut ?

Est-ce que parler du Père Noël, des fées, de la magie, c’est avoir peur de la vérité ?

Parler du Père Noël,  n’est-ce pas simplement avoir de l’imagination et faire partager à ses enfants un monde un peu plus chouette que celui des adultes qui manque terriblement de magie la plupart du temps ?

Le Père Noël : Avoir peur de la vérité ou avoir peur de la déception ?

Détromper les enfants au sujet du Père Noël, leur dire « la vérité », ne serait-ce pas aussi avoir peur, peur de la déception de ses enfants, peur de les voir souffrir en découvrant une autre réalité que la leur ?

Dans les livres de Faber et Mazlish, on parle très bien de notre fâcheuse tendance à vouloir protéger les enfants des déceptions, ce qui nous amène aussi à les protéger contre leurs propres rêves. Dommage si on veut donner une éducation à la joie et à l’émerveillement.

Celui qui ne croit à rien n’est jamais déçu … mais je ne suis pas sure qu’il soit vraiment heureux.

Donc parler du Père Noël, des fées, de toute autre chose magique – dont nous, pauvres adultes au coeur sec comme la « vérité » nous savons bien qu’elles n’existent pas – ce serait « avoir peur de la vérité » et « mentir » à nos enfants ?

Ce serait avoir des relations « fausses » avec eux ?

Un parent qui participe au « mensonge » du Père Noël est un mauvais parent  donc ?

Pfiou, là on rentre dans la « morale » où certains décident ce qui est bien ou mal pour les autres (j’ai publié récemment une jolie citation sur la morale, à lire ici).

Et la morale, en termes de relation parent-enfant, ça me gêne vraiment beaucoup beaucoup. Qui sommes-nous pour décider à la place des autres ce qui doit être dit ou pas dit aux enfants, et surtout aux enfants des autres ?

Et puis il y a autre chose … une chose encore plus importante pour moi – attention, je vous préviens, il y a du lourd :

Croire qu’il existe UNE vérité me parait être un leurre absolu.

Et quand je lis ce passage :

Je me rappelle avoir fait un stage de chant familial avec des animateurs qui travaillaient eux avec des tout petits. Ils avaient basé toute une semaine de leur vacances sur un conte, et le dernier jour, dans la forêt, ils avaient déposé des indices qui permettraient aux enfants de croire en l’existence des personnages du conte.

Ils riaient beaucoup en parlant du fait que cela avait très bien marché, les enfants croyaient en ce qu’ils voyaient, en même temps de l’interrogation et de l’émerveillement qui plannaient dans leur regard, bien franchement si la fée de cendrillon pénétrait ma maison, maintenant c’est ce que j’éprouverai, de la surprise, est-ce vrai ? Et de l’émerveillement, ça correspond à toute ma culture d’enfant walt disneyisée.

En écoutant les animateurs, au fond de moi il y avait quelque chose de très fort qui se manifestait, j’avais envie de leur dire à quel point les enfants ont besoin d’authenticité, à quel point ils ne sont pas « mignons » mais juste des humains qui se nourrissent de respect, pourquoi leur faire cela ?

Est-ce que les adultes n’étaient pas authentique en essayant de faire partager un moment de rêve à ces enfants ?

Est-ce qu’ils étaient irrespectueux de les entraîner dans un doux délire qui peut nourrir leur imagination et créer chez eux des envies d’imaginer des contes à leur tour ?

Moi, même en tant qu’adulte, j’adorerai qu’on me fasse croire aux fées, au Père Noël ou au Prince Charmant (ah non, là c’est autre chose !).

Qu’on le fasse d’une façon suffisamment réaliste pour semer le doute, pour que je ne sache jamais si c’est vraiment vrai ou pas. Je trouverai juste ça merveilleux à vrai dire et je rentrerai à fond dans le délire, juste pour le plaisir d’y croire. 

D’ailleurs, faut que je vous dise, j’ai vraiment ENVIE d’y croire (aux fées, pas au Prince Charmant, quoi que …).

 

Donc je suis toujours désolée de voir qu’on peut penser qu’il existe UNE vérité.

Quelle drôle de réduction du monde, quelle sécheresse de coeur et d’esprit …

La seule vérité que je connaisse sur le Père Noël, c’est que je ne l’ai pas rencontré et que ce n’est pas lui qui fait les cadeaux.

Mais peut-être y a-t-il d’autres réalités, tout aussi réelles que la mienne où les choses sont différentes. Pourquoi ne pas s’autoriser à y croire ? Ca nous rendrait peut-être un peu plus tolérant de penser comme ça non ?

Et en cette période de Noël, ça ne nous ferait pas de mal à vrai dire !

 

Par rapport au Père Noël, pour ma part, j’ai choisi d’entrer dans le mythe pour le plaisir, le mien et celui de mes enfants à voir l’émerveillement de mon fils devant ses cadeaux l’année dernière.

Mais j’ai surtout aidé mes enfants très tôt à distinguer entre les vrais et les faux Père Noël …

Comment on fait ?

Le Père Noël ne fait pas de chantage : le Père Noël fait des cadeaux parce qu’il aime ça, que ça lui fait plaisir, pas parce qu’on a été sage ou gentil !!!
Et c’est un message que vous pouvez transmettre tel que à l’entourage qui menace vos enfants à coup de cadeaux de Noël sur le mode en répondant au sempiternel : « si tu continues, le Père Noël ne t’amènera pas de cadeaux »

Et votre réponse peut être respectueuse de chacun :

« Ah chère tatie Gertrude (ou cher papy Gustave), je crois que vous n’avez pas rencontré le vrai Père Noël. Vous savez celui qui a le vrai esprit de Noël et qui donne parce que ça lui fait vraiment plaisir de voir la joie des enfants … »

Elle a le mérite de dire clairement aux adultes qu’on refuse le chantage de Noël. Et de laisser aux enfants le choix de croire ou de ne pas croire.

 

Cela permet aux enfants de rapidement différencier les vrais des faux et de détecter l’utilisation abusive qui est faite du Père Noël par certains adultes  et donc de savoir tout de suite si on a à faire avec quelqu’un qui sait vraiment ce qu’est Noël ou pas.

Pour conclure, je ne crois pas qu’il y a une bonne et une mauvaise façon de gérer le Père Noël avec ses enfants. 

La meilleure façon, ce sera la vôtre pour peu que vous soyez attentifs à 2 choses : ce que VOUS ressentez à propos de Noël, le sens que vous donnez à cette fête et aussi ce que VOS ENFANTS en attendent.

Parce que nos enfants n’ont pas à porter le poids de nos combats personnels ou de nos propres déceptions d’enfants.

Vous avez le droit de ne pas vouloir mentir à vos enfants … mais vos enfants ont peut-être envie de rêver un peu …

 

Alors chez vous, Père Noël ou pas du coup ?

 

Vous pouvez retrouver cet article sur les Vendredis Intellos.

 

Et pour ceux qui voudraient faire de chouettes cadeaux de Noël à des adultes et qui sont intéressés par les autres réalités, je vous conseille la lecture de quelques bouquins de Philip K. Dick que vous trouverez en cliquant ici, un vrai constructeur de réalités très réalistes 😀 (lien sponsorisé).

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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29 pensées sur “Petit Papa Noël …

  • 14 décembre 2012 à 12:56
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    100% d’accord avec toi ! Ici, on croit au Père Noël. Et surtout aux valeurs que ce Barbu sympathique amène avec lui : partage, fraternité, compassion, etc…Moi je l’ai déjà rencontré le Père Noël, dans un geste d’affection, dans une douce pensée, dans les yeux brillants de mon petit garçon !

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    • 14 décembre 2012 à 12:58
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      Ah je le savais bien qu’il y en avait d’autres qui l’avaient rencontré !!!

      merci Ingrid et TRES joyeux Noël à toi et à toute ta tribu !

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  • 14 décembre 2012 à 13:09
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    Moi je m’achète du rêve en jouant au loto et je ne gagne même pas, alors un cadeau gratuit de la part d’un gros bonhomme rouge, bah je ne dis pas non hein 😉

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  • 14 décembre 2012 à 13:22
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    Il suffit de voir le nombre de lecteurs (ados, féminins) qui se laissent bercer par des histoires de bit-litt (sorcières, vampires, loups garous, fées, Djins, change-formes, etc) pour constater à quel point on a tous besoin de rêver, de sortir de la réalité et d’imaginer un monde différent…

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  • 14 décembre 2012 à 13:43
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    Cette année je romps avec les rituelles autours de noël qui n’ont plus de sens pour moi… J’ai besoin de me rencontrer avant de revenir vers noël et le sens du partage. Année très bouleversante et je pense à moi… Pas de famille cette année mais 5 jours à l’étranger… Un petit cadeau que je m’offre et qui me fera grandir un peu plus… ceci dit je suis sûr que le petit bonhomme rouge y est pour beaucoup dans mon choix et que les anges, les fées, le dragon de feu et la vouivre y sont aussi pour quelque chose 🙂

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  • 14 décembre 2012 à 14:03
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    Moi j’adore le Père Noël et je trouve merveilleux de l’aider
    Je prends tout autant de plaisir (sinon plus) à choisir les « bons » cadeaux : je réfléchis vraiment à la personne et comment lui faire plaisir
    Et la semaine dernière, lors de l’arbre de noël du CE, mon fils avait de la magie dans les yeux , c’était tellement beau !!!
    Il croit au père noël comme à Flash Mac Queen 😉

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  • 14 décembre 2012 à 15:31
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    Je suis dans la mouvance Parents conscients mais cette histoire de Père Noël est bien un des points sur lequel je ne suis pas trop d’accord.
    J’ai de tout temps adoré le monde fantastique, les contes des fées puis les histoires de fantômes, de vampires, etc…
    Alors je n’allais pas risquer de louper une occasion de mettre un peu de rêve inoffensif dans la vie de mes enfants.
    Evidemment je n’ai pas persisté à leur soutenir mordicus que le père noël existait jusqu’à leur 8 ans comme je l’ai vu faire par certains. Au premier doute je les ai laissé tirer leurs propres conclusions et à la première question précise je leur est dis la vérité et il n’y a pas eu le moindre soucis.

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  • 14 décembre 2012 à 17:29
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    bonjour à tous, je suis tout à fait d’accord!les valeurs véhiculées par le père noël sont pour moi importante: donner pour le plaisir, faire plaisir aux autres,partager des moments de fête et de joie…
    moi j’y crois d’une certaine manière, et quand je vois mes enfants en joie de la fête qui se prépare, des cadeaux, de recevoir la famille, sans mr père noël serait-ce pareil?

    quand j’étais petite que j’ai compris que ce n’était pas le père noël qui faisait les cadeaux j’ai voulu y croire plus longtemps par plaisir je ne l’ai pas dit tout de suite à mes parents.
    voilà.
    bonne fête à tous et que chacun en profite comme il l’entend,c’est ça noël,non?

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  • 15 décembre 2012 à 08:29
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    Ah merci ! Je commençais vraiment à me demander quelle horrible mère j’étais pour que mes enfants croient au Père Noël ! Ce qui ne les empêche pas de comprendre que les Pères Noëls que l’on croise à droite et à gauche sont juste déguisés, qu’on essaye de leur vendre des choses à coup de bonnet rouge, que non il ne faut pas être sage toute l’année… et en même temps leurs yeux brillent quand les décoration s’illuminent, ils pensent que la neige artificielle sur les sapins du rond-point c’est quand même « un peu comme de la vraie », et ils frôlent l’hystérie quand le grand jour approche. Je n’entretiens pas le mythe, je réponds aux questions, je ne suis pas forte en cachotteries et s’ils voulaient le voir il sauraient que le vrai Père Noël est un joli rêve… mais ils ont 3 et 5 ans, et pour eux il est aussi réel et important que le doudou qui les suit partout ! J’imagine que dans un an, ou deux, ou trois, la plus grande devinera mais j’ose imaginer que la transition se fera en douceur et qu’elle marquera la fin de cette petite enfance où réel et imaginaire se mêlent.

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  • 15 décembre 2012 à 19:35
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    De notre côté, pas doute, il a téléphoné cet après-midi pour un tour de calèche, donc quand les preuves sont plus que limpides…
    Après, je vous citerai Bruno Bettelheim : « …seuls leur anniversaire et Noël restent des fêtes bien à eux. Alors que la naissance du Christ a une signification religieuse profonde pour tous les croyants, c’est le Père Noël, et lui seul, qui s’adresse aux enfants comme aucun « esprit de générosité » ne pourrait le faire. (…) Si nous privons l’enfant du caractère magique de ses fêtes, elles perdent leur signification symbolique et inconsciente ; en même temps, elles cessent de produire les effets réconfortants et enrichissants dont pourraient bénéficier toute la vie de l’enfant(…)Pour l’enfant qui croit au Père Noël, celui-ci doit nécessairement descendre par la cheminée, même s’il n’y en a pas. Difficile à comprendre cette logique si on l’approche avec l’esprit rationnel d’un adulte, mais pour l’enfant c’est tout à fait normal… et ça l’était pour nous quand nous étions petits.(…) Les jeunes enfants ne peuvent saisir les concepts abstraits que sous une forme concrète. (…) Les enfants qui ont appris trop tôt que le Père Noël n’existe pas, à qui on a raconté non pas des contes de fées, mais des histoires vraies arrivent souvent au lycée en croyant aux tireuses de cartes. En s’engageant dans la pensée magique, ces adolescents tentent de rattraper ce qu’ils ont été obligés de perdre à un âge plus précoce »

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  • 15 décembre 2012 à 23:05
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    Les croyances et la réalité… Le mensonge et la vérité…

    Il est tard, et je ne voudrais pas plomber le débat à 6 jours de la fin du monde!

    Mais le Père Noël est pour moi l’archétype du « mensonge social », presque le symbole emblématique des valeurs que l’on véhicule autour de nous… Loin de juger le phénomène (et encore moins de dire ce qui est « bien » ou « mal »), j’aime au contraire m’en inspirer pour illustrer le monde d’illusion dans lequel nous vivons, et qui représenterait vraisemblablement entre 33 et 50% de notre « vraie réalité »… ou de notre monde « faussement réel » !

    Je m’explique. Que le Père Noël existe ou pas n’est pas le problème. Que vous (enfin ça dépend de votre âge!) y croyiez ou pas, la non plus, ce n’est pas le problème… Et que vous décidiez de perpétuer la magie du rêve ou le mensonge parental à vos enfants (selon le point de vue que vous adopterez, en action ou en réaction d’ailleurs !!), là enfin ce n’est toujours pas le problème !!

    D’ailleurs, y a-t-il un problème?

    Celui des croyances peut-être. Et celui de la responsabilité de ses croyances, et enfin, la responsabilité des futures croyances de nos enfants sûrement…

    Une de mes coach formatrice nous disait : « les croyances sont des pensées, et les pensées ça se change ». OK… Donc on peut très bien imaginer que nos enfants, en grandissant, vont à un moment donné acquérir la capacité intellectuelle nécessaire pour comprendre que derrière les cadeaux, avec les pubs marchandes à la puiss, les sourires entendus et les regards complices cachent ce mensonge institutionnel dont les parents ont colportés pendant des années… Or comment faire confiance à des parents qui MENTENT ouvertement ?? « Sapristi… Pas de ça chez moi chère madame ! »

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    • 16 décembre 2012 à 09:04
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      Et comment vivre en croyant qu’on peut avoir une confiance aveugle en certaines personnes … et découvrir que ces personnes peuvent nous trahir ou ne pas être à la hauteur parfois ?

      Parfois je me dis aussi que découvrir tôt – et sur des choses « agréables » – que nos parents peuvent nous mentir et nous décevoir est une excellente façon d’être moins déçu en devenant adulte.

      Je ne veux pas que mes enfants croient que je ne leur mens jamais.
      Parce que, même si je n’ai pas l’intention de leur mentir ou si je n’ai même pas l’impression de leur mentir (je leur dis MA vérité qui n’est pas la leur), ils auront sans doute un jour l’impression que je ne leur dis pas la vérité.
      Autant qu’ils sachent que c’est possible, que ce n’est pas un drame et qu’on peut en parler pour s’expliquer …

      C’est à mes yeux une excellente façon de garder une bonne relation avec mes enfants en évitant de leur faire croire que la perfection est possible.
      Et une excellente préparation à leurs futures relations d’adultes, y compris amoureuses : oui, on leur mentira … et ce n’est pas forcément un drame ;-).

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    • 16 décembre 2012 à 09:15
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      J’ajoute juste une petite chose à propos de ça : « le monde d’illusion dans lequel nous vivons, et qui représenterait vraisemblablement entre 33 et 50% de notre « vraie réalité ». »

      Pour moi, l’illusion représente 100% du monde dans lequel je vis (je suis d’un constructivisme assez radical je dois bien l’avouer :-D).

      Je ne perçois une certaine réalité qu’à travers mes perceptions. Quand je ne perçois plus, cette réalité existe-t-elle encore ?
      Et mes perceptions sont différentes de celles de mon voisin. Lesquelles sont « vraies », les siennes ou les miennes ?

      L’avantage de cette vision, c’est que je peux choisir la réalité la plus écologique pour moi, celle qui est la plus confortable pour moi – ou la moins douloureuse.

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  • 16 décembre 2012 à 11:15
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    Mensonge ou rêve? Le film Big fish propose une réflexion intéressante sur le sujet!

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  • Ping : S Comm C, le blog » Blog Archive » Les bons et les mauvais parents

  • 17 décembre 2012 à 11:39
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    bonjour

    je crois qu’il y a confusion entre déception et mensonge : enfant mes parents m’ont fait croire à cette fable ainsi qu’à d’autres et quand j’ai su que c’était des fables je n’étais pas déçue qu’elles en soi mais plutôt choqué que ces mêmes adultes qui me demandent de ne pas leur mentir me mentent depuis des années…je choisi de ce fait de ne pas mentir à mes enfants, je pense qu’il y a autours de nous un tas d’occasion de rêver au quotidien sans pr autant leur faire croire à un tas de choses qui nous semblent jolies à nous adultes

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    • 17 décembre 2012 à 16:19
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      Je crois qu’il y a effectivement souvent une incohérence entre le fait qu’on demande aux enfants de ne pas mentir et qu’en parallèle, on leur ment sur des tas d’autres choses.

      Moi je pense qu’on peut utiliser certaines illusions pour développer leur esprit critique ;-).

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      • 17 mars 2014 à 15:04
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        Mais « construire une illusion » et « mentir » sont deux choses différentes ! Jusqu’à preuve du contraire, le PN existe ! Certes, c’est pas lui qui fait les cadeaux. Mais, comme s’est défendue une mère prise la main dans le sac à faire les paquets « il faut bien qu’on l’aide un peu, ce pauvre homme : il est tout seul pour tous les enfants du monde ! ». Alors oui ce sont les parents qui font les cadeaux ou les paquets, mais l’ESPRIT de Noel, lui, est une réalité bien tangible : c’est lui qui nous fait décorer la maison et le sapin, inviter la famille, chercher comment faire plaisir etc
        Le PN des grands magasins est un mensonge, celui que l’on aide en faisant « un beau dessin pour offrir à Tata Justine » est une realité dans nos coeurs.
        Nous avons tous besoin de merveilleux et d’être bienfaisans : PB, fées, fantomes… Et la petite Souris, alors ? Elle pose un pb aussi ?

        Je pense qu’il est idiot et hypocrite d’apprendre aux enfants qu’il ne faut pas mentir, que c’est mal de mentir, alors que dans la réalité ils apprennent vite que le mensonge est omniprésent : c’est la seule chose qui rend ce monde vivable ! Ce qui est mal, c’est de mentir dans son propre intérêt, pour faire du mal ou dissimuler une bêtise.
        Mais ne pas dire à la grosse dame qu’elle est grosse pour ne pas la blesser, et faire croire à son petit frère que les fées existent pour voir ses yeux briller, ce sont de bons mensonges. On ne le fait pas pour soi, mais pour eux, pour qu’ils soient heureux.
        Et oui, quand le petit frère réalise que les fées n’existent pas, qd la dame se rappelle qu’elle est grosse, ils sont décus. Cela n’enleve rien au bonheur que cette illusion, ce délai, leur ont apporté.
        Si on a toujours peur d’être décu alors on ne fait rien ,on ne tente rien, on ne croit en rien : ni au PN, ni en l’honnetete de cet inconnu qui nous vient en aide.
        Le prix de l’émerveillement, c’est qu’il ne peut durer toujours. Doit-on pour autant s’en priver ?

        Et bien vu pour le PN qui donne gratuitement et pas seulement aux enfants sages

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  • 17 décembre 2012 à 14:34
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    Ici, on croit au Père-Noël. Cpdt, je dois dire que les enfants n’ont font pas toute une histoire et nous non plus. Ce gentil bonhomme apporte une surprise et on se demande bien ce que c’est !!
    Ce que je crains surtout de la part de la famille, c’est le « chantage » qui va avec.
    Je vais m’inspirer de ce que tu as écrit Sandrine si je vois que ça pèse aux intéressés. Il se pourrait en fait que ce chantage ait plus d’impact sur moi que sur eux 😉

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  • 20 décembre 2015 à 18:04
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    Moui… Je ne suis pas convaincue. Moi-même, je ne fais pas croire au Père Noël. J’aurais l’impression d’être, au mieux, une de ces personnes farceuses qui envoient les naïfs chercher de l’huile de coude ou cueillir des spaghettis… Je ne me vois pas raconter des fadaises, tout simplement.
    Moi ça me dérangerait d’agir ainsi, mais les autres font bien comme ils veulent. Et puis pour rêver, on n’a jamais été obligé de croire dur comme fer aux choses imaginaires.

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  • 31 décembre 2015 à 15:09
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    De mon côté, je suis bien embêtée avec cette histoire de Père Noël. Personnellement, même enfant je n’y ai jamais cru. Dans ma famille nous étions plutôt centrés sur le côté religieux de Noël : la crêche, la messe de minuit, les chants de Noël. Le Père Noël ne faisait pas du tout partie du paysage. Avec mes filles de 4 et 6 ans, c’est plus compliqué car le Père Noël semble beaucoup plus omniprésent que dans mon enfance et même si nous ne le mentionnons jamais comme source des cadeaux, elles semblent y croire. Je ne me sens pas le coeur de leur dire froidement, que « non, il n’existe pas », mais j’ai du mal à entrer complètement dans le mythe. J’aime que mes filles sachent que leurs cadeaux leur ont été offerts par des gens qui les aiment et qui pensent à elles et pas par un monsieur barbu inconnu qui aime tous les enfants. Du coup, je me retrouve un peu coincée et ne sais pas forcément comment réagir quand elles en parlent. L’année dernière, mon aînée qui avait alors 5 ans ½ me demande si le Père Noël existe, ne voulant répondre ni oui ni non, je lui retourne la question « mais toi, tu crois qu’il existe ? » sa réponse : « Non, ce sont les parents qui posent les cadeaux et ensuite on regarde quel cadeau est pour qui. » Curieusement, cette année elle semble y croire dur comme fer, elle se plaint de n’avoir jamais vu le « vrai » Père Noël. Je lui rappelle qu’on l’a vu à une fête de Noël de l’entreprise, et là elle me répond « C’était pas le vrai, c’était un monsieur déguisé ».
    En revanche, je suis à fond dans la petite souris, allez comprendre 🙂

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  • 15 avril 2016 à 10:56
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    La question ne s’est pas posée chez nous, car je ne crois pas une seconde qu’un enfant puisse nous en vouloir d’avoir instillé un peu de merveilleux dans sa vie, fut-ce au prix d’un conte (de fée 😉 ). Et c’est aussi une façon pour moi de transmettre nos petits rituels familiaux.
    Et à ce sujet, j’ai envie de vous raconter une histoire à mes yeux très révélatrice.

    Il y a quelques années, mon neveu, qui ne vit pas avec mon frère (son père, donc), explique au téléphone à ce dernier, vers le mois d’octobre, qu’il ne croit plus au père noël.
    Comme on est loin de décembre, mon frère oublie de nous en parler.
    A l’approche de noël, du coup, ma mère (la grand-mère du petit) lui parle du père noël et mon neveu en parle comme s’il y croyait.
    Quand ma mère rapporte la conversation à mon frère, celui-ci est très surpris, puisque son fils lui avait dit ne plus y croire. Quand il a abordé le sujet avec son fils, celui-ci a confirmé ne plus y croire, « mais tu sais, je crois que mamie y croit encore, elle, alors je ne voulais pas lui gâcher le plaisir ! ».

    Je crois ainsi qu’il ne faut pas exagérer le poids du « mensonge » de noël sur les enfants : ils sont capables de faire la différence entre un mensonge, qui blesse, et une jolie histoire, qui fait rêver un peu.
    De plus, j’ai remarqué que les enfants nous en veulent rarement à la découverte de la « vérité »‘ : ils sont souvent assez fiers de « passer de l’autre côté », du côté des grands qui savent et assez enthousiastes à l’idée de contribuer à maintenir la magie pour les plus petits (ou pour les mamies crédules^^ !!)

    Quand je vois le succès de sagas type Harry Potter ou GOT, je crois qu’on est quelques adultes à rêver de magie, de merveilleux, de fou, d’incroyable !

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    • 15 avril 2016 à 17:56
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      Je connais aussi de nombreux témoignages d’adultes qui se sont sentis terriblement blessés, déçus, voire terrifiés de constater que les adultes les avaient à ce point trompés.
      Donc je ne serai pas aussi catégorique sur le fait que ça ne fait pas de dégats :-).
      Quand au fait que les grands veuillent faire croire aux plus petits, ça peut être aussi une sorte de « vengeance » = lorsque l’enfant passe du côté de ceux qui « ont le pouvoir », ils prend lui aussi plaisir à manipuler les autres. Et paradoxalement il y prendra parfois d’autant plus de plaisir qu’il aura été déçu.

      Après, le besoin de magie, de merveilleux et de belles histoires, c’est autre chose … mais personne ne prétend que Harry Potter ou les personnes de Game Of Thrones existent vraiment 😉

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      • 24 avril 2016 à 10:07
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        Je suis un peu de l’avis d’Emilie dans le sens où je n’ai aucun souvenir de quand j’ai su que le Père Noël n’existait pas, il faut il me semble suivre l’enfant dans son envie d’y croire ou non. Quand mon grand ou ma fille revient de l’école en me disant qu’on lui avait dit que ce n’est pas vrai que c’était les parents… je leur pose simplement la question « et toi qu’est-ce que tu en penses ? ». Pour l’instant le mythe reste intact car je pense qu’ils en ont encore besoin et j’aime aussi l’idée de « jouer au Père Noël » en mettant sans m’en cacher certains cadeaux achetés car moi aussi j’adore faire plaisir et en les invitant à faire de même. Je me dis que cela permet de glisser vers la réalité et d’apprendre le bonheur de donner aux gens qu’on aime…

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  • 1 décembre 2016 à 14:20
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    D’accord à 100 %. J’ai avoué la vérité l’année dernière au grand, et ça ne l’a pas choqué… le problème maintenant, c’est qu’il refuse que je continue à « mentir » à son petit frère 🙁

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  • 1 décembre 2016 à 15:13
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    Je voudrais ajouter autre chose: une vision « marcel maussienne » du père noël.
    Vous connaissez sans doute la thèse célèbre de Mauss sur les échanges de cadeaux (on doit rendre un cadeau, un cadeau non rendu est générateur de tension…)

    Le père noël existe… pour que les parents puissent offrir des cadeaux à leurs enfants! Sinon ces derniers seraient en obligation de « rendre » le cadeau, mais dans l’incapacité de le faire… situation psychologiquement intenable et destructrice, d’où l’intérêt d’un personnage imaginaire (on doit lui « rendre » des cadeaux aussi…mais il n’existe pas, donc cadeaux rendus « imaginaires » eux aussi: lettre, « être gentil »…): il permet de dévier le besoin d’égalité dans les échanges de cadeaux parents-enfants, et donc permet de respecter la dignité de l’enfant en évitant de l’humilier par un cadeau qu’il ne peut rendre

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