maman ou papa je m'énerve trop vite sur mes enfants« Je m’énerve trop vite sur mes enfants. Au moindre problème je leur crie dessus, parfois j’ai envie de les taper et quelques fois la fessée ou la claque part. Je sais que ce n’est pas la solution mais je ne sais pas comment faire autrement. » Cette demande est fréquente parmi les parents que j’accompagne. C’est la lecture d’un article écrit par un autre coach qui m’a donné envie de rédiger ce billet (article que vous trouverez ici).
Et puis des tas d’autres lectures, conférences, … où j’entends sans cesse ce même discours :

Les parents ne doivent pas crier sur leurs enfants, faute de quoi ils les traumatisent.
Les parents ne doivent pas s’énerver sinon ça fait du mal aux enfants.

Et ce discours m’énerve au plus haut point !

J’en avais d’ailleurs déjà parlé avec les articles « Quand y en a marre, y en a marre ! » et « Les bons et les mauvais parents ».

Pour éduquer ses enfants faut-il être parfait ? Si je m’énerve trop vite je suis un mauvais parent ?

Evidemment je suis d’accord avec l’idée qu’un enfant – comme tout autre être humain, mais à plus forte raison avec un enfant – se développe de façon plus harmonieuse et plus constructive quand on lui parle avec respect et quand on ne le tape pas.

C’est même le fondement d’une partie de ma pratique professionnelle avec l’animation d’ateliers « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour qu’ils parlent ». Je suis persuadée effectivement qu’apprendre à communiquer différemment peut changer beaucoup de choses.

Mais quand je lis une phrase comme :

Si vous êtes agressive, c’est qu’il y a de l’agressivité à l’intérieur de vous.

Je suis juste très très énervée !!!

Ce genre de phrases, c’est ce qu’on appelle en psychologie une explication par un « principe dormitif » 😉 …

C’est quoi un principe dormitif ?

C’est une expression inspirée de Molière, dans « Le Malade Imaginaire« .

Dans cette pièce, un candidat passe un examen de médecine. Un docteur lui demande pourquoi l’opium fait dormir et le candidat répond

Parce qu’il contient une vertu dormitive.

Cqfd : l’opium fait dormir parce qu’il contient une vertu dormitive. Si on extrait cette vertu dormitive, l’opium ne fait plus dormir.

Or si l’opium fait dormir, c’est avant tout parce que quelqu’un le consomme 😉 … et la vertu dormitive est issue de l’interaction entre un être humain et l’opium, non de l’opium en lui-même.

Enfin bref, en vertu de ce principe « dormitif », l’agressivité est un comportement nuisible, un parasite niché à l’intérieur de nous et qui n’attend qu’une occasion de sortir pour détruire les autres contre notre propre volonté.

Suffirait -il d’extirper ce parasite de nous pour nous rendre inconditionnellement bons et patients ?

Quand je m’énerve trop vite, je ne suis pas le parent idéal …

Ne plus jamais s’énerver, ne plus jamais crier, être toujours attentionné, attentif, patient, … Quel parent n’a pas rêvé de ça ?

Et bien moi j’appelle ça une « ultra-solution » … Le même genre de solutions qui conduit à penser qu’il faut tuer toute une catégorie de gens pour résoudre tous les problèmes du monde.

Et les ultra-solutions, ça ne fonctionne pas. Jamais.

Même si on a bien envie d’y croire parce que c’est un bel idéal.

Et vraiment, ce genre de croyances m’agace au plus haut point !

Pourquoi ?

Parce que les parents que je rencontre sont souvent victimes de ces croyances absolutistes … et néfastes.

« Je crie sur mes enfants, je m’énerve trop vite » : l’histoire d’une jeune maman qui crie et s’énerve sur ses enfants

Je vais vous raconter l’histoire d’une jeune maman. Elle a 2 enfants en bas-âge (moins de 3 ans pour les 2). Elle vient me voir parce qu’elle n’en peut plus.

Je crie sur mes enfants pour rien.
Parfois même je leur mets des fessées ou des tapes pour des choses qui n’en valent pas la peine.
Ce n’est pas ce que je veux : j’ai envie de leur donner une éducation respectueuse, positive.
je sais que leur crier dessus ou leur donner une fessée leur fait du mal.
Je n’y arrive plus …

Et évidemment que se dit cette maman ?
Que crier n’est pas bon pour ses enfants.
Qu’elle n’a aucune raison de se mettre en colère comme ça sur eux, qu’il NE FAUT PAS SE METTRE EN COLERE comme ça sur ses enfants, c’est mauvais pour eux.

« Je m’énerve trop vite » : Comment se débarrasser de l’agressivité qui me nuit ?

Elle vient me voir pour que j’extirpe d’elle la méchante agressivité qui la rend « violente » avec ses enfants. Et elle n’est pas la seule à venir me voir pour ça ! Tous ces parents ont parfaitement intégré le discours du type de celui de l’article que je cite plus haut.

Cette maman culpabilise donc terriblement d’être aussi méchante avec ses enfants. Elle essaie de se calmer, de se dominer, d’être plus patiente, plus calme. Mais comme le dit Haim Ginott

Les parents prennent de bonnes résolutions, le jour se lève, les enfants aussi … et les ennuis commencent.

Pas de chance pour elle, elle est tombée sur moi …

Comme coach parental – et comme personne tout court d’ailleurs – je suis un peu pénible.

Je déteste me laisser enfermer par ces principes explicatifs qui n’expliquent rien du tout et qui ne font qu’aggraver les choses à mon avis.

Donc cette maman « agressive » que fait-elle ?

  • Elle prend sur elle.
  • Elle essaie d’être patiente.
  • Elle culpabilise.
  • Elle se dit qu’elle ne doit pas se mettre en colère.
  • Et elle finit par exploser de plus belle …

Quand j’explore son contexte actuel, elle m’explique sa situation : son conjoint est parti la laissant seule avec les enfants. Il ne s’en occupe pas vraiment depuis et mène une vie de célibataire alors qu’elle gère les enfants 24 h / 24 et quasiment 7 jours sur 7 avec très peu de soutien.
Il y a de nombreux autres éléments dans son contexte actuel qui sont difficiles à vivre pour elle. Mais elle assume tout avec le sourire et essaie – en prime – d’être la meilleure mère possible pour ses enfants.

Alors non, cette maman n’a pas une agressivité à l’intérieur d’elle qui la rendrait mauvaise.

Enfin si, elle a de l’agressivité à l’intérieur d’elle ! Une agressivité plus que justifiée au vu de son histoire récente et de ce qui se passe dans sa vie actuellement !

Elle essaie d’être patiente alors qu’elle a toutes les raisons du monde de se révolter !
Et plus elle essaie de prendre sur elle, plus sa colère explose violemment (selon le principe de la carte de fidélité que j’avais expliqué dans l’article « Avez-vous votre carte de fidélité ? »

Quand je m’énerve trop vite, essayer de réprimer sa colère rend la colère plus violente

En fait, c’est le fait qu’elle essaie de réprimer sa colère qui la rendait agressive envers ses enfants et non un quelconque principe agressif qu’elle aurait acquis étant enfant et qui prendrait le contrôle sur elle.
D’ailleurs, le fait de réaliser cela a résolu en grande partie son problème !

Elle a réalisé que, dans les situations où elle se mettait en colère de façon violente contre ses enfants, il y avait une bonne raison et que c’est à cette bonne raison qu’elle devait s’intéresser. Et qu’elle devait cesser d’essayer de se convaincre qu’elle ne devait pas se mettre en colère.

Plus elle essayait d’être patiente, croyant que son comportement était inapproprié et sa colère injustifiée, plus elle se mettait violemment en colère.

Et prendre conscience de cela a résolu son problème d’agressivité !

Ce genre de situation est extrêmement courant dans les situations que je vois.

Alors la prochaine fois qu’on essaie de vous faire croire que vous ne vous comportez pas « comme il faut » parce que vous avez en vous un « principe dormitif » dont il faudrait vous débarrasser pour fonctionner idéalement, demandez-vous plutôt quelles bonnes raisons vous avez de vous comporter comme vous le faites 😉 …

Il ne s’agit pas de légitimer notre violence et de se dire que nous avons bien raison d’être violent. Mais simplement de s’intéresser à la situation qui nous rend violent et d’agir d’une façon différente.

Pour mieux comprendre, je vous conseille cet article à propos de la violence à lire absolument : « faut-il vraiment éradiquer la violence ? »  .Il vous donnera des pistes sur comment utiliser votre violence ou votre énervement pour ne plus être violent justement :-). J’ai aussi écrit à propos de la maltraitance infantile et de ce qui pourrait aider les parents ici : « à propos de la maltraitance infantile.

Pour aller plus loin sur le sujet des étiquettes qu’on se colle et qu’on nous colle, retrouvez les articles : « Etiquettes par ci, étiquettes par là » et « Avant, j’étais bordélique » (article à paraitre lundi prochain 😉 … ne le loupez pas 😀 !)

Photo Credit: alvaro tapia hidalgo via Compfight cc


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S Comm C propose aussi des accompagnements afin de vous aider à vous sortir de ces situations bloquées et difficiles. Les accompagnements sont possibles IRL sur plusieurs lieux et à distance via Skype ou Facetime. Pour plus d’informations, contactez Lara par email : lara@scommc.fr


Quand je m’énerve trop vite, des pistes pour voir les choses autrement :

Sur ce blog :

 

Quelques livres pour aller plus loin (liens affiliés Amazon)

  1. Merci encore Sandrine!
    En effet se culpabiliser n’aide pas à avancer… D’ailleurs pour y remédier, je pars en vacances, et je compte bien laisser ma mère nous aider avec les enfants, puisqu’elle le propose!

    • Eh bien, cela me fait froid dans le dos, ce que j’ai lu jusqu’à présent ! Je croyais que l’AMOUR pour ses enfants (pour ne pas dire des enfants) pouvait aider les parents à changer, à se soigner, pour justement se souvenir que ces petits qui nous énervent, ce sont avant tout des enfants qui ont besoin d’attention, d’être écoutés, d’être acceptés tels qu’ils sont et non pas le déversoir de nos colères et de nos frustrations qui nous viennent de notre travail, de notre fatigue, de notre vie… Alors oui, c’est bon signe d’être touché lorsque votre enfant pleure parce que vous le réprimandez à cause de VOTRE FATIGUE ou DE VOS PROBLEMES, touché au point que vous réfléchissiez à trouver des solutions autres que celles de juste déverser sur eux, parce qu’ils sont là, qu’ils sont petits, qu’ils se laissent faire sans se rebiffer (pour le moment !)… Oui, c’est vrai, il est bon et salutaire d’extérioriser sa colère, sa peur etc. mais pas sur nos enfants ! ils ne sont pas notre poubelle tout de même ! Je félicite cette femme qui vient consulter car elle sent que son attitude avec ses deux petits qu’elle tape (âgés de moins de 3 ans !!!) les rend malheureux. Mais de grâce, changez de thérapeute !!!!!!!
      Brigitte

      • Je ne dis pas que la personne ne doit pas consulter mais que l’agressivité n’est pas une chose en elle qu’elle doit « extirper », une espèce de « défaut » qu’elle aurait.
        Et je pense que si on veut être moins agressif avec nos enfants, il s’agit de comprendre aussi ce qui, dans un contexte donné provoque notre agressivité et notre violence (manque de soutien par exemple, …) et non chercher une cause intrinsèque à la personne.

        Et je vous rejoins sur le fait que crier sur nos enfants n’est pas la solution ;-), c’est juste sur le moyen d’y parvenir que nous ne sommes pas d’accord.

  2. bourry a dit :

    cet article tombe à pic pour moi vu qu’en ce moment je trouve que je crie trop et trop vite 😉 !!
    Je vais donc essayer de moins culpabiliser et plus rechercher la cause de ma colère pour agir dessus. Mais c’est que le bat baisse, je n’arrive pas à changer ce qui déclenche ma colère, mon ras-le-bol et moi je n’ai pas de raison extérieur qui majore cela, un mari présent et attentif à moi et aux filles, un job à mi-temps qui me plait, un loisir que je remets en avant ++.
    Je vais profiter des vacances pour réflèchir à tout ça, quitte à poser par écrit ce qui me dérange le plus… Et je vais revenir lire par ici plus souvent !!!

    • Mon article du 8 mars – Le 1er de la rubrique « questions de parents » – devrait aussi apporter un éclairage supplémentaire sur cette question de la colère …
      Il paraitra donc vendredi matin 😀 ! A lire !

  3. Un excellent petit livre « la colère,cette émotion mal aimée » de Serge et Carole Vidal-Graf aux éditions Jouvence. Pour ceux qui se mettent trop facilement en colère et ceux qui ne s’y mettent pas, ce qui était mon cas. Je le relis de temps en temps.
    Et un livre pour enfants « Grosse colère » de Mireille d’Allancé. Nous l’avons offert à notre fils à sa sortie.Il avait 18 ans, eh oui mais aurait aimé l’avoir quand il était petit et faisait de grosses colères…
    Merci pour votre article

    • Merci pour les suggestions de lecture.

      Je connais « Grosse colère » et j’avoue être mitigée sur ce livre. Il est effrayant pour les petits : la colère y est présentée comme un monstre qui surgit de nulle part (pas de lien avec la situation, par ex le monstre qui grossit à chaque fois que l’enfant vit qq chose de difficile : journée à l’école, papa qui gronde, injustice, …) ; aucun moyen de faire diminuer le monstre, à part se mettre en colère et le faire taire.
      Ce qui ne fonctionne pas bien du tout, surtout pour des petits.

      Mes propres enfants n’ont pas du tout adhéré et j’ai eu un retour d’une personne qui m’a dit que son fils de 2 ans 1/2 avait eu peur de se mettre en colère à la lecture de ce livre.

      Mais je vais aller découvrir l’autre que je ne connais pas encore.

      Sandrine

  4. Avec mon fils hyperactif j’avais tendance à crier trop vite car je savais qu’il allait « déborder », c’est devenu un peu le chaos et puis… l’aide est arrivée et maintenant cela fait presqu’ un an que je n’ai pas crié sur un de mes enfants…

  5. C’est vrai que c’est difficile d’élever des enfants seule. Je connais un peu l’histoire. On s’en veut d’avoir crier, on s’en veut aussi parfois de ressembler à ses propres parents, alors qu’on s’était jurer de ne jamais faire comme eux. Et après la colère, la culpabilité… super… Heureusement on est pas seule ! Les thérapeutes sont là pour nous aider…

    • Bonjour Emma

      La souffrance de ne pas avoir d’enfants quand on le désire très fort est indicible.
      Mais je ne crois pas que se retenir de crier pour cette raison permette d’être plus à l’écoute de ses enfants et plus patiente.
      Au contraire, cela conduit à la culpabilité, à prendre sur soi encore, exactement le mécanisme dont je parle dans l’article et qui conduit soit à la violence soit au burn-out.

      Pour en parler.
      Sandrine

  6. Moi ça me parle, on ne peut pas toujours aller contre ce que l’on est et ce que l’on ressent … quelle image donne-t-on à ses enfants de ne pas vivre ses émotions avec sincérité. La colère est un sentiment bien réel qui ne faut pas s’interdire.

    Je pense quand même qu’il faut faire attention et apprendre à ne pas diriger toutes nos colères sur nos enfants. Je pense aussi que souvent on se met en colère quand on n’arrive pas à gérer une situation (extérieur ou propre au comportement de l’enfant) lorsque l’on perd pied. Et finalement dans ce cas, c’est contre nous même qu’on est en colère parce qu’on ne supporte pas être confrontée à ce qui nous semble être un « échec » . bref, on est frustrée. Pour moi cette colère là ne pas se justifiée et mérite qu’on se remette en questions.

    Et puis, on peut aussi s’énerver sur l’enfant parce qu’on a eu une journée stressante ou qu’on est fatiguée ou qu’on est occupée et que l’enfant nous dérange … et du coup, la colère explose sans que l’enfants puisse en connaître ou en comprendre la cause. Et dans ces cas, je pense qu’il est primordiale de pouvoir revenir vers l’enfant pour lui dire que ce n’est pas sa faute et expliqué pourquoi on est tellement énervée !

    Voilà, c’est moon point de vue 🙂

  7. Merci pour cet article!! Déculpabilisant mais pas que, surtout instructif, car il ne sert à rien de déculpabiliser quelqu’un si on ne lui explique pas ensuite pourquoi et comment.. Je suis une mère qui s’en veut de tout, absolument tout, être trop rigide, ne pas jouer assez, ne pas leur proposer assez de sorties culturelles, ne pas être assez mince, crier trop, leur dire trop que je les aime… et j’en passe! Un jour j’ai compris que tout ne venait pas de la mère que je suis mais bien de la femme que je suis, j’ai décidé de creuser par là et depuis je culpabilise un poil moins, haha!
    Je découvre ton blog avec plaisir, je reviendrai!

  8. Merci pour cet article. Moi qui me désole très souvent de crier après mon fils et de ne pas réussir à m’en empêcher, ça me parle beaucoup et ça va me faire bien réfléchir.
    J’ai aussi acheté le livre « grosse colère » et je n’ai pas pensé à le lire seule avant de le lire à fiston… (fail… ^^’) Et j’ai aussi de grosses réserves dessus. (même si il plaît à mon fils) La colère présentée en gros monstre effrayant sorti on ne sait comment de l’enfant. La colère de l’enfant pas expliquée. En gros, il n’a pas vraiment le droit de se mettre en colère, ou en tout cas, personne ne lui demande ce qui se passe, ce qui l’énerve, c’est « dans ta chambre, tu redescendras quand tu seras calmé » (c’est mon interprétation du livre bien sûr. 😉 Je trouve ça dur de laisser l’enfant se débrouiller seul avec des émotions aussi énormes. Du coup, le bouquin est planqué maintenant, ici. (je fais un blocage, j’ai du mal à jeter un livre. ^^’)

  9. Bonjour,
    c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, d’autant plus qu’il est souvent abordé avec les parents qui me consultent pour le choix des Fleurs de Bach qui pourraient les aider. Le gros avantage des Fleurs de Bach, c’est qu’elles vont pouvoir aider non seulement le parent qui « craque », mais aussi l’enfant qui peut générer cette colère. De nombreux articles sur le site http://les-feurs-du-docteur-bach.com permettent de faire le tour de ce qui peut perturber les enfants, d’autres proposent des solutions aux parents dépassés. Ce commentaire n’a aucun but publicitaire, ce n’est qu’une information, pour ne pas passer à côté d’une aide précieuse et qui a fait ses preuves.

  10. En lisant tout ce que vous dites sur « grosse colère » je me rends compte que intuitivement, j’avais eu les mêmes réserves. Je les avais un peu oubliées d’autant qu’une amie m’avait dit que sa fille lui réclamait tous les soirs. En vous lisant toutes, je revis plein de souvenirs. Je suis une « vieille » maman de trois fils de 32, 29 et 26 ans. Je suis de tout coeur avec vous…Un de mes thérapeutes m’avait dit que pour lui la culpabilité était une facilité, j’avais fait « gloup!!! »Pour moi, maintenant, la culpabilité est un moyen de ne pas assumer ce que je fais, ce que je dis. Quand je la sens arriver, je me pose, j’essaie de regarder en face la situation, je lutte pour être douce avec moi-même (pas facile) et j’assume ma réaction que je juge inadéquate. Ca me libère beaucoup.
    Bon courage à vous toutes et n’oubliez pas qu’il n’y a ni bonnes, ni mauvaises mamans,il n’y a que des mamans qui font ce qu’elles peuvent. Et que le boulot de maman ne finit jamais:-)
    Sandrine, j’aime beaucoup votre blog.

  11. La colère nous appartient comme émotion et mode d’epression: elle est importante pour parler de nous et de nos ressentis, souffrances, deceptions, respect etc…On peut se mettre en colère sans culpabilité …et ce sans détruire psychologiquement ou physiquement les autres autour de soi. Pour info voire « l’atelier des parents » et les livres « parents épanouis enfants épanouis », « parler aux enfants pour qu’ils écoutent, écouter les enfants pour qu’ils parlent » des auteures Faber et Mazlish pour une éducation bien-veillante et pas sans conflits ni émotions ni colères! C’est aussi valable pour la communication entre adultes.

  12. picokoa a dit :

    Bon ça y’est, là faut que je parte, mais vous êtes définitivement dans mes signets !!

    Juste un point sur « grosse colère » parce que je ne le ressentais pas comme ça:
    Pour ma part il m’a permis de faire sentir aux enfants que
    1) je fais la différence entre l’enfant, et la colère qui l’habite
    2) j’ai conscience que la colère peut leur faire perdre le contrôle, et que cette perte de contrôle est parfois effrayante (mon Troiz était persuadé qu’après une GROSSE colère on n’allait plus l’aimer)
    3) que finalement l’expression et la maîtrise de cette colère dépendent d’eux (c’est Robert qui reprend le dessus tout seul)
    4) en discutant autour du livre, cela nous a permis de mettre en place des solution alternatives. Mon Troiz notamment qui exprime tout physiquement, a dans sa chambre un coussin à colère/gros mots, à qui il peut dire ce qu’il a envie, et qu’il peut taper s’il en a besoin… rien que le fait de savoir qu’il est là l’aide à se poser…

    Mais je n’avais pas vu l’autre angle (colère qui s’accumule et seule porte de sortie la crise) cela modifie mon regard sur le livre.
    Comme quoi encore une fois, c’est une question de regards ou de mots sur le même sujet ! Merci pour cet éclairage !

  13. Ça fait vraiment du bien de vous lire…! Maman de 2 petits bouts, Lou qui aura un an le 21 août et Rafaël qui aura 27 mois le 20 août, j’en étais arrivée au même stade que la maman dont vous parlez… Et ça me rendait triste au plus haut point…

    Je suis toujours avec le Papa et j’en étais même venue à ne plus le supporter… Envisager un divorce me retournait les tripes… Lui, mon âme sœur, comment j’aurai pu me tromper à ce point…?!

    A force de lectures (Vive le net! Pas trop de sous pour acheter des tonnes de bouquins!), j’ai fini par comprendre pourquoi je me comportais comme ça… L’accumulation dont vous parlez…!

    En 3 ans :
    * on est devenus propriétaires, 4 mois de travaux
    * on s’est mariés après un an et demi de prépas (gros mariage alors que je voulais un petit, j’ai TOUT accepté pour faire plaisir à tout le monde et au final, le jour J, personne n’a pensé à moi… Sauf mon mari bien sûr qui veut qu’on renouvelle nos vœux tellement il est d’accord avec mon idée du mariage intime maintenant! 😀 ) mais la famille et les amis, pas vraiment de « belles » surprises.
    * un 1er bébé en route, grossesse compliquée, accouchement catastrophique, 6 mois d’allaitement compliqués : personne ne voulait croire que mon lait n’était pas bon (j’avais cette terrible impression…) donc pendant 6 mois, j’ai tenté de me persuader que mon fils était un petit dormeur (réveil toutes les 2h pour téter et aucune sieste la journée!!!) jusqu’à ce que je craque et lui donne un bib de lait « industriel » et hop, en 15 jours : diversification finie, 4 repas par jour, nuits complètes et siestes de 3h! « Petit » dormeur mon fils? Mes fesses oui!!!!
    * 15 jours après, je retombe enceinte, c’était voulu mais là, grossesse encore plus compliquée, 8 mois à ne pas bouger…! Heureusement, accouchement de rêve qui m’a redonné une vitalité d’enfer… Sauf que ma fille a mis 10 mois à faire ses nuits (je n’ai tenu qu’un mois d’allaitement, cette fois-ci, j’ai dit stop malgré les dires des autres!)

    Autant dire que j’étais lessivée, physiquement ET moralement…!

    Mais voilà, mes enfants prenaient pour tout ça alors que les pauvres n’y étaient franchement pour rien… Mettre des mots sur ses maux, arriver à en parler, à « avouer » enfin ce que l’on ressent sans avoir honte, c’est dur, car pas encore bien vu dans notre société mais voilà, je suis une maman, certes, mais un être humain avant tout, une femme avec des besoins vitaux normaux (comme DORMIR par exemple) et je crois que je l’avais oublié… Et même si la route reste longue car on évolue tous en permanence, je crois que ma petite famille est sur la bonne voie… Et vous lire me fait, nous fait du bien…!!! Alors MERCIIIII…!

    Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…!!! 😀

  14. Princessgg a dit :

    Je suis tombée sur cette page en faisant une recherche sur google : « je m’énerve sur ma fille »… en effet, savoir qu’on est pas seules dans cette situation rassure, mais qu’un peu… J’ai une fille de presque 3 ans qui n’écoute rien, quel scoop à cet âge me direz vous ! Nous sommes solidaires avec mon conjoint mais nous nous énervons tous les jours, je suis usée. Des cris, des larmes, des tapes sur la main (c’est moi la gamine car je lui rends les tapes qu’elle me donne). Ça commence dès le réveil et souvent ça repart dès la sortie de l’école. Je ne sais plus si je suis trop exigeante avec elle, si je suis totalement intolérante. Et je m’en veux, je pleure… parfois je rêve d’un super moment complice et câlin avec ma fille, mais ça finit toujours mal, alors je suis blasée. Tout me semble une lutte avec elle. Pourtant, ma vie va bien à côté de ça. J’ai honte car j’ai peur qu’elle en souffre, devienne agressive, me déteste biensûr. J’aimerais ressentir de l’affection, de la tendresse de sa part. Même si je l’aime fort, j’ai honte de penser qu’elle n’est pas la petite fille que j’aimerais qu’elle soit. Je n’arrive pas à la comprendre, ni à bien communiquer avec elle. Quelle douleur.

    • Bonjour

      J’ai été très touchée par votre message car il ressemble beaucoup à celui de plein de parents et il dit bien toute la douleur qu’on peut ressentir quand on se sent en incapacité d’avoir une relation de qualité avec nos enfants.
      Oui, être parent, c’est parfois (souvent ?) difficile et cela nous met souvent en difficulté. Même quand tout va bien par ailleurs, nous sommes parfois aspirés dans un cercle vicieux dont nous ne savons plus comment sortir.
      En plus, quand les choses ne se passent pas comme on l’avait imaginé, quand l’entourage – au sens large : la société, les professionnels, … – nous renvoie que, si les choses se passent mal (et même quand elles se passent bien parfois !!!), c’est forcément de notre faute et que nous devrions faire autrement.
      Quand nous n’y arrivons pas, cela nous décourage, nous dévalorise. Et du coup, nous y arrivons encore moins. Changer les choses et retrouver une relation plus sereine avec son enfant passe généralement par trouver le moyen de changer les choses de façon concrète : retrouver de l’affection, avoir un quotidien plus zen, voir son enfant autrement, trouver des solutions pour tous les petits conflits du quotidien, …

      Je trouve déjà très courageux de votre part de dire votre envie de changer les choses et de renouer le lien avec votre petite fille. Dans un premier temps, connaissez-vous des endroits où vous pouvez parler de cette difficulté sans être jugée ou culpabilisée, simplement écoutée ? Cela pourrait vous aider à prendre du recul et à trouver des pistes pour changer les choses.

      Je me permets de vous dire que je vous embrasse car je sais à quel point cette situation est douloureuse pour un coeur de maman.

      Sandrine

  15. Vanessa a dit :

    Bonjour,
    Hier, je me suis énervée contre mon conjoint car j’ai l’impression qu’il n’en fait pas assez avec notre fille…et notre puce a assisté à la scène…Me sentir en dessous de tout est peu de le dire. Je suis de plus en plus agressive avec ma fille car je suis épuisée au quotidien et que le spectre de la mère parfaite me pèse. Votre message m’a fait un bien fou ! Merci ! Merci !

  16. Merci pour cet article je suis dans un cette situation, je cris sur mes enfants pour rien, je me dis tous les jours que je dois arreter, que c’est mal pour eux, que je suis trop nerveuse de tout mais j’y arrive pas..

  17. Mimi_Pompon a dit :

    Merci pour cet article et ces témoignages. Je suis exactement dans un mixe des cas de 2 mamans de l’article : 2 petites filles de moins de 3 ans, 2 grossesses complètement alitées et un mari qui, malgré le fait qu’on soit toujours ensembles, mène une vie de célibataire (en se trouvant 1000 bonnes excuses de le faire) alors que moi je suis sur le pont H24 et 365 jours par an et ce depuis… toujours. Évidemment je suis au bord de la falaise, je suis une boule d’angoisse au bord des larmes en permanence.
    Dire que j’ai bien trop accepté est en deçà de la réalité. Je réussis à épargner partiellement mes filles de toute cette colère, mais je voudrais tellement avoir l’environnement qui me permettrait d’être plus sereine !
    Bref, entendre qu’on est juste NORMALE ça fait beaucoup de bien…

  18. Mon fils a 7 ans et je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas un jour ou je ne me mettais pas en colere… Parce que ses jouets trainent dans le salon, parce qu’il me fait attendre, qu’il veut pas faire ses devoirs… En fait, c’est toujours autour d’une chose a faire. Le quotidien, c’est de plus en plus compliqué!
    Du coup, une amie m’a parlé d’un jeu qui motive les enfants à faire toutes ces routines. Ca s’appelle Happy Week, on l’a testé a la maison et on a pu passer une semaine vraiment differente… Ca redonne espoir, ca montre que c’est possible de fonctionner differemment et d’avoir un enfant pret à y mettre du sien ! Peut-être ca peut aider d’autres parents…

    • Ce jeu me semble tout à fait contraire au développement de l’autonomie de l’enfant et de son esprit de collaboration. Il amène l’enfant à travailler pour obtenir des bons moments en famille : l’amour des parents et les bons moments en famille sont-ils conditionnés à la réalisation des taches quotidiennes et au bon comportement des enfants ???
      Quelle drôle de message à faire passer à ses enfants au sujet de l’amour que nous leur portons (et contrairement à ce qui est indiqué, ce jeu ne me semble absolument pas aller dans le sens de la parentalité positive :-/)

  19. Je suis tout à fait d’accord, quelles que soient les difficultés que nous rencontrons avec un enfant, il ne faut surtout pas faire de « chantage à l’amour » en quelque sorte. Merci Sandrine pour cette bonne réponse!

  20. oui, heureusement qu’on les aime même quand ils sont terrrrrrribles la maison !!! Pour moi, ce jeu m’a permis de moins avoir à répéter, puisque ça a aidé mon fils à comprendre que si il faisait son lit, qu’il préparait son cartable, qu’il rangeait ses jouets et tout ça en moins de 10 min, on avait pas besoin de batailler une demi-heure et il avait au final même un peu de temps pour jouer avant de partir… du coup, c’est pas plus / ni moins d’amour, mais c’est moins de stress à la maison. Si il y en a qui ont essayé, dites moi ce que vous en pensez (et surtout sur comment faire pour que ça marche encore après plusieurs parties !)

  21. Chevreul-Gaud a dit :

    Rongée de culpabilité, je ne parviens pas à dormir, alors que j’en aurais bien besoin ! Maman d’une petite fille de 2,5ans et d’un petit garçon de 8 mois, je vie depuis 6 mois en « femme d’expatrié », perdue dans ses interrogations et sa recherche d’emploi, au sens 1er du terme. Même si j’ai absolument tout et énormément voulu de ma situation, je ressens une grande frustration. Ma fille est sensible, pleure ou gémit énormément. Je suis sensible aussi et me mets de plus en plus en colère contre elle. Un grand merci pour votre article et pour les commentaires des autres mamans, très précieux. J’ai acheté à ma fille le livre Les colères, de Françoise Dolto, en pensant lui parler de ses colères. Pour l’instant elle n’accroche pas. Mais en y pensant, je vais peut-être lui lire en lui parlant de MES colères…

  22. Oufff ça fait du bien de vous lire même si ça date un peu. J ai eu à essuyer la phrase d un autre parents et ce devant tout les autres parents ce qui m à mise encore plus en colère mais contre ce parents qui sait tout toujours mieux que les autres alors qu en dehors de ça se met tout les matins à parler sévèrement à son fils que 3 étages en profite.
    Je m explique . Ce parents me disant que j humiliais mon fils de le gronder sévèrement. Mon fils était sorti à toute jambes de l ecole avec son copain alors que ses parents ne étaient pas encore là et courraient dans tout les sens à jouer au loup sur le trottoir. Après plusieurs appels et rappel à l ordre et canaliser les ebats rien ne y fit. Le copain n écoutant pas plus jusqu au moment où j ai attrapé mon fils et l ai gronde fort devant tout le monde. C’est alors que j ai entendu derrière moi « mais arrêtez de l humilier » . J ai fait volte face et en a pris pleins les oreilles.
    A quel moment est ce une telle humiliation. Moi je l étais. Mon fils par le fait que je ne me soit pas contenue. Mais pas par les mots. De nos jours n à t on plus le droit d exprimer sa colère ? Fusse t elle justifiee ?
    Depuis mon fils m écoute . J agis aussi plus posement et lui fait repeter le regles de bonnes conduites. et l autre parents me regarde de travers.

    • On a le droit d’exprimer sa colère mais d’être violent ni humiliant avec les enfants.

      Il y a une confusion fréquente entre colère et violence d’ailleurs. La colère est le simple fait de dire « non, ça ne me convient pas ». La violence réside dans l’intention de « faire mal » à l’autre pour qu’il réagisse. Si vous avez crié sur votre fils en lui disant des choses violentes et blessantes pour lui, alors exprimer sa colère de cette façon n’est pas sain. L’enfant n’obéit pas parce qu’il a compris mais parce qu’il a peur de vous. Le risque c’est que le jour où il n’aura plus peur, vous n’aurez plus de contrôle sur lui et il fera ce qu’il voudra.
      La différence entre les 2 réside dans la façon dont on formule les choses : si on parle de soi – « Je suis furieuse : cela fait 3 fois que je t’appelle et tu ne viens pas. J’ai besoin de savoir que tu as entendu ce que je dis » – ce n’est pas de la violence. Si on accuse l’autre – « tu fais vraiment n’importe quoi ! tu n’écoutes rien et tu n’obéis pas ! tu devrais avoir honte ! » – alors ça en est.

      Crier STOP ou bien juste attraper le bras de l’enfant – sans tirer suffit à arrêter le comportement problématique. Hurler sur l’enfant ensuite est inutile et peut effectivement être humiliant pour lui.

      Se pose aussi la question de l’intérêt de la limite : les enfants se sont contenus à l’école toute la journée. S’il ne se mettait pas en danger, était-il utile de l’empêcher de s’amuser à ce moment-là ? Qui cela dérangeait-il vraiment ?

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