Les Vendredis des Parents : A propos des limites et de leur effet sur les enfants … et sur les parents …

Cette semaine, dans les « Vendredis des Parents » un article qui n’est pas directement issu d’une question de parent qui revient souvent ! Et puis je publie aussi une fois par mois un article sur les Vendredis Intellos et c’était une excellente occasion pour moi d’allier les 2 !

J’échange de temps à autre avec Camille et Olivier du site superparents.com. et je collabore avec eux sur leur chouette projet de « Fiches outils » en en rédigeant quelques-unes.

Aussi quand j’ai vu qu’Isabelle Filliozat leur avait accordé une interview, je me suis précipitée sur l’article qui en a résulté et que vous trouverez ici.

La lecture de cette interview m’a permis de préciser ce qui me questionne dans l’approche  que pratique Isabelle Filliozat et que je n’avais pas encore identifiés très précisément.

Je vous livre ici les réactions qu’a suscitées en moi la lecture des propos d’Isabelle Filliozat.

Sortir du paradigme psychanalytique …

Je suis totalement d’accord avec elle sur le fait que

le paradigme psychanalytique de la théorie des pulsions (Freud) qui voit l’enfant comme une petit être tyrannique qu’il faut canaliser en lui imposant des règles et limites strictes

a fait – et fait encore – de gros dégâts sur les parents, sur la relation parent-enfant et donc sur les enfants.

Ce paradigme baigne toute notre société, est inclus – de façon parfois mal digérée – dans des formations comme celles des assistantes maternelles, des enseignants … et même celle des esthéticiennes ! C’est vous dire où nous en sommes et le travail qu’il va falloir faire pour nous sortir de tout cela.
Là dessus, je suis à fond d’accord avec Isabelle Filliozat : oui il faut sortir de cette vision négative de l’enfant qui n’aide ni les enfants ni les parents.

Un paradoxe entre ce qui est bon pour l’enfant et ce qui est bon pour les parents

Par contre, je suis gênée aux entournures par un paradoxe – mais peut-être n’est-il qu’apparent ? – que je crois déceler dans le discours sur l’éducation bienveillante. Comme si ce qui était valable pour les enfants ne l’était pas pour les parents.

Je m’explique …

Bien sur que les enfants se développent mieux, apprennent mieux – sur le plan émotionnel, relationnel et intellectuel – quand l’apprentissage est lié à des émotions positives.
Or ce qui est valable pour les enfants l’est aussi pour les parents : nous sommes aussi des apprenants, évoluant sans arrêt, apprenant à nous comporter différemment avec nos enfants.

Quand Isabelle Filliozat dit

Il suffit de sentir le léger stress que nous éprouvons tous, les humains, lorsqu’on nous donne un ordre ou un interdit pour vérifier que cela ne nous met pas du tout en sécurité.
Rythme cardiaque accéléré = peur
Rythme cardiaque ralenti = sentiment de sécurité

Moi, en tant que parent, ça me stresse. Je ne me sens pas en sécurité.

Parce que penser qu’à chaque fois que je vais dire dit une chose « de travers », je vais stresser mes enfants, leur faire potentiellement du mal, moi, ça ne m’aide pas du tout à être dans le plaisir justement ni à me sentir en sécurité !!! Ca me stresse, j’ai peur ! Et qui dit stress, dit : je ne fais pas correctement et je me stresse encore plus et c’est de pire en pire.

Je le répète, je suis totalement d’accord sur le fond = on apprend mieux, de façon plus efficace, plus durable quand l’apprentissage est lié à une émotion positive, au plaisir. Cela les neurosciences le démontrent de façon claire. Et l’apprentissage est lié un plaisir quand je me sens en sécurité, quand je suis autorisé à me tromper, à faire des erreurs, que les erreurs ne sont pas des échecs, mais des occasions de progresser.

Mais présenté comme cité plus haut, c’est juste flippant !

Et donc c’est un excellent moyen de faire en sorte que les choses se passent mal car les parents risquent de se crisper sur les « mauvaises choses » qu’ils font par peur de traumatiser leurs enfants.

Et donc il y a là pour moi un discours contradictoire : quand je me sens libre, je me sens en sécurité et je me comporte mieux. Or on me dit « si tu donnes des ordres à tes enfants, tu les stresses. », tout de suite je me sens nettement moins libre en tant que parent, donc pas en sécurité et pas dans le plaisir mais dans la contrainte.

Or moi aussi, en tant que parent, je suis apprenante, tout comme mon enfant apprend la vie = j’essaie de m’améliorer, de progresser pour mieux répondre aux besoins de mon enfant. Je suis mon propre professeur.

Et là mon propre professeur ne me donne pas le droit à l’erreur = quand tu donnes des ordres à tes enfants, tu les stresses …

Comment puis-je progresser si je pense ça ? Je suis figée dans la crainte de ne pas dire ce qu’il faut, de faire du mal.

Vous l’aurez compris, je suis parfaitement d’accord sur le fond concernant l’éducation positive : les enfants se comportent mieux quand on utilise une approche positive et bienveillante, les relations sont plus fluides, les tensions moins fréquentes, …

Mais les parents aussi fonctionnent comme ça ! Et je pense qu’insister sur le stress créé par certaines façons de faire n’est pas le meilleur moyen d’aider les parents.

Les limites sécurisent-elles les enfants ?

Cette question des limites est très importante. C’est celle qui a sans doute suscité le plus de réactions de la part des parents internautes.

Isabelle Filliozat dit :

NON ! Les interdits, frustrations et limites que nous donnons à l’enfant ne lui donnent pas un sentiment sécurité. Et ne lui donnent pas non plus les « bonnes » bases de la socialisation. Passons sur cette connotation morale « bonnes » bases, ceci est le dada de la psychanalyse (française) avec sa théorie des pulsions qui a fait tant de mal à l’éducation des enfants.
Ce qui donne le sentiment de sécurité aux enfants, c’est l’attachement, l’attention du parent à ses besoins, le respect, etc… c’est aussi la liberté, les permissions et les consignes qui aident à savoir comment faire ceci ou cela en toute sécurité. Les seules limites qui donnent de la sécurité sont celles de l’enfant. Il se sent en sécurité si nous lui enseignons qu’il a des limites et qu’il a le droit de les faire respecter par ses frères et sœurs, par les gens, et même par nous. » Ton corps est à toi, et si ce qu’on te fait te fait non à l’intérieur, tu as le droit de dire Stop. », « ce stylo est à toi et si tu ne veux pas que ta petite sœur joue avec, tu as le droit de le mettre sur cette étagère en hauteur ».

Pour moi, le sentiment de sécurité, pour l’enfant, passe aussi – et beaucoup, pour ne pas dire entièrement – par le fait de sentir que les personnes qui s’occupent de lui ne vont pas le maltraiter, le traiter violemment physiquement ou verbalement, qu’il ne va pas se sentir humilié ou blessé par ses parents. Qu’il se sent respecté en tant que personne par les gens qui l’entourent et dont il dépend presque entièrement.

Donc effectivement je pense aussi les limites ne sont pas utiles à l’enfant directement. Je suis persuadée qu’un enfant peut parfaitement bien grandir avec très peu de limites effectivement, voire pas du tout.

Par contre, je pense que les limites sont primordiales pour le parent !
Lorsque le comportement de l’enfant n’est pas acceptable pour le parent et qu’il ne pose pas de limites, le parent finit par exploser (voir à ce sujet l’article « la carte de fidélité »).

Je pense qu’il est bien plus sécurisant pour un enfant de voir son parent lui poser des limites que de n’avoir aucune limite et de voir le parent finir par exploser de colère et réagir violemment.

Donc ne pas poser de limites oui … si on en est capable ! Et je ne connais pas grand monde qui l’est.

Parce que voir la personne dont on dépend totalement affectivement et matériellement devenir violente à notre égard, ça, ça fait vraiment peur !

Donc en ce sens, je pense que les limites sécurisent effectivement l’enfant, mais pas pour les raisons évoquées par les psychanalystes. Et qu’il faut arrêter de faire croire que le parent idéal est un parent qui peut tout accepter de son enfant sans rien dire et le laisser totalement libre. Je suis avant tout une réaliste et je suis sincèrement persuadée que cet idéal est une utopie. Et les utopies font souvent souffrir les gens qui y croient parce qu’ils se désolent de ne pas y parvenir.

Les enfants sont tout à fait à l’aise avec des limites dont ils comprennent le sens = quand ils comprennent qu’elles servent à les protéger, y compris à les protéger de notre propre violence de parents.

L’origine de nos colères

Arrive ensuite un point sur lequel je suis clairement en désaccord avec Isabelle Filliozat. Voilà ce qu’elle dit sur l’origine de nos colères :

Ceci dit, clairement, nous sommes parfois pris par notre passé, happés dans notre histoire à notre insu et cela déclenche des réactions excessives. Nous entrons dans des fureurs hors de proportion avec le problème ou sommes démunis devant une situation pourtant relativement simple. Dans ce cas, il est utile de commencer une démarche.

Les fureurs hors de proportions ne sont pas forcément liées au passé. Elles peuvent simplement être liées au contexte actuel – un cumul de difficultés sur plusieurs plans par exemple, personnel professionnel, … – ou bien tout simplement à notre mode de gestion de la colère.

Ce mode de gestion est sans doute lié à nos apprentissages passés – mais pas forcément ceux de l’enfance, ceux de l’âge adulte comptent aussi ! E

J’ai déjà largement abordé ce sujet dans les articles « je m’énerve trop vite , je crie sur mes enfants» et « comment poser des limites à son enfant tout en le respectant ».

Il n’est pas nécessaire de remonter son passé pour résoudre des difficultés présentes, et y compris pour les résoudre de façon durable.
Décider simplement de se comporter autrement, travailler sur le « comment faire autrement » plutôt que sur le « pourquoi ai-je ce problème » me parait plus efficace, y compris à long terme.

Certes, nos problèmes peuvent venir du passé mais il n’est pas possible d’effacer un apprentissage. On peut simplement le remplacer par un autre apprentissage. Il est donc à mon avis plus productif d’apprendre à faire différemment.

Les bons et les mauvais parents ?

Penser qu’il faille « faire un travail sur soi » pour être un bon parent relève aussi de cette drôle de dichotomie à laquelle je n’adhère absolument pas. Il y aurait des « bons » et les « mauvais » parents, les uns réfléchissant, travaillant sur eux et les autres non, sujet dont j’ai parlé dans l’article « les bons et les mauvais parents ».

Faut-il avoir suivi une psychothérapie pour être un « bon » parent ? Pour ma part, je suis persuadée que non.

Là où je rejoint totalement Isabelle Filliozat par contre, c’est sur la nécessité pour les parents de s’entourer. Voilà ce qu’elle en dit :

La première étape, est pour moi de s’entourer. Avoir un bon réseau relationnel, des amis pour nous soutenir, des relais pour garder nos enfants, des copains et des copines pour nous donner des idées et partager des expériences… des gens autour de nous pour échanger, se nourrir, et tenir le coup face aux inévitables remarques des personnes « bien intentionnées » qui nous entourent et ne partagent pas notre vision de l’éducation.

Et c’est vrai que ce réseau aidant et bienveillant peut constituer une ressource inépuisable dans les moments de doute, de fatigue, de questionnement, …
Parce que, même si on a fait une psychothérapie, même si on a un entourage bienveillant, quand on est  parent, on a des enfants … et des moments de doute, il y en aura inévitablement !

Paradoxe quand tu nous tiens …

Pour finir, je voudrais aborder un point qui me semble représentatif de ce que je ne partage absolument pas avec Isabelle Filliozat :

Camille et Olivier de Supers Parents : Un autre point dont nous avons discuté : la difficulté, pour certains parents s’initiant à la parentalité positive… de partager cette philosophie avec leur conjoint. Quelle piste pouvez-vous proposer à ces personnes ?
Isabelle Filliozat :
1. Le non-jugement ! C’est efficace pour les enfants, mais aussi pour les adultes ! Un conjoint qui se sent jugé s’enfermera dans sa position.
2. L’empathie. C’est aussi à l’empathie que nous lui fournirons que notre conjoint pourra mesurer le non-jugement ! Faire une phrase du type : « J’ai vu combien tu étais énervé par le comportement de Julien, c’est dur de voir son fils rapporter de telles notes (être le plus précis possible) » ou « ça te met hors de toi de voir ton fils sur l’ordinateur alors qu’il n’a pas fini ses devoirs. » (Attention au ton de la voix, qui reste plein de tendresse, de respect et de compréhension… si, si…!)
3. L’écoute. Qu’est-ce qui est le plus dur pour toi quand il rapporte des notes inférieures à la moyenne / quand tu le vois sur son ordinateur…
4.    Et écouter aussi le passé… et ton père, comment il réagissait quand… c’est en incitant le conjoint à faire le lien avec sa propre enfance, qu’on va vraiment l’aider à ne plus mobiliser le comportement excessif.

Il est fondamental de ne pas se sentir « supérieur » à l’autre, parce que nous aurions plus raison que lui, ou autre. Nous n’avons pas été plongés dans la même culture enfantine, nous n’avons pas eu la même expérience en tant qu’enfant. Voir notre conjoint enfermé dans un nœud dont il n’arrive pas à sortir seul peut nous aider à l’accompagner sans le juger comme incompétent, dur, méchant, laxiste…

Ces 2 derniers conseils sont totalement contradictoires à mes yeux.

Dire à quelqu’un « et ton père, il réagissait comment quand … », c’est d’une certaine façon dire à l’autre « moi je sais quel est ton problème et il faut que tu en prennes conscience pour avancer ».

En posant ce genre de question, on se met – de fait – dans une position « haute » par rapport à l’autre, une position « supérieure » implicite qui parle d’elle-même et à laquelle l’autre va quasi immanquablement réagir et résister.

Parce que personne n’aime se voir traiter comme « inférieur », comme « celui qui ne se rend pas compte qu’il a un problème ».

Donc non jugement, écoute et empathie, oui.  Ecouter le passé, non. Sauf si c’est le conjoint lui-même qui en parle. Sinon on n’est plus dans l’écoute, on est dans le jugement et l’interprétation. Et il y a de fortes chances que le conjoint se rebiffe ;-).

Je crois que ce dernier point est représentatif du paradoxe qui me gêne dans cette interview.

Si je devais résumer ma pensée, je reprendrai la phrase d’Einstein :

On ne résoud pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré

Et c’est à peu près exactement ce qui me gêne dans cette interview qui semble dire « sortons de la psychanalyse » mais en utilisant encore la psychanalyse. Le serpent qui se mord la queue 😀 …

Oui la vision psychanalytique a fait – et fait encore du mal – dans l’éducation.

Oui nous avons absolument besoin d’en sortir pour passer à une éducation positive, bienveillante, constructive.

Mais, comme j’espère l’avoir montré dans cet article, garder une vision psychodynamique – qui a donc les mêmes prémisses théoriques sur le développement de la personnalité = nos troubles sont issus de l’enfance – me parait tout à fait contre-productif pour faire avancer les choses.

Je pense que, sur le fond, je suis assez proche de la vision qu’a Isabelle Filliozat de voir l’éducation et que nous partageons les mêmes valeurs. Mais je ne partage pas sa façon de présenter les choses en fait.

Il y a d’autres façons radicalement différentes d’aborder ces sujets, sans avoir recours au passé et qui permettent de résoudre durablement les difficultés rencontrées au quotidien.

Ce serait bien que nous sortions ENFIN VRAIMENT de ce paradigme psychanalytique qui veut que les parents soient responsables de tous les maux de leurs enfants, paradigme qui conduit les parents à se culpabiliser, à avoir peur de faire du mal à leurs enfants et donc leur permet difficilement de se sentir en sécurité dans leurs relations avec leurs enfants, préalable pourtant indispensable à une parentalité positive.

Commençons donc par voir les choses autrement …

Il y a d’autres implications plus globales en-dehors de la parentalité si on sort radicalement de ce paradigme psychanalytique mais c’est un autre sujet qui concerne moins directement les Vendredis Intellos où vous retrouverez cet article dans son intégralité, et bien d’autres ! ;-).

Photo Credit: Zoria via Compfight cc

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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16 pensées sur “Les Vendredis des Parents : A propos des limites et de leur effet sur les enfants … et sur les parents …

  • 22 mars 2013 à 09:14
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    Wahou. Merci pour cet article.
    J’aime beaucoup ce que fait et dit Isabelle Filliozat en général et j’avoue que l’interview sur laquelle tu reviens m’avait laissée assez mal à l’aise justement, sans arriver à définir pourquoi (mais en gros, je me disais : « ok, c’est bien beau mais au quotidien, comment gérer les choses ou faire stopper les comportements inacceptables sans « poser de limites » et en étant juste « attentif » à l’enfant ?? »). J’en étais ressortie aussi angoissée qu’en lisant d’autres théories plus anciennes je crois.
    Parce que je me mets déjà beaucoup de pression en imaginant que le moindre mot de travers va traumatiser mes enfants à vie alors comme tu l’expliques bien, cette lecture ne m’avait pas vraiment aidée à me relaxer de ce point de vue-là.
    Et je trouve ton explication sur le « pourquoi les limites sont bonnes pour nos enfants » hyper positive et déculpabilisante pour les parents… alors je crois que je vais la faire mienne!!
    Parce que tout ce qui me fait du bien, fait aussi du bien à mes enfants, non ? 😉

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    • 22 mars 2013 à 09:16
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      Merci pour ce retour <3 !
      C’est exactement ce que je voulais faire passer comme message !

      Sandrine

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  • 22 mars 2013 à 09:33
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    Et bien voilà un peu du lourd pour finir la semaine…!!

    Merci Sandrine pour toutes ces approches intéressantes, celle d’Isabelle et ta propre analyse. Je vais attendre Lundi pour relire tout ça tranquille, après le WE ça ira mieux…, et si j’ai pu l’expérimenter avec mes enfants, ce sera encore mieux que mieux 🙂 !

    Je note cependant que le PARADOXE revient souvent dans tes billets……. et que dans le paradoxe, on peut dire tout et son contraire, sans que ni l’un ni l’autre ne soit ni vrai, ni faux ! Et donc prendre des petits bout de ci, être d’accord avec ça, sans globalement valider le tout, mais sans non plus que sa propre version « ni contre ni pour » ne soit totalement valable non plus……

    Conclusion : on peut discuter des heures, des jours, des années, des vies, des siècles, on tournera toujours (un peu) en rond…..

    Bon, tant qu’on avance (« un con en marche va plus loin qu’un savant assis ») et que la planète continue aussi à tourner en rond ² (=sur elle même et autour du soleil ;-), alors……… tournons !

    Youplaboum……. c’est le printemps ! = j’ai passé l’hiver !!

    Au plaisir de tourner encore d’autres pages paradoxales en ta compagnie… 😉

    Renaud

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    • 22 mars 2013 à 09:48
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      Le paradoxe est simplement une contradiction. Et si les 2 parties sont correctes chacune prises séparément, c’est leur mise ensemble qui ne fonctionne pas.
      C’est au contraire une vraie prise de parti que refuser de rentrer dans le paradoxe !

      Un exemple de paradoxe : « sois autonome » …
      Etre autonome, ce n’est pas obéir à un ordre, c’est se conduire comme on l’a décidé soi-même.
      Si je dis à un enfant « sois autonome ! », je le mets dans un paradoxe = tout ce qu’il fait sera forcément mal d’un certain point de vue.
      S’il obéit à mon ordre en se comportant de la façon que j’attends – par exemple en se mettant à faire ses devoirs seul – il ne l’est pas à un autre niveau puisqu’il a obéi à mon ordre (« sois autonome »).
      S’il ne se comporte pas comme je l’attends – par exemple en ne faisant pas ses devoirs – alors il EST autonome mais il désobéit à mon autre ordre (faire ses devoirs).
      Donc la personne coincée dans le paradoxe n’a aucun moyen de bien se comporter.

      Et si personne ne s’autorise à dire « attends ce que tu me demandes là est impossible ! », la situation est bloquée !

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      • 22 mars 2013 à 09:53
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        un exemple de paradoxe :
        « Le Diable un jour a mis Dieu au défi de prouver sa toute puissance en demandant à Dieu de créer un rocher tellement énorme que même Dieu ne pourrait pas le lever.
        Ill n’a pas été rapporté ce que Dieu a répondu, mais le problème est que si Dieu peut créer un rocher assez grand pour que lui même ne puisse pas le lever, alors Dieu ne serait pas tout-puissant parce qu’il ne pourrait pas le lever.
        Mais d’un autre côté, s’il peut le lever, alors il ne serait pas tout-puissant puisqu’il ne peut pas créer un rocher assez lourd pour ne pas pouvoir le lever. »

        Comme tu le vois, ça n’a rien à voir avec le fait de ne pas se prononcer. C’est une impasse. Si on ne la voit pas et qu’on ne la dénonce pas, il est impossible d’en sortir.

        Dans ce dernier cas, le seul moyen de sortir du paradoxe est de refuser d’entrer dans le jeu et se placer sur un niveau supérieur, sur le mode « je n’ai pas à te prouver que je suis tout-puissant » (ce qui en soit est une preuve de puissance supérieure puisqu’on a le pouvoir de décider).

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  • 22 mars 2013 à 09:58
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    Bravo Sandrine pour cet article et ta capacité d’analyse et de prise de recul.
    Je partage tes idées : la psychanalyse nous imprègne énormément … Freud est étudié au bac philo depuis plus de 20 ans, avec les raccourcis que l’on imagine. Même des théories que Freud a ensuite réfituées sont encore dans les esprits. Les CMP, orthophonistes en sont imprégnées et ont 20 ans de retard par rapport à d’autres pays européens. La place est faite à l’interprétation, une gangrène pour les patients. Le tout psy est d’actualité ; je vois des parents qui emmènent leur enfant chez le psy dès 4 ans, les résultats sont rarement au RDV et l’enfant pense « c’est parceque je ne suis pas sage que maman m’emmène voir cette dame » et l’enfant entend le récit de sa vie en mettant l’accent sur les difficultés.
    Je partage aussi ta vision du mode de gestion actuel de notre colère, à indentifier, décoder et modifier pour ne pas être contaminé par la colère de l’autre. Savoir si cette colère vient de frustrations du passé n’y change rien, pour ma part ce qui a été efficace a été de faire un travail personnel sur moi pour rester calme, ferme et empathique face à mon enfant en colère et identifier son besoin. Passer sur le divan d’un psy n’y aurait rien changé.
    Bonne continuation à toi Sandrine et encore merci pour tes articles

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    • 22 mars 2013 à 10:02
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      Merci, je suis flattée !
      Je partage assez ta vision des problèmes que peut susciter le fait d’emmener un enfant chez le psy. C’est d’ailleurs une des raisons qui fait que je ne reçois pas les enfants dans mes accompagnements parentaux (ou seulement si EUX demandent à me voir) : je n’aime pas que les enfants entendent que quelque chose dysfonctionne chez eux, je pense que ça le met en échec.
      Je préfère que les parents les aident à changer, ce qui est plus valorisant et pour les enfants et pour les parents.

      Répondre
  • 22 mars 2013 à 10:29
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    Bonjour, merci pour tous vos articles enrichissants

    Plongee dans le livre d’Isabelle Filliozat, cette interview m’a fait la meme impression qu’a Madame Sioux, euh je vais plus rien oser dire tant j’aurais peur de mal faire et de traumatiser mon enfant etc

    J’apprecie le travail de mme filliozat et ses conseils autant que j’apprecie vos conseils plus ancres dans une vie de tous les jours

    Sur le passe, je vous rejoins toutes les deux, il est tt a fait possible de prendre ses distances avec un apprentissage passe en le remplacant par un nouveau. Dans certains cas, je pense qu’il est primordial de reflechir a son passe pour pouvoir comprendre d’ou nous viennent tel ou tel comportement, qui meme remplace par un autre, risquerait de refaire surface et etre a meme de le gere ou de le contourner. Le fait de comprendre l’origine peut avoir un effet apaisant.

    Lors de mes lectures, j’ai pu preciser l’origine d’un comportement dont je me doutais sans pouvoir le definir, qu’il remontait a l’adolescence. Bien que cela n’a pas apporte de revolution dans mon quotidien, je me rends compte que cela m’a appaise et que lorsque j’ai tendance a le reproduire, j’arrive a me demander si je reproduit le schema ado ou si c’est un besoin actuel.
    Neanmoins, l’homme a des capacites d’adaption telles que je ne pense absolument pas que cela soit indispensables pour chaque comportement et puis parfois leur origine remonte bien trop loin

    pfff,j’ai ecrit un roman, ttes mes excuses

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  • 22 mars 2013 à 15:21
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    Merci Sandrine, je trouve ton article super intéressant et je suis tout à fait d’accord avec ta citation d’Einstein ‘On ne résoud pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré’. Il y a bcp de bon à prendre chez I.Filliozat mais restons vigilant pour reboucler sur des modes de pensées qui enferment. Je crois que cela est valable autant dans l’éducation que dans plein d’autres domaines !

    Dommage que Filliozat n’ait pas révélé que l’autre parent change lui aussi forcément son attitude à plus ou moins long terme, que la bienveillance l’emporte sans forcing ou psychothérapie de couple, il est cependant nécessaire d’avoir une grande confiance en l’autre !

    Je te l’ai déjà dit mais je me répète j’aime énormément ton mode de fonctionnement d’accompagnement parental. Je pense que c’est nocif que l’enfant ait le sentiment que qqch ne fonctionne pas chez lui. La bienveillance passe aussi par la FOI en nos enfants, ils ont tout ce qui est nécessaire en eux pour être heureux quelque soit leur passé.

    A bientôt peut-être à Lyon si je peux passer un de ces vendredis je te tiens au courant !
    Bises
    Caro

    Répondre
  • 22 mars 2013 à 16:06
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    Paradoxe, quand tu nous tiens…..

    Ca me rappelle la blague des trous dans le gruyère :

    – Plus y’a de gruyère, plus y’a de trous…
    – Mais plus y’a de trous, moins y’a de gruyère?
    – Donc plus y’a de gruyère, moins y’a de gruyère !!

    Et hop, emballez c’est pesé, ma p’tite dame !!

    (les puristes noteront au passage que… y’a pas de trous dans le gruyère mon bon monsieur, mais seulement dans l’emmenthal!!). Bref 😉

    Je ne crois pas que le paradoxe soit juste une contradiction. Au contraire je pense que, non seulement, le paradoxe existe bien en tant que tel, mais qu’il est (presque) partout !

    Le nier, ou vouloir le combattre, n’amène pas plus de solutions que de vouloir se défaire de son emprise ou l’éviter.

    Le reconnaitre dans le principe déjà, et ensuite savoir le reconnaitre (=le démasquer), me parait être la seule étape indispensable pour ne pas s’y perdre. L’accepter et le comprendre, me semblent ensuite les voies possibles de l’intégrer dans nos vies…….

    Pas idéal, ni parfait, ni totalement rationnel, mais plutot que de sortir du paradoxe, cherchons à en faire un allié pour décoder certaines situations au delà des apparences, apparemment contradictoires 😉 ! mais en apparence seulement…!!

    Illustration :

    -Sois autonome !
    -Oui Maman…
    Et l’enfant ne se met PAS tout seul à faire ses devoirs.
    Le paradoxe est partout : il ne fait pas ce qu’il dit, et pourtant en ne le faisant pas, il est cohérent avec ce qu’il dit ! Que faut-il faire : lui enlever son autonomie qu’il n’est pas capable d’assumer? Le mettre devant son paradoxe ? Lui faire faire ses devoirs de force?

    Je ne veux pas paraitre jouer avec les mots, mais en l’occurrence, il me semble que la manière d’intégrer les paradoxes potentiels, est de s’en tenir aux limites de responsabilités de chacun :

    -Sois autonome!
    -Oui Maman (ou Papa, pour changer un peu les clichés !)
    -As-tu fait tes devoirs ?
    -Oui Papa…
    Si c’est vrai, alors la question de l’autonomie ne se pose plus, ce qui n’empêche pas d’accompagner ou de vérifier de temps en temps !
    Si c’est faux, c’est faux. Le mensonge n’est pas l’autonomie (à la limite, l’enfant est autonome… pour mentir ! C’est un début 😉 mais il y a une forme de « cohérence » dans ce mensonge prouvant effectivement sa responsabilité, prémice à son autonomie?

    Bien souvent, l’enfant va contourner le paradoxe en ne répondant pas :
    -As-tu fait tes devoirs?
    -C’est mon problème…
    Il aura raison… sur le lien entre le fait de faire ses devoirs et l’autonomie! Pas forcément sur l’impact de son avenir à long terme, quoique….. 😉

    Ou encore :

    -As-tu fait tes devoirs?
    -Non…
    -Tu attends quoi?
    -Je suis autonome… (versio ado!)
    On progresse, il ne ment plus, mais son « autonomie » ne le pousse pas pour autant à faire ses devoirs…

    Dans certains cas, on peut utiliser le paradoxe lui-même pour amener ce que Einstein appelle aussi « un autre niveau » de conscience :

    -Je t’interdis de faire tes devoirs !! (message totalement incomprehensible pour un enfant de la part d’un parent « responsable »)

    Bien souvent, l’enfant va être destabilisé, et comprendre alors le réel intérêt à faire (ou pas) ses devoirs, à mesure de ses capacités d’autonomie.

    J’ai essayé bien souvent avec mes enfants de faire l’expérience de ces « messages paradoxaux » avec le brossage de dents. En général, l’humour et la détente qui en découlent sont bien plus efficaces que toute tentative d’autorité « autoritaire »… Et à long terme, le besoin (de se brosser les dents) devient bien plus important que le moyen employé pour y parvenir.

    En résumé, sur le fond du sujet (les limites et leurs effets) : croire qu’il n’y a qu’une seule vérité de type cause à effet, est probablement aussi stérile que de penser qu’il n’y a qu’un seul individu sur Terre. Il y a probablement autant de vérités qu’il y a d’êtres humains. Et comme chaque parent est unique, et chaque enfant aussi, comment pourrait-on imaginer ce qui est juste, et ce qui est faux, et penser qu’on est dans le « vrai » ou juger l’autre avec son propre filtre……??!

    Le fait que tu prennes aussi Dieu comme illustration est une belle coïncidence 🙂 .

    Dieu est l’archétype de l’infini (qu’y a-t-il après la mort? qui a créé le monde? etc….). Or l’infini est aussi impalpable qu’une anguille dans la vase par temps de pluie les mains savonneuses, si tu vois ce que je veux dire 😉 😉 . En plus, la notion de Dieu fait appel par définition à des croyances et du symbolique. Donc on s’enfonce un peu plus dans la vase et là, on essaye carrément d’attrapper l’anguille dans le noir ! (remarque, du coup on est centrés sur ses sensations, voire ses intuitions, et là, c’est plutot une bonne nouvelle !!)

    Les scientifiques purs et durs ont montré que les paradoxes passent toujours par une notion d’infini, et qu’ils n’en sont plus quand on reste dans un ensemble ou un système FINI. Si on change les limites du système, mais qu’on garde des hypothèses de l’ancien système, on se retrouve avec 2 choses apparemment contradictoires. Comme la taille de ton rocher qui augmente à volonté d’un système (avant) à l’autre (après)…

    Et les limites…… c’est bien le thème de ton article non?

    CQFD…. 😉

    Concernant la « toute puissance »….. je ne m’engagerai même pas sur le sujet !!!

    En « petite » conclusion, que tu apprécieras, je l’espère, en experte éminente de l’école de Palo Alto : l’exemple de nos enfants nous ramènerait finalement à une question de systèmes : ce qui est vrai pour le système-enfant ne l’est pas forcément pour le système-adulte. OK. Jusque là, les choses sont encore simples (en apparence ;-). Sauf que le système-adulte est AUSSI un système-enfant devenu adulte….. et c’est là où les problèmes commencent….. On veut un raisonnement bien béton avec des limites bien étanches entre les systèmes, et patatras, on est forcément des enfants aussi quand on est adultes, puisque par définition, on était enfant AVANT d’être adulte (sauf pour l’incroyable histoire de Benjamin Button, mais là je sens que je vais perdre les quelques lecteurs qui ont encore résisté jusque là…..).

    Du coup, forcément, notre système-enfant INTEGRé dans notre système-adulte PLUS GRAND fait forcément référence à lui même (référence circulaire de surcroit, aïe aïe aïe!), tout en n’étant pas que ça non plus, et en plus, en interaction avec un autre sytème-enfant (celui qui braille là, devant nous), dont notre seul but (enfin, pas le seul, mais celui-là on peut le dire !!) est que cet enfant devienne un adulte un jour, c’est même pour ça qu’on se fatigue à vouloir l’éduquer, rodjudjudjudjudju……

    …..

    Alors ?

    Alors on est pas sortis de l’auberge………. systémique !

    On est tous des enfants, toute notre vie, même adultes ! Mais on n’est pas QUE ça non plus 😉 !

    Ceux qui ont la chance de se frotter à la parentalité découvrent ensuite l’autre coté du miroir et voient un autre système-enfant que le leur, de leur posture d’adulte. Ils cherchent en général à faire « mieux » (en tous cas « pas pire »!), que ce qu’ils ont vécu EUX…
    Sauf que le système en question n’est plus le leurs, mais celui de nos enfants… Et qu’il est très difficile (voire dangereux) d’appliquer à d’autres les mécanismes qui nous conviennent (ou qui nous ont convenu, ou qui nous auraient convenu) à nous…

    Et là, y’a plus de solution exacte, sinon à tomber dans des paradoxes systémiques infinis… et donc de devoir faire avec !!!

    Il ne reste plus que des tentatives de solutions et la sacro-sainte INTERACTION que tu prônes évidemment Sandrine, là où je te rejoins à 100%, de même que la prise en compte de nos émotions qui sont un des moyen de mesurer si cette interaction convient, ou pas, à nous, aux autres, à nos enfants, à la morale, à la société, j’en passe et des meilleures…

    Mais selon moi, une distinction fondamentale est à faire sur le fait que nous aurons une influence sur nos enfants, oui, mais qu’ils sont aussi un système à part entière, indépendant de nous (j’allais dire…. autonome!!) qui explique que des mêmes parents éduquant (soi-disant, mon oeil 😉 leurs enfants de la même manière, aient des enfants bien différents…… même pour les jumeaux ça ne marche pas à mon avis.

    Je pourrais m’arrêter là, et pourtant l’affaire se complexifierait encore en rajoutant que le système-enfant de nos enfants est aussi ISSU de notre système-adulte, puisque jusqu’à preuve du contraire, ce sont nous qui les avons engendrés!!! Et qu’il conviendrait de prendre en compte toutes les autres données du système : l’environnement familial commun (ou pas, si les enfants ne vivent plus avec nous par exemple), l’apport de l’autre parent qui a son propre système-adulte-enfant, qui en général n’a rien à voir avec le nôtre, bref….. l’auberge systémique pourrait avoir un nombre…. infini de pièces à assembler !!!

    Et l’infini revient nous filer entre les pattes, dans la vase….. mais pas dans le noir, si nous en sommes conscients !

    Mince, du coup, j’ai l’impression d’avoir ouvert un champ infini de discussion et je n’arrive pas à conclure mon commentaire 🙁

    Me serais-je fait happer par mon propre paradoxe ?!

    Vivement le week-end…

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    • 22 mars 2013 à 16:16
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      Pour sortir d’un paradoxe, il faut monter d’un niveau logique. Et oui nous sommes dans le paradoxe en permanence, c’est à cause de la communication qui fait qu’on utilise pour parler de communication l’objet qui nous sert à communiquer.

      En résumé, pour répondre à tes questions : théorie des niveaux logiques et cybernétique.
      Les réponses aux questions que tu poses sont dans ces 2 systèmes théoriques.

      Si tu ne l’as pas déjà fait (je te l’avais déjà conseillé lors d’un précédent commentaire), je te conseille le livre « Aesthetics of change » de Bradfod Keeney qui répondra en grande partie, et de façon très structurée, aux interrogations que tu soulèves dans ton commentaire.

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  • 30 décembre 2015 à 18:49
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    Je trouve dommage et dommageable de faire des clivages entre psychodynamie et éducation positive. De la même façon qu’on ne peut concevoir une personne toute bonne ou toute mauvaise, les différentes « écoles » de pensées ne doivent pas être mises constamment en opposition. C’est une grande richesse de pouvoir s’inspirer de plusieurs théories. En lisant votre article et les commentaire j’ai plus l’impression qu’il s’agit de méconnaisse de la psychologie qui vous pousse à là dénigrer à ce point. Beaucoup de personnes s’en font une idée (une peur) basée sur des coyances très éloignées de la réalité des théories psychanalytiques. Par des raccourci et de mauvaises interprétation ou peut faire dire n’importe quoi de ce courant de pensé (et des autres d’ailleurs..) Elles ne peuvent pas être réduite à ce que vous en dites, c’est de la parfaite ignorance. Vous êtes vous déjà formée à la psychologie? avec vous déjà suivie une psychothérapie? sans cela vos propos sont juste des supposés sur des idées reçues. Je suis éducatrice spécialisée, j’ai travaillé dans différentes institutions et avec différentes méthodes (PNL, comportementalisme, éducation positive, psychodynamie). Je travail actuellement en CMP (qui a une obédience psychanalytique) pour enfant et adolescents. Mon travail et celui de mes collègue psy n’a rien a voir avec ce que vous en décrivez. Dans mes prises en charges j’utilise différents outils de la psychologie clinique et de l’éducation positive entre autres, ce n’est pas incompatible ni au antipodes. Au contraire c’est une grande richesse. Idem dans l’éducation de mes enfants. Et dans les résultats sont là. Peut être faut il sortir de la colère par la connaissance de ce que l’on critique pour pouvoir porter un vrai regard…

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    • 30 décembre 2015 à 21:27
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      Je suis d’accord sur le principe … sauf que je rencontre beaucoup de gens qui ont eu des soucis avec des approches type psychodynamiques – jugements, c’est de la faute des parents s’il y a des problèmes, méconnaissance des connaissances actuelles sur le développement de l’enfant, …
      Mais je vous rejoins sur le fait que, dans la pratique, il se peut que les choses n’aient rien à voir avec la théorie :-).

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  • 1 mars 2016 à 12:42
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    PPFFIIIOOOUU (bruit de la boule d’inquiétude qui se dégonfle) ! Merci Sandrine pour cet article tellement sensé et déculpabilisant ! Je suis restée un peu sur ma faim cependant concernant les limites. Oui, les limites sont utiles pour la sécurité de l’enfant (on ne traverse pas au rouge, on ne pousse pas son parent à bout (je résume car ce point est très bien expliqué dans ton article), etc), pour respecter l’intimité de l’enfant (rapport au corps, aux objets qui lui appartiennent). Mais à mes yeux, les limites sont tout aussi essentielles dans l’apprentissage du vivre ensemble. Pour que l’enfant comprenne que les autres ont autant de valeur que lui, et agisse en fonction de cela. Ne pas faire de mal à l’autre. Respecter mes devoirs pour que nos droits à tous soient respectés (ex : je ne prends pas le stylo de ma soeur, puisque je ne veux pas qu’elle prenne le mien. Ou : je ne coupe pas la parole si je veux ne pas être coupé quand je m’exprime). Je suis étonnée de ne rien lire concernant cet aspect des limites. Qu’en penses-tu, Sandrine ?

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    • 1 mars 2016 à 16:59
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      Dans ce cas, je ne parle pas de limite … mais d’apprentissages à faire.
      Et nous sommes tous d’accord pour dire qu’on n’apprend pas dans le rapport de force, qu’on a le droit à l’erreur dans ses apprentissages et qu’il est plus facile d’apprendre quand les choses font du sens. Dans l’apprentissage il y a aussi des étapes à franchir, les unes après les autres.
      Il ne viendrait à l’idée de personne de mettre un livre dans les mains d’un enfant de 18 mois et de lui dire « apprends à lire ! » ou bien « tu devrais savoir lire ! ».
      Et bien pour toutes les situations d’apprentissage comme « je respecte les autres », « j’apprends à maitriser mes émotions », … c’est la même chose : au début on découvre ensemble, les adultes montrent l’exemple, l’enfant est accompagné dans ses apprentissages petit à petit pour pouvoir au final devenir un adulte qui maitrise toutes ces règles.
      Ce ne sont plus des « limites » – qui peuvent laisser penser que l’enfant doit les respecter boum de but en blanc – mais des choses qu’on apprend à faire.

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  • 25 avril 2016 à 22:54
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    Merci. Cet article est une bouffée d´air frais pour moi, qui m´intéresse à la CNV mais qui vraiment commençais à penser que je n ý arriverais pas…
    Plus j´essayais, plus que je suis devenue violente dans mes paroles, par frustration je crois, de penser que je faisais du mal à mon fils (traumatisme c est fort comme terme, ça m´a beaucoup affecté) quand je n´arrivais pas à l´apaiser malgré toute ma bonne volonté, ma patience…je me demandais bien comment on pouvais faire en « vrai ».
    Merci donc, j´y vois beaucoup plus clair maintenant.

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