Le guide des Emotions : la tristesse, étrangère mal aimée

tristesse nuage pluieDepuis bien longtemps, j’ai envie d’écrire sur cette merveilleuse émotion qu’est la tristesse.

L’émotion est probablement une des émotions les plus douloureuses à traverser. Malgré cela, elle est – comme toutes les émotions – extrêmement utile dans nos vies et a un message à nous faire passer.

Quand je pose la question autour de moi, la plupart des gens ne voient pas à quoi bien servir la tristesse, à part à faire mal. La seule utilité qu’on lui voit, c’est de servir à extérioriser la douleur ressentie.

Je trouve cela un peu court et il est temps de rétablir la justice face à cette émotion si mal aimée qu’est la tristesse.

Le lien entre tristesse et violence

Oui la tristesse, ça fait mal. En fait non, ce qui fait mal ce n’est pas la tristesse, c’est le combat que nous menons souvent contre elle. Combat qui  nous amène très souvent à être violents, avec nous-même et avec les autres.

Quand mon enfant fait une crise, qu’il me tape ou me crie dessus, c’est souvent le résultat d’une immense déception interne. Face à des comportements violents, nous avons tendance à voir de la colère. Or il y a bien plus souvent une profonde tristesse. J’avais déjà montré dans l’article « je vais te tuer, t’es qu’une conne » comment la déception pouvait amener des comportements violents. Mais cela n’est pas vrai que pour les enfants !

De nombreuses fois, je me mets à hurler, non pas parce que je suis en colère … mais parce que je suis triste. Profondément, immensément triste. Mais il est difficile d’accepter la tristesse parce qu’elle nous met face à notre impuissance. Impuissance à trouver une solution, impuissance à obtenir le changement que nous souhaitons, … En un mot comme en 100 : impuissance à avoir le contrôle sur la situation.

Or la tristesse est, dans notre société, une émotion mal vue. Puisqu’il faut que tout soit sous contrôle – et surtout que ce soit NOUS qui ayions le contrôle – être triste, se reconnaitre triste, s’accepter triste, c’est s’accepter impuissant et sans maitrise sur la situation. C’est mal vu …

Mais à quoi sert la tristesse ?

Lorsque je travaille sur les émotions, les gens voient assez rapidement l’utilité des autres émotions … Mais la tristesse, on a du mal à voir …

Et pourtant si l’on veut se sortir de la tristesse – et de la violence qui peut l’accompagner – accepter son impuissance est le premier pas qui nous permettra d’avancer. C’est pourtant en constatant qu’on ne peut rien faire, en contemplant les ruines du désastre comme je le dis parfois en accompagnement, qu’on peut voir ce qui tient encore debout et ce qu’il faudra sans doute définitivement raser pour pouvoir reconstruire.

La tristesse est l’émotion utile qui nous permet de prendre conscience que nous avons subi une perte, que ce soit un être cher, quelque chose qui ne nous est pas accessible, notre image de la perfection ou de l’enfant idéal. Sans tristesse, pas de deuil et sans deuil, pas de renaissance.

Lorsque j’ai perdu mon travail, il y a quelques années, une collège m’avait dit cette très jolie chose :

Tu sais, parfois dans la vie, il est nécessaire qu’une porte se ferme sans qu’une autre s’ouvre. Sinon ça ferait des courants d’air.

Cela résume assez bien la tristesse et la difficulté qu’il y a à la traverser. Et cependant, c’est cet entre-deux difficile qui permet d’ouvrir la porte suivante.

Je parle aussi parfois de graines qui germent. Pendant de longs mois, les graines restent enfouie dans la terre. En apparence, elles sont mortes. Rien ne se passe, rien ne bouge. On appelle ça la dormance. Et puis, un beau jour, la vie semble reprendre sans qu’on sache très bien ce qui a déclenché le processus. Alors elles germent, poussent et créent une nouvelle plante. Sans cette phase de dormance, les graines ne peuvent pas germer. Sans hiver, pas de printemps …

Comment gérer la tristesse ?

La tristesse est une émotion souvent mal gérée, notamment parce qu’elle fait peur. Combien de fois n’ai-je pas entendu lors des mes accompagnements des choses comme

Je suis plus triste que je ne devrais. (ou l’inverse : je ne suis pas aussi triste que je devrais)

Il faut que je passe à autre chose maintenant.

Tentatives maladroites de contrôler son émotion, de la canaliser, souvent aggravées par un entourage qui tombe dans le même piège.

Je me souviens ainsi de ce jeune homme : sa fiancée, avec qui il avait des projets de mariage, de famille, d’achat de maison, venait de le quitter depuis quelques semaines sans explications. Son entourage s’évertuait à lui dire de sortir, de s’amuser. « Une de perdue, 10 de retrouvées ! » lui sussurait-on à l’oreille. Et lui me disait « Mais moi je suis triste, je veux qu’on me foute la paix. J’ai bien le droit de pleurer un peu non ? »

Pleurer est une première étape, celle où on lâche et où on accepte le message de la tristesse : « tu as perdu quelque chose d’important pour toi ».

La 2e message de la tristesse, c’est aussi celui du futur, de la renaissance. S’arrêter sur le deuil et pleurer ne suffit pas, même si c’est une étape indispensable. La suite du processus, c’est d’apprendre à faire sans ce qu’on a perdu. Plus ce que vous avez perdu était important pour vous, plus il sera difficile d’apprendre à faire sans. Souvent ce processus se fait en douceur, tranquillement, petit à petit. On se croit terriblement triste et puis un jour, on se surprend à n’avoir pas pensé à l’objet de notre deuil pendant quelques heures.

Comme le dit Paul Claudel :

On croit que tout est fini. Et soudain un rouge-gorge se met à chanter.

Au quotidien, quand je constate que je suis triste, je peux me poser cette question très utile :

à quoi dois-je renoncer ?

Ou sa version plus positive « à quoi dois-je dire oui aujourd’hui ?« .

La réponse à cette question vous aidera à traverser la tristesse et devenir moins violent si la tristesse a tendance à vous rendre violent.

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Pour aller plus loin à propos de la tristesse et des émotions

Cet article fait aussi partie du programme « 30 jours pour mieux gérer ma colère avec les enfants » que vous pouvez retrouver ici.

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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3 pensées sur “Le guide des Emotions : la tristesse, étrangère mal aimée

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