Maman, tu me cries trop dessus … (ou comment un rouleau de papier WC m’a sauvé la vie)

je crie trop sur mes enfants ... ou comment un rouleau de papier toilettes m'a sauvé la vie Comme vous l’avez peut-être compris, j’ai un enfant Ferrari. Depuis sa naissance, tout est « trop » avec lui. Mais malgré les difficultés, nous avons réussi à construire une relation riche et ouverte et il n’hésite pas à me dire ouvertement quand il trouve que j’abuse ou que je m’y prends mal avec lui et qu’il se trouve en échec ou qu’il souffre de mes attitudes. Et généralement, il a tout fait raison : lorsqu’il me le dit, j’ai vraiment abusé. Parce que oui, comme beaucoup de parents, parfois je crie trop sur mes enfants !

Certains trouveront que ce n’est pas la place de l’enfant que de dire ce genre de choses. Pour ma part, je préfère que mon enfant aie le courage d’oser me le dire plutôt que de souffrir en silence, ou pire encore de croire que c’est normal de se faire maltraiter.

Il n’hésite donc pas à me dire quand il trouve que je crie trop, que j’ai été injuste ou qu’il souffre de ce que je fais dans ma relation avec lui. Je trouve ça formidable parce qu’un enfant n’est jamais libre dans sa relation avec ses parents car c’est sa sécurité affective qui est en jeu. Pour remettre en cause ce que font les parents, il faut sacrément de la lucidité sur la relation. Pire encore, pour oser dire clairement à ses parents « ce que vous faites ne me convient pas », faut être sacrément courageux, surtout quand on n’a pas encore 7 ans ! Une lucidité qui nous manque parfois à nous adultes oserai-je dire. 

Un soir du printemps dernier, justement, il a profité du câlin du coûcher,  ce moment où, allongé l’un près de l’autre dans son lit, nous faisons le point sur la journée, pour me dire la chose suivante …

Maman, des fois je trouve que tu me cries trop dessus.

– Ah oui ? C’est vrai que je crie fort des fois.

(Gloups … La période était chargée professionnellement, avec beaucoup de stress. Dans ces périodes difficiles, c’est vrai que, souvent, je crie trop sur mes enfants. Le stress n’est pas une excuse mais il contribue largement à certains débordements. Je reconnais donc ma faute, sans chercher à la minimiser. )

– Oui et moi je n’arrive pas à faire les choses quand on me crie dessus.

– Je sais oui. Et moi j’aimerais ne pas te crier dessus mais je n’y arrive pas. Quand j’ai répété 4 fois la même chose, j’ai besoin de crier, c’est plus fort que moi, je suis trop énervée. Et j’ai beau chercher, je ne sais pas comment faire autrement.

(Je ne cherche pas à me défiler ou à rejeter la faute sur lui. Ce serait trop facile de dire « si je crie trop sur mes enfants, c’est de votre faute, vous n’avez qu’à faire ce que je te dis ». Dire cela, ce serait lui attribuer la responsabilité de mon comportement. Or je suis une adulte, et quand je m’énerve, c’est aussi parce que MOI j’ai ma part dans ce comportement. Je lui explique donc simplement que j’ai du mal à gérer ma frustration à certains moments et que je cherche un moyen d’y pallier sans trouver.)

– Si tu disais la même chose mais sans crier ça irait mieux.

– Oui mais comment faire ? Quand je suis vraiment en colère, je n’arrive plus à changer de façon de faire.

– Tu pourrais prendre un micro !

(Lorsqu’on ne les accuse pas, les enfants sont prêts à coopérer avec nous pour nous aider à trouver des solutions.)

– Mmmm … ce serait une idée. Mais le temps de trouver le micro et tout, ça prendrait beaucoup de temps et ce n’est pas toujours possible. … Attends j’ai une idée ! Et si je me mets mes mains comme ça en porte-voix et que je dis « Le petit Loulou est attendu à la salle de bains pour se laver les dents » ou bien « Le petit Loulou est attendu au rangement de sa chambre » ou encore « Le petit Loulou est attendu à la salle à manger pour débarrasser ou mettre la table« .

(Je garde cette idée en tête, même si, sur le moment, elle ne me semble pas forcément réaliste.)

– Je crois que ça, ça irait.

– OK, on va essayer.

Le lendemain matin est un matin ordinaire : les enfants ont déjeûné et ils jouent dans le salon. Je leur ai déjà demandé 2 fois de débarrasser la table et de passer à la suite de leurs tâches (se laver les dents, s’habiller, préparer leurs goûters et leurs sacs). Je suis pressée et la moutarde est en train de me monter au nez. Je sens que ma mâchoire se crispe et j’ai envie de hurler :

Mais bon sang de bonsoir qu’est-ce qui ne va pas chez vous ???? Il y a un mot que vous ne comprenez pas dans « débarrassez la table ???? » ????

(et encore, ça c’est la version tous publics parce que, dans mes grands jours, je peux faire bien pire …)

Et puis notre discussion de la veille me revient en mémoire. Je suis dans la phase « je crie trop sur mes enfants ! ». Un éclair de lucidité me traverse l’esprit : nous jouons souvent à l’hôtesse de l’air ! Quand nous montons dans la voiture, je fais l’hôtesse de l’air en leur donnant les consignes de sécurité avec ma voix d’hôtesse de l’air, vous savez du genre « Notre vol durera environ 5 mn. Vos ceintures doivent rester attachées jusqu’à l’arrêt complet du véhicule. En cas de dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène, etc, etc, etc « . Les enfants adorent ce jeu et m’écoutent  en riant quand je fais ça.

Alors je file dans les toilettes, j’attrape un tube de papier WC vide et je l’utilise comme un porte-voix. Je me mets à l’entrée du salon et je dis quelque chose comme :

 toudoudou … toudoudou … (oui j’essaie d’imiter la sonnerie qui démarre un message au haut-parleur pour attirer l’attention des passagers !) … Mesdames et messieurs, votre attention s’il vous plait …

(Bonne nouvelle : il lèvent la tête du jeu !)

 Notre décollage a lieu dans 10 mn précisément. Nous vous rappelons que d’ici là les procédures de débarrassage de la table, de lavage de dents, de coiffage des cheveux, d’habillage et de préparage de sacs et de goûter devront être terminées. Merci de votre attention.

Ils rient, cessent le jeu … et filent se préparer !

Alors bien sûr, ça ne marche pas comme ça à tous les coups, ce n’est pas une baguette magique. Mais la discussion de la veille au soir m’a permis de réaliser que j’allais un peu trop loin par moments et que je devais trouver des ressources pour faire différemment.

Ce matin-là, j’ai pu trouver une ressource qui m’a permis d’être plus efficace ET plus respectueuse avec mes enfants. Mes enfants m’en ont été reconnaissants et je n’ai pas eu besoin de m’énerver les jours qui ont suivi. Parfois j’utilise encore cette astuce … il me suffit alors de dire « attention décollage dans 10 mn » pour qu’ils fassent ce qu’ils doivent faire.

L’idée est simplement de se dire qu’il y a des solutions pour faire autrement qui sont parfois très simples et facilement accessibles. Ces solutions demandent souvent simplement que nous assumions que nous nous trompons parfois, que nous faisons « mal », sans en faire un drame qui doit absolument être réparé, mais simplement en nous demandant comment nous pourrions faire autrement la fois suivante. Ce n’est pas toujours facile – d’ailleurs je prépare un article sur la culpabilité pour bientôt ! – mais nous pouvons essayer le plus souvent possible …

Certains me trouveront ridicules et me diront qu’un enfant doit obéir sans que les adultes aient besoin d’avoir recours à des simagrées. C’est possible. Si ces personnes ont trouvé le moyen de faire obéir un enfant à coup sûr, sans jamais s’énerver et sans se montrer dénigrant ou humiliant avec lui, je veux bien qu’elles viennent m’expliquer comment faire :-). En gros, si elles ont trouvé le moyen de faire plier un enfant sans le casser ni le manipule, j’attends leurs témoignages  …

En attendant, je garde mon tube de papier hygiénique sous la main 🙂 …

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Pour aller plus loin et trouver des solutions pour ne plus être le parent qui dit « je crie trop sur mes enfants »

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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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33 pensées sur “Maman, tu me cries trop dessus … (ou comment un rouleau de papier WC m’a sauvé la vie)

  • 9 septembre 2015 à 09:31
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    Vos articles me font du bien, non pas parce que j’y apprends beaucoup, mais parce que nous fonctionnons de façon si semblable que sans vouloir enlever le mérite de votre ingéniosité éducative, j’aurais pu écrire cet article (avec des variantes sur le mode animation). Du coup, moi qui me demande parfois si je ne suis pas trop à côté de la plaque dans mon éducation , je me sens comprise et rassurée et ça fait du bien. Pour moi, les cris, les pleurs, le manque de confiance des enfants, l’obéissance forcée qui détruit leur subjectivité, leur créativité, ce n’est pas possible. Mais l’autre route est dure, on doit l’inventer jour après jour, se remettre en cause tout le temps sans douter de soi pour autant, trouver des solutions alternatives pour susciter l’alliance et la motivation de l’enfant à la place de l’obéissance. Moi aussi mes enfants me disent parfois, en ce moment je n’aime pas trop parce que tu cries ou tu es énervée. Et moi aussi je sens que je dois leur expliquer le pourquoi, parce que je ne veux pas qu’ils m’idéalisent, je veux qu’ils sachent que comme eux, je fais de mon mieux, mais parfois ça rate, l’important c’est de ne pas abandonner. Mais le moment que je préfère, c’est quand ils me disent : tu sais maman, je trouve que tu es une bonne maman. Quel bonheur de savoir qu’ils se sentent bien dans mon cadre. Et quel courage cela me donne pour continuer ! Merci à vous pour vos articles et bonne journée !

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  • 9 septembre 2015 à 09:59
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    Génial, exactement ce dont j’avais besoin à l’occasion de cette rentrée !
    3 loulous de 5 ans, 3 ans et 7 mois à préparer le matin et à faire manger fissa le midi pour être à l’heure à l’école, c’est pas simple tous les jours… J’avais des petites chansons dans ma trousse à outils, mais elles en ont déjà marre au bout d’une semaine. ll va falloir que je la remplisse de plein d’autres « trucs et astuces », sinon l’année va être longue…

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    • 5 octobre 2015 à 09:16
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      ça y est, ce matin, mes miss s’étant lassées du porte-voix, il a fallut trouver autre chose avant que ça (je) ne dégénère…
      Comme je trouvé un filon que je pense exploiter pendant un bon moment, je partage : la folie « Reine des Neiges » n’ayant malheureusement pas oublié mon foyer, mes 2 demoiselles se déguisent et jouent très souvent à « Elsa et Anna ». Ce matin, je fût donc le majordome, rappelant à Sa Majesté Elsa qu’elle doit avoir une haleine fraiche pour son couronnement et à Sa Majesté Anna qu’elle ne pourrait danser avec le Prince es Îles du Sud sans s’être habillée…
      Ses Majestées sont ensuite montées sans râler dans notre carrosse (mais bien sûr qu’il y avait des ceintures pour les princesses dans les carrosses !!! Non ? Ah… Mais c’est que notre cheval-moteur va bien plus vite que les chevaux de l’époque, alors attachez votre ceinture, attention au départ !)
      L’inconvénient d’être un majordome, c’est qu’on se retrouve à porter les sacs, mais bon… 😉

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  • Ping : Education - Enfants | Pearltrees

  • 9 septembre 2015 à 10:19
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    Bonjour Sandrine,

    Effectivement ce n’est pas pas toujours simple de rester patiente dans ces moments-là !
    Pour ma part j’ai pris conscience que je râlais énormément et donc pour m’aider j’ai décidé de me lancer un défi (que je partage en vidéo sur mon blog, si vous êtes intéressé) j’arrête de râler pendant 21 jours, inspiré de l’auteur Christine Lewicki. Ce moyen m’aide à communiquer autrement, mais je dois avouer que j’ai encore du chemin à faire mais je m’améliore chaque jour. Je suis une maman d’un grand garçon de 10 ans et d’un bébé de 7 mois, et quand ce petit dernier est arrivé je me suis dit stop, il fallait que je trouve une solution pour que l’harmonie soit présente dans notre famille.

    Merci beaucoup pour ce partage, je vais m’en inspirer

    A très bientôt Roselyne

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    • 9 septembre 2015 à 10:21
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      Je ne souhaite pas arrêter de râler car ce serait me fixer un objectif irréaliste qui me mettrait la pression et me conduirait à exploser à coup sur (et donc à me décourager et donc à râler encore plus par la suite). Mais merci de votre suggestion :-).

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      • 9 septembre 2015 à 21:16
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        Le faite de me lancer un défi me permet de prendre conscience que je râlais énormément. Il n’y a aucune pression et grâce à cela je communique sans crier ou râler (enfin j’essaye). J’enlève surtout les « râlerie » qui ne serve à rien. J’exprime mes besoins au lieu de râler. Je suis bien sûr loin d’être parfaite mais je souhaite y arriver et ça prendra le temps qu’il faut. En tout cas mon mari et mon fils de 10 ans sont bien contents.

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        • 10 septembre 2015 à 06:28
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          Je ne râle pas hein 😉 (au contraire, je suis plutôt quelqu’un de très positif qui cherche des solutions sans râler) … Je suis juste normale et parfois je m’énerve. Comme tout le monde. Et c’est non seulement normal, mais sain.

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  • 9 septembre 2015 à 12:24
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    Merci beaucoup Sandrine !

    Comme d’habitude, un article plein de sens et avec du vécu, du vrai. Je crois que c’est ce qui nous aide le plus nous, les parents et donc, nos enfants. 😉

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  • 9 septembre 2015 à 14:18
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    Nos alliés sont parfois cachés dans les toilettes… plus sûrement, on peut les trouver dans un univers surréaliste que les enfants adorent. Se laisser soi-même prendre au jeu!

    J’embarque régulièrement une voiture pleine, avec mes enfants, et aussi ceux des autres.
    Accueillir des petits à 7h, les occuper jusqu’à l’heure du départ, en sachant que « là-haut », à l’étage, ça n’avance pas et qu' »ils » (les miens) seront encore en pyjama au moment de partir…. C’est chaud… alors une tapette à mouche, des surnoms issus de leur univers, et aussi oui, un rouleau de carton, parfois ça évite une bordée de gros mots « qu »y sont vilains hein Nounou, c’est paaaaas biennnnn!)
    Et pan, dans les dents.
    Vivement demain! 😀

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  • 9 septembre 2015 à 14:29
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    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article et pour tout le blog!
    Mon petit n’a que 7 mois mais je suis déjà autant que possible dans le dialogue avec lui. Je lui crie déjà dessus aussi parfois (et l’article sur la culpabilité me fera du bien aussi 😉 ) tout en sachant que ça ne sert strictement à rien (pas tant par son âge que par l’inutilité de crier plus fort qu’il ne pleure etc…). Bref je me pose beaucoup de question sur l’éducation à donner et sur les clefs et les astuces pour y arriver dans le respect de tous.
    Bref, merci!

    Répondre
  • 9 septembre 2015 à 14:37
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    Très bons conseils qui vont très bien fonctionner avec ma petite de 7 ans, mais pour ce qui est du plus grand de 11 ans, qui rentre au collège cette année, il va falloir que je trouve un mode de communication avec lui et c’est nettement plus compliqué ! L’organisation demandée pour le collège est difficile à comprendre pour lui et, quand je rentre le soir, c’est déjà l’affrontement : vérification des devoirs et du sac pour le collège = manque de confiance pour lui. Sauf que, si je ne le fais pas, il va être collé très souvent car ce n’est jamais exactement ce qui est attendu… Quand je lui demande de refaire et que ça ne lui convient pas parce qu’il préférerait jouer à la tablette ou au foot avec les copains, c’est la soupe à la grimace toute la soirée.
    Bref, plus ils grandissent, plus nos capacité d’adaptation et de contrôle sont mises à rude épreuve.
    Merci pour vos articles qui sont toujours très intéressants à lire et qui nous font avancer dans ce dur métier qui est celui de parent.

    Répondre
    • 9 septembre 2015 à 17:05
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      Je suis moi aussi maman de collégiens et effectivement ils veulent un autre degré d’autonomie.(moi j’ai du mal à leur faire comprendre l’intérêt de se coucher tôt)
      Tu crains qu’il ne soit collé parce qu’il aura oublié des livres ou des devoirs. Après tout pourquoi chercher à le protéger de cette sanction contre son gré?
      Pour ma part j’essaye de leur laisser un peu de lest, je m’assure qu’ils ont pensé à vérifier leurs devoirs mais je ne regarde pas systématiquement leur cahier de texte. et je leur rappelle que je suis dispo pour les aider mais pas à 21h.

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    • 10 septembre 2015 à 06:34
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      C’est vrai que vérifier son sac et ses devoirs est un manque de confiance. Si vous aviez confiance, vous ne le feriez pas :-).
      Les colles sont une sanction logique quand on n’a pas fait ce qui est attendu (elles peuvent parfois être injustes mais c’est une autre histoire). Vous seriez peut-être plus utile en lui laissant vivre les conséquences de ses actes et en ne vérifiant pas. Il ne s’agit pas ensuite de l’abandonner complètement mais de travailler sur son autonomie, non pas en faisant à sa place mais en ayant avec lui des discussions de type résolution de problèmes.
      Plus vous aurez l’attitude « tu dois te comporter comme ça », plus il y a des risques qu’il soit en opposition. Une attitude « tu peux te comporter comme tu veux mais tu devras en assumer les conséquences » serait peut-être plus utile.

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      • 13 septembre 2015 à 21:28
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        Je suppose que les laisser assumer les conséquences marche aussi pour des enfants de 4 et 8 ans qui traînent le soir avant d’aller se coucher… (ou qui réclament sans cesse les écrans, ça marche aussi !).
        Les laisser en assumer les conséquences, cela voudrait dire leur rappeler une fois ou deux, mais pas plus, ce qu’ils doivent faire (aller au bain, venir à table, se brosser les dents, aller faire pipi…) puis les laisser responsables de ce qu’ils en font ensuite…
        Sauf que cela veut dire aussi enfants qui grognent, râlent, sont fatigués, n’ont plus l’énergie de rien faire, ne veulent plus sortir… Nous en assumons nous aussi les conséquences, et clairement, cela ne me convient pas…

        Alors, si au final ça leur convient à eux ?
        Je me sens tiraillée entre mes limites à moi, mes aspirations pour eux, mon devoir de parent de les guider au mieux, en bref mon souhait de les voir faire le « bon » choix, et de l’autre côté leur besoin d’autonomie, de responsabilisation, d’expérimentation des conséquences… Je ne suis finalement sans doute pas encore prête à me lancer…

        Répondre
        • 14 septembre 2015 à 06:07
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          Les plus jeunes enfants ne sont pas toujours à même d’anticiper toute les conséquences de leurs actes. Vers 4 ans j’imposais l’heure de coucher en expliquant les conséquences pénibles pour eux et pour nous d’un couché tardif. Aujourd’hui au niveau de leurs devoirs, ils savent que si ils ne veulent plus travailler suffisement au collège, ils devront prendre une orientation professionnelle, je ne les garderais pas à la maison à glander quand ils n’auront pas de travail parce qu’aucun diplôme. Mon objectif n’est pas qu’ils travaillent bien mais qu’ils puissent devenir autonome et éventuellement en profitant de toutes leurs capacités mais ça ça dépend beaucoup d’eux aussi.

          Répondre
          • 5 octobre 2015 à 09:46
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            Je voulais juste rebondir sur un point : pas de diplôme ne veut pas dire pas de travail… et avoir un diplôme ne garantit absolument pas d’avoir du travail, et encore moins un métier agréable (voir la courbe du chômage, le taux d’employés sur-diplômés, etc…).

            Je n’ai pas de diplôme… et si je voulais répondre à toutes les sollicitations, il faudrait que je monte une entreprise pour avoir des employés !
            Dans mon entourage proche, je ne connais pas de diplômé épanouit au travail (même si certains ont un bon salaire). En revanche, je rencontre de plus en plus de personne qui gagnent leur vie dans un domaine qui n’a rien à voir avec leurs études donc sans diplôme dans leur domaine, ou qui ont décroché au collège voir avant.
            En revanche, ce sont toutes des personnes qui travaillent beaucoup… forcément, puisqu’avec plaisir voir passion ! (pas toujours, ne tombons pas dans l’excès d’optimisme non plus).
            Ça me fait cogiter, autant que les courbes du chômage, le taux d’employés sur-diplômés, etc.

            Les neurologues ont prouvé que la seules façon d’ancrer un savoir durablement dans le cerveau est le plaisir, l’enthousiasme d’apprendre. Le fait est que c’est très loin d’être intégré au sein de l’Éducation Nationale…
            https://www.youtube.com/watch?v=lwF5hNcazFY

            Alors, peut-être que laisser les enfants assumer la réalisation (ou non) de leur devoir tout en nourrissant leurs centres d’intérêts pourrait être une solution ?
            Remplacer les devoirs un mauvais soap à la TV, ça ne me semble pas franchement vecteur de plaisir et d’apprentissage, même si c’est sympa de temps en temps. Mais il y a tant de choses à faire, qui permettent l’acquisition d’aptitudes indispensables dans le monde du travail et absolument inexploitées à l’école, que ça vaut peut-être le coup, pour leur avenir !
            https://www.youtube.com/watch?v=9rb5ZCe_n3k

            J’espère que ces élément (m’)aideront à déstresser au sujet des résultats scolaires de nos enfants…

  • 9 septembre 2015 à 14:42
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    Merci pour cet bel article, je me suis vu en vous et c’est une super méthode au lieu de leur crier dessus, merci.

    Répondre
  • 9 septembre 2015 à 15:09
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    Eh bien, je ne sais pas s’il a lu au-dessus de mon épaule cet article tout à l’heure, mais du haut de ses 7 ans, mon garçon Ferrary à moi, après que je me suis énervée parce qu’il avait de nouveau (ça faisait longtemps, ouf 🙂 ) un blocage incompréhensible et faisait pleurer son frère depuis 10 minutes…

    Au moment où je lui demande pardon d’avoir été violente :

    « maman c’est pas vrai que tu fais du mieux que tu peux pour tes enfants »
    « c’est que tu n’y crois pas vraiment à la non-violence maman »

    euhhh… « si j’y crois, et tu vois je te demande pardon, je suis désolée je n’aurais pas dû être violente j’ai fait une erreur » « je fais du mieux que je peux et parfois j’y arrive pas » « en même temps on y arrive de mieux en mieux »

    « c’est pas vrai »

    (…)

    Garder la foi !!

    Répondre
  • 9 septembre 2015 à 16:51
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    Bonjour,
    je ne poste jamais rien en dessous des billets que je lis, et je découvre votre site, mais ce billet-là je pourrais l’avoir écrit 😉 Merci pour cet article, pour votre tonalité ni trop ni trop peu, pour vos convictions teintées d’humilité mais néanmoins fermes (je ne me retrouve pas toujours dans d’autres sites, où les efforts que l’on nous invite à déployer sont très intéressants mais souvent loin de ma réalité/disponibilité; et je ne me retrouve pas forcément non plus dans les aveux lus ici ou là, aveux de « mauvaise mère » vite rattrapés par la capacité formidable de l’auteure à avoir rattrapé la situation… ce que dans la vraie vie on ne parvient pas toujours à faire…). Alors merci de m’aider à me souvenir que crier un jour n’est pas crier toujours, et que ça ne nous transforme pas instantanément en mamonstre en annulant l’autre naturel, celui qui n’est pas que pressé et stressé mais qui sait aussi trouver des ressources. Une maman qui ne fait pas toujours de son mieux, malgré l’envie d’être dans une relation d’autorité dans sa définition première « force qui fait grandir », qui accompagne. Et j’adore le plier sans casser. Bref: merci!

    Répondre
  • 9 septembre 2015 à 21:31
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    Très bel article rempli de bons conseils, que j’aime aussi retrouver dans tous les livres que je lis sur le sujet mais la grande question que je pose (car on vient d’avoir le même cas ce soir dans ma famille de 3 petits gnomes !) : « Comment faire quand on a plus, mais alors plus du tout le courage, de trouver des solutions amusantes », quand on est las de tout cela et que l’unique solution que nous trouvons est de crier… ??

    Parfois j’y arrive, et la plupart du temps impossible de se controler = situation encore pire = enfants qui pleurent = parents qui culpabilisent…

    A méditer, la nuit porte conseil 😉

    bon courage à tous les parents…

    Répondre
    • 10 septembre 2015 à 06:27
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      La situation est à explorer sur un plan plus large. Ce n’est pas seulement les enfants, c’est aussi la façon dont on prend soin de soin, le soutien dont on bénéficie, ce qui se joue aussi dans le couple et qui peut peser sur les relations avec les enfants, etc, etc.
      Il est utile aussi d’observer les situations qui déclenchent, trouver leur point commun pour essayer de comprendre ce qu’il se passe : effet « carte de fidélité » (voir l’article concerné sur le blog), attentes irréalistes, organisation, …
      Bref, il n’y a malheureusement pas une clé magique et une solution universelle 🙂

      Répondre
  • 10 septembre 2015 à 08:21
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    Merci d’avoir écrit cela. Ca fait du bien de voir qu’on est pas la seule à penser cela. Mon fils aussi n’hésite pas à me dire quand il n’est pas d’accord avec mes demandes ou mes comportement. Et je trouve ça merveilleux, car, au lieu de culpabiliser dans son coin parce qu’on a crié, cela nous donne la possibilité d’en parler et …de demander pardon. Oui, une maman (et un papa) peuvent, doivent je dirais même demander pardon à leur enfant quand ils on fait une erreur. Pour ma part je pense que cela permet à l’enfant de ne pas se sentir « mauvais »: si maman me crie dessus, ce n’est pas parce que je suis mauvais mais parce qu’elle était fatiguée et n’a pas réussi à supporter que je n’obéisse pas rapidement ». Ne pas enfermer l’enfant dans une mauvaise vision de lui même est vraiment une priorité.
    Merci, merci, merci.

    Répondre
  • 10 septembre 2015 à 16:32
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    Bonjour et merci pour cet article.
    vivant une situation difficile avec mon amoureux, cet article me parle beaucoup. je crie trop avec lui, avec notre fille. Mais j’apprends à faire autrement. avec notre fille de 4 ans, je fais le controleur de train (à la voix très très aigue – je lui dit : « le train a destination de salle de bain pour se laver les dents va partir, attention à la fermeture automatique des portes, attention au départ et je siffle) et ça marche bien, elle rit aux éclats et file se laver les dents 🙂 maintenant il suffit que je dise « destination…salle de bain » pour qu’elle sache ce qu’elle doit y faire. avec mon homme, pour le moment, on s’envoie des textos et ça va mieux, j’ai le sentiment qu’il m’écoute + et lui se sent moins oppressé… Bref, pas simple, le rire est notre meilleur atout et la communication devrait être une matière à part entière apprise à l’école 🙂 bonne journée

    Répondre
  • 10 septembre 2015 à 21:56
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    Bonjour

    c’est ce que je fais parfois dans ma classe, pour ranger les affaires ! 🙂

    Répondre
  • 11 septembre 2015 à 19:49
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    Ici aussi j’use du rôle de commandant de bord quand ça vire au drame… Disons que le réflexe du cri est un des plus durs à évacuer, mais que c’est bon les jours où on y arrive !

    Répondre
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  • Ping : Revue de presse du - M.M Blog – Materner avec un grand Aime

  • 2 octobre 2015 à 13:10
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    Merci merci pour cet article…il tombe à pic.
    Surtout les 2 passages suivants « Gloups … La période était chargée professionnellement, avec beaucoup de stress. Ce n’est pas une excuse mais cela contribue largement à certains débordements. Je reconnais donc ma faute, sans chercher à la minimiser.) » et « (et encore, ça c’est la version tous publics parce que, dans mes grands jours, je peux faire bien pire …) »…
    Je me sois moins, moins parfois désemparée…cela fait bien de lire ce genre d’article cela rebooste la confiance en soi.

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  • 25 juillet 2016 à 23:47
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    Très interressant avec beaucoup d’humilité!
    Pour ma part, lorsque je gardais des enfants (plutôt à caractère difficile) il m’arrivait de monter le ton (après avoir répété10x la même chose) mais cela avait peu d’éfficacité, ça les exitait (oui les enfants aiment nous voir tourner en bourrique parfois) et moi ça m’énervait… du coup j’ai aussi instinctivement opté cette ruse du jeu pour me faire obéir qd l’autorité ou le ton (trop) monté ne marchait pas. Mais pour ma part c’était une baguette magique (une baguette de fée emprunté à la fille)! Je disais que j’étais une fée, et j’exauçais mes voeux-formules magique avec ma baguette, en l’agitant vers eux. ça les amusait bcp et ils voulaient me voir citer d’autres voeux-formules (des ordres en fait ha ha) et donc s’exécutaient pour que je continue. Et je me suis éclatée, c’était efficace! (bon faut aussi qu’ils soit d’humeur et faut alterner les techniques pour conserver leur efficacité). Y’a aussi leur jeu favori. Le jeu de rôle « on dirait que ». Alors « on dirait que je serais la maîtresse et vous les enfants en pension et que vous iriez vous laver les mains avant de passer à table ». Le fait qu’ils choisissent un autre prénom, un personnage, leur donne l’impression que ce n’est pas eux qui execute l’ordre. ça marche bien aussi…sauf quand ils se prennent trop ds le jeu et improvisent le scénario! lol

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