Mon enfant stressé vérifie tout 10 fois, je fais quoi ???

Toujours dans la sérié « enfant anxieux », intéressons-nous cette semaine aux enfants très stressés qui vérifient 10 000 fois leur sac, qui n’ont jamais assez révisé, jamais assez repassé leurs leçons, …

Vous êtes intéressé-e mais vous n’avez pas le temps de lire cet article ? Pourquoi ne pas l’écouter en mp3 ? C’est possible en cliquant ici.

Et pour cela, je vais vous parler de Thomas.

Thomas a 12 ans. Ils réussit très bien à l’école. Hyper bien même. Jamais  une note de travers, 18 de moyenne générale. Quel est le problème ? Le problème, c’est le prix qu’il paie pour obtenir ces notes. « Notre enfant est trop stressé » me disent ses parents de Thomas. « Il n’a pas du tout confiance en lui.« 

Comment peut-t-on être un enfant très stressé quand on réussit tout ???

La première chose qui inquiète les parents de Thomas, c’est la la quantité de travail produite. Thomas travaille plusieurs heures par jour. Il travaille tellement qu’il n’a plus le temps pour autre chose, ou presque plus. Il n’a que peu de copains, pas d’activités extra scolaires. Et les rares fois où ses parents le forcent à lever le nez de ses cahiers, il le fait visiblement à contre-coeur. Il demande sans arrêt à quelle heure ils vont partir puis revenir. Il ne profite pas vraiment des sorties, tout occupé à vérifier qu’il aura un temps suffisant pour faire tous ses devoirs et réviser ses leçons.

Ah d’ailleurs, réviser ses leçons, tout un poème pour Thomas !

Dès qu’il rentre du collège, il prend à peine le temps de grignoter un petit quelque chose. Il grimpe les escaliers quatre à quatre pour travailler le plus vite possible. C’est qu’il ne peut se permettre de perdre du temps Thomas !

On comprend donc que ses parents soient inquiets : un ado qui ne fait pas d’écrans et qui passe son temps à travailler, c’est tout de même très bizarre.

Mais ce qui les inquiète le plus, c’est l’échec de leurs tentatives pour le raisonner : « Tu as assez travaillé Thomas. Et puis ce n’est pas grave tu sais, si tu as des mauvaises notes de temps en temps. Il n’y a pas que l’école dans la vie. » Thomas devient agressif et désagréable avec eux à ce moment-là. C’est bien la preuve que quelque chose cloche ! Aucun ado normalement constitué ne réagit de cette façon !

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« Mais mes parents ne comprennent rien ! » s’exclame Thomas « Ils ne se rendent pas compte ! Déjà là en travaillant 3 à 4 heures par jour, c’est juste. Je n’ai pas le temps d’apprendre tout correctement. Alors quand mes parents me disent ça, ça m’énerve ! Et je les envoie bouler. »

Et décidément non, ses parents ne comprennent pas l’importance qu’il met à ses résultats scolaires. Des parents plutôt cools, qui ne lui ont jamais mis la pression. Voilà donc un enfant très stressé.

« Déjà tout petit, c’était très important pour lui de bien faire. Dans les petites classes, il mettait beaucoup de temps à écrire. Il préférait mettre longtemps et faire bien plutôt que de prendre le risque de rater. » m’explique sa maman. « L’une de ses instit’ nous avait dit « je ne peux quand même pas l’encourager à mal faire … »« . Ce que je trouve personnellement dommage car, dans ce cas précis, cet enfant très stressé aurait beaucoup gagné à apprendre à faire des erreurs !

Nous voilà donc avec un ado qui n’a jamais appris à vivre l’erreur comme une expérience douloureuse MAIS INTERESSANTE ! Avec trop peu d’erreurs à expérimenter, il n’a appris que le côté souffrance de l’erreur, le côté « ça fait mal« . Et il n’a pas appris le côté « j’ai appris un super truc en faisant cette erreur. »

A force de ne jamais faire d’erreurs, il en est venu à en avoir peur. Très peur même. « Si je n’arrivais plus à travailler suffisamment bien à l’école ? Mais c’est ma vie qui s’écroule ! Je ne vaux plus rien si je n’ai pas de bonnes notes. » s’écrie-t-il.

Que dire à un enfant très stressé qui vérifie tout ?

On voit donc bien ici qu’essayer de le convaincre de prendre des risques est peine perdue : le risque est bien trop grand à ses yeux.

Plus on va chercher à le convaincre qu’il exagère, moins il va se sentir entendu et compris. Et moins il se sent entendu et compris, plus il pense aux risques tellement minimisés par les autres.

Je lui dis immédiatement que je ne mets pas de l’importance aux mêmes sujets que lui. Mais que, quand un sujet est aussi important pour moi que le travail scolaire l’est pour lui, je ne suis pas du tout prête à lâcher, tout comme lui.

Et que, effectivement, je trouve moi aussi un peu bêtes et agaçants ceux qui minimisent l’importance du sujet en question. Et que je vais donc derechef expliquer tout cela à ses parents pour qu’ils arrêtent de prendre tout cela à la légère.

Il m’interrompt alors que je fais mine de me lever pour faire entrer ses parents :

Faut quand même que je vous dise quelque chose avant.

Ah bon ? et quoi ?

-Ben … des fois … je me rends compte que c’est un peu absurde hein … mais je commence à travailler. Puis je trouve que je n’apprends pas assez bien. Je commence à me dire que je vais avoir du mal, que je ne vais pas y arriver. Et des fois je me mets à ranger mes crayons. Pas juste les mettre dans ma trousse hein. Je les pose les uns à côté des autres, bien alignés. S’ils sont bien rangés, c’est comme si ça remettait de l’ordre dans mon cerveau. Et après je recommence à travailler. C’est pas bien normal ça hein ?

Reconnaitre la légitimité de son émotion a permis à cet enfant très stressé  d’exprimer des choses qu’il n’avait jamais dites à personne avant moi.

-Et bien je ne sais pas ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Apparemment ça te rassure et après ça va mieux non ? Dans ce cas, tout va bien.

-ben .. pas vraiment. Enfin pas toujours. Des fois ça va mieux et je peux me remettre à travailler. Mais souvent, il faut que je recommence. Sinon c’est comme si ça me jetait un sort : plus rien ne va aller si les crayons ne sont pas bien alignés. Je vais avoir des mauvaises notes. Des fois même je pense qu’il pourrait arriver malheur à mes parents. C’est horrible ça ! … Mais c’est absurde : pourquoi leur arriverait-il quelque chose si mes crayons sont en désordre ??? Mais j’ai le doute, alors je préfère le faire au cas où ce soit vrai … Et puis ça me fait ça aussi avec mon sac, mais en moins pire. Je le prépare le soir et je le re-vérifie le matin. Mais au moment de partir, j’ai toujours l’impression que j’ai oublié un truc. Alors je vérifie. Je referme le sac. Puis j’ai à nouveau un doute : « et si j’avais encore oublié un truc ? ou si j’avais mal vu ? ». Alors je le refais. Ca énerve ma mère qui me dit toujours « c’est bon, tu l’as déjà vérifié 3 fois !!! On y va maintenant ! ». Elle a raison, mais c’est comme les crayons, je ne peux pas m’empêcher de le faire. Mais ça me stresse trop et je ne peux pas partir comme ça. Ca non plus c’est pas bien normal non ?

On le voit, Thomas est victime d’un rituel – au départ rassurant – qui s’est emballé. Thomas ne peut pas s’empêcher de le faire … et en même temps le faire l’angoisse terriblement.

Quand le contrôle rajoute de l’angoisse à la peur chez l’enfant très stressé

Thomas est coincé dans une logique de contrôle : il commence à avoir un doute, une peur. A ce moment-là, il met en place un rituel (aligner ses crayons, vérifier son sac, …). Comme je l’avais expliqué dans cet article sur les rituels et les routines, le rituel peut donner suffisamment d’assurance pour passer à la suite. Dans le cas de Thomas, parfois (rarement), ça marche (« des fois ça va mieux et je peux me remettre à travailler.« ).

Mais la plupart du temps, ça ne marche pas : il n’est toujours pas rassuré après l’avoir fait. Il se sent donc contraint de refaire son rituel. Et il n’est pas du tout prêt à prendre le risque de ne pas le faire (« J’ai le doute alors je préfère le faire au cas où ce soit vrai.« ).

Cesser son rituel – comme le lui disent ses parents quand il vérifie son sac ou qu’il repasse la même leçon pour la 10e fois – lui parait rationnellement tout à fait logique. Mais cela reste émotionnellement inaccessible. Ce qui ne fait qu’ajouter à son angoisse et à sa confusion. Non seulement il est inquiet pour la suite des évènements mais en plus il s’angoisse d’être « anormal ».

Il est donc temps de couper court à ce cercle vicieux que ses parents et lui entretiennent bien malgré eux.

Que dire à l’enfant très stressé coincé dans une logique de contrôle ?

Je m’adresse donc à Thomas directement :

-Tu sais Thomas, je ne sais pas ce qui est normal ou pas. Ce que je sais, c’est que parfois nous faisons parfois des choses qui nous sont utiles et parfois pas. Tu as l’air d’être dans ce cas : parfois tu alignes tes crayons et ça va mieux. Parfois tu vérifies ton sac et ça va, tu es rassuré, tu peux passer à la suite. On est d’accord ?

-oui, c’est vrai.

-Et quand tu n’es pas rassuré, tu ne peux pas t’empêcher de révérifier, de réaligner. Quand tu t’en empêches, c’est comme si tu stressais encore plus, tu commences à penser à tout ce que tu aurais pu rater, à des choses qui pourraient te tomber dessus ou à ta famille. Et quand tes parents essaient de t’empêcher de vérifier ton sac ou de repasser tes leçons autant de fois que tu le voudrais, c’est pareil : c’est comme si ta peur criait plus fort.

-ouais, c’est pas faux.

-Donc je me dis qu’on va déjà commencer par faire arrêter de crier ta peur. Donc voilà ce que tu vas faire : pour le moment, tu alignes tes crayons, tu vérifies ton sac, tu repasses ta leçon.

Et bien on s’en fout ! Pour le moment, c’est ta façon d’apprivoiser ta peur. Si tu ne le fais pas, le risque c’est que que ta peur crie encore plus fort.

Si tu as envie d’arrêter, demande-toi juste « Est-ce que je suis prêt à prendre le risque de ne pas le faire ? ». Si tu réponds oui, alors tu ne fais pas. Et tu vois ce qu’il se passe.

Si tu réponds « Non, je ne me sens pas capable. », alors fais ce que tu as à faire. Mais fais-le le mieux possible, en te concentrant bien. Tu alignes tes crayons, tu revérifies ton sac, tu repasses ta leçon.

Mais ATTENTION !!! je vais te dire quelque chose de TRES TRES IMPORTANT : je veux que tu envoies le message à ta peur que tu la prends très très au sérieux. Donc tu ne vas pas le faire qu’une seule fois. Tu dois absolument le faire 3 FOIS AU MINIMUM. Tu me comprends bien ? 3 FOIS MINIMUM.

Sinon ta peur va penser que tu te fous de sa gueule et que tu essaies de la manipuler. Et elle va se venger. C’est clair ?

-oui, j’ai compris ! Mais pour le moment je vérifie déjà 3 fois mon sac souvent. Je dois le faire quand même 3 fois ?

-Non, alors tu dois le faire 3 FOIS PLUS qu’avant. Si tu le faisais 3 fois tu dois le faire 9 fois.

Thomas est reparti avec sa tâche à faire, pour voir si sa peur crie plus fort ou moins fort.

Et que peuvent faire les parents face à un enfant très stressé qui contrôle tout ?

J’ai demandé à voir ses parents. Je leur ai expliqué l’engrenage dans lequel ils étaient coincés : « Thomas semble avoir un indicateur de risques faussé : il voit de grands risques là où nous n’en voyons pas de si grands. Il en semble conscient mais ne parvient pas à le réparer. Quand vous dites à Thomas d’arrêter de vérifier son sac, quand vous lui dites qu’il a assez révisé sa leçon, vous pensez lui donner des indications utiles pour lui permettre de réajuster son indicateur de risques. »

L’attitude des parents est effectivement tout à fait bien intentionnée. Et elle aurait parfaitement pu fonctionner. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la plupart des cas : l’enfant se range à l’avis de ses parents et tout roule.

« Mais en réalité, vous lui envoyez bien malgré vous un message contre productif. En effet, vous lui donnez certes des informations utiles. Mais vous lui dites qu’il ne peut pas se fier à son indicateur de risques. Ce qui ne fait qu’ajouter à son stress et à sa confusion. Il serait probablement plus utile pour sa confiance en lui qu’il apprenne à réévaluer de lui-même son indicateur de risques. Pour cela, je vais vous proposer de systématiquement lui renvoyer qu’il peut se fier à ce qu’il ressent.

L’idée est ici d’inverser la tendance : ne plus envoyer le message « tu ne peux pas te fier à ce que tu ressens » – voire même « nous savons mieux que toi comment il faut ressentir les choses » – et le remplacer par un message plus aidant : « tu es le mieux placé pour savoir ce qui te convient. »

« Donc chaque fois qu’il viendra vous demander de lui faire réciter pour la X-ième fois sa leçon, par exemple, au lieu de lui dire « mais ça va, c’est assez. », faites-le réciter puis demandez-lui systématiquement « tu penses que tu la sais assez ? tu penses que ça va ou tu veux la réviser encore ? » Idem pour le sac : au lieu de lui dire d’arrêter, dites-lui plutôt « tu es sur que tu as tout bien vérifié ? tu as besoin de revérifier encore ? ».  Dans tous les cas, s’il dit que ça va, insistez encore un peu « tu es vraiment sûr ? tu ne veux pas le refaire pour être absolument sur ? »

Thomas et ses parents sont repartis.

A la séance suivante, ils étaient ravis : Thomas de ne pas avoir eu trop souvent besoin de refaire 3 fois les choses, ses parents de l’avoir entendu leur dire « non mais c’est bon ça va hein ! Je le sais assez cette leçon cette fois-ci ! »

Et après quelques séances, j’ai vu les parents revenir RAVIS en me disant « ça y est : il  a eu un 13 !!!« . Thomas avait enfin accepté de prendre des risques. Il était d’ailleurs très fier d’avoir réussi à avoir VOLONTAIREMENT obtenu la note de 13, juste pour voir ce que ça faisait.

Les précautions à prendre si vous avez un enfant très stressé qui contrôle tout

La démarche ci-dessus fonctionne bien avec des enfants déjà un peu grands.

Avec des enfants plus petits (avant 6/7 ans), ou avec des troubles du comportement très installés, bloquer le rituel en normalisant la réponse émotionnelle peut très bien fonctionner. « Oui ça va être dur pour toi et tu vas probablement pleurer, hurler et crier et ça va te faire mal sur le moment. Mais tu vas y arriver. »

Cela marche bien si l’angoisse sous jacente n’est pas trop intense. C’est donc adapté au début du processus d’emballement, lorsque l’enfant montre une émotion encore supportable. Dans tous les cas, rester présent et accompagner l’émotion sans jugement est nécessaire.

Attention : si l’émotion est vraiment trop douloureuse à vivre pour l’enfant, cette attitude peut renforcer le problème. A manier donc avec beaucoup de prudence.

Dans ce dernier cas, le renforcement positif est très efficace : « Tu as réussi à tenir 5 secondes, bravo c’est génial !!! La prochaine fois on essaie 6. » Et ainsi de suite. Si l’enfant a des troubles type autisme, le renforcement relationnel (compliment) sera utilement complété d’un renforcement matériel (bons points, objet donné, …). Le renforcement relationnel seul est en effet souvent insuffisant face à une problème émotionnelle très très aigüe.


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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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2 pensées sur “Mon enfant stressé vérifie tout 10 fois, je fais quoi ???

  • 29 octobre 2017 à 10:16
    Permalink

    bonjour Sandrine,
    merci pour cet article, j’ai appris beaucoup de choses.
    Je me pose une question par rapport au renforcement positif versus l’approche Faber et Mazlish/CNV, jusque là j’y vois une contradiction, mais vous allez peut-être m’éclairer…
    Le renforcement positif me semble maintenir l’enfant dans la dépendance de l’adulte qui va valider ou pas une attitude/action/un comportement, on utilise une manière de complimenter évaluative, là où la proposition FM ou CNV est d’utiliser la description de ce qu’on observe et/ou ressent.
    Comment accompagner un enfant à faire confiance à ses ressentis si on le maintient dans cette validation?
    Le renforcement positif est-il une béquille ponctuelle? Adapté pour certains enfants à profil « particulier »? J’ai vu que beaucoup de parents d’enfants « DYS » l’utilisaient… (je ne suis pas fan des étiquettes non plus mais je ne sais pas comment l’écrire autrement là)
    Bref, je ne suis pas à l’aise avec mais je suis curieuse et j’aimerais comprendre.
    merci d’avance pour votre réponse.
    Karine

    Répondre
    • 30 octobre 2017 à 11:26
      Permalink

      Il est évidemment génial que les enfants puisse par eux-mêmes faire les apprentissages qui leur sont nécessaires. Et oui il est aussi tout à fait intéressant de les laisser se débrouiller seuls.

      J’attire juste votre attention sur le fait que le renforcement est une attitude spontanée que nous utilisons dès la naissance de nos enfants. Lorsque l’enfant a fait son premier sourire, nous nous sommes extasiés, nous lui avons répondu positivement avec un ton de voix, un sourire et des gestes chaleureux. C’est un renforcement.
      Lorsqu’il a dit « papa » ou « maman » pour la première fois, nous avons fait la même chose.
      La façon dont nous accueillons les pleurs d’un enfant peut être renforçante ou non.
      Chaque renforcement a incité l’enfant à reproduire le comportement renforcé, à l’améliorer, à le perfectionner. C’est comme ça que les enfants humains apprennent à s’exprimer en parlant et non simplement avec des pleurs indistincts.

      Le renforcement est donc indissociable des interactions humaines. C’est comme cela que nous apprenons ce que l’autre apprécie ou n’apprécie pas et que nous modelons notre comportement sans arrêt. Sans renforcement, il n’y a pas de relation.
      En soi, le renforcement n’est donc ni mauvais ni bon. Il est.

      Ensuite la motivation d’un enfant pour quelque chose qu’il ne peut même pas imaginer n’existe pas par définition. La motivation intrinsèque (uniquement dûe à l’enfant) est un joli mythe qui fonctionne parfois. Mais la plupart du temps, l’enfant a besoin que nous créions un contexte pour susciter sa motivation et sa curiosité. Le renforcement joue ce rôle.
      Idem pour des enfants qui ont besoin d’un apprentissage particulier comme les dys : les apprentissages qu’ils font doivent lutter contre un fonctionnement spontané. Ils demandent beaucoup d’efforts aux enfants. Utiliser le renforcement permet donc d’ancrer plus facilement les nouveaux apprentissages.
      Idem pour les enfants avec des troubles type autisme : les émotions et les fonctionnements spontanés sont tellement forts que seuls des renforcements encore plus forts peuvent les aider à s’en sortir.

      Et pour finir, le risque de dépendance n’existe QUE si le nouveau comportement n’apporte aucun bénéfice secondaire à l’enfant. En gros, si on le fait parce que ça nous arrange nous et que ça ne sert à rien pour l’enfant. Dans tous les cas où l’enfant vit un réel bénéfice au changement (relations apaisées, meilleure gestion des émotions, travail scolaire facilité, …), le renforcement apporté par les adultes autour devient inutile quand l’enfant commence à mesurer l’intérêt pour lui de ce nouveau comportement.

      En gros, la motivation ce n’est pas tout blanc (motivation intrinsèque = interne à l’enfant) ou tout noir (motivation extrinsèque = apportée par les autres). Mais c’est un continuum qui peut brutalement ou progressivement passer d’une motivation totalement extrinsèque à un motivation intrinsèque.
      A priori, la motivation intrinsèque est plus efficace. C’est pourquoi il me semble important de dire qu’on commence par cela. Mais si ça ne fonctionne pas, il est parfois nécessaire de passer à autre chose.

      Répondre

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