Les 3 leviers pour vaincre sa peur

Géraldine a en face d’elle Paul, un enfant bien déraisonnable. Il a peur des insectes, même des mouches. « Allez, c’est pas la petite bête qui va manger la grosse ! » lui dit-elle. Résultat : Paul pleure de plus belle, refuse de sortir de la maison. Géraldine finit par s’énerver et ne voit pas bien comment elle va pouvoir aider Paul à vaincre sa peur.

Sophie voudrait bien se lancer dans un nouveau projet professionnel mais elle est pleine de doutes et d’angoisses. Son entourage lui dit : « tu peux y aller les yeux fermés« . Son mentor a balayé les risques qu’elle soulevait en disant que ça se passerait bien. Elle-même se dit qu’elle se fait une montagne de rien et qu’elle n’a décidément aucune raison d’avoir peur (mais elle ne comprend pas pourquoi elle ne passe pas à l’action).

Bref, des situations où l’entourage cherche à rassurer une personne jugée exagérément inquiète.

Avec souvent assez peu de succès, il faut bien le reconnaitre. Géraldine s’énerve contre son fils, l’entourage de Sophie finit par l’envoyer paitre quand elle revient à la charge avec ses doutes et son coach l’a envoyée plutôt vers un psy « parce que sans doute ça relève du psy » 🤪.

le levier de la honte face à la peur

L’intention derrière toutes ces tentatives est de rassurer en minimisant le danger. Ca parait logique : petit danger = petite peur.

Sauf que nous n’avons pas accès au cerveau de l’autre et qu’il n’existe aucun moyen de diminuer directement la peur (sauf en prenant des substances anxiolytiques). Nos mots ne sont pas des anxiolytiques : ils servent à provoquer une contre-émotion en espérant que celle-ci prenne le dessus sur la peur.

Minimiser le danger consiste en réalité à tenter de contrer la peur par la honte.

Le même mécanisme est à l’oeuvre quand nous essayons de calmer une personne énervée contre nous en minimisant la gravité de ce que nous avons fait. Par exemple, quand Léopold, qui a trompé Bertille, lui dit « Mais c’était qu’un coup d’un soir » en croyant que ça va la calmer et qu’elle va arrêter de lui en vouloir. Léopold, pensant que ça va apaiser la colère de sa douce et tendre, cherche à minimiser la gravité des actes. Ce qui rend Bretille furieuse. Renversement de la faute : « c’est pas moi qui aie merdé, c’est toi qui interprête mal » (sous-entendu : « c’est toi qui devrais avoir honte d’exagérer »), énervement de Bertille qui ne voit pas pourquoi elle devrait avoir honte alors qu’elle n’a rien fait de mal. Paf, l’inverse de l’effet escompté.

Bref, le levier de la honte n’est pas très efficace.

Que nous reste-t-il comme leviers pour vaincre la peur ?

Il nous reste le levier de la peur plus grande et celui du courage.

Le levier de la peur plus grande consiste à contrer la peur par une plus grande peur. En gros, faire voire à l’autre à quel point sa vie sera pourrie si il/elle ne change pas. Ca peut marcher … mais j’avoue que ce n’est pas celui que je préfère pour les situations de la vie quotidienne. Je l’utilise en thérapie mais il est à manier avec précaution car il demande d’avoir une très bonne relation avec la personne et de pouvoir l’aider très efficacement ensuite. Sinon on l’a juste paralysée.

Je préfère – de loin – utiliser le levier du courage, ou plutôt celui de la fierté si on veut rester sur le terrain des émotions. C’est à peu près l’inverse du levier de la honte. La fierté, c’est ce qu’on ressent quand on a fait quelque chose de difficile. Le courage, c’est la qualité à activer pour cela.

Comment activer le levier de la fierté pour vaincre sa peur ?

  • En validant à quel point la peur est justifiée et combien il faudra de courage pour affronter la situation.
  • En montrant de la confiance dans les capacités de la personne à affronter
  • En la projetant dans l’action à hauteur de ce qu’elle se sent capable de faire (affrontement progressif)

La peur n’est pas intrinsèquement diminuée. C’est la fierté qui vient la contrebalancer et qui la fait paraitre moins impressionnante.

Pour Paul, je vous invite à lire cet article « mon enfant a peur des insectes » où j’avais déjà donné des outils concrets.

A Sophie, j’ai proposé de regarder les risques bien en face, sans les minimiser en se disant qu’elle avait surement de bonnes raisons de stresser. Après quoi elle a pu passer à l’action toujours en se demandant quel premier tout petit pas (réversible) elle pouvait faire.

Alors quel levier allez-vous activer la prochaine fois que vous devrez rassurer quelqu’un qui a peur 😉 ?

Plus de ressources pour vaincre sa peur et rassurer

Les autres articles de cette série « comment rassurer une personne angoissée ? » :

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Sandrine Donzel

Parentalité, couple, communication, développement personnel ? Votre vie ne ressemble pas à ce qui est décrit dans les livres ? Pas de panique et bienvenue dans la VRAIE VIE, celle qui est abordée sur ce blog ! Je vous y propose des outils concrets, pragmatiques et REALISTES pour répondre à vos interrogations. Bonne lecture !

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