Comment devenir moins raisonnable (et aimer ça) …

J’ai recommencé à courir (j’en ai parlé ici). J’en suis ravie mais le rythme de la rentrée commence à me limiter. J’appréhendais déjà ce phénomène fin aout, alors que nous étions encore en plein été et sans contraintes horaires. La semaine dernière (au moment où j’écris cet article), je ne suis pas allée courir du tout. Et j’en étais très déçue. La déception, c’est un mélange de tristesse – « à quoi je dois renoncer ? » – de colère – « je veux faire disparaitre l’obstacle à ma satisfaction » – voire de dégout – « je ne suis pas d’accord avec ça, je veux que ça change.« 

Alors me voilà à tourner en rond et à me lamenter : « avec toutes mes contraintes personnelles et professionnelles, je suis bien obligée de me faire passer après, le sport ne peut pas être ma priorité.« . Là, je suis à fond dans la tristesse, et même la résignation. Je prends les obstacles comme une réalité avec laquelle je dois composer. Ca m’énerve un peu mais j’étouffe cette colère : je ne crois pas avoir le choix.

Cette colère étouffée, elle peut me revenir en pleine figure à tout moment sous forme de rancune, d’agressivité envers moi ou envers les autres. Ce n’est pas un vrai choix (j’en parle dans mon programme sur « Stop Colères – j’arrête de m’énerver », + d’infos ici)

Pour devenir moins raisonnable tout en restant soi-même, la colère est une mine d’informations.

La réalité, c’est que, à ce moment-là, j’ai le choix. J’ai le choix de n’écouter QUE la tristesse, de laisser tomber mon objectif et de subir cette vie trop pourrie où je ne peux pas faire de sport. C’est ce que je fais, de fait. Pourtant, quand je le formule de cette manière, cette attitude ne me ressemble pas du tout. Je ne me reconnais pas dans cette personne qui s’avoue battue. Ce n’est pas cette personne que j’ai envie d’être.

A ce moment-là, j’aurais très bien pu faire ce choix-là, il ressemble à ceux que j’ai faits au quotidien depuis plusieurs années. C’est ce type de choix qui m’a amenée à me perdre de vue justement.

Ce jour-là, je décide d’écouter un peu mieux ma colère, mon agacement (qui sont décidément de très bons indicateurs !).

L’agacement, la frustation disent souvent quelque chose de la part de nous qui est vraiment nous, celle qui se rebelle et qui veut vraiment choisir ce qui lui convient. Ces émotions parlent de nos besoins.

Si je suis agacée, c’est qu’au fond, quelque chose ne me convient pas.

Quelque chose au fond de moi dit : « Je veux aller courir. Je ne veux pas renoncer aussi facilement.« 

Etre raisonnable m’étouffe à petit feu .

Au lieu de me lamenter et de rester plantée sur mon canapé, je décide de fair un virage à 180° et de tester un objectif très ambitieux : aller courir TOUS LES JOURS 30 minutes. A première vue, cet objectif me plait beaucoup : je le trouve génial, il me fait envie. Tout va bien ! Je suis hyper enthousiaste. Connaissant bien les mécanismes de notre cerveau (oui ça aide d’être coach :-D), je continue à observer attentivement ce qui se passe dans ma tête ensuite.

Après la 1e réaction « ouais trop bien !« , arrive le 2e effet kiss cool : 2e réaction : heu mais attends, faut vérifier ton agenda là. Tu as de journées entières de rendez-vous, tu ne pourras surement pas aller courir. Et puis tu risques d’avoir mal à au genou si tu vas courir tous les jours. Ce serait quand même mieux d’être raisonnable … Est-ce que ça vaut vraiment le coup d’aller courir tous les jours ? 1 jour sur 2 ce serait déjà vachement bien … etc … etc

Il n’y a aucun problème à être raisonnable. Sauf quand ça devient un automatisme : à ce stade, à chaque fois qu’on commence à négocier à la baisse, notre cerveau enregistre : « pas la peine d’exprimer tes besoins, tes envies ou tes désirs, de toute façon, ils ne seront pas accessibles. Vise plus haut, tu perdras moins de temps et d’énergie à négocier systématiquement avec toi-même« .

Se perdre de vue, s’oublier, c’est typiquement apprendre à se raisonner et à s’empêcher de faire des trucs qui nous font envie sous prétexte qu’il serait « raisonnable » de faire autre chose.

Quand être raisonnable devient un automatisme, les ennuis commencent

comment devenir moins raisonnable : balance entre le coeur et le cerveau

Petit à petit, la partie « raisonnable » se muscle. Et la partie « désirs / envies / rêves » se tait. Et elle se tait de plus en plus puisqu’elle n’a jamais voix au chapitre. Jusqu’au jour où, même quand on essaie de l’écouter, on ne l’entend plus.

Pour devenir moins raisonnable et écouter à nouveau cette partie de nous, il est nécessaire de se forcer à l’écouter volontairement plus souvent. Réapprendre à rêver, à donner de la place à ses envies pour qu’elles s’expriment plus clairement.

Depuis, cet épisode, j’ai donc mis mon mode « raisonnable » sous haute surveillance 😄 : être plus attentive à mes négociations internes ET décider plus consciemment et clairement quand je veux faire taire la partie raisonnable pour laisser un peu plus de place à la « moi qui a des envies« .

Ce jour-là, pour assumer de devenir moins raisonnable, j’ai décidé de garder mon objectif de courir 30 minutes 7 jours d’affilée et d’arrêter d’essayer de me raisonner. J’ai regardé mon agenda de ce jour-là et j’ai fixé le moment où j’allais aller courir. J’ai fait la même chose le lendemain, le surlendemain, etc.

Que se passe-t-il quand on est en train de devenir moins raisonnable ?

Côté sport, J’ai trouvé assez facilement des créneaux pour aller courir en décidant chaque matin en faisant le daily dans mon bullet journal 4 jours sur 7. Seul le 3e jour était vraiment trop chargé en rendez-vous pour le faire. Le 5e jour, j’ai accumulé des frustrations qui m’ont fait dériver dans mon emploi du temps et j’ai raté le créneau horaire prévu. Au final j’ai couru 5 jours sur 7 au lieu des 2 séances « raisonnables ».

Je n’ai pas reconduit cet objectif : cette semaine m’a confirmé que ce n’était effectivement pas forcément souhaitable physiquement. Mais l’expérience valait carrément la peine d’être vécue pour me réapprendre à m’écouter et à me faire plaisir. Ca continue à me demander des efforts pour me mobiliser pour aller courir. Je travaille en douceur sur une organisation qui me permettra d’y aller plus facilement.

Devenir moins raisonnable ne veut pas dire passer en force mais au contraire m’écouter mille fois mieux !

Côté professionnel, devenir moins raisonnable m’amène à faire des choix stressants à court terme :

  • refuser des propositions pour des activités que je sais faire mais qui ne me sont pas LE truc que j’aime. Avant je prenais tout ce qui passait par peur de manquer d’argent. Aujourd’hui, effet confinement et slow-working obligent, je m’oblige à me poser la question de mon envie avant de dire oui à une proposition. C’est un gros travail sur moi = à chaque demande entrante où mon coeur dit « non », ma tête panique … Pourtant, à ce jour, ce choix est payant : j’ai plus de rendez-vous en coaching et thérapie que jamais et c’est ce que je préfère dans mon métier !!!

  • m’engager dans 2 investissements en faisant un pari sur l’avenir (je vous parlerai. Jusqu’à maintenant, j’étais plutôt dans une dynamique « j’attends d’avoir l’argent pour me payer des trucs« . De fait, je n’investissais jamais ou très très peu. Je suis partie dans la dynamique inverse : c’est l’investissement qui va ramener de l’argent et non l’inverse (je vous parlerai de ces investissements très bientôt, promis). A moi de faire en sorte de pouvoir payer (à ce jour … ça marche !!!).

Et je me sens plus que jamais sur le bon chemin pour me retrouver ! Je suis en train de devenir moins raisonnable et ça me plait bien.

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Mon écoute active et mon questionnement stratégique me permettent de vous aider à formuler clairement une situation parfois très confuse et très emmêlée, et de rendre ainsi le problème plus facilement accessible à une solution.

Ce que je décris dans cet article est typiquement ce que j’aide mes clients à faire : identifier les mécanismes qui les bloquent, les aider à choisir s’ils veulent ou non les débloquer puis les aider à les débloquer s’ils le souhaitent.

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Sandrine Donzel

Parentalité, couple, communication, développement personnel ? Votre vie ne ressemble pas à ce qui est décrit dans les livres ? Pas de panique et bienvenue dans la VRAIE VIE, celle qui est abordée sur ce blog ! Je vous y propose des outils concrets, pragmatiques et REALISTES pour répondre à vos interrogations. Bonne lecture !

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2 thoughts on “Comment devenir moins raisonnable (et aimer ça) …

  • 21 septembre 2020 à 10:26
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    Courir tous les jours, c’est peut être trop (pas forcément très bon pour le corps) mais pourquoi pas 30 min d’activité physique tous les jours en alternant course, étirements, gym, renforcement musculaire ?… Enfin il faut trouver le temps quand même…

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    • 21 septembre 2020 à 22:26
      Permalink

      Plusieurs réactions : d’abord je n’aime pas la gym, le renforcement musculaire, etc. J’aime courir. Donc je trouverai plus facilement le temps pour aller courir que pour faire autre chose (marcher éventuellement mais je voulais transpirer). Je ne veux pas me forcer à faire un truc « raisonnable » juste parce que c’est censé être raisonnable justement. C’est avec ce type de raisonnement que je me suis perdue de vue :-).

      Ensuite ma réflexion était sur « que se passe-t-il quand je me montre volontairement déraisonnable ? », non pas dans l’idée de me forcer ou de faire des choses déraisonnables par principe mais plutôt pour répondre à la question : « qu’est-ce que ça change quand j’écoute vraiment mes envies plutôt que le truc raisonnable ? » ==> La réponse est « je me sens pousser des ailes, je me sens capable de bien plus, je me fais confiance pour savoir ce qui est bon de ce qui ne l’est pas ». Bref, que du positif.

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