Une mère digne de ce nom ne ferait jamais ça.

monstreJe lis régulièrement le Baby Blog, pas toujours mais de temps en temps. Je lis Stadire sur sa page Facebook surtout. J’aime bien, il n’y a pas tout mais je vois l’essentiel..

Je l’aime bien Stadire, je ne suis pas toujours d’accord sur tout mais quand même très souvent.

Et sur le sujet dont elle a parlé il y a quelques jours, je crois que nous sommes particulièrement en phase. C’était suite à l’histoire de la petite Fiona, vous savez cette petit fille dont on a cru qu’elle avait disparu et qui en fait avait été battue par son beau-père.

Stadire a publié cet article dont je partage l’opinion à 200% : « Les mères monstres », qu’elle a relayé sur sa page Facebook. Cet article a évidemment suscité des réactions auprès de Stadire. Alors Stadire a publié un 2e article que j’aime beaucoup, vraiment beaucoup, un témoignage intitulé « La difficulté maternelle ». Je vous invite vivement à lire ces 2 articles pour bien comprendre de quoi je parle.

De la difficulté maternelle – parentale devrais-je dire, les papas étant concernés aussi !

J’ai suivi – de loin – la discussion qui s’en est suivie sur la page Facebook du Baby Blog. Et quelques commentaires m’ont donné envie de réagir. Vite et fort.

L’un des commentaire que j’ai lus m’a donné envie de vomir. C’est celui qui m’a incitée à écrire cet article. Ce commentaire disait :

Une mère digne de ce nom ne ferait jamais ça.

Alors, pour en voir beaucoup des mères et des parents, pour en être une moi-même, je vous le dis, je l’affirme, je le crie :

OUI, une mère digne de ce nom peut avoir envie de tout plaquer là et de se barrer loin, très loin.
OUI, une mère digne de ce nom peut avoir envie bâillonner son enfant ou de lui mettre un coussin sur la bouche pour qu’il se taise.
OUI, une mère digne de ce nom peut avoir envie de fracasser la tête de son enfant.
OUI, une mère digne de ce nom peut avoir de secouer son bébé.
Et OUI, une mère digne de ce nom peut même passer à l’acte.

OUI, OUI et re-OUI !

Cela peut nous arriver à tous et à toutes : un enfant particulièrement réactif, une période de turbulences personnelles, un moment de stress, d’épuisement, de fatigue, …

Ce genre de pensée n’est pas réservé aux « mères  indignes »

Laisser croire que seules les mères indignes ont ce genre de réaction, c’est juste enfoncer encore plus les mères en difficulté.

C’est comme donner une claque à quelqu’un qui appelle au secours parce qu’il crie trop fort !

C’est leur faire passer le message qu’elles sont vraiment indignes d’être mère. Ce qu’elles croient déjà. Et qui les met JUSTEMENT en difficulté.

Parce qu’elles essaient déjà tellement d’être à la hauteur sans jamais parvenir à être « comme il faudrait ». Elle se disent déjà tout le temps qu’elles devraient être plus patientes, plus calmes. Qu’elles devraient être heureuses et épanouies d’avoir un enfant. Qu’elles devraient être ravies de supporter un bébé qui pleure, trouver merveilleux de n’avoir pas eu le temps de pisser avant midi, de prendre une douche avant 22h ou de dormir tout simplement.

Alors, ces mères-là, elles tentent désespérément de se convaincre qu’elles ne doivent pas penser ce qu’elles pensent ni ressentir ce qu’elles ressentent.

La violence, cette incomprise

Il y a un autre commentaire qui m’a fait sursauter parce qu’il montre à quel point la violence est incomprise ou en tout cas mal gérée dans notre société :

Sachant tous les risques, elle a quand même secoué son bébé !

Dire ça, c’est comme dire à quelqu’un qui a fait une tentative de suicide

Tu savais que tu pouvais mourir et tu as quand même tenté de de te suicider !!!

C’est JUSTEMENT à CAUSE des risques qu’on a fait ça. Non pas parce qu’on avait envie de tuer son enfant réellement mais juste pour que la souffrance ressentie cesse.

La douleur physique, la mort – la notre ou celle de l’autre – comme ultime recours pour faire cesser NOTRE SOUFFRANCE.

Parce que, comme le dit très bien Virginie dans son témoignage sur le Baby Blog, on devient violent – verbalement, physiquement, psychologiquement – quand on a

besoin de lui faire mal comme elle me faisait mal sur l’instant.

Une explication, pas une excuse.

Comprenez-moi bien : je n’excuse pas la violence, je lui donne une explication.

Une explication qui sort du traditionnel « si tu es violent, c’est que tu as un problème psychologique, c’est que tu n’es pas normal« , une explication qui permet d’arrêter de croire qu’un parent doit forcément être parfait pour être bon.

Une explication un peu plus pragmatique qui permet ENFIN d’aller vers des solutions atteignables et non pas vers l’ultra-solution qui consisterait à éradiquer toute violence. Ce qui est totalement impossible.

Comme si être un parent « digne de ce nom », c’était être parfait, même dans ses pensées. Les enfants c’est merveilleux, c’est que du bonheur, c’est génial.
Alors je le dis haut et fort : NON avoir des enfants ce n’est pas QUE ça ! Au contraire ! Et il serait bon que ça se sache pour qu’on arrête de croire qu’on n’est pas normal quand on en a marre d’eux et qu’on a besoin de soutien. Pour qu’on arrête de croire qu’une mère qui passe la journée avec un enfant en bas-âge se roule les pouces et prend du bon temps.

Et j’aimerais que ce message passe, partout, à tous les niveaux.
La violence – sous toutes ses formes et qu’elle soit tournée contre l’autre ou contre soi-même – je la vois, moi, comme un signal d’alarme, un message qui dit

 tu as encaissé trop de choses.

tu supportes trop depuis trop longtemps.

Il faut que tu fasses quelque chose pour que ça cesse.

TU ES EN DANGER SI CA CONTINUE.

Et parce que les gens croient que la violence est le signe d’un problème mental, la plupart des parents essaient d’éteindre ce signal d’alarme en tentant de faire taire leurs pensées, leurs ressentis, leur fatigue, en se disant qu’ils doivent prendre sur eux pour être des parents « dignes de ce nom ».

Mais quand on essaie de faire taire un signal d’alarme sans s’intéresser à l’incendie qui l’a déclenché, il y a de fortes chances que la maison entière finisse par brûler et s’écrouler.

Alors je vous le dis, les parents qui ont des envies de violence sur leurs enfants sont des parents comme les autres.
Et la plupart du temps, ils ont à coeur d’être les meilleurs parents possibles. Et ce sont justement ces efforts qui les épuisent et les rendent susceptibles de devenir violents.

J’ai déjà parlé de ça dans cet article « je m’énerve trop vite, je crie sur mes enfants ». Mais je le dis et je le redis : quand vous commencez à avoir des envies de devenir violents, demandez-vous donc d’abord de quoi ces envies sont le signal, quel message elles vous envoient, ce qu’elles disent sur la façon dont vous êtes entouré-e et soutenu-e, sur l’état de votre réservoir affectif, sur votre état de stress.

Pour prendre soin de vos enfants, prenez soin de vous. Et ne laissez jamais personne vous faire croire que vous êtes un mauvais parent.
JAMAIS.

Photo Credit: ojimbo via Compfight cc

Quelques livres pour aller plus loin (si vous ne voyez pas les liens, c’est probablement que votre navigateur a un bloqueur de pub. Comme les liens viennent d’Amazon, ils sont considérés comme une publicité par celui-ci) :


 

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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52 pensées sur “Une mère digne de ce nom ne ferait jamais ça.

  • 27 septembre 2013 à 10:16
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    Merci pour le partage et je trouve que tes conseils lecture sont très bien sentis !

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    • 27 septembre 2013 à 10:20
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      merci Stadire !
      C’est un plaisir pour moi de t’accueillir par ici ;-).

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 10:28
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    Amen !

    Ce qui est étrange c’est que les parents ne cherchent pas de l’aide, du moins pas toujours, et certains s’enfoncent irrémédiablement vers une situation critique qui amène parfois à ce qui s’est passé pour la petite Fiona.
    Alors qu’à côté de ça, la majeure partie des gens qui sont à saturation complète de leur boulot vont soit prendre des congés, soit carrément prendre RDV chez Pole Emploi pour demander de l’aide pour démissionner, faire une formation etc.

    Par contre c’est vrai que quand on est parent on s’interdit d’aller chercher de l’aide, c’est tabou. ll est tabou de dire « j’en ai marre de mes gosses, j’ai envie de les poser à la DDASS, je ne veux plus de responsabilité, je n’en peux plus, j’ai envie de les frapper ». Non tout doit absolument rester sous silence.
    Avant d’avoir des enfants je ne comprenais pas qu’on secoue un bébé, qu’on frappe un enfant, qu’on le batte à mort, qu’on l’enferme dans une cave et j’en passe. Maintenant que j’ai des enfants j’ai compris. Et bien souvent, si je n’avais pas eu ne serait-ce que le papa, ça aurait pu mal terminer …
    il FAUT IMPERATIVEMENT que les gens osent demander de l’aide, qu’ils en trouvent, surtout une aide sans jugement, sans réponse qui t’enfonce comme celle que j’ai pu avoir une fois où on m’a dit « en même temps tu n’as aucune patience fais un effort » et paf dans les dents, tu fermes ton bec et tu te démerdes avec ta souffrance … ce que j’ai fait d’ailleurs …
    il faut « juste » que les choses évoluent que les mentalités changent …

    Répondre
    • 27 septembre 2013 à 10:34
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      Merci Cyrielle !

      Et c’est pour ça aussi que je me bats pour qu’on arrête de faire croire qu’avoir des enfants, c’est l’extase, le bonheur parfait et qu’on n’a pas le droit de se plaindre, d’aller mal, de ne plus les supporter.
      Et que seul un mauvais parent peut en avoir marre.
      Non, un parent tout à fait normal peut en avoir marre de ses enfants. C’est justement le signe qu’il a besoin de soutien. Ca arrive à TOUS les parents (ou presque) et comme tu le dis fort justement, cela mérite qu’on demande de l’aide parce que ce n’est pas honteux, c’est NORMAL.

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 10:36
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    Merci. Je suis fan de ce blog et comme d’habitude encore un très bel article, bien écrit, avec des mots clairs, simples et dans lesquels je retrouve ma pensée que je ne sais pas aussi bien mettre en forme !

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 10:44
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    Merci pour ta réaction et ton témoignage aussi.
    Sandrine

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 11:26
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    Merci …
    Je suis dans une période pas facile et je me sens incomprise
    Je m’en veux de certains comportements et certaines attitudes que je peux avoir …
    Donc merci pour cet article qui me donne une bouffée d’oxygène

    Répondre
    • 27 septembre 2013 à 11:55
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      Super si cet article peut aider.
      Ca vaut le coup d’aller chercher du soutien, du support, de l’aide, … à l’extérieur parce qu’être parent, ce n’est jamais simple.
      Sandrine

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 12:50
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    Tes mots sont importants, je les partage, notamment ta dernière phrase que l’on devrait toujours avoir à l’esprit !
    Pour moi être parent a été un choix mais j’ai le droit aussi de me plaindre de mon choix…J’ai le devoir d’écouter mes ami(e)s m’en parler mais je dois surtout être en phase avec moi et mes valeurs.
    J’aime ce que je suis et mes enfants le portent bien.

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 12:53
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    Bon, ben, voilà… Je ne connaissais pas ce blog mais
    j’avais juste envie de dire MERCI
    merci de mettre des mots sur ma pensée,
    merci à toutes les mamans des commentaires d’être des mères normales,
    humaines …
    je me sens moins seule de penser pareil du coup 😉

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 13:48
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    juste merci cela fait du bien de lire ça maintenant….

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 13:58
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    Je suis très mal-à-l’aise par le début de ton article et notamment par cette phrase « Et OUI, une mère digne de ce nom peut même passer à l’acte. »
    Je comprends le burn-out marternel, l’envie de tout plaquer, la gifle qui part sans le vouloir, le désespoir, les pleurs et tout ça.
    Par contre, NON je ne pense pas que chaque mère puisse passer à l’acte. On parle ici d’une enfant morte sous les coups d’un homme et que la mère a protégé au point de partir enterrer son petit corps nu en forêt et mentir sur sa disparition, jouer la comédie, tout cela en portant elle-même la vie dans son ventre. Etes-vous capable mentalement de vivre cette scène et de vous dire que vous seriez capable de faire cela ? En ce qui me concerne, dès que j’imagine la scène de violence qui a fait périr cette enfant, je ne peux pas en supporter plus !
    Alors moi je dis haut et fort que NON, chaque mère n’est pas capable de faire cela et bien heureusement car combien d’enfant seraient décédés !
    Je veux bien être humaniste et compréhensive mais il ne faut pas oublier que l’on parle de meurtre et de violence envers une enfant de 5 ans… Mon fils a 5 ans et quand je le regarde, je n’imagine même pas que je puisse laisser quiconque le blesser, le taper ou le tuer…. même par amour, même par désespoir, même avec tous les arguments que vous avancez !
    Je suis pour le soutien des mères désespérées et débordées, j’ai moi-même eu une période de burn-out, mais il faut arrêter de vouloir défendre tout et n’importe quoi, une enfant est MORTE !

    Répondre
    • 27 septembre 2013 à 14:07
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      Passer à l’acte, ça ne veut pas uniquement dire tuer, ça veut dire taper, frapper.
      Autre chose : je ne défends pas cette mère mais je dis que la juger haut et fort comme une mère indigne, c’est risquer encore plus que d’autres parents en difficulté s’enferment dans le silence.
      Je rappelle simplement que le cas de la maman de la petite Fiona N’EST PAS le sujet de mon article et qu’il s’adressait plutôt à la maman qui témoignait sur le Baby Blog.

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 14:20
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    Merci ;o)
    Ca fait un moment que je n’ai plus honte d’avoir envie qu’ils s’en aillent ou que je reconnais que la vie en communauté (surtout avec des enfants) est vraiment lourde à porter et depuis que je le verbalise, je suis plus capable de les laisser crier (mais je les fais monter dans leur chambre), je les oblige à ne pas amputer mon espace vital, je suis contente de partir au boulo et je le dis haut et fort, je suis une personne comme eux et j’aime pas forcément les même choses qu’eux et j’en ai même plus honte et même je les incite à exprimer eux aussi ce qui leur fait plaisir ou pas. Pendant longtemps je n’ai pas sue dire mais quand on a découvert que mon fils est Asperger, il m’a bien fallut demander des conseils et de l’aide, c’est vrai avec le recul, on devrait toujours le faire avant et s’entendre dire, tu es fatiguée mais c’est normal tu es une personne après tout on a tous nos limites, on connait « les bb » dans leur grandes largeur, mais cette petite personne qui est là … elle tu ne la connais pas elle se découvre tous les jours et elle a beau venir de toi elle n’est pas toi, tu as le droit de ne pas parfois la supporter. Je crois qu’on a même le droit quand ils deviennent des personnes douées de leur propres envies, choix etc on a le droit de ne pas aimer les gens qu’ils sont « devenus »… enfin bref, tout ça pour dire qu’accepter que je suis leur mère oui mais accepté qu’ils ne sont pas un prolongement de moi et que je reste une personne complète avec ses envies ses émotions ses désires et que souvent mes désires ils n’en font pas partie, et bien je vais mieux … sisi c’est vrai je ne culpabilise même pas et ben vous savez quoi je me suis rendue compte qu’ils vont bien aussi ;o). La violence de mes émotions m’a quasi quitté, et étant moi plus sereine ils le sont aussi.

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 14:30
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    Je ne te connais pas, tu ne me connais pas, mais là, là tout de suite, je t’aime. Pardon hein … mais tu l’écris si bien … toute cette souffrance et cette colère.

    Tant que les gens n’auront pas touché le fond, ils ne sauront pas ce qu’on peut faire quand on est a bout et ils jugeront, parce que c’est plus facile ainsi, de juger, de montrer du doigt et de vomir dessus et en oubliant qu’il est possible a tout le monde d’en arriver a des extrêmes peu glorieux.

    Répondre
    • 27 septembre 2013 à 14:36
      Permalink

      ne t’excuse pas de m’aimer ;-), j’aime bien ça moi, qu’on m’aime :-D.
      Merci !

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 14:52
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    J’adore cet article surtout pour son côté déculpabilisant pour les mères au bout du rouleau. Il n’y a pas si longtemps j’en ferais parti…

    Répondre
    • 27 septembre 2013 à 14:55
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      C’est le but Gabrielle ! Merci de ton témoignage !

      Répondre
  • 27 septembre 2013 à 15:06
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    Merci pour cet article que j’adore surtout pour son côté déculpabilisant pour les mères au bout du rouleau dont je fesais parti il n y pas si longtemps…

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 20:48
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    Chère Sandrine, cela fait un moment que je lis tes billets. Nous avons partagé un certain nombre de nos expériences et n’avons pas toujours été d’accord. Des relations sexuelles dans le couple après l’arrivée d’un 1er enfant, aux discussions sur le paradoxe, l’échange est toujours riche et animé !

    Je me sens toujours légèrement décalé sur ton blog, car beaucoup de sujets concernent les femmes, les mères, les épouses, et bien évidemment, je ne pourrais jamais comprendre totalement ces points de vue car je ne suis qu’un homme, un père, et même plus un époux!

    Cependant, je suis bien un parent. Et à ce titre, le sujet du jour peut me concerner car j’ai moi aussi eu à utiliser parfois la fessée, ou ai crié sur mes enfants.

    Je suis surpris qu’un mot ne soit pas apparu tout de suite dans les commentaires ni dans ton post : la culpabilité. Surpris, mais plutôt agréablement en fait… Pourtant, on aurait pu s’attendre à ce que cette notion soit le centre des débats : se sentir coupable ou pas, être désigné comme tel, voire être jugé comme tel, si jamais la loi aura décidé que ce qu’on a fait est « mal », donc punissable.

    Cela me renvoie à 2 notions :
    – culpabilité versus responsabilité
    – jugement moral versus éthique personnelle

    En fait, ça me plait bien que pour une fois, on ne porte par le débat que sur la culpabilité, car il est tellement difficile de juger, que ce soit soi-même, et donc à fortiori autrui. Ca m’évite aussi de reparler (trop) d’une de mes référence favorite, à savoir l’analyse du triangle de Karpman (dit du triangle infernal) qui donner je trouve un éclairage très intéressant, y compris aux ressentis et parfois aux réactions de chacun/chacune dans une situation de stress : la victime non reconnue devient bourreau ou sauveur, pour se faire justice soit même contre ce qui lui passe sous la main (le coupable si possible, ou un autre coupable, peu importe lequel ni de quoi ?!) ou sauver une autre victime non reconnue pour se sentir reconnu(e) par procuration… c’est complexe, mais tellement vrai. Il y a d’autres moyens plus « soft » à notre disposition sans aller jusqu’à se faire justice soi-même : juger les autres, vouloir témoigner, accuser, défendre… Bref, le tribunal au complet s’invite dans nos salons et nos chambres à coucher!! Hummm, sympathique !!

    Je retrouve d’ailleurs en grande partie dans tes billets ces rôles que tu endosses volontiers : témoigner, juger aussi, défendre, accuser pas forcément, mais on sent la sensibilité pas loin, de celle qui a vécu (serais-tu une ex-victime non reconnue ?), qui parle avec ses tripes et son expérience, que ce soit via ton rôle de maman ou ton métier de coach et thérapeute.

    Cependant, pour ne pas reprendre la plupart des points de vue issus de l’expérience de chacune, il me semble que le sujet qui pourrait arriver à nous mettre tous d’accord, est parfois absent des plaidoiries, votre honneur : les enfants !!!

    D’accord on peut trouver toutes les justifications du monde pour expliquer le pourquoi et le comment des choses dans le monde des adultes, mais je pense que nous aurions toujours intérêt dans cette phase de discussion sur un sujet, à ne pas l’oublier justement, le sujet : nos enfants !

    Sans eux, nous ne serions pas là, à discuter de nous à travers eux… Je préfère pour ma part discuter d’eux à travers moi, ça me semble plus « juste », pour eux, et pour moi !

    Sur le fond du sujet, j’ai pour ma part toujours cherché à relativiser (dans le sens étymologique de mettre en relation, mettre en lien, je précise!) les actes que j’ai pu commettre envers eux à la lumière de ce qu’ils ont vécu eux, mes enfants, à travers mes actes. Cela me semble beaucoup plus près de la « réalité » qui les concerne, eux, parce que ce que je vis moi, à la limite, ils s’en foutent. C’est ce qu’ils vivent eux, qui est important, pour eux. Et donc, pour moi par ricochet, quand j’ai ma casquette de parent sur la tête.

    Ma dernière expérience en date remonte à mercredi dernier, il y a 2 jours. Mes 2 petites filles se disputent un stylo pendant que je suis dans ma chambre, juste à coté. Je laisse monter la température, veillant à ce que les débats ne dégénèrent pas, et sentant qu’effectivement ça dégénère, j’arrive juste au moment où ma fille de 4 ans 1/2 pousse sa petite sœur de 3 ans, qui tombe du tabouret où elles étaient assises toutes les deux (évidemment, car voulant le même stylo, forcément, mieux vaut se rapprocher pour être le plus près de l’action !!!). Evidemment, j’avais déjà senti que la tension pouvait générer une forme de violence, et connaissant mes filles, je sentais bien qu’à un moment, il fallait que je prenne ma part dans ce qui se passait, même si en n’intervenant pas, j’avais aussi déjà décidé de prendre part à leur expérimentation (du conflit en l’occurrence) pour justement qu’elles puissent le vivre « librement » je dirais…

    Donc là: patatras, ma fille tombe assez violemment par terre (pas très haut, heureusement) et mon 1er réflexe a été de mettre une fessée immédiatement à mon ainée qui avait en fait défendu son territoire, car je me doutais bien que sa petite sœur voulait lui prendre ce qu’elle avait dans les mains.

    Résultat: les 2 se sont mises à pleurer, l’une parce qu’elle avait été poussée par terre manu militari, et l’autre, parce que excédée par sa petite sœur, elle avait décidé de réagir, mais que son papa ayant assisté à la scène en direct, a mis son grain de sel dans la partie en signifiant clairement : ça, non, tu ne le fais pas.

    Avec le recul, j’ai 2 façons de voir les choses :

    – je sais que je n’aurais probablement pas dû fesser ma fille ainée qui a réagi « justement » à une agression de sa petite sœur. D’une certaine manière, elle a pu se sentir victime doublement : d’être non reconnue dans son analyse de la situation, et d’avoir été jugée et punie injustement par ce qu’elle a fait, comme conséquence d’un fait dont elle n’était pas responsable, quoique… Car l’élément qui me manque, c’est la cause initiale : pourquoi cette dispute sur ce stylo a commencé? Je ne sais plus, et d’ailleurs, ça ou autre chose, on peut se perdre à remonter les pourquoi des comment, et il y a probablement 10.000 façons d’expliquer l’enchainement des causes et des conséquences, toutes potentiellement justifiées et justifiables. Rien n’est noir ou blanc. Il y a beaucoup de gris…

    -que faire de cette situation? Quels enseignements en tirer?

    Ma 2ème réaction instinctive a été de les punir toutes les deux (ce que je ne fais d’ailleurs quasiment jamais, je ne vois que rarement l’intérêt) en leur demandant d’aller dans leur chambre, et en leur disant qu’au lieu d’aller à l’atelier théâtre qui avait lieu 30 minutes après, elles seraient privées de cette activité qu’elles se réjouissaient de vivre. J’ai bien précisé qu’elles étaient punies toutes les deux. Par ce fait, j’ai déjà partiellement rétabli une partie du déséquilibre, car ne punir que ma fille ainée aurait creusé son impression d’injustice, et punir la plus jeune aussi, qui pourtant avait été poussée, a aussi créé probablement une dose de frustration comparable à celle de sa grande sœur.

    Je les ai laissées pleurer pendant 5 minutes, assises l’une en face de l’autre dans leurs lits respectifs, doublement tristes de tout ce qui venait de leur tomber dessus. J’ai pris le soin de ne pas aller les voir tout de suite, car je devais moi aussi trouver quoi faire et comment réagir, en ayant au préalable « éteint le 1er feu », tout en étant conscient que les braises étaient encore chaudes…

    Là, j’entends les commentaires : quel père indigne ! Encore un écervelé dépourvu de sensibilité! Ces pauvres petites, qui pleurent toutes seules et personne qui ne vient les consoler…

    Mais au bout de 5 minutes, car j’étais, moi, bien embêté pour savoir quoi faire de cette situation que j’avais en partie moi-même générée, je me suis demandé quel allait être ma façon de retourner la situation. Car j’ai horreur de rester sur un « échec ». Et punir est un échec. Comme une fessée est un aveu de faiblesse. Sauf qu’un échec, peut devenir le terreau d’une grande victoire, et une faiblesse, la ressource pour puiser une grande force.

    Je me suis donc assis à coté d’elles, très calmement. J’ai refait le film de ce qu’il s’était passé et mis des mots sur les actes de chacun (oui je sais, certains se délectent des mots qui subliment des maux, j’ai envie moi de voir un peu plus loin que cette psychanalyse que je trouve de papier… un peu légère!). Je crois qu’elles avaient besoin de voir leur papa capable d’être autre chose qu’un père fouettard, et surtout de tirer au clair les responsabilités de chacun dans cet enchainement vertigineux !! Moi aussi, j’avais besoin d’être aussi ce papa aimant, à un point que vous ne pouvez pas imaginer… sauf si vous aimez vos enfants aussi, comme toutes les mamans je pense, vraiment.

    A l’une, j’ai dit et répété qu’il était hors de question de balancer sa sœur par terre comme ça. La limite était très claire. A l’autre, j’ai dit qu’elle devait respecter sa sœur et que ce qu’elle voulait, elle devait le demander, pas l’arracher des mains. A chacune, j’ai pu laisser le droit de dire comment elles voyaient aussi les choses, avec leurs mots d’enfants, si importants. J’ai respecté leurs paroles.
    Puis en mon fort intérieur, je me disais qu’il n’était pas nécessaire de créer un autre traumatisme plus fort sur un 1er traumatisme, en les privant de la sortie à l’atelier théâtre, ce qui aurait engendré un vécu encore plus négatif du tout.
    Au lieu de ça, après quelques échanges qui ont duré à peine 2 minutes, puis un léger silence il me semble, j’ai pu ouvrir mes bras à ma grande fille visiblement beaucoup plus peinée de louper le théâtre que le reste, et lui proposer de faire un énorme câlin, ce qu’elle a accepté en se jetant dans mes bras et se blottir contre moi, sans pleurer, parce que il n’y avait pas de colère, ni chez elle, ni chez moi. Il n’y en a jamais eu, vraiment, chez moi. C’était plus de l’épidermique que de la colère émotionnelle. Très vite, mon rôle de père ET mon cœur de père, ont pu trouver la posture qui convient quand on est face à des enfants : celle de l’adulte, celle qui rassure parce que même si les humains pètent les plombs, parce qu’ils sont humains, les « grandes personnes » ont aussi un rôle incroyable à jouer partout, tout le temps : donner l’exemple, incarner l’intégralité de la palette de vie: aimer et rire, pleurer et crier, taper et consoler, parler et écouter, jauger plus que juger, être vivant tant qu’on n’est pas mort en somme…

    Le câlin a duré, mes deux petites filles s’y sont retrouvées, et mes bisous aux deux ont engendrées des bisous entre elles… Je tenais cette victoire, que je leur offrais en cadeau, après avoir posé quelques limites, et être aussi monté moi-même dans les tours, explorer mes propres limites…
    On est donc partis ensemble pour le théâtre… qui n’a finalement pas eu lieu, faute de participants… Mais peu importe, la journée était déjà riche et notre lien avait encore grandi, évolué. Le leur aussi…

    J’adore le lapsus épistolaire dont Mich-Mich nous a gratifié (je ne sais pas si c’est volontaire ou pas) : « Pour bien élever un village, il faut tout un enfant » !!! Je connaissais la version « Pour bien élever un enfant, il faut tout un village »… Pour avoir trainé un peu en Afrique, je suis un fan absolu de cet adage.
    Mais l’inverse est presque encore plus universel : et s’il fallait effectivement la vie entière d’un enfant pour qu’un seul village puisse « s’élever » ??!! J’adhère à cette idée, car je pense qu’effectivement, nos enfants sont nos maitres, dans le sens où, si on veut bien y prêter attention et leur accorder l’importance et leur place qu’ils méritent (mais toujours de façon RELATIVE, et pas ABSOLUE, nuance!!), on peut s’élever en devenant maîtres à notre tour au contact de ces maîtres qui s’ignorent, tant que ce sont nous-mêmes qui leur accordons ce statut, pas eux qui nous l’imposent.

    La nuance est très subtile, mais elle me parait fondamentale. Ce sont bien les parents qui décident de qui règne en maître à la maison. Hors de question de laisse l’enfant décider de ça, ce serait destructeur à long terme pour lui. Ce n’est pas son rôle. Mais c’est donc aussi au parent de décider ce qu’il fait de ce pouvoir, de cette autorité, face à son enfant. Ne pas tenir compte de lui, c’est abuser de cette autorité. Et l’abus d’autorité, c’est le comble de l’injustice pour un enfant. C’est destructeur au delà du vécu immédiat. C’est destructeur de l’ordre quasi systémique qui sous-tend toutes nos actions : nous éduquons pour donner un cadre de référence auquel les enfants peuvent adhérer. Mais qu’ils peuvent jauger aussi, puisque leur capacité à jauger (puis à juger ???!) fait partie intégrante des objectifs que l’on peut se donner en tant que parent : rendre ses enfants autonomes, tant en comportement qu’en opinions. Et nous faisons partie de ce qu’ils jugeront aussi un jour, mais qu’ils jaugent en permanence : c’est ce qui construit leur cohérence systémique, que les théoriciens vont appeler de la congruence. Avec un léger petit hic dans la semoule : on est à la fois au départ et à l’arrivée du système. On est tout sauf neutre. On serait autant le sujet de l’expérience que la machine qui expérimente le sujet. On est notre propre carburant, dans notre rôle d’éducateur, et aussi une partie du moteur que nos enfants actionnent en permanence!

    Vroummmmm…. oui, ça décoiffe la parentalité !

    Pour résumer un brin, je dirais qu’il y a une distinction à faire entre la juste autorité et l’abus d’autorité. L’une est fondatrice, l’autre est destructrice. Et la limite entre les deux, se vit de l’intérieur, à chaque seconde où l’extérieur nous amène à nous positionner sur ce rôle d’autorité parentale. Wouf! C’est du lourd, mais c’est la life…

    Alors la mort de la petite Fiona marque pour moi LA limite. Celle absolue, qui ne se relativise jamais. Il y a avant, et après. Une claque, une fessée, c’est un acte. Il est irréversible au même titre que tout ce qui arrive EN VRAI. Il n’est pas neutre. Mais il y a une vie après, avec les cicatrices de la claque ou de la fessée, mais la vie continue. Les cicatrices seront plus psychologiques que charnelles, et quand le charnel commence à dépasser d’autres limites, celles du visible, je pense qu’effectivement se poser 2 ou 3 questions devient urgent. Car bon, voilà quoi, ça ne plait à personne de faire mal à quiconque, à son enfant à fortiori.

    Mais quid des pensées? Une pensée ne tue pas. Pas directement en tous cas. Elle peut ronger de l’intérieur. Elle peut détruire psychologiquement, mais une pensée, ça se change. Un bras, non. Enfin, si, mais ce qui m’intéresse c’est justement la mécanique derrière la pensée. Et l’autre mécanique derrière le changement des pensées.

    Ce blog fait probablement partie du processus de changement de pensée, parce qu’on peut exprimer sans danger des choses, oser avouer ou s’avouer l’inavouable. Parce que ce n’est pas toujours facile d’être seul-e face à ses pensées. Le suicide ou le meurtre, c’est vrai qu’on touche à des tabous absolus : « vivre ou mourir », disait Shakespeare. Mais il disait aussi « Aimer ou Fuir ». Et là ça devient intéressant.

    Quand fuir est la seule solution pour éviter la douleur de l’amour ou la souffrance de la vie, mourir parait presque « acceptable » comme solution. Alors mourir ou fuir, parfois mieux vaut fuir. Et le déni est un processus de fuite. La fuite en avant dans le cas de la maman de la petite Fiona, semble avoir été sa solution. Immédiate, puis permanente, pour se monter un univers parallèle ou vivre était tout de même encore possible. En passant du rôle de bourreau à celle de victime.

    Evidemment, la suite a balayé le château de cartes. La victime est repassée de l’autre côté de la barrière, définitive :elle est devenue la coupable. Et elle a franchi une autre barrière, celle derrière les barreaux cette fois, probablement…

    Triste réalité.

    Triste aussi de voir que les juges et accusateurs de tous poils et de tous bords se sont déchainés pour prendre part à l’audience et jouer un rôle dans cette cour. Les commentaires le montrent : personne ne peut rester indifférent. Même moi, je suis sorti de mon silence pour taper ce long commentaire…

    Mais combien de « meurtriers ou complices » (coupables-victimes-témoins-sauveurs) courent encore…? Combien de parents ayant des pensées « suspectes » sont encore devant leur conscience, hébétés, malgré leur indiscutable responsabilité par ailleurs, sans que leurs enfants ne soient pour autant traumatisés ou victimes de coups répétés ?

    Je crois qu’il faut trouver un sens à tout ça, mais que ce travail appartient à chacun. Personne ne vous donnera la solution. Partager c’est déjà avancer un peu, mais pas résoudre. C’est un processus où le tâtonnement est parfois la règle, les erreurs nos balises. Avec pour moi, un mètre absolu de mesure : nos enfants.

    Il n’y a pas de mètre pour mesurer la souffrance. Elle est intime et ne se compare à rien d’extérieure. Mais l’amour qui a engendré l’existence de nos enfants, non plus, ne se mesure pas. Il appartient à chacun de comparer les 2 absolus immesurables : amour et souffrance. Et de trouver la juste distance avec ces 2 maîtres qui nous submergent parfois, pour le meilleur et pour le pire, et dont nos enfants sont les preuves vivantes, oui, bien vivantes.

    RIP Fiona.

    Renaud

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    • 28 septembre 2013 à 07:34
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      Ravie de te relire par ici Renaud.
      Je te réponds juste rapidement sur le 1er point : cet article s’intitule « une mère digne de ce nom ne ferait jamais ça » parce que la phrase qui m’a faite réagir était formulée comme ça.

      Mais il pourrait parfaitement s’intituler « un parent digne de ce nom… ».
      Tout ce que je dis là s’applique indifféremment aux pères ou aux mères.

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      • 30 septembre 2013 à 18:12
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        Justement, je ne pense pas que pour les pères et pour les mères, le sujet puisse être traité de la même manière !
        Père = Mère = Parent : Oui d’un point de vue « fonctionnel » (en théorie), mais de toutes autres points de vue (culturel, physiologique, psychologique, social,…) il me semble justement que non !!
        C’est pour ça que je voulais apporter mon témoignage avec un « recul » peut-être plus grand, car la différence entre un père et une mère, c’est justement que nous ne portons pas l’enfant dans notre chair…
        Ca peut aussi jouer un rôle, me semble-t-il.

        Répondre
        • 30 septembre 2013 à 19:17
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          Ca peut aussi jouer un rôle, me semble-t-il.

          Ou pas.
          C’est parfois plus l’idée qu’on s’en fait qui joue un rôle qu’une vraie différence.
          Je n’ai pas observé de différence fondamentale de fonctionnement entre les pères et les mères dans le rapport à l’enfant. Et pourtant je vois de nombreux pères maintenant.

          Répondre
    • 28 septembre 2013 à 07:40
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      Juste un autre point rapidement : les enfants sont au contraire au cœur de mon article. Et la culpabilité aussi même si aucun des 2 n’est nommé.

      Un parent qui se sent bien dans ses baskets à plus de chances de cesser de recourir à la fessée, la violence étant un aveu d’impuissance. Cet article a donc pour but d’aider les parents à sortir de cette culpabilité qu’on leur renvoie quand on laisse croire aux gens qu’ils sont de mauvais parents parce qu’ils ont de mauvaises pensées envers leurs enfants.

      Donc cet article vise essentiellement et prioritairement à la protection des enfants. Et à la déculpabilisation des parents.

      Répondre
    • 28 septembre 2013 à 07:48
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      Autre point : par rapport à la situation avec tes filles, si tu avais réussi à prendre du recul sur tes émotions – peur et colère probablement – tu aurais pu faire d’emblée ce que tu as fait ensuite sans passer par la case fessée et annonce de la punition.
      Et tes filles auraient tout aussi bien compris.

      Répondre
      • 30 septembre 2013 à 18:46
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        Peut-être pas… C’est un peu facile de dire : « Si…… alors….. »

        Si j’avais pris du recul sur MES émotions, cela aurait peut-être effectivement évité une fessée, mais finalement, l’impact de la prise de conscience de ces LIMITES sur mes filles (« tu ne pousses pas ta sœur » à l’une; « tu respectes son territoire » à l’autre) est à mon avis au moins aussi important que de s’interdire tout acte à connotation violente (avec évidemment une graduation dans la « violence »). S’il faut passer par certains moyens de façon exceptionnel, ça me semble « acceptable » dans la mesure ou le GAIN est plus important (=prise de conscience) que le « PAIN » (en anglais = douleur). Mais évidemment, il est impossible de le mesurer exactement de façon objective. C’est intuitivement qu’on doit le soupeser car je ne connais pas de moyen rationnel exact de mesurer un acte d’autorité par rapport à une frustration… Tout cela s’appelant… l’éducation !!!!

        Il est facile de dire qu’il ne faut pas donner de fessée, et que celui qui n’a jamais péché jette la 1ère pierre…!

        Tu sembles aussi avoir des niveaux de tolérance différents selon que ce sont des mères ou des pères qui bravent ces interdits… J’avoue que je ne te suis pas, mais ce n’est pas la 1ère fois!! Tant mieux si les mères trouvent une oreille compréhensive pour les déculpabiliser, et tant pis si les pères continuent à colporter l’image de la violence, ce qui en l’espèce, semble malheureusement confirmer la généralité en ce qui concerne la petite Fiona.

        J’ai connu une mère qui a force de s’interdire de réagir pour prendre en compte ses émotions, est effectivement dangereusement au seuil du burn-out et de l’épuisement. Je pense que si elle avait « osé » sortir de sa zone « de confort » (paradoxal, car ce confort l’amenait à souffrir entre ses valeurs internes = « je ne dois pas faire de mal à mon enfant » et son ressenti interne = « ça doit s’arrêter »), en s’autorisant à une réponse GRADUELLE de solutions pour sortir de ce paradoxe, elle aurait probablement évité 2 ans d’épuisement maternel à vouloir appliquer « en théorie » un comportement qui à l’évidence, la mettait dans une situation « intenable ».

        Alors entre l’intenable et l’insoutenable, je pense qu’il faut trouver parfois la réponse la plus sensée, quitte à l’analyser à postiori, comme un adulte-parent responsable.

        Il me semble que tous les témoignages et commentaires parlent de ça : établir la réponse graduelle à une situation donnée par essence complexe.

        Et l’analyse faut/faut pas, peut/peut pas, me semble vouée à l’échec.
        Faire de son mieux, est la seule approche pour se positionner entre le « bien » et le « mal ». A chaque parent de situer sur sa propre échelle, dans son propre environnement, face à ses propres situations, pour trouver quel est le « meilleur mieux » possible.

        Tout le reste, ce ne sont que des jugements extérieurs, par définition à intégrer individuellement. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs…

        Répondre
        • 30 septembre 2013 à 19:25
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          Je rappelle juste que dans les pays qui ont interdit la fessée depuis longtemps, la maltraitance infantile n’est plus qu’un souvenir.
          En France = 650 enfants meurent chaque année sous les coups de leurs parents.
          En Suède (fessée interdite depuis 30 ans) = 4 enfants par an.

          La violence, sous quelle que forme que ce soit, si elle doit être comprise pour être traitée, n’est PAS une solution pour apprendre quelque chose à l’enfant. Elle est une solution pour se soulager soi-même, rien d’autre.
          Quant aux mères au bord du burn-out, je le dis et le redis : une éducation sans fessée et sans punition ni récompense n’est PAS du laxisme ni de l’acceptation de tout de la part de l’enfant.
          J’en ai déjà longuement parlé de tout cela ici : Education non violente, le grand malentendu / ainsi que là : Comment poser des limites à un enfant en le respectant et là : A propos des limites et de leurs effets sur les enfants et les parents

          Choisir d’éduquer ses enfants sans recourir à la violence – ni tape, ni fessée – implique de sortir du rapport de pouvoir et de renoncer au système punition-récompense. Ca ne veut pas dire que l’enfant gagne et le parent perd. Au contraire : les 2 gagnent. Mais cela implique aussi que le parent soit attentif à ses propres émotions et à son propre état. Sinon ça fonctionne difficilement.

          Sandrine

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        • 30 septembre 2013 à 19:30
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          Je conçois tout à fait que tu aies eu envie de mettre une fessée et de punir tes filles. Exactement comme je le comprendrais d’une mère.
          Pour tout te dire, ça me fait exactement la même chose quand mes enfants se disputent un peu trop ou un peu trop fort.
          Et il m’est arrivé de le faire (taper … mais pas punir parce qu’il y a longtemps que j’ai renoncé à ça).

          Simplement, je sais que taper n’est pas la manière la plus efficace de règler le problème. Et je sais qu’on en arrive généralement là quand on en a ras-le-bol et qu’on a juste envie que tout cela cesse ou quand on a eu peur qu’un des enfants se soit fait très mal à cause de l’autre.

          Par contre, je ne comprends pas très bien pourquoi tu dis que mon niveau de tolérance pour les pères et les mères est différent. Qu’est-ce qui te fait dire cela exactement ?

          Répondre
        • 30 septembre 2013 à 19:30
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          Je conçois tout à fait que tu aies eu envie de mettre une fessée et de punir tes filles. Exactement comme je le comprendrais d’une mère.
          Pour tout te dire, ça me fait exactement la même chose quand mes enfants se disputent un peu trop ou un peu trop fort.
          Et il m’est arrivé de le faire (taper … mais pas punir parce qu’il y a longtemps que j’ai renoncé à ça).

          Simplement, je sais que taper n’est pas la manière la plus efficace de règler le problème. Et je sais qu’on en arrive généralement là quand on en a ras-le-bol et qu’on a juste envie que tout cela cesse ou quand on a eu peur qu’un des enfants se soit fait très mal à cause de l’autre.

          Par contre, je ne comprends pas très bien pourquoi tu dis que mon niveau de tolérance pour les pères et les mères est différent. Qu’est-ce qui te fait dire cela exactement ?

          Répondre
          • 3 octobre 2013 à 15:23
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            En réponse à ton commentaire dans l’arborescence 14.1.1.3.1.2/3 :

            Je suis d’accord avec toi sur le fait que la fessée ne soit pas une solution, mais bien la réaction instinctive d’une situation précise où effectivement la peur que son enfant se soit fait mal est probablement la cause première, ce qui est assez paradoxal, je l’avoue…

            Entièrement d’accord aussi sur la punition qui est une impasse et le début d’un cercle vicieux (dont il faut sortir après si, par hasard, on y rentre!).

            Si j’avance le fait que la perception de la violence soit différente pour les pères et les mères, d’où ton « seuil de tolérance », c’est qu’il est très rare que tu émettes dans tes billets des nuances d’appréciation sur les pères qui devraient mieux gérer leurs émotions (ce que tu dis précisément à mon encontre) alors qu’au contraire, tu demandes à ce que les mères qui en ont, des émotions, soient mieux comprises, et se déculpabilisent. Il me semble qu’il y a là, une différence d’approche, qui renforce finalement une forme « d’inégalité » de traitement qui porte en soi, les germes des problèmes (les hommes devenant victimes potentielles non reconnues et rentrent dans le triangle de Karpman avec les femmes devenues juges et jamais responsables), car si les femmes ne sont par reconnues par leurs conjoints (à priori des hommes donc) pour leurs difficultés, vice versa, les hommes interdits d’émotions sous prétexte de risque de déviance violente, avec les femmes (les conjointes) se posant en mères protectrices de leurs enfants, et victimes de non reconnaissance par ces pères, n’osent plus exercer librement leur rôle dans l’éducation, et ne peuvent plus non plus soutenir et accompagner leurs compagnes, qui déconsidèrent leurs propres droits à avoir des émotions.
            Je ne sais pas si tu me comprends ou si je suis clair?

            Le fait que tu reconnaisses toi-même faillir parfois à ces principes de non-violence que tu prônes, est le 1er signe d’une certaine humilité (non coupable) que je cherche parfois dans tes commentaires. Au contraire, elle te rend plus crédible, à mon avis, si tu ne cherches pas alors à retourner la situation en la justifiant (pour toi!) et en retournant une forme de responsabilité (ou au minimum une demande de reconnaissance) vers les pères.

            Derrière la pensée rationnelle (systémique) qui t’anime, la fragilité des émotions est souvent rangée différemment pour les femmes (normal) que pour les hommes (anormal). Je pense que cela contribue ainsi à creuser le fossé dans les couples, où la fonction de parent doit être ce lien si fort et en même temps si « agile » pour faire face à toutes les situations = un couple de parents!

            Pour revenir à la mère de Fiona, je crois qu’elle a été clairement dans une forme d’abus de faiblesse et de manipulation de la part de son compagnon, et que ne fonctionnant que dans ce mode relationnel, elle a glissé sur cette pente en montant le scénario de la disparition, en manipulant à son tour la manipulation dont elle avait été victime, entourant ainsi son déni dans cette fuite en avant terrible. C’est ce cercle vicieux que les faits et le pression ont fini par briser…

            Ce mode relationnel est assez proche du fonctionnement des sectes (que j’ai eu malheureusement à affronter pour en sortir quelqu’un), où par expérience, le pire peut arriver, car la conscience individuelle de ce qui est permis ou pas, avec la limite du respect individuel qui tombe au profit du « bien collectif », est remplacé par des croyances collectives (inspirées par un gourou). Une secte commence à deux dans un couple où une femme (ou un homme) commence à subir la volonté de l’autre. Trouver l’équilibre est difficile et parfois subtil. Basculer dans le déséquilibre peut mener à l’extrême comme ici avec Fiona.

            C’est pour cela que je dis que les enfants doivent être pour nous, parents, notre cap, notre balise intérieure pour nous aider à trouver cette ligne d’équilibre dynamique qu’on doit intégrer à notre propre fonctionnement systémique (soi + son environnement) afin de trouver les réponses les plus appropriées à toutes les situations. Mais que le système père+mère+enfant est déjà un système suffisamment complexe (=un système de systèmes au cube!) pour entrainer toutes les difficultés décrites dans ton blog ou vécues par tout le monde dans la vie.

            —————————————————————————————–

            Concernant ta réponse au commentaire 14.1.1.3.1.1 sur les lois en Suède sur la fessée, ça me rappelle le débat sur le permis de conduire entre prévention et répression.

            Culturellement les nordiques sont des gens plutôt « soft ». Ils ont des comportements « émotionnels » totalement différents des africains si tu veux… Fais l’expérience des magasins IKEA et va sur le marché de Ségou au Mali, et tu constateras une « légère » différence d’approche culturelle ! c’est un euphémisme…

            Donc que la fessée soit interdite en Suède est probablement possible, dans un pays qui n’a déjà pas « naturellement » tendance à exprimer violemment (ou seulement bruyamment) des émotions. Bon ils se rattrapent en boite de nuit en s’alcoolisant fortement, mais ce n’est pas le débat!

            Mais de là à ramener ça en France, en prenant l’analyse des victimes des violences parentales, et insinuer qu’il faudrait interdire les fessées en France (ou en Europe?) me rappelle le permis de conduire… à 12 points !
            Une fessée = une infraction = un point.
            Deux fessées = deux infractions = deux points.
            Trois fessées = trois infractions = trois points.
            Etc…

            A quand le permis à point d’avoir des enfants et de les élever (et de les aimer!) ?

          • 3 octobre 2013 à 21:23
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            il est très rare que tu émettes dans tes billets des nuances d’appréciation sur les pères qui devraient mieux gérer leurs émotions (ce que tu dis précisément à mon encontre) alors qu’au contraire, tu demandes à ce que les mères qui en ont, des émotions, soient mieux comprises, et se déculpabilisent.

            Je suis surprise : mes propos s’adressent aussi bien aux pères qu’aux mères. D’ailleurs plusieurs pères m’ont déjà rapporté se retrouver dans mes articles. Pour moi, les mots « père » et « mère » sont totalement interchangeables, et notamment dans mes articles.
            Si j’utilise plus souvent le mot « mère », c’est que je rapporte sur le blog des choses qui me sont racontées par les gens qui viennent me voir. Et force est de constater que la grande majorité sont des mères, pour une raison que j’ai encore du mal à comprendre.
            A noter aussi que ce que je t’ai dit à propos des tes émotions, je l’aurais dit de la même manière à une femme qui aurait fait le même commentaire.

            Derrière la pensée rationnelle (systémique) qui t’anime, la fragilité des émotions est souvent rangée différemment pour les femmes (normal) que pour les hommes (anormal).

            Si jamais j’ai laissé entendre – explicitement ou implicitement – dans un de mes articles ce genre de choses, merci de me dire où, dans quel article, parce que je dois corriger cela rapidement. Ce n’était pas mon intention et je ne vois pas où j’ai pu dire une chose pareille.
            D’ailleurs je serai plus vigilante à l’avenir pour parler de « parent » plutôt que de « mère ».

            Je ne reviendrai pas sur l’affaire de Fiona. Je ne cherche pas à comprendre ce qui a poussé cette mère à faire cela. Je dis juste que si on veut éviter de pareilles choses, il est important que les parents – pères comme mères – sachent qu’il est légitime d’être épuisé, fatigué, dépassé et qu’avoir envie de taper son enfant est le signe qu’on a besoin d’aide et de soutien.

            Quant à la loi sur la fessée, elle a le mérite d’obliger à l’éducation et à l’information : on peut alors informer largement – très largement ! – sur le fait que la violence n’est pas inéluctable, qu’on peut parfaitement éduquer ses enfants sans les taper et sur les moyens de le faire.

            Et pour ce qui est de la différence entre Africains et Suédois, peut-être réside-t-elle dans leur éducation justement …
            Un livre à ce sujet : « C’est pour ton bien » d’Alice Miller.

  • 27 septembre 2013 à 21:52
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    Bravo Sandrine !
    Encore un très bon article
    Marianne

    Répondre
  • 27 septembre 2013 à 22:31
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    En écrivant cela c’est comme si vous aviez tué Fiona une seconde fois. Juste gerbant.

    Répondre
    • 28 septembre 2013 à 07:30
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      J’ai peut-être tué Fiona une 2ème fois.

      Mais j’ai peut-être aussi sauvé un autre enfant – ou plusieurs autres enfants – dont le parent osera parler de ses difficultés après avoir lu cet article.

      Voici un témoignage reçu suite à cet article :
      Sujet très sensible, hautement émotionnel…
      Je suis persuadée que tout le monde, sans exception, peut passer à l’acte. Les accidents sont toujours le résultat d’un faisceaux de circonstances.

      Je me suis promise de ne jamais frapper mes enfants.
      20 mois d’écart entre mes filles. L’aînée en plein terrible two, mode violente. Devinez qui est sa cible préférée ? Et moi qui me retrouve avec ma cadette, encore nourrisson, le visage en sang, l’horreur. J’ai vu le coup venir, mais j’étais trop loin pour stopper le geste. La petite hurle, de douleur, elle monte dans les aigus à percer les tympans. Mon aînée a une voix bien plus grave, rien à voir en terme de stress.
      Un faisceau de circonstances…
      Des nuits (très) courtes, l’une qui tête, l’autre qui fait des cauchemars, sort ses molaires… Je suis fatiguée, les hormones encore en mode yoyo. Et ma grande qui s’accroche à moi, me tape (fort, c’est qu’elle fait mal ! Elle a toujours le jouet en bois ensanglanté dans la main, le lendemain je découvrirai de gros bleus sur mes cuisses). Je hurle « stop ! », recule, mais elle s’accroche à mon pantalon, furibard, écumante de rage. Mon ange est devenue un démon.
      Un faisceau de circonstances…
      Autant mon aînée se pelotonnait contre moi en cas de douleur, autant ma cadette se repousse avec ses deux mains (pour mieux hurler ?), j’ai besoin des deux miennes pour la retenir, une sous les fesses, l’autre derrière le dos. Je suis coincée. Je me baisse pour tenter de nouer un contact visuel avec ma grande, en lui hurlant d’arrêter, de se calmer, ce qui décuple sa colère.
      Un faisceau de circonstances…
      Mon aînée réussi à attraper le petit pied de sa sœur, tous ongles dehors, et tire… La petite hurle de plus belle, moi aussi. Cauchemar.
      Un faisceau de circonstances… Je me suis promise de ne jamais frapper mes filles.
      Et pourtant. Un coup de pied, violent. Le mien dans le ventre de ma fille. Qui valse à plus d’1 mètre, le souffle coupé. Je fuis, à la salle de bain, pour soigner ma cadette, la calmer, me calmer, et pleurer, moi aussi.
      Silence total dans le salon, de longues minutes.
      Et si elle était mal tombée ? Et si elle n’avait pas réussi à reprendre son souffle ? Je serais arrivée trop tard, j’aurais fait la une des journaux, dans la case « mère monstrueuse ».
      Quand je suis retournée la voir, ma grande était toujours allongée, hébétée ; elle a tendu ses petites mains vers moi mais j’étais encore sous le coup de la colère et de la peur (de sa violence, de la mienne, d’avoir cru que ma cadette avait perdu un œil…), j’avais encore les deux mains prises par la petite en pleurs dans mes bras, je ne me suis pas approchée, j’étais même incapable de dire quoi que soit.
      Elle s’est endormie, toute seule, sur le carrelage, roulée en boule, les mains sur le ventre… Bonjour la culpabilité.

      Un faisceau de circonstances, et on peut tous, toutes, franchir la ligne rouge.
      Ce qui n’excuse absolument rien.
      Mais se savoir et savoir les autres (plus ou moins) fragile, ça évite de tomber dans la facilité du lynchage.
      Ça donne envie de se former à la parentalité. Ça permet de se remettre en question, de réussir à appeler à l’aide (ou pas). De faire de l’écoute active quand une mère parle de ses difficultés, au lieu de balancer des phrases-couperet.
      Ça secoue : suis-je un bourreau potentiel ?
      Et ça interroge : s’il y a autant de victimes de maltraitance, j’en croise forcément… des victimes, mais aussi leurs bourreaux : des gens comme moi.
      J’en croise peut-être même tous les jours.
      Et je fais quoi, pour aider ses enfants ? Et donc leurs parents ? Alors que je ne suis même pas capable de retenir mes gestes ?
      J’ai déjà du mal à réagir efficacement quand je suis témoin d’une gifle au supermarché, alors la conduite à tenir face à une mère en détresse ou un enfant traumatisé…

      La critique est facile, agir l’est beaucoup moins.
      Briser le tabou de la difficulté d’être parent au quotidien, c’est déjà un pas.

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  • 28 septembre 2013 à 07:44
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    Je suis complètement d’accord avec toi…
    Comme on en parlait une fois, je suis persuadée qu’on est tous (pas que les parents hein) de potentiels meurtriers 😉
    Je trouve très courageux de la part de Stadire et de la tienne d’oser ce genre d’articles, et bon courage pour les réactions auxquelles il va falloir faire face !

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    • 28 septembre 2013 à 08:07
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      Pour le moment, 99% de positifs, 1% de négatif …
      Plutôt chouette !

      Et beaucoup, beaucoup de témoignages de parents qui parlent de leurs difficultés. Donc pour moi ça va dans le bon sens !

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  • 28 septembre 2013 à 07:59
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    Pour avoir fait une dépression du post-partum suite à la naissance de mon fils, pour avoir ressenti ce que tu décris, pour avoir caché ce que je ressentais, pour tout ça, j’approuve cet article.
    Je me sentais honteuse: il faut que ça cesse!!

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  • 28 septembre 2013 à 15:19
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    Je ne connaissais pas ton blog : BRAVO !!! J’ai envie et j’ose me le permettre de préciser ta pensée en utilisant la grille émotionnelle (J’ai la chance d’accompagner des parents sur ce chemin ayant été formée par Isabelle Filliozat 😉 ) Je lis deux choses : Tout d’abord et cela me semble essentiel, la violence n’est pas un PROBLEME !! Jamais, au contraire, elle est une solution. La voir sous cet angle nous permet de comprendre que le problème est ailleurs et qu’à ce problème il y a plusieurs solutions, violence y compris, nous ne sommes pas en tant qu’être humain contraint de choisir cette dernière. Secondement et il me semble que c’est toute la mesure de ton propos : Juger cette mère d’indigne fait que les parents qui se retrouvent avec des envies de meurtre (ET IL Y EN A !!!) Entendant ces jugements n’osent pas exprimer leurs ressentis et s’enferment dans la honte (EMOTION) et le risque de passage à l’acte est plus grand puisqu’enfermement, tandis que si le tabou se lève, ils oseraient DIRE et TROUVER DE L’AIDE …. Dernièrement, j’ai envie de dire : derrière chaque jugement on trouve un besoin non satisfait OU une émotion, plutôt que de taxer cette mère d’indigne, j’ai moi besoin de dire que je suis en colère contre ce système français qui ne sanctionne toujours pas les coups portés aux enfants MAIS surtout qui n’apporte pas de solutions aux parents dépassés, qui stigmatise ces parents et qui du coup permet à de tels drames d’exister 🙁 …… Puis je suis profondément triste que la planète ai vu périr sous les coups une enfant qui pouvait amener sa pierre à notre civilisation …… Bonne continuation et encore merci de ton article 😉

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    • 30 septembre 2013 à 09:11
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      Merci Nelly !

      Et oui la clé est là : considérer les comportements non comme des problèmes en soi mais comme des solutions que la personne a trouvées pour faire face à ses propres problèmes.
      Fournir d’autres solutions permet de diminuer la violence.

      Sandrine

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  • 28 septembre 2013 à 20:06
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    Ce que je ne supporte pas dans votre article c’est l’amalgame entre l’envie de et le passage a l’acte. Justifier le second sous prétexte du premier c’est…monstrueux. Et le message que vous mettez pour justifier votre propos par rapport au mien n’a rien a voir avec le meurtre d’un enfant qui a été battue, rien a voir avec ceux qui sont violés, battus par des tarés. Oui j’ai bien dit tarés: alors que « l’envie de » c’est être normal. Humain.
    Au nom de tous les enfants qu’on tue froidement, au nom de cet enfant dont la mère tenait les bras pendant que son père le violait, il fallait que je vous le dise.

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    • 30 septembre 2013 à 09:10
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      Je n’excuse aucun acte violent et je n’amalgame rien.
      Comme le dit Nelly dans un autre commentaire, les actes violents sont en général une réponse à un problème pour la personne qui les commet. Ils ne sont pas le fait de personnes « tarées » mais de personnes qui n’ont pas trouvé d’autre moyen de parvenir à leurs fins.

      Considérer les personnes violentes – cela concerne aussi bien le papa qui viole que la mère qui tient les bras – comme des « tarées » ne conduit qu’à les enfermer de plus en plus tôt – le fameux « diagnostic de conduite » posé à 2 ans qui permettrait de prédire si un enfant va devenir un délinquant plus tard – sans résoudre le problème à long terme (puisque justement il ne s’agit pas d’un pb intrinsèque à la personne).
      Je milite pour qu’une approche plus pragmatique de ces problèmatiques soit adoptée pour permettre une vraie résolution dans beaucoup de cas et non juste un emplâtre sur une jambe de bois.
      Ce n’est pas une non-reconnaissance des victimes. Au contraire, c’est une action plus efficace pour éviter que ça se reproduise.

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  • 29 septembre 2013 à 21:42
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    Bonjour, le témoignage sur le babyblog, c’est moi…
    Merci beaucoup pour ce texte, qui ne peut qu’aider à se sentir normale malgré toutes les critiques ou autres textes disant que non…
    Enfin ,je voulais juste te remercier!

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  • 29 avril 2016 à 21:50
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    Je ne dirais pas que la violence est signe d’un problème mental, je dirais que la violence est suscitée par une souffrance qui nous dépasse.
    Beaucoup trop de gens n’ont pas été aimé comme ils l’auraient du et gardent en grandissant beaucoup de colère, de tristesse, de ressentiments, de manques en eux, ils ont enfoui tout ça sous le tapis, et dans certaines situations de stress, tout ressort et explose … et malheureusement le métier de parent nous confronte énormément à nous-même. Tant qu’on a pas réglé les difficultés de notre enfance, lorsque qu’on est sous pression, épuisés, on devient une bombe à retardement.
    Personne ne fait souffrir autrui à moins qu’il souffre d’abord lui-même, quand on est serein et heureux on ne fait souffrir personne. Donc au lieu d’abreuver les jeunes parents de conseils, la société en général devrait travailler à plus d’entraide, plus d’humanité, on devrait apprendre la communication non violente et la méditation de pleine conscience dès l’école primaire, avec rattrapage à l’âge adulte pour ceux qui n’ont pas eu ces chances enfants !
    Et alors seulement, on pourrait éradiquer la violence.
    Parce qu’au final, c’est plus simple d’élever un enfant équilibré que de réparer un adulte brisé !

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