Naouri, nique ta mère … heu non ta femme pardon !

SONY DSCIl y a peu de temps, Aldo Naouri, pédiatre médiatisé, a publié un livre. Il y parle d’une consultation avec un couple où il a recommandé à un homme de violer sa femme. Ses propos ont fait le buzz suite à une interview dans « Elle », interview que vous pouvez lire ici (et notamment la page où il parle du viol)

Beaucoup ont réagi sur le principe, sur les valeurs.

Moi, comme à mon habitude, je voudrais être plus pragmatique.

Cet article s’adresse donc à vous messieurs (et à quelques-unes de ces dames pour qui la situation est inversée, c’est rare mais ça arrive).
Je vous parle donc à vous, messieurs, qui seriez tentés par les propos de Naouri et pensent qu’une femme a besoin d’être un peu forcée.

Bon alors déjà, à mon avis, si tu penses ça, c’est que tu n’as pas bien compris ce que c’est que d’avoir un enfant.

Avant tu as une femme – ou un mari. Tu vis ta vie, c’est la fête, il y a des hauts et des bas.

Et puis l’enfant arrive. Alors déjà pendant la grossesse, il y a des choses qui changent mais le grand chambardement c’est pour quand l’enfant sera là.

Parce que oui, que M. Naouri et ses disciples masculinistes le veuillent ou non, l’arrivée d’un enfant, ça change beaucoup de choses en général. Presque tout à vrai dire.
Avant d’en avoir un, tu crois que, quand le tien va arriver, tu seras pareil(le). Il n’y aura rien de changé. Les autres oui, mais pas moi. Mon oeil oui !

Si t’as pas d’enfants, fais pas ton malin ou ta maline, on en reparle quand tu en auras …

Les changements quand l’enfant arrive …

Donc, si tu es une femme et que tu as accouché, tu as vu ton corps capable de faire des trucs incroyables. Tu l’as vu aussi te trahir, te faire souffrir. Pendant la grossesse, avec des maux et des douleurs diverses. Pendant l’accouchement aussi.

Et puis il est transformé : tu n’as plus le même bassin, les mêmes seins, le même ventre. Rien n’est pareil. Et que dire de ton sexe, de ton intimité elle-même. Même en l’absence d’épisiotomie, tout a changé : ton périné est distendu et donc l’espace intérieur de ton vagin a changé, tes sensations sexuelles sont complètement différentes.
Donc tu as un nouveau corps, presque entièrement nouveau qu’il faut apprivoiser, redécouvrir.

Messieurs, je vous mets au défi de changer de pénis et de vous sentir aussi à l’aise avant qu’après …

Et évidemment, pas un plus gros mais un plus biscornu, un peu étrange quoi. Imaginez juste 3 secondes que ça vous arrive.

Et ça, c’est juste le plan physique.

Et que dire des changements émotionnels vécus lors de la grossesse et de la naissance … Et pas uniquement à la 1e naissance hein, chaque naissance est différente.
Les changements émotionnels touchent aussi les papas hein ! Eux aussi sont chamboulés par ce qui leur arrive. Eux aussi deviennent un autre.

Avant tu avais une vie cool, tu ne te posais pas trop de questions (et encore !). Et là, hop tu as des responsabilités, des contraintes, un truc de dingue !

Donc on est 2 dans la même galère : à devoir SE réapprendre, SE redécouvrir.
Alors dans le rapport à l’autre, c’est pas gagné.

Le ras-le-bol du contact physique

Bon maintenant, imagine que tu passes ta journée avec un bébé dans les bras. Un bébé qui pleure, qui a besoin de contact, un bébé normal quoi. Dans la journée, tu n’as pas eu le temps de prendre une douche, tu portes encore ton pyjama et tu n’es allée qu’une seule fois aux toilettes depuis le départ de ton conjoint ce matin.

Quand ton conjoint arrive, c’est le soulagement, tu vas pouvoir refourguer le bébé et avoir des activités d’adulte égoïste : prendre une douche, aller faire pipi, te coiffer, manger, …

Et une fois le bébé enfin couché, voilà que le/la partenaire de ta vie – enfin celui ou celle que tu croyais être le/la partenaire de ta vie – te réclame un câlin, il veut baiser quoi

Là, normalement, c’est juste le moment où tu as envie de HUUURLER :

Mais lâchez-moi bordel !!!!

Le moment où tu as juste envie de respirer, où tu peux espérer reprendre une apparence normale pour 1 h avant d’aller t’écrouler dans ton lit pour 10 mn avant le prochain réveil du bébé. Alors autant te dire que l’idée du câlin est loin, bien loin de toi.

Des calins, des contacts physiques tu en as eu toute la journée et la seule chose que tu espères, c’est que ton entourage OUBLIE que tu as un corps.
Ton corps, tu voudrais bien être LA SEULE à t’en occuper en fait.

Donc là messieurs, à cet instant précis, si vous essayez de violer votre femme, vous lui donnez probablement juste des envies de meurtre en fait.

Et si tu es celui qui va travailler, tu aimerais bien passer plus de temps avec ton bébé donc tu es un un peu envieux de l’autre qui passe sa journée à la maison. Quand tu rentres stressé du boulot, tu aimerais – comme avant – pouvoir prendre l’apéro et papoter. Mais ta moitié te refourgue le bébé et va se planter devant la télé ou va prendre sa douche. Et toi dans tout ça ???

Avant tu avais un conjoint ou une compagne, maintenant, tu as l’impression d’être tout-e seul-e.

Toi aussi tu as envie de hurler

Mais c’est quand qu’on s’occupe de moi dans cette maison ?

Vous avez changé et l’un et l’autre.

Avant vous aviez une femme ou un homme. Maintenant, vous en avez un enfant ET un autre conjoint.
Une personne différente. C’est un constat.

Les choses ne seront JAMAIS plus comme avant, quoi qu’il arrive.

« Réussir un mariage demande de tomber amoureux de nombreuses fois, toujours de la même personne. » – Mignon McLaughlin

Ce qui peut se passer maintenant, c’est une nouvelle phase de séduction, une nouvelle conquête, réapprendre à se connaitre, à se séduire, à s’aimer.

Et l’envie, le désir, c’est comme la faim, ça ne se décrète pas, ça ne se décide pas, ça ne se force pas.
J’en avais déjà parlé ici avec l’article « Le désir, un oiseau sauvage et délicat ».

Quand on n’a pas faim, on ne peut que mettre en place les conditions nécessaires pour avoir faim. Ce n’est pas se forcer à manger qui va déclencher la faim. Au contraire.

Et si on se force à manger, on va peut-être finir par manger, mais pour de mauvaises raisons : non pas parce qu’on a faim et parce qu’on en a envie, mais pour combler autre chose, par obligation.

Le sexe, c’est pareil : si tu n’as pas envie, c’est qu’il y a de bonnes raisons.

Un petit rappel sur un article à ce sujet : « Un problème ou une solution ? »

Donc les filles, ça marche aussi pour vous : se dire qu’on devrait avoir du désir, qu’on devrait faire l’amour plus souvent, … ça ne marche pas. Ca ne sert qu’à bloquer encore plus les frémissements de désir qui pourraient émerger.

Et évidemment, il n’y a pas de norme, de nombre de fois par semaine/mois/an où un couple « normal » devrait faire l’amour. Et ne vous fiez pas aux idées véhiculées par les magazines, la télé, … La seule norme dans un couple, c’est celle qui vous satisfait le mieux possible : 1 fois par semaine, 1 fois par mois, 1 fois par an, voire pas du tout si les 2 sont OK avec ça.

Si l’un des 2 cherche à forcer l’autre – c’est plus souvent les hommes mais ça arrive parfois dans l’autre sens – gare aux conséquences !

Posez-vous la question : vous voulez que l’autre fasse l’amour avec vous par peur, par soumission, par pitié … ou par envie et désir de vous ?

Nan, parce que dans les premiers cas, alors le viol est effectivement une solution, certes illégale, mais qui correspond bien au but recherché.

Mais si ce que vous voulez, c’est retrouver une relation amoureuse, avec le désir, le plaisir, l’intimité et la confiance, alors va falloir prendre le temps de se redécouvrir et de se re-séduire.

 

Bon après, cher lecteur, si tu n’es pas convaincu par mon article et que l’approche de Naouri te parle, je te recommande un exercice:
Choisis une femme qui te plait, drague-la. Bon au début, sois gentil et compréhensif hein …
Mais au bout de 3 ou 4 rendez-vous, si tes efforts n’ont pas porté leurs fruits, essaie de la violer parce que, bon, ça va bien 5 mn ses simagrées là.
Et viens donc nous raconter comment ça s’est passé.
(ah j’oubliais : si tu es en garde à vue ou en prison, tu n’auras peut-être pas d’accès à Internet. Tu peux toujours demander à ton avocat de venir nous faire un compte-rendu).

A bon entendeur !

Pour aller plus loin au sujet du désir :

Photo Credit: Sylvain_Latouche via Compfight cc

Pour plus de ressources autour du couple – articles d’autres blogs, vidéos, … – retrouvez ma « revue de Web » par ici.

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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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22 pensées sur “Naouri, nique ta mère … heu non ta femme pardon !

  • 6 mai 2013 à 14:43
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    Merci Sandrine, une fois de plus pour ton franc parler…

    Voilà un sujet qui mérite évidemment le détour, mais qui ne va JAMAIS servir à nous réconcilier, « nous les hommes », avec « vous les femmes » !!

    Rien que là, on sent les tranchées qui se creusent, les armes qui s’aiguisent, bref, nos chromosomes X et Y ou seulement Y qui se mettent en ordre de bataille pour lutter pour leur condition d’existence même !

    Autrement dit, ça va saigner, forcément…

    Pourtant, j’aurais beaucoup de choses à raconter sur le sujet sans vouloir déterrer la hache de guerre. Je dirais presque des « deux cotés », car à la fois j’ai vécu 2 fois cette situation que tu décris, et qui ont, directement ou indirectement, menées à 2 séparations avec 2 enfants au milieu chaque fois (donc question enjeu, ça va, y’a le compte!), et en même temps, JE SUIS D’ACCORD avec toi sur le fond…

    Oui. Sur le fond seulement. Car je n’ai jamais, moi, voulu violer quiconque dans cette histoire.

    Et oui aussi, j’ai souffert de cette frustration.

    Et oui encore, j’ai même aussi entendu de la part des mères de mes enfants d’aller me faire plaisir ailleurs, carrément (genre une pancarte « CLOSED » ou « NE PAS DERANGER » à la porte de la chambre, du magasin, de, de, de tout ce qui n’était pas elles ou leur enfant en fait), ou de m’occuper de moi tout seul… Bon, dans le genre, je sais que l’adultère n’est plus considéré comme un délit, ni même comme un élément à charge dans un cas de divorce, mais quand même, mes fameuses VALEURS dont tu parles, n’ont pas pu accepter ça, voire même, je n’avais aucune envie d’aller séduire quiconque d’autre juste pour aller tirer un coup, bien que, en y réfléchissant, j’aurais probablement eu des occasions de le faire. Mais c’est une fierté même pas mal placée je crois : je n’ai jamais pensé à tromper la femme avec qui j’avais fait des enfants. C’est comme ça. Je ne voyais pas le sens que ça avait, ni même le plaisir que j’allais en retirer.

    En revanche, coté féminin donc, pour avoir expérimenté une thérapie de couple pour ce sujet (et pour d’autres), la psy nous a tout de même dit à un moment donné où la mère de mes enfants faisait ce qu’elle appelait « la grève du sexe » (et c’était bien une psy femme, mère aussi qui parlait, donc elle savait certainement ce qu’elle disait !!), que le sexe était une arme comme une autre que les femmes utilisaient comme tout autre moyen pour… pour… pour quoi au fait ?

    Là, je ne peux pas répondre à votre place. Je n’ai qu’un cerveau d’homme, un corps d’homme, un pénis et pas de vagin et encore moins d’utérus, et je m’en tiendrai au billet de Sandrine pour IMAGINER et donc COMPRENDRE le fonctionnement de ces dames, que je comprenais déjà avant d’être père, n’ayant jamais « demandé » de faire l’amour, mais seulement osé aller tenté de réveiller ce désir, même enfoui, ou essayé d’oser aller tenter de le réveiller (wouf…… rien qu’à lire ou écrire, c’est épuisant cet enchainement de verbes demandant tellement d’énergie, alors le faire et le vivre, à répétition, avec 0,01% de taux de réussite, je ne vous dis pas…)

    Bref, apparemment j’ai échoué, vue ma situation.

    Mais alors que faire ?

    Et bien pour faire avancer le débat, mesdames, vaut-il mieux « se forcer un peu », sans aller jusqu’au viol bien sûr, ou risquer des divorces à la pelle avec toutes les conséquences que vous savez pour tout le monde, enfants, parents, société, valeurs de la famille, etc ??

    Surtout que dans les 0,01% des cas où le miracle s’est accompli, j’ai tout de même eu la satisfaction d’entendre de la part de ces mères-effondrées-épuisées-déboussolées-etc…. que quand même, qu’est-ce que ça fait du bien ! Et quelle énergie ça donne en fait…. On devrait recommencer plus souvent….. Mais oui chérie, bien sûr ! Je peux t’enregistrer là et te faire signer un document officiel devant notaire ??!

    Ou faut-il dans ces cas-là autoriser l’adultère « médical » ? Les sites de rencontres, voire un nouveau business légal, ont donc de beaux jours devant eux. Et que dire de la prostitution, plus vieux métier du monde, qui serait donc la réponse « systémique » à nos différences physiologiques ??

    Ou demander au mari-papa-homme de se plier à la toute puissance du ventre maternel et prendre patience, racine ou le voile, pour attendre, attendre, attendre, que quelques décénies après, et encore, les enfants grandissant, le temps faisant son oeuvre, il y a TOUJOURS une bonne raison de ne PAS faire l’amour, et les légendes sur les migraines et autres ne manquent pas, qu’un déclic se produise……. Mon oeil aussi, ça ne marche pas non plus.

    Ou donc, réinventer le couple ? Ah oui, évidemment !

    Mais bien sûr, moi je suis d’accord Sandrine !! Enfin, j’étais d’accord…

    Mais quand la mère NE VEUT PAS non plus, réinventer le couple d’amants, comme elle ne veut pas faire l’amour, ou ne peut pas faire l’amour, on fait quoi ? On la viole pour le réinventer quand même ?… donc on le réinvente tout seul en somme?

    Bien sûr que ça ne marche pas…

    Mon expérience est que cette question est d’abord une prise de conscience coté masculin ET féminin. Que les hommes doivent comprendre que les choses ont changé, c’est une évidence! Mais on n’est pas que des « bêtes » non plus, et on ne se jette pas sur sa proie comme un prédateur sexuel. On a une âme aussi, parait-il, et même un coeur, voui voui… Et même, allez, j’ose le dire, on aime nos enfants AUTANT que les mères ! Et oui… Et dans de plus en plus de cas, on s’en occupe après la naissance au moins autant que les mères, avec un rapport possiblement aussi fusionnel et pas moins épuisant. Seulement, on n’a pas l’angoisse liée à la chair de perdre son enfant qui, à mon avis, fait toute la différence.

    Et pourtant, il y a une chose que je n’ai jamais compris : à quoi bon faire des enfants avec cette femme-là qu’on a choisie, et pas une autre, donc FAIRE UN ENFANT en FAISANT L’AMOUR (vous remarquerez que c’est le même mot un peu fourre-tout de « faire », mais qui veut bien dire ce que ça veut dire : on ne conçoit des enfants que dans un acte sexuel censé être amoureux… Et je ne parle même pas de la spiritualité liée à cet acte tellement fondateur lié à la préservation de l’espèce, donc enracinée dans nos tripes depuis que l’homme et la femme existe, ça va loin ! Bref, je referme la parenthèse) si ce n’est pour ne plus faire l’amour une fois que le « produit » de cet amour est né? C’est un peu la négation de la cause, à cause de la conséquence de cette cause non? En somme, une jolie équation systémique à priori isostatique… 🙂

    Alors comment faire donc ?

    Sandrine, toi qui te dit pragmatique, tu préconises quoi quand la femme ne veut pas, rien, nada, que dalle, niente et tutti quanti ? Hein ?

    Pire même, quand dans la même situation de femmes étant devenue mères, et dans des circonstances « autres », ces mêmes femmes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas faire l’amour avec leur mari ou compagnon, bref, le père de leurs enfants qui se sont déjà coltinés les envies et problèmes de grossesse de mesdames, les douleurs de l’accouchement de mesdames, les difficultés post-natales de mesdames, les questions et angoisses néo-maternelles de mesdames, les conséquences temporelles et matérielles de mesdames, etc, etc, ces même femmes donc, se laissent finalement séduire par le 1er connard venu (pardon messsieurs, mesdames), marié ou pas, père ou pas, et s’envoient en l’air à qui mieux mieux, sans que leurs problèmes de vagins, d’hormones, de libido, de fatigue et autres questions existentielles ne viennent les effleurer un moment l’esprit (mais bon, l’esprit est en général assez loin de leurs préoccupations à ce moment là….), on fait quoi dans ces cas là, hein? On réinvente le couple à trois ?

    …. Bof !

    Bref, pour s’élever un peu du débat, je peux aussi me recentrer sur les autres outils que le coaching nous propose, pour sortir de nos hormones et autres pulsions, émotions, sentiments, même les valeurs, qui sont toujours des sources de conflit car liées à des différences irréductibles entre les hommes et les femmes, voire entre les êtres humains.

    Les niveaux logiques de Robert Dills placent au plus haut le but, la mission de tout un chacun. En gros, quel est le sens de mon passage sur Terre! Difficile de faire plus « haut » comme question…

    Et là, pour certains d’entre nous, hommes comme femmes, il me semble que d’être parent est une réponse suffisamment forte et belle pour être défendue et donner un sens à sa vie. Certains y trouvent suffisamment de sens en tous cas pour s’embarquer dans cette aventure unique, irremplaçable, incomparable. Ca a été mon cas. Avec donc, 4 enfants à mon actif…

    Mais alors, quel est le sens de ce sens, si une fois « atteint », donc une fois que l’enfant est là, le couple l’ayant généré est remisé aux oubliettes, parcequ’autre chose est devenu plus important… et pourtant, cet autre chose n’aurait pas existé si le sens premier d’avoir un enfant, n’avait pas justifié l’existence même de ce couple d’amants, futurs parents ?

    Je pose la question.

    Vous aurez certainement, mesdames et messieurs de ce blog, chère Sandrine, une réponse éclairante, je l’espère…

    Merci.

    Renaud

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    • 6 mai 2013 à 21:58
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      Rien que là, on sent les tranchées qui se creusent, les armes qui s’aiguisent, bref, nos chromosomes X et Y ou seulement Y qui se mettent en ordre de bataille pour lutter pour leur condition d’existence même !

      ??? la conclusion de mon article dit qu’il s’agit d’apprendre à se redécouvrir, à se re-séduire. Où est la guerre ?

      mais quand même, mes fameuses VALEURS dont tu parles, n’ont pas pu accepter ça, voire même, je n’avais aucune envie d’aller séduire quiconque d’autre juste pour aller tirer un coup

      Donc tu as choisi de privilégier tes valeurs sur tes besoins physiques ?
      Ce n’est pas ta femme qui te l’a imposé puisqu’elle t’a proposé d’aller voir ailleurs. C’est toi qui a pris cette décision pour préserver tes valeurs, pas elle.

      bien pour faire avancer le débat, mesdames, vaut-il mieux « se forcer un peu », sans aller jusqu’au viol bien sûr, ou risquer des divorces à la pelle avec toutes les conséquences que vous savez pour tout le monde, enfants, parents, société, valeurs de la famille, etc ??

      Donc au nom du bien de la société, la femme doit accepter de se forcer à faire l’amour alors qu’elle n’en a pas envie ?
      Et pourquoi ne serait-ce pas les hommes qui se forcent à ne pas faire l’amour pour le même bien de la société et pour préserver leurs couples ?

      Question subsidiaire : depuis des siècles, le « bien commun » passe par le fait que les individus doivent obéir à des règles édictées par d’autres. Ce fonctionnement conduit à la négation de l’individu (homme ou femme) avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur chacun. Est-ce cela la société que tu souhaites pour l’avenir ? Moi pas.
      Et je ne suis pas sure pour les enfants qu’il vaille mieux un parent – homme ou femme – qui à rester en couple alors qu’il ou elle n’en a pas envie. J’ai de nombreux témoignages d’adultes qui ont beaucoup souffert du fait que leurs parents sont restés ensemble « pour sauver les apparences ».

      « à quoi bon faire des enfants avec cette femme-là qu’on a choisie, et pas une autre, donc FAIRE UN ENFANT en FAISANT L’AMOUR si ce n’est pour ne plus faire l’amour une fois que le « produit » de cet amour est né

      Heu … faire des enfants, ce n’est pas une garantie de voir son couple durer toujours. D’où l’idée de le réinventer, de se re-séduire, de se reconquérir.

      Mais alors, quel est le sens de ce sens, si une fois « atteint », donc une fois que l’enfant est là, le couple l’ayant généré est remisé aux oubliettes, parcequ’autre chose est devenu plus important

      Comment t’y es-tu pris pour redonner envie aux mères de tes enfants ?
      N’y a-t-il donc que le sexe dans les relations ?

      Il y a une belle citation d’Isabelle Brabant qui résume ce que vivent beaucoup de femmes :
      « Chaque fois qu’un homme reste couché en prétendant ne pas entendre le bébé qui pleure, une petite fée de la libido féminine meurt. »
      Et j’oserai ajouter : chaque fois qu’un homme reste couché EN N’ENTENDANT PAS le bébé qui pleure, et pleins d’autres occasions, …

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    • 28 mai 2013 à 14:47
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      Compliqué tout ça. Mais je crois qu^’il est dans l’intérêt du couple (et donc de la famille) de trouver ENSEMBLE des solutions pour effectivement ré-inventer le couple. Après mon accouchement il y a trois mois, rien que d’imaginer que mon mari puisse âvoir envie de faire l’amour me donnait des nausées. Mais je me devais de réfléchir sérieusement à la question. Alors non, je ne me suis pas forcée parce que faire l’amour sans le vouloir ce n’est pas faire l’amour, ce n’est même pas se sacrifiermais certainement se bousiller. Il a fallu en parler, se parler, se redécouvrir, se « redraguer » comme il dit. Mais je crois qu’il est dangereux en tant que femme de rester simplement sur ce que l’on ressent parce qu’en face on a quelqu’un que l’on a aimé assez pour en faire notre conjoint et le père de ce petit être que l’on chérit tant et qui n’est pas simplement en quête de satisfaction sexuelle quand il se tourne vers nous; non il est en quête d’amour, de fusion… et, oui! quand cela est vécu ainsi des deux côtés, qu’est-ce que cela fait du bien! Parce qu’il ne s’agit pas vraiment de sexe, mais de partager une sexualité épanouie afin mieux gérer le quotidien ensemble et de se faire du bien émotionnellement et physiquement… C’est ce que je retiens de ce que je vis (6 ans mariage, jumeaux de 5 ans et ptit dernier de 3 mois 1/2).

      Répondre
      • 28 mai 2013 à 15:55
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        oui c’est bien l’idée de mon article : il s’agit bien de se re-séduire ou de se re-draguer. Mais comme je le dis dans l’article, il ne viendrait à l’idée d’aucun homme de se montrer très insistant sexuellement avec une femme qu’il essayerait de séduire, au risque de se faire rapidement jeter.
        Dans un couple après la naissance d’un enfant, c’est la même chose : insister lourdement sur le sexe, c’est prendre le risque de bloquer le processus.
        Mais il est évident que la femme va devoir aussi réapprivoiser son corps et retrouver du désir, ce qui ne passe pas – à mon avis – par se forcer quand on n’a pas envie ;-).

        Répondre
        • 29 mai 2013 à 03:42
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          Effectivement, se forcer quand on n’a pas envie fait … qu’on en a encore moins envie!!

          Répondre
          • 29 mai 2013 à 09:17
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            voilà c’est ça !
            Et ne pas se forcer à faire l’amour ne veut pas dire qu’on ne fait rien pour reconstruire son couple, au contraire !

  • 7 mai 2013 à 07:17
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    Haha, je rentre dans le débat!!!!
    Je suis d’ac avec Sandrine, et sur certaiin point je suis d’ac avec Renaud aussi. Perso, j’ai pas eu de gros problemes d’envie, mais c’est vrai que suite a l’accouchement, l’épisio toussa toussa, la peur de faire pipi, la peur de faire caca, une superbe « zonne béante » comme souvenir de l’épisio, tu te pisse dessus quand tu attends trop, quand tu ris, quand tu éternues, quand tu tousses, donc tu change la couche du bébé, et puis aussi parfois, il faut changer ta culotte, (pour moi ca a durée pendant + de 2 ans apres l’accouchement). En plus la cicatrice est hyper sensible, et ca fait mal a chaque fois que tu fais l’amour (pendant 2 ans)…
    Bon, dans mon cas ca a jamais été un manque d’envie… mais bon…ta libido n’est pas dans ca meilleure forme!!!
    Ah, j’ouliais les hemoroides… j’ai eu de la chance la dessus…
    et puis les émotions, et puis, pour beaucoup de nouvelles maman, apres les 3 ou 4 premiers jours d’invasion ou tout le monde touche ton bébé, le tripote et tout ca, en général, dans notre société, c’est la solitude, la solitude avec un petit etre qui demande beaucoup, un corps qui va pas toujours bien, un mari, copain, amoureux qui reprends le boulot, et puis toi t’es la, a la maison, toute la journée, et souvent trop seule… la dépression post partum, on en parle pas trop, pas plus que de tous les trucs sexis dont je parle plus haut. et puis on est la avec tout ca, avec notre nouvelle vie, et on a besoin de temps, de douceur et de temps, et de confiance, en nous comme maman, comme femme avec notre cul qui ressemble plus a rien, de confiance en notre conjoint, et de confiance en la vie. Suis-je la seule a avoir découvert l’angoisse de la mort le jour de la naissance de mon 1er enfant?
    Et souvent le conjoint, y comprend rien, rien de ce qui se passe en nous, chez nous, chez lui, pendant ces longues journées, et puis apres les 40 jours de « repos », ben, parfois l’envie, elle est encor tres loin. Et la le mec, il comprends plus rien, il comprend pas pourquoi. Outre la fusion avec le bébé, la fatigue… il y a aussi qu’on a besoin de parler…avant de recommencer a faire l’amour, on a besoin de se sentir tranquile apres toutes ces péripéties physiques et émotionelle. Et quand on essaie de nous carresser, de réveiller notre envie, moi ce que je sentais, c’est « tu comprends rien, si tu veux qu’on fasse l’amour, laisse moi d’abord déverser sur toi le flot de mes émotions, de mes peur et de mes doutes, et promet moi que tu suivra MON rythme » et ce flot, ca peut prendre un certain temps, et de partager tout ca, c’est pour moi, ce qui permet de rétablir la confiance et l’intimité.
    Est-ce que je suis seule a avoir sentie ca?
    Et souvent dans les carresses de mon homme, pleine de douceur et d’amour, je sentais l’urgence, l’urgence de faire l’amour, et ca ca bloque tout!!! J’ai plutot tendance a dire oui, puisque c’est pas l’envie qui me manque, mais apres l’amour c’est la déception, j’étais tendue, j’ai eu mal, j’ai pas vraiment pris de plaisir. Et je comprends toutes les femmes qui trouvent milles excuses pour dire non, et l’épisio est suffisante pour dire non pendant 2 ans. Je pense que le probleme parfois est ailleur, c’est pas le corps qu’il faut forcer mais peut etre la barriere de pudeur des émotions et sentiments contrastés qu’on se sent si coupable d’avoir apres « l’heureux événement »!!!
    Donc oui, quand on dit oui, parfois on est satisfaite, parcequ’il y a une envie, mais le reste est mis au second plan et tant qu’on est pas détendue et entendue, je crois que c’est difficile pour l’intimité de renaître.

    Répondre
    • 7 mai 2013 à 07:38
      Permalink

      merci Chris de parler de ce besoin de se sentir en confiance avec quelqu’un qui nous respecte profondément.

      Et oui aussi pour l’urgence de faire l’amour : quand on a l’impression que l’homme veut faire l’amour pour satisfaire son besoin physiologique ou pour soulager son propre stress ou même pour apaiser une tension, ça coupe tout.

      Personne n’a envie de se sentir considéré comme un objet mais comme une personne désirée pour ce qu’elle est.

      Répondre
      • 7 mai 2013 à 20:47
        Permalink

        Merci Chris pour ton commentaire si personnel et plein de sensibilité, de mesure, de nuances. J’aime en particulier qu’une femme reconnaisse et fasse la différence entre l’envie de faire l’amour (qui n’était pas un problème pour toi) et le plaisir ou la difficulté ensuite à le faire, ce qui est évidemment une autre phase du problème, je dirais. Je peux parfaitement comprendre ça et saisir la nuance, même en étant un homme !

        Pour un homme, ne pas pouvoir aussi satisfaire sa femme (et oui, mesdames, on n’est pas que des égoïstes!) est une autre source de frustration. Que d’aller voir ailleurs ne règle évidemment pas…

        Je pensais Sandrine que ce billet s’adressait aux hommes et qu’en lançant le débat, tu allais aussi prendre en compte le vécu d’un homme… Apparemment, rien de ce que j’apporte comme témoignage ne semble devoir être acceptable ou faire avancer le schmilblik ! Tant pis…

        Je trouve que tu as interprété mon commentaire uniquement « à charge » et en l’occurrence, répéter à l’envi que les femmes ne sont pas comprises par les hommes, ne fera à mon avis pas progresser les incompréhensions mutuelles tant que nous sommes accusés d’être des « bites sur pattes » obsédés par le sexe…

        Ce n’était pas mon cas, loin de là, et oser dire que ma femme m’a proposé une solution en m’autorisant à aller tirer un coup ailleurs et donc que c’était mon choix de ne pas le faire pour respecter mes valeurs, est hallucinant de mauvaise foi, je trouve… Le fond du problème étant d’intégrer les besoins de chacun ET de conserver une certaine harmonie de couple, et non de proposer à l’autre SA solution, quitte à le laisser libre de la refuser. C’est une forme de manipulation je trouve que de dire des choses pareilles. Qu’aurais-tu fait, toi, si ton mari avait effectivement franchi le pas ? L’aurais-tu pris comme un sous-évènement, voir te serais-tu réjouie qu’il puisse aller mieux, lui, en te laissant toi, pareil, ou pire ? Cela t’aurait-il aidé à traverser cette période difficile, et cela aurait-il aidé votre couple?

        Sois honnête, et réponds vraiment.

        Pour moi, la fidélité est une des formes, voire la 1ère étape de construction de la solidarité dans un couple. Je dois être un peu « vieux jeu » probablement…

        J’ai aussi parlé de spiritualité, de sens de l’existence, et là dessus, tu ne dis rien… C’est ton pragmatisme sûrement. Mais il y a aussi des femmes pour lesquelles l’acte d’enfanter est un passage quasiment mystique. Je suis proche de cette interprétation, en préférant lui donner un caractère sacré, plutot que mystique. Mais évidemment, je n’enfante pas…

        Je préfère donc dans l’esprit, et de loin, le témoignage si sensible de Chris qui, loin de juger et de catégoriser, donc de cliver, donne un aperçu de ce que c’est difficile pour LES DEUX de se comprendre. Stigmatiser toujours les hommes, ou accuser toujours les femmes, ne mène nulle part.

        Quant à ton commentaire sur la négation de l’individu qui mène à une société d’apparence alors qu’il s’agit d’INTEGRER les besoins des 2 et de chercher à 2 les solutions qui respectent les besoins et envies de chacun, je te trouve carrément donneuse de leçon. Moi aussi mes parents sont restés ensemble alors que j’aurais désiré 1000 fois qu’ils se séparent. Leur exemple m’a marqué dans mes choix de parents ensuite, certainement. Seulement aujourd’hui, avec le recul, pour eux se séparer n’aurait probablement rien changé dans leurs problématiques personnelles, voir pire, aurait rajouté une couche de difficultés. Et pourtant, ma mère a eu ses 2 enfants à 1 an d’intervalle, donc j’imagine qu’ils ont dû aussi être confrontés au sujet du jour… Je ne m’étendrai pas sur les solutions qu’ils ont trouvé. Aujourd’hui ils sont encore ensemble, et la vieillesse aidant, peut-être peuvent-ils y trouver une sorte de « mal pour un bien »…?

        Pour ce qui est de faire ce raccourci entre la relation et le sexe qui n’en serait que la seule et unique expression, c’est carrément caricatural. Ton billet portait sur le sujet du sexe post-partum, non? Un peu facile ensuite de dire qu’il n’y a pas que le sexe dans la relation…

        Et pour conclure, je me suis levé toutes les nuits pour m’occuper non seulement de mes enfants nouveaux nés mais aussi de ma 1ère fille qui n’avait que 16 mois lorsque la 2ème est née. Leur mère était épuisée, et je l’ai soutenue pendant des mois, en organisant mon activité professionnelle en conséquence, et en acceptant, à reculons, d’être chassé du lit pour que notre fille puisse être collée à sa mère, qui en avait probablement plus besoin elle pour se rassurer, elle, que notre fille. Ca a été le début de la fin, puisque le lit conjugal n’est jamais redevenu un lieu de partage conjugal. La mère de mes filles a ensuite thésaurisé sur cette « victoire » (j’y étais fermement opposé sur le principe, mais ai dû lâcher pour ne pas générer un conflit supplémentaire dans la tension déjà grande dues aux circonstance) pour imposer comme seules rêgles, celles qu’elle édictait, elle. Au nom d’un « moi je sais mieux que toi parceque je suis la mère » (alors que j’avais déjà 2 enfants de 15 et 12 ans, certes en tant que père!) ou d’un « moi je souffre dans ma chair, alors ça me donne une priorité de décision sur les choses qui engagent la survie de notre couple ». J’ai vu le résultat.

        Alors Chris, je préfère me dire que des femmes sensibles, éprouvées, même désemparées dans leur chair, leur coeur et leur tête, gardent une petite place pour le conjoint en essayant d’y trouver des points d’alliance partagée, sans reproches, et dans une sorte de « soutien inconditionnel », beaucoup plus proche de l’amour parental et, parfois, conjugal, qui me semble tellement plus en phase avec le vécu de l’accueil d’un enfant, plutot que de sans cesse ramener le débat « différences hommes-femmes, surtout autour du sexe ! » dans une vision accusatrice légèrement féministe que je trouve totalement dépassée.

        Alors voilà. Ce n’est pas la guerre, Dieu merci, mais la preuve que de vouloir trouver un coupable au lieu de reconnaitre chacun ses responsabilités et l’inter-influence de chaque personne, dans son rôle mais aussi dans sa personne en tant que « non-neutre » dans ce que l’on reproche à l’autre, me semble être une approche beaucoup plus constructive.

        Mais je n’aurais plus à affronter ça directement, puisque je suis en quelque sorte « débarrassé » du problème malgré moi. Je pense juste que ce blog pourrait être le lieu d’un réel débat, et non, d’un tribunal.

        Bonne soirée à tous avec vos enfants… et vos maris !! 🙂

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        • 7 mai 2013 à 23:16
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          Au travers de tes messages, j’ai l’impression que tu es apparemment victime des femmes, Renaud, moi y compris visiblement ;-).
          Juste pour préciser ma pensée : contradiction n’est pas persécution :-D.

          Après, tu me demandes une réponse précise et honnête, je vais te la donner même si tu ne vas surement pas me croire : il y a des choses non négociables dans ma vie, mon intégrité physique en fait partie. Je ne donne mon corps que quand MOI je le désire, pas par devoir ni pour satisfaire le besoin de l’autre. Si on essaie de me mettre sous pression dans ce domaine, de me « forcer » à avoir envie en me laissant entendre que ça peut mener à la rupture du couple si je ne couche pas, c’est non d’office. Je préfère la rupture de mon couple à me forcer à faire l’amour alors que je n’en ai pas envie.

          Mais je comprends tout à fait que mon mari aie d’autres besoins que les miens et qu’il aie besoin de les satisfaire, je le respecte absolument et j’assume pleinement les conséquences de ce choix.
          Et donc oui j’accepte que mon mari puisse aller coucher ailleurs à partir du moment où cela préserve notre couple sur tous les autres plans. Il le sait d’ailleurs.
          Et si j’apprenais que cela est arrivé (et peut-être est-ce arrivé mais mon mari ne l’a pas dit), j’assumerais pleinement ce choix : c’est moi qui lui ai proposé cette option, en pleine conscience des conséquences possibles.
          En choisissant cette option, je prends aussi le risque que mon mari ne soit pas satisfait de cette solution et décide de rompre. Je prends aussi le risque qu’il rencontre qq d’autre qui lui plaise plus que moi.

          Si cela arrive, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi puisque c’est moi qui aie fait ce choix. Et j’assume totalement.

          Pour répondre précisément à tes questions :
          * Qu’aurais-tu fait, toi, si ton mari avait effectivement franchi le pas ?
          J’ai répondu plus haut : je l’accepte totalement. Je n’aurais rien fait puisque c’est moi qui lui ai proposé cette option.

          * L’aurais-tu pris comme un sous-évènement, voir te serais-tu réjouie qu’il puisse aller mieux, lui, en te laissant toi, pareil, ou pire ?
          Un sous-évènement non. Un évènement tout court. Si je propose cela à mon mari, c’est parce que cela me permet à moi d’aller mieux. De ne plus me sentir sous pression, ce qui est absolument insupportable pour moi.
          Et à lui aussi puisque notre couple est préservé et que nos relations sont par ailleurs bien meilleures, qu’il y a moins de conflits, etc.
          Donc aussi bizarre que cela puisse te paraitre, oui je me serais réjouie de le voir passer à l’acte. Et je pense que bien d’autres femmes réagiraient comme moi.

          * Cela t’aurait-il aidé à traverser cette période difficile, et cela aurait-il aidé votre couple?
          Oui, mille fois oui, cela m’a déjà aidée et cela m’aidera à n’importe quel moment où cela sera nécessaire. Et oui, proposer cette solution a aidé mon couple et cela l’aidera probablement encore. Nous sommes ensemble depuis 20 ans, j’aime croire que ce n’est pas qu’un hasard.

          Il n’y a pas pour moi de notion d’affrontemement entre hommes et femmes. Il y a à constater la réalité des faits : qui a besoin de quoi et comment peut-on satisfaire le mieux possible les 2.

          La seule chose sur laquelle j’insiste, c’est que – POUR LES HOMMES COMME POUR LES FEMMES – se forcer à faire quelque chose qu’on n’a pas envie de faire est généralement un très mauvais calcul sur le long terme. Y compris – et surtout ? – dans le couple.

          Cela crée des tensions intérieures immenses, des conflits et des rancunes très tenaces qui deviennent quasiment impossibles à dépasser. Au bout de quelques années, la situation devient très souvent intenable et cela rend une réconciliation – ou même simplement le dialogue – à peu près impossible.

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          • 8 mai 2013 à 12:58
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            Et je me permets d’ajouter, après réflexion et relecture, que contrairement à l’idée répandue par CERTAINS psys (de formation psychanalytique pour la plupart, et qui sont justement dans le sillage de ce cher Naouri), l’immense majorité des femmes n’utilisent pas la grève du sexe intentionnellement pour abuser de leur pouvoir.

            L’immense majorité des femmes aimerait avoir du désir et des envies sexuelles. Et se désole de n’être pas au niveau des attentes de leur conjoint. Et s’en culpabilise terriblement. C’est ça la réalité des femmes, pas un abus de pouvoir sur les hommes.

            Dans un couple on est 2. Généralement l’homme a besoin de sexe pour se sentir valorisé et désiré. Mais la femme a besoin d’être valorisée et désirée pour avoir envie de sexe.

            Forcer un homme ou une femme à faire l’amour quand il ou elle n’en a pas envie est un viol. Demander sans arrêt des faveurs sexuelles est du harcèlement qui conduit aux conflits, à la rancune, …
            Le seul moyen d’obtenir plus de sexe est de faire en sorte que le partenaire (homme ou femme) se sente bien dans le couple, il s’agit alors de faire renaitre le désir comme je l’ai expliqué dans mon article.
            L’inverse – le sexe d’abord pour améliorer les relations – n’est pas possible légalement si le partenaire ne le désire pas.

          • 8 mai 2013 à 14:45
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            Je suis d’accord avec toi sur ton dernier commentaire que je trouve plus mesuré, recentrant le débat sans trop cliver. On se rapproche d’une égalité hommes-femmes sur la question de fond : la fréquence des rapports sexuels, et les conditions de désir et de « disponibilité » le permettant.

            De mon point de vue, le sexe est un des ciments du couple, si ce n’est, la clé de voute. Bien des exemples existent pour prouver le contraire, mais à contrario, un couple qui a des difficultés dans cette sphère là, aura probablement des difficultés pour communiquer ensuite, d’où l’enchainement d’un cercle vicieux qu’il me parait difficile de briser.

            Ca me rappelle cette petite phrase que j’ai lue je ne sais plus où : « Un homme accepte de parler pour pouvoir faire l’amour, une femme accepte de faire l’amour pour pouvoir parler » !!!

            C’est évidemment une galéjade comme on dirait dans le sud, mais au delà du cliché (qui va faire bondir certaines je sens… ;-)) je trouve que cette caricature a le mérite d’illustrer à merveille le fait inhérent d’être DEUX avec tout son lot de différences potentielles, presques infinies s’agissant d’humeurs émotionnelles, de vécu, de croyances, de valeurs, de genre sexuel, et donc, de comportements.

            Un des ouvrages que j’avais lu sur le sujet m’avait interpelé, déjà dans son titre : « la Sainte folie du couple » de Paule Salomon. J’aime l’association de ces deux mots : sainteté et folie. Il y a du miracle dans ce paradoxe absolu qui consiste à faire cohabiter deux individus dans un seul et même environnement. La question du sens me parait d’autant plus fondamentale, et le sexe, lorsqu’il est l’expression d’un amour sincère et engagé, de projets communs, d’attentions mutelles, de respect bienveillant et donc, fait suite OU permet un dialogue plus apaisé, en est un des ciments du couple, quelles que soient les conditions « autres », telles que l’arrivée d’un enfant, qui n’est qu’une des péripéties parmi d’autres, des facteurs de déstabilisation potentielle (mais donc aussi d’enrichissement potentiel de par le dépassement de ce stade de déstabilisation) de l’histoire de ce couple.

            Je ne reviendrai pas sur le récit de ton expérience Sandrine avec ton mari qui t’appartient. Je respecte totalement ton point de vue et me réjouis juste que votre vécu aient prouvé que les solutions que vous avez trouvées tous les 2 vous aient permis de construire 20 ans de bonheur. Tant mieux. Pourvu que ça dure encore longtemps…

            Quant à l’aspect « légal » que tu évoques, je sais que le viol conjugal est un sujet réel qui, à mon avis, est tout autre que les difficultés de couple rencontrées par ces 2 personnes à qui Aldo Naouri avait conseillé, par provocation, le viol comme solution. Un couple dans lequel un des conjoint viole l’autre, ne vient pas en consultation pour une thérapie de couple, à mon avis. Le violeur potentiel (ou la violeuse potentielle…) courant alors le risque de se faire démasquer, sauf s’il n’a pas conscience de son acte, alors oui, c’est moi qui suis à coté de la plaque. Et le viol, conjugal ou non, est effectivement punissable au pénal. A condition de porter plainte… et donc de dépendre et de prouver à la justice que c’était effectivement bien un viol… Délicat sujet.

            Mais pour finir sur cette note « juridique » et revenir sur le fond de la fréquence des rapports sexuels et la disponibilité des partenaires, il me semble qu’un homme avait obtenu dans un jugement de divorce, des réparations en dommages et intérêts, de la part de sa femme, pour abstinence forcée ayant entrainé la rupture du couple. Après vérification, et recherche sur internet, j’ai retrouvé l’article là http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/11/30/01016-20111130ARTFIG00475-condamne-pour-avoir-delaisse-sexuellement-son-epouse.php

            La conclusion ? C’est qu’il s’agissait en fait…. d’une femme ayant obtenu la condamnation de son ex-mari pour non respect du « devoir conjugual » stipulé par le code civil qu’on nous lit devant Mr le maire…!!
            Comme quoi, tous les clichés ont la vie dure (!!!), y compris celui de récupérer de l’argent sur le dos d’un conflit de séparation, qui est bien le fait… d’une femme !

            Du sexe à l’argent, je sens que je vais encore me faire des copines et qu’il est temps que j’arrête d’alimenter ce blog de mes commentaires !! Désolé Sandrine de cette joute épistolaire que je finis par trouver un peu stérile…

          • 9 mai 2013 à 08:32
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            Je suis totalement d’accord avec toi sur la fin de ton message. Quand cette décision de justice a été rendue, je l’ai trouvée absurde car si les rôles avaient été inversées, l’homme n’aurait jamais été condamné et cela aurait choqué tout le monde.
            Maintenant je suis prudente car la presse ne nous a pas donné le contexte exact qui a mené à cette condamnation.
            Mais prendre un décision de justice dans ce domaine me parait totalement absurde.

            Quant à Naouri et son intention, il est le chef de file d’un mouvement qui ne laisse présager rien de bon sur ses intentions quand il parle de « viol » et cela fait aussi partie des raisons qui m’ont poussée à réagir sur son interview.
            J’ai assisté à une conférence d’un de ses « disciples » et c’était absolument effarant de manque de respect non seulement pour la femme mais pour l’enfant (puisque c’était le sujet de sa conférence).

            De mon point de vue, le sexe n’est qu’une partie du couple. Le couple peut parfaitement exister – avec beaucoup de respect et d’amour mutuel, et beaucoup de bonheur – sans sexe entre les partenaires. L’inverse n’est à mon avis pas vrai.
            Quant au fait que « un couple qui a des difficultés dans cette sphère là, aura probablement des difficultés pour communiquer ensuite, d’où l’enchainement d’un cercle vicieux qu’il me parait difficile de briser. », oui il y enchainement de cercle vicieux.
            Mais forcer l’autre et SE FORCER soi-même à avoir des relations sexuelles n’est pas une bonne façon d’en sortir car, comme je l’ai déjà dit, le désir n’est pas présent quand on se force. Le sexe devient une obligation et non une manifestation du désir et de l’amour qu’on a pour l’autre.
            Comme je le dis dans mon article : si tu veux que ta compagne fasse l’amour avec toi par « devoir » ou pour satisfaire tes besoins, alors la forcer ou lui demander de se forcer est une bonne solution.
            Si tu veux que ta compagne fasse l’amour avec toi par désir de toi, alors l’idée est de susciter son désir. Et le désir vient quand l’autre est désirable : qu’il se montre respectueux, aimant, aidant, soutenant, … et séduisant dans tous les domaines.
            Cela équivaut aux 1ers moments d’une nouvelle rencontre où on se montre sous son meilleur jour, cherchant à séduire et non à forcer.

    • 20 septembre 2017 à 11:42
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      Bonjour,

      L’épisiotomie je m’en souviens encore (ça fait 4 ans). Je n’arrivais plus à avoir des relations sexuelles, c’étais tellement douloureux.
      Monsieur me menaçait de me tromper, je lui ai dit que j’étais d’accord pour qu’il aie voir ailleur, car pour moi c’étais la bonne solution, j’aurais pu me remettre sur pied et lui assouvir ses besoins, mais ça l’a mis dans une rage folle que j’accepte qu’il aie d’autres relations.
      Mon gynécologue m’a alors prescript un tranquilisant et une pommade anti-douleurs à mettre 1/4 d’heure avant de faire l’amour + un lubrificateur ( pcq quand on n’a pas envie ça rentre pas! ) + un petit verre de vin pour se donner du courage!
      Je l’ai fait 3 fois, j’avais l’impression d’être une prostituer. Je me souviens de mon envie de vômir, de la douleur quand monsieur à un peu forcé, du dégoût, des larmes… puis après c’est fini monsieur se r’habille et va regarder la télé. Moi je tremble, j’ai froid, j’ai mal, je ne suis plus rien…
      J’en ai été traumatisée! (Comment j’ai pu ne pas me respecter à ce point?)
      Maintenant je suis séparée (pour plusieurs raisons, et c’est moi qui suis partie). J’ai pu prendre soins de moi comme j’en avais besoin, j’ai pu un peu me retrouvée seule comme j’en avais besoin! Je me suis beaucoup remise en question…
      Ma vie est beaucoup mieux en maman solo, j’ai réappris que je pouvais être séduisante, respectée. J’ai un amant qui me fait redécouvrir le sexualité, et c’est mille fois mieux qu’avant! Il respecte mes envies et moi je respecte les siennes. Maintenant je ne me pose plus qu’une question: Est ce que j’ai envie? Si c’est oui alors on n’y va et si je n’ai pas envie et bien alors c’est non! Tout simplement.

      Voilà pour mon petit témoignage, c’est le première fois que j’en parle et ça fait du bien :).

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      • 20 septembre 2017 à 12:31
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        Merci pour ce témoignage ! C’est chouette de voir que vous avez pu surmonter ça … et je trouve assez dramatique que le gynéco ne vous aie pas mieux accompagnée dans ce moment-là :-/.

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  • 17 mai 2013 à 16:05
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    Copier-coller d’un mail que j’ai reçu de la part de S. qui n’arrivait pas à poster son commentaire en direct :

    Bonjour à tous et en particulier à vous deux qui échangés vivement sur le sujet.

    Le texte de Sandrine est parlant pour moi, pour avoir vécu ces questionnements.
    Le texte de Renaud m’a touché car j’ai l’impression que tu as été blessé de ne pas trouver de solutions ensemble. Et que l’histoire ce soit arretée là.

    Pas de commentaires pour juger juste mon histoire pour expliquer les propos des uns et des autres un peu comme chris l’a fait de son côté.

    Chez nous, un couple de 14 ans bientôt. Une idée du couple basé sur la communication, que nous travaillons à chaque instant car elle n’est tout simplement pas la même pour lui et moi. Emotive, je dois prendre sur moi pour dire mes ressentis sans emprunter 1000 chemins et sans crouler sous les larmes ou la colère ( un peu comme un jeune enfant je trouve). Lui, plus direct dans ses propos quant ils arrivent à sortir de sa carapace car la vie est remplie de règles et de principes inculqués très tôt.
    Bref, nous sommes conscients que nous « travaillons » à notre communication et donc à notre vie de couple.
    Notre couple est devenu famille il y a bientôt 4 ans dès les premiers jours de grossesse. J’englobe la grossesse car nous attendions notre enfant depuis plus de trois ans quand enfin il est arrivé, nous l’avons considéré avec nous et nous lui parlions, jouiions avec (ce que l’on a emplifié avec les techniques d’haptonomie). Bref. l’avant naissance a été « raide » pour moi car mon mari ne voulait plus de rapport de peur de perdre à nouveau son enfant en construction. Moi je lui expliquais que si celui-ci est là et qu’il se développe et s’accroche c’est que c’est un « costaud » et que nos rapports amoureux ne l’ébranleront pas. Mais rien à faire, j’avais beau essayer de le rassurer, il ne voulait pas. Une fois, il a bien voulu essayer de se laisser faire (pour me faire plaisir et par peur peut-être aussi de me perdre- dans sa tête bien entendu) et j’ai stoppé mes caresses car l’envie montait en moi mais pas en lui. Et je ne voulait de ça. Pas juste pour me faire plaisir, l’amour ça n’ai pas ça selon moi. Car avant de parler de rapport sexuel, je parle d’Amour. J’ai donc patienté le temps de ma grossesse, profiter de caresses et de baisers amoureux sans dépasser ses limites, ni l’inciter à aller plus loin, ni même lui redemander car je connaissais ses raisons et pouvais comprendre ses peurs. Et puis notre Margot est arrivée au printemps. Le premier mois a été celui de jeunes parents débordés de tout le quotidien avec un enfant. Mon époux a bien voulu que nous fassions du cododo tous les 3 dans le même lit et que je l’allaite, comprenait que je n’aimais pas « prêter » mon enfant à quiconque même 2 secondes. Bref, je lui avais expliquer mes raisons et il les comprenait, même si pour lui c’était différent. Côté accouchement, j’ai mis au monde un bon gros bébé naturellement et sans déchirure ou acte médicale. Je n’ai donc pas eu les mésaventures qu’à connue Chris avec son épisio. Et pourtant, mon mari a du à son tour attendre quelques mois car cette fois-ci c’est bien moi qui refusait tout acte sexuel, voir même certains calins, caresses, baisers à tout moment. C’est difficile à dire, mais j’avais voulu mon enfant si fort et je voulais faire au mieux pour lui avec mes connaissances et en même temps cet enfant me prenais tout mon temps, m' »envahissait », mais je ne voulais pas en laisser un peu pour les autres, pour prendre un peu de recul, un peu soin de moi, de mon mari. Et je l’envoyais promener des fois juste pour un simple baiser dans lle coup sans aucun sous-entendu de sa part sur la suite à donné. Juste le baiser pouvait être de trop. Je lui ai expliqué mes difficulté à me sentir femme, je me sentais à 1000% mère et rien d’autres et je voulais de lui qu’il l’entende. Ce qu’il a entendu. Il me laissé un peu d’espace et de temps. Il me laissait doucement revenir à lui quand j’étais prête. D’abord il a pris mon baiser comme un véritable bonheur et s’en ai contenté un bon moment, puis des fois je me laissais le caresser … jusqu’au jour où j’ai bien voulu lui redonner mon corps en partage avec désir. Je lui avais fait l’amour environ 1 mois après la naissance de Margot. Jusque là je disais que j’avais peur, peur d’avoir mal, peur de ne pas être vraiment désirable, peur de plein de trucs qu’on imagine. Donc on y est allé doucement et c’est passé. Pour moi, juste passé car pas de désir, un acte pour dire de se remettre en route, mais rien de bien plaisant. Je m’étais dit qu’il « fallait ». Et puis non, en fait, je ne pouvais pas le refaire. Non, je n’avais pas eu mal, non mon mari a été très délicat et tendre, non, nous étions dans des conditions plaisantes et calmes presque comme une première fois, mais le désir lui n’y était pas. Et ça ça me faisait peur. Alors mon mari m’a rassuré et m’a dit de prendre mon temps que le désir allait revenir, qu’on s’appliquerait à le faire revivre doucement et qu’il pouvait attendre. Et il a réellement attendu, n’a rien provoqué de déplacé ou de sous-entendu. Il attendait que je revienne à lui, seule. Que je redevienne femme et un peu moins mère si on peut dire. Parfois nous en discutions, moi confuse de ne pas le satisfaire ou inquiète d’être si distante et sans envie, lui serein de notre amour, mais avec parfois une envie de toucher sa femme et voire plus. Mais nous restions à ce niveau de discussion qui nous permettait de se rassurer sur notre Amour. Et puis est-ce le temps, est-ce la descente progressive d’hormones, est-ce mon bébé qui grandissait et se détachait tout doucement de moi, je ne sais pas, mais je suis revenu tout progressivement vers mon mari. Notre fille a dormi dans son lit à 3 mois, collé contre mon coté du lit. A 4 mois et demi, toujours dans notre chambre, mais à un mètre de moi sans pouvoir me voir. Et puis à 5 mois et demi elle a rejoint sa chambre à quelques pas de la notre. Je l’ai allaité complètement jusqu’à 5 mois et 1 semaine puis je ne lui donnais le sein que le soir ou la nuit ensuite. J’ai eu mon retour de couche un gros mois après la rupture d’allaitement exclusif, soit 6 mois après sa naissance. Bizarrement avant tout cela j’étais mère et plus femme. Puis doucement ensuite je suis redevenue femme tout en étant mère (trouver un équilibre entre femme de son mari, maman de son enfant, maitresse de maison car j’avais fait le choix de prendre le congé parental, …) Cela a été long a revenir au niveau d’avant (si on peut parler de niveau). Et puis nous voulions d’autres enfants, enfin ce qu’on disait avant avoir vécu cette grosse année (conception+mise au monde+vie à trois des premiers mois). Mon mari a hésité un instant à en faire d’autres car je pense que cela a été difficile à vivre à la fois sur son plan d’homme et ses pulsions et à la fois sur son plan de papa avec la fatigue inhérentes à toutes ces nouvelles tâches auxquelles il participait volontiers pour me seconder de nuit comme de jour (si je lui laissait la place pour le faire : souvent quand j’arrivais au bout de mes limites). Et après réflexion, nous avons décidé de retenter l’expérience. Nous savions que de nouveau nous aurions un temps d’adaptation pour lui comme pour moi. Et Charlotte est arrivée très vite. Cela a été a peu près similaire pour cette seconde grossesse, même si nous nous autorisions un peu de sexe pendant la grossesse. Mon mari a réalisé vraiment consciemment tardivement la grossesse de Charlotte (au 7ieme mois). il n’y a donc pas eu d’hapto pour elle, et peu de contact de son papa. Par contre, il était plus « libéré » et donc il me faisait l’amour plus régulièrement. Au 7ieme mois, il a vraiment réalisé qu’il allait être papa pour la seconde fois et sa conscience de père a repris le dessus. Plus de calins amoureux ! La suite de couche a été presque la même mais avec moi de stress et d’inquiétude sur notre non-activité sexuelle puisqu’on s’en doutait déjà un peu 😉
    Et aujourd’hui pour notre troisième fille en construction, c’est le même schéma que pour Margot mais avec les questionnements en moins. Mon mari se sent plus père que homme avant grossesse et surement moi ensuite quand le bébé sera dans mes bras. L’essentiel est que nous trouvons notre équilibre au travers de nos discussions et expériences antérieures (les précédentes grossesses). Nous sommes surs de notre Amour l’un envers l’autre. Nous ne nous proposons pas d’aller voir ailleurs car cela n’est pas dans notre conception de l’Amour (notre point de vue). Nous patientons et savourons cette troisième grossesse.
    Voilà mon expérience. Je suis un peu triste que l’entente et les consensus ne soient pas quelque chose qui arrive chez tous les couples. J’espère que cela pourra aider à comprendre ce qui peut se passer chez les uns ou les autres (homme ou femme).
    Bien à vous tous.
    Bises

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  • 4 août 2013 à 07:34
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    Bonjour,

    Cette discussion est déjà bien ancienne, mais si ça peut intéresser certains (ou plutôt certaines !), mesdames, voilà une conférence que j’ai trouvée très instructive, constructive, et vraiment différente de tous les lieux communs entendus la plupart du temps :

    http://www.ted.com/talks/esther_perel_the_secret_to_desire_in_a_long_term_relationship.html?utm_source=newsletter_daily&utm_campaign=daily&utm_medium=email&utm_content=quote__2013-08-02

    L’aspect très particulier du désir, de l’amour et du sexe avant-pendant-après la grossesse n’est malheureusement pas évoqué spécifiquement, mais vous y trouverez peut-être quelques pistes, et au besoin, je pense qu’Esther Perel a peut être contactée pour des questions plus précises.

    Bonne continuation à vous toutes avec vos maris et vos enfants…

    Renaud

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    • 4 août 2013 à 16:01
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      Merci pour cette vidéo très intéressante et qui illustre bien la partie la plus intéressante de mon propos : le désir s’entretient et se cultive, non pas seulement en demandant à l’autre de faire l’amour mais en se re-séduisant tout le temps.
      Esther Perel le dit très bien « les préliminaires commencent quand finit l’orgasme précédent ».

      La 1e partie est aussi très parlante à propos du fait qu’on a envié de son partenaire quand il se montre mystérieux, surprenant, attirant pour d’autres, … Elle montre bien comment notre propre attitude peut influer sur le désir de notre partenaire et l’aider à se réveiller.

      Là encore, cela va tout à fait dans le sens de mon article qu’il s’agit pour les couples de se re-séduire (et que forcer les relations sexuelles ne me paraît pas une option de séduction efficace).

      Esther Perel parle aussi de la part individuelle de chacun. Il est évident que si mon partenaire n’a pas confiance en lui, a des angoisses, … Il aura peut-être moins de désir. Mais cela veut dire que c’est le manque de confiance, les angoisses, … où il faut l’aider et non le désir.

      Donc oui, merci pour cette conférence TED très intéressante.

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  • 28 février 2014 à 09:52
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    Parce que cet article est toujours d’actualité, je vous joins quelques autres articles de blog qui pourraient enrichir la réflexion sur ce sujet :
    Sur le blog « Les questions Composent » :
    * Quand séduire devient faire céder : http://lesquestionscomposent.fr/poire-le-violeur-quand-seduire-devient-faire-ceder/
    * Et la suite : « Du sexe sans désir » : http://lesquestionscomposent.fr/du-sexe-sans-desir/

    Sur le blog « Les fesses de la crémière » : même si on ne partage pas le point de vue de l’auteur de ce blog, je trouve qu’il pose des questions très intéressantes. Et là en l’occurrence, un article sur la question de l’importance du sexe dans le couple :
    http://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2013/12/16/couple-monogamie-fidelite-de-limportance-du-sexe/

    Bonne lecture !

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  • 27 septembre 2017 à 17:00
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    Ha putain mais merci de mettre des mots sur toutes ces fois où j’avais envie de crier lâchez moi la grappe mais ou j’optais pour le calin en voyant le désespoir dans les yeux de mon compagnon qui assure comme il peut et subit déjà le fait que son enfant ne veut que maman…

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