J’ai peur de parler en public

Lors d’une conférence autour des émotions que j’ai animée récemment, le problème de la peur de parler en public a été soulevé.

Le trac est légitime lorsqu’on parle devant un parterre de directeurs d’une grande entreprise et qu’on travaille sur un dossier avec des enjeux. La peur qui le sous-tend est là pour nous signaler que oui, il y a des risques et nous incite à bien nous préparer : notre présentation doit être impeccable, notre connaissance du dossier complète, notre position argumentée.

Mais malgré une bonne préparation, nous avons quand même du mal à nous sentir vraiment bien. Nos mains tremblent, nous transpirons, notre voix frémit, nos idées se troublent …
Lors de la conférence, j’ai expliqué que je conseille généralement aux personnes qui ont ce genre de problèmes de simplement annoncer qu’ils sont impressionnés et qu’ils risquent de bafouiller, de perdre le fil, qu’ils seront amenés à consulter leurs documents si cela se gâte vraiment et de demander par avance à leur auditoire de les en excuser si cela venait à se produire.
Et généralement cela diminue considérablement les manifestations visibles du trac.

Lors de la conférence, un point intéressant a été soulevé : les directeurs impressionnants devant qui je m’exprime ne vont-ils pas penser de moi que je ne suis pas à la hauteur si je fais ça ?

Toute la question est de savoir ce qu’attendent les directeurs qui me regardent 😉 …

A votre avis, les directeurs apprécieront-ils plutôt le contrôle de celui qui cache ses difficultés à parler ou la lucidité et le courage de celui qui annonce sa faiblesse ?


Et pour aller plus loin, celui des 2 qui se sent le plus fort est-il celui qui se protège de toutes parts ou celui qui se dévoile ?

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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14 pensées sur “J’ai peur de parler en public

  • 20 juin 2012 à 14:20
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    Bonjour Sandrine,

    Je penche plutôt pour le contrôle de ses émotions.
    Je trouve qu’effectivement il est courageux et même très respectueux de prévenir son auditoire de sa peur de s’exprimer en public. Toutefois, je pense que c’est une émotion inévitable pour toute personne amenée à le faire. Aussi, si s’exprimer en public fait partie de ses fonctions, la personne doit savoir le gérer. Partager son malaise avec le public décrédibilise l’orateur, selon moi.

    Après je ne sais pas qui se sent le plus fort. Je pense que celui qui se protège de toute part veut paraître fort car il se sent faible et donc vulnérable s’il se dévoile mais celui qui se dévoile, donc qui connait ses faiblesses et ses limites, se sent-il plus fort pour autant ? Peut-être que ce dernier sera le plus fort au final car il aura été certainement sous-évalué par les autres mais est-ce qu’il se sent plus fort pour autant ?

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    • 21 juin 2012 à 09:07
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      La difficulté avec le contrôle des émotions, c’est que celui-ci ne fonctionne que si l’émotion est faible et si tout se passe bien.
      La petite appréhension bien légitime effectivement du démarrage s’effacera vite devant la réussite de notre présentation. C’est cette petite peur qui nous permet de bien nous préparer.

      Par contre si la peur est trop grande, alors le contrôle risque fort de faire dégénérer les choses. On va contrôler, mais la peur sera toujours là – elle l’est toujours un peu – et donc on ne sera pas rassuré. Du coup, on pensera que notre contrôle est insuffisant et on contrôlera encore plus et moins on se sentira en confiance et plus on aura l’impression de ne rien maîtriser du tout. Et donc plus on va contrôler, plus on aura peur au final.

      C’est d’un emballement de ce type dont je parlais lors de la conférence. Dans ce type de cas, il s’avère qu’affronter sa peur en imaginant ce qui va se passer de pire – je vais bafouiller, je vais perdre le fil, les gens vont me prendre pour un idiot, … – et en annonçant que cela risque de se produire le moment venu permet de largement diminuer le niveau de stress et donc de parler plus facilement et plus sereinement par la suite dans la plupart des cas.

      Il y a une bonne raisons cela : en annonçant une probable défaillance, on se met moins la pression, on l’a annoncée donc si elle se produit, c’est moins une surprise et un problème. On peut alors avoir recours aux solutions de secours qu’on avait préparées sans panique et sans honte
      Et cela fait passer le message aux autres et à soi-même : même quand je perds le contrôle, je contrôle encore puisque j’avais prévu que j’allais perdre le contrôle et je sais quoi faire dans ce cas.

      Du coup, celui qui a annoncén’est pas à mon avis pas du tout sous-évalué par le public, ni décrédibilisé.
      Au contraire.
      D’abord parce que justement il montre dans la maîtrise même dans la perte de contrôle et aussi parce que beaucoup de gens sont admiratifs de ceux qui savent parler de leurs faiblesses et de leurs difficultés sans honte et sans fausse pudeur. Peu de gens sont capables de le faire …

      Si d’autres ont eu cette expérience, ce serait intéressant qu’ils la partagent pour nous dire comment ils ont vécu – en tant qu’orateur ou en tant que public – cette situation.

      Sandrine

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  • 25 juin 2012 à 09:20
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    Audrey, vous écrivez :  » je conseille généralement aux personnes qui ont ce genre de problèmes de simplement annoncer qu’ils sont impressionnés et qu’ils risquent de bafouiller, de perdre le fil, qu’ils seront amenés à consulter leurs documents si cela se gâte vraiment et de demander par avance à leur auditoire de les en excuser si cela venait à se produire.
    Et généralement cela diminue considérablement les manifestations visibles du trac. »

    Je suis tout à fait d’accord avec vous. Lorsqu’une personne a peur de parler devant un public, il ne faut pas qu’elle commence à dire par qu’elle a à dire, mais comment elle va le dire. (méta communication)
    Au-delà de cela, considérer son intervention comme un jeu, de telle sorte que le jeu de l’intervention sera plus important que son enjeu qui passera au second plan.

    Au-delà encore, il s’agira d’une problématique personnelle à laquelle le coaching apporte une résolution généralement efficace.

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    • 25 juin 2012 à 10:33
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      Jean-Michel, merci pour votre commentaire.

      Et effectivement, le coaching apporte une aide efficace dans ces problématiques, c’est d’ailleurs dans ce cadre que j’apporte mon aide aux personnes.
      Je tempère mon propos concernant le fait d’annoncer : avant d’annoncer, il est nécessaire de s’assurer que l’environnement sera effectivement positif à notre égard, ce qui est généralement le cas et il y a un gros travail de préparation en amont pour se préparer à fonctionner de cette façon.

      Mais je confirme que cela fonctionne vraiment bien ;-).

      Sandrine

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  • 26 juin 2012 à 10:25
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    Bonjour,
    Dans le domaine de la prise de parole en public, je vous conseille la lecture du dernier roman de Laurent Gounelle (les dieux voyagent toujours incognito). C’est un roman à messages qui nous montre comment dépasser nos peurs et nos inhibitions. Au chapitre 53, le personnage du roman, très timide et avec le trac de parler en public, est confronté à une immense assemblée d’actionnaires pour prendre la parole. Quelques messages donnés par l’auteur pour mieux affrontercette épreuve:
    – « Embrasse l’univers de ton prochain et il s’ouvrira à toi »
    – « On ne peut pas changer les gens. On peut juste leur montrer un chemin puis leur donner envie de l’emprunter »
    Bonne lecture
    Pascal

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    • 26 juin 2012 à 11:34
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      Jean-Michel, vous m’enlevez les mots de la bouche !
      J’allais dire exactement la même chose : ce bouquin a l’air très intéressant.
      Merci Pascal de cette suggestion.

      Sandrine

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  • 28 juin 2012 à 07:24
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    Commentaire modéré : je n’ai pas de certitudes quant à l’indépendance des clubs mentionnés par rapport à des organisations dont le caractère sectaire est probable et je préfère ne pas prendre de risques.
    Les parties modérées ont été remplacées par des astérisques (***).

    La peur de parler en public est en effet, un phénomène très répandu. Il existe une solution (…) : adhérer à un club ***. Les 13,000 clubs *** qui existent dans le monde entier sont témoins de leur popularité et leur efficacité. Le club a pour but d’aider les membres dans leur prise de parole en public, à travers un soutien tout à fait bienveillant. Les gens progressent à travers le feedback respectueux de leurs pairs, et participant à une série d’exercices gradués, à leur propre rythme, en réunion. (Discours préparés, improvisation, évaluation, porter un toast …) Tout le monde se voit attribué un Mentor, membre plus expérimenté et disponible. Membre de quatre clubs moi-même (2 à Lyon, 2 à Paris), j’ai personnellement vu beacuoup des personnes qui étaient rouges de honte, et qui tremblaient rien qu’en se présentant, donner par la suite des discours efficaces et élégants. Et même remporter un de nos concours. Ce modèle pédagogique: évaluation et exemple des pairs, et progression dans le temps, est d’une efficacité redoutable … et le prix d’adhesion est seulement 100€ environ par an. A Lyon il existe un club francophone (…), et un club bilingue français/anglais(***).

    (***).

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  • 28 juin 2012 à 13:21
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    Commentaire modéré pour enlever le nom de l’organisation.

    *** n’est pas une secte!!!!!! Le moyen de vérifier est facile, on tape le nom de l’organisation en question suivi du mot « secte » et on va chercher sur Google.

    C’est dommage de priver des gens de la possibilité de connaître un moyen si efficace de surmonter leur peur de parler en public. En plus de 20 ans de carrière, je n’ai jamais vu qui que ce soit progresser … rien qu’en lisant un livre.

    A votre disposition!

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    • 28 juin 2012 à 17:38
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      Justement, c’est ce que j’ai fait – chercher sur Google – et c »est justement pourquoi j’ai modéré votre commentaire car j’ai trouvé le nom de votre organisation mentionnée en clair dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire française sur les sectes, que vous pourrez trouver ici : http://www.voltairenet.org/Rapport-de-la-Commission-d-enquete,7130

      Vous comprendrez donc ma prudence.

      Quant aux progrès qu’on peut faire en lisant des livres, c’est votre avis personnel et il n’est probablement pas partagé par tout le monde ;-), surtout par les autodidactes et tous les gens à qui des livres ont changé la vie …

      Sandrine

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  • 28 juin 2012 à 18:58
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    Notre ami « BAUSOR » a raison sur un point : LIRE TUE !

    Lire, tue l’ignorance et les préjugés.

    Tant qu’à s’inscrire à un club pour progresser, je suggère l’abonnement au Club Mickey de la plage de Saint-Malo. Je pense y avoir accompli, durant l’été 1963, les plus extraordinaires progrès de ma vie, notamment dans la technique de construction des châteaux de sable.

    Selon les us et coutumes de usenet :

    fu2 : bac à sable.

    Répondre
  • 29 juin 2012 à 11:11
    Permalink

    Bonjour,
    Je suis assez sidéré par votre réaction quant à *** : le nom apparaît dans un rapport parlementaire de 1999 consacré aux sectes, donc c’est une secte. Puisque vous accordez une prééminence particulière à la lecture, peut-être auriez-vous pu lire la partie incriminée en détail. Permettez que je vous la cite, afin que vous puissiez prendre du temps pour la lire :
    « Landmark a eu pour principal client la société IBM-France au sein de laquelle elle a organisé, à partir de 1992, plusieurs sessions de formation qui ont déclenché au sein du groupe une vaste polémique, et seraient à l’origine du suicide d’un des salariés. La secte aurait été introduite dans IBM-France par l’intermédiaire d’un club de réflexion intitulé le Forum des rives de Seine – Club Toast masters. Créé et financé par le comité d’entreprise de la société, ce club s’adresse à ses cadres en dehors des heures de travail. Il est animé par un ingénieur qui aurait fait du démarchage auprès des adhérents en faveur de Landmark. Les méthodes de la secte ont suscité une réaction de la direction d’IBM qui a dénoncé les dangers des techniques employées, et a mis en évidence les risques de prosélytisme. »
    Vous noterez l’emploi du conditionnel (« seraient à l’origine du suicide », « aurait été introduite »), le fait qu’il s’agit d’un club isolé qui est ciblé et non l’intégralité de l’organisation ***, le fait qu’il s’agisse plus spécifiquement d’une personne (un ingénieur) qui est ciblée, et enfin que le rapport date de 1999. A ce compte, puisque vous trouvez également IBM mentionné dans ce rapport, vous devriez le censurer sur votre site, par précaution, pour ne pas faire une éventuelle publicité à cette organisation potentiellement sectaire.
    Peut-être avez-vous trouvé un autre rapport parlementaire plus récent qui ciblerait spécifiquement *** ? Je n’en ai pas trouvé.
    Je vous invite donc à revoir votre position par une lecture attentive des textes sur lesquels vous vous basez.
    Quant aux commentaires sur la lecture, ils n’en sont que plus savoureux : Carol Bausor indique « je n’ai jamais vu qui que ce soit progresser … rien qu’en lisant un livre ». J’attends d’avoir des exemples d’autodidactes qui n’ont fait que lire des livres sans jamais pratiquer. Parce que dans ce cas, il suffirait de lire des livres pour vaincre sa peur, devenir un orateur exceptionnel, un manager parfait, et les formations en communication, les coachs et autres seraient au chômage.

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    • 29 juin 2012 à 17:45
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      J’ai des doutes, donc effectivement, je censure. Désolée si cela vous parait injuste.
      J’ajoute aussi que les commentaires de ce forum ne sont pas le lieu pour faire de la publicité pour quelque organisation que ce soit, donc secte ou pas secte, la mention de clubs – payants qui plus est – n’est pas souhaitée dans les commentaires.

      Pour le reste, j’ai l’impression que vous partez bille en tête dans l’attaque sans avoir lu mes messages, ni chercher à comprendre ce que je dis. Pour ma part, votre agressivité et votre manque de discernement ne servent pas votre cause et même si j’avais été tentée d’avoir recours aux services de votre organisation, votre message et ceux de Carol Bausor me dissuadent de le faire.

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  • 6 décembre 2012 à 15:12
    Permalink

    Bonjour,

    Pour information, une journaliste du Figaro est venue récemment assister à une réunion de mon club *** (le Club *** à Paris).

    Voici son article :
    http://madame.lefigaro.fr/societe/methode-discours-111012-300606

    En France, les clubs sont des associations loi 1901 à but non lucratif. La cotisation des membres sert principalement à payer :
    * la cotisation à l’organisation mère *** qui fournit les manuels
    * la location de la salle où ont lieu les réunions

    Pour l’anecdote, c’est une coach qui m’a fait découvrir ***.

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