On nous fait même croire des tas de choses fausses au sujet du harcèlement …

emmanuellepiquetOn nous fait croire par exemple – merci M. Rufo encore une fois !!! (sur France Inter en 2013) – que seuls les enfants porteurs d’une différence se font harceler : les roux, les gros, …

Faux et archi-faux : les jeunes que je vois qui subissent ce genre de choses n’ont rien de différent de leurs camarades ! Ce sont des jeunes comme les autres, ils se retrouvent juste pris dans une spirale dont ils n’arrivent pas à sortir.

On nous fait croire aussi que les adultes doivent intervenir, punir, sanctionner, moraliser. Et qu’alors le harcèlement va cesser …

Faux et archi-faux : cette méthode pousse juste le harceleur à raffiner son harcèlement pour ne pas se faire prendre … et elle envoie le message – délétère s’il en est – à la victime qu’elle n’est pas capable de se débrouiller seule. Elle sera donc une excellente victime pour le prochain harceleur qu’elle croisera

Même les campagnes actuelles à ce sujet vont dans ce sens …

Une autre façon d’aborder le harcèlement scolaire

Alors pour sortir un peu des sentiers battus à ce sujet, je vous invite à visionner aujourd’hui une conférence d’Emmanuelle Piquet à ce sujet.

Elle y explique très bien que l’intervention des adultes faite de façon inadaptée peut entretenir, voire empirer, le problème. Elle donne aussi des pistes de réflexion pour savoir comment aider efficacement les enfants victimes de harcèlement.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi lire les articles que j’ai publiés à ce sujet par le passé et qui reprennent cette approche :

Cela permet à l’enfant victime de se sentir plus fort, d’aborder les choses de façon plus confiante et donc d’être moins victime de harcèlement. L’enfant acquiert sur le long terme des compétences relationnelles qui lui permettront de se défendre toute sa vie et pas seulement au moment du harcèlement.

Apprendre à intervenir auprès de ses enfants est utile, parfois même indispensable pour les aider efficacement.

Bon visionnage !

Quelques livres pour aller plus loin, pas sur le sujet du harcèlement car malheureusement, je n’ai pas trouvé de livres exceptionnels à ce sujet mais sur une approche interactionnelle des choses qui permet d’aborder ce problème – et d’autres – sous un autre angle (si vous ne voyez pas les liens ci-dessous, c’est parce que votre navigateur est équipé d’un bloqueur de pub) :

 

  1. vanheeghe a dit :

    merci, ca donne à reflechir, il va falloir que je propose à ma petite chérie de décocher des fleches alors que révais qu’elle n’en ai pas besoin, je voulais peut etre trop moi aussi qu’elle soit naturellement épanouie et aimée.. je pense qu’il faut nous aussi pratiquer le décochage de fléches à l’occasion dans notre monde d’adulte!!

  2. Bonjour Sandrine,

    Merci encore pour ce super article et cette vidéo incroyable de vérité!
    J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2014 et vous remercier pour votre réponse faite il y a quelque temps.

  3. Est-ce que la posture de victime / agresseur peut se créer dans la petite enfance ? Dans la période pré-scolaire ?

    C’est une de mes préoccupations du moment : mon aînée est très agressive physiquement avec sa petite sœur, depuis toujours. L’une est très puissante physiquement (plus grande et carrure plus large que tous ses camarades de classe),  » t’as vu ? Je suis forte comme un gorille / grande comme papa, etc ! » ; l’autre toute fine, souvent appelée « petite poupée de porcelaine » (par les mamies du villages). L’une a un très large vocabulaire (en français en en anglais), l’autre verbalise déjà bien (surtout le « non ! » et « toute seule ! »), mais le langage viendra en son temps. L’une à 3 ans, l’autre 19 mois (elles ont 20 mois d’écart).
    Difficile de laisser la petite se débrouiller toute seule, de lui donner « des flèches » comme le propose Emmanuelle Piquet. Elle dit clairement « non », hurle, se débat, rugit, griffe et tape elle aussi… Mais elle ne pourra pas avoir le dessus et stopper sa sœur avant de loooongues années ! Et j’hésite à l’encourage à répondre sur le même mode : ça ne me convient pas franchement qu’elle commence à prendre la même habitude de venir l’agresser gratuitement (ça ne fait que « remonter la pendule » de l’aînée, contre-productif à souhait).

    Alors, que faire ? Pour l’instant, j’isole l’aînée en cas d’agression (sur le mode « quand on n’arrive pas à respecter les autres, on ne reste pas avec les autres ; dès que tes mains sont calmées, tu peux revenir » > sur le modèle de la prison pour les adultes, bof-bof…). Ce qui arrive, pendant les vacances scolaires, une bonne dizaine de fois par jour minimum (sympa !).
    Pas idéal, mais ça me laisse le temps de soigner la cadette : je ne compte plus les bleus, bosses, et plaies (ça me fend le cœur). Je précise qu’il y a eu des drames évités de justesse ; si elle n’y a pas perdu un œil ou un doigt, c’est vraiment un coup de chance.
    Si je suppose (enfin j’espère !) qu’en grandissant, elles pourront communiquer autrement leurs désaccords, je trouve qu’il y a très peu solutions proposées dans les cas de conflits dans une fratrie aux âges rapprochés. Ce qui fonctionne en crèche entre enfants du même âge ne fonctionne pas du tout quand il y a une telle différence d’évolution (rien à voir entre un bébé et un bambin) et une telle similitude de maturité (2 ans / 3 ans : impossible de canaliser une colère comme un adulte à cet âge-là !).
    Bien sûr, un maximum de crises surviennent lorsqu’il n’y a qu’un adulte pour les 2 miss, donc les ressources du type « J’ai tout essayé » sont vite inapplicables (impossible de s’occuper de l’aînée calmement alors qu’on a eu très peur pour la cadette, qu’elle souffre vraiment, et qu’il faut courir à la pharmacie pour lui poser un strap à défaut d’un point de suture…).

    Et si ça continue à l’école ? Que l’aînée devient agresseur récurent (ce qui est déjà un peu le cas, mais comme elle en PS, les « grands » prennent le dessus à la récré) ? Et que la cadette devient une victime potentielle ? (elle prend plutôt le chemin de devenir agresseur aussi, depuis quelques semaines, en se « vengeant » sur les bébés qu’elle croise, mais bon…)

    • Il est très difficile de faire changer l’agresseur car il a l’avantage dans cette situation. Il est beaucoup plus efficace d’aider l’agressé à se défendre plus efficacement (mais pas violemment non plus) afin de faire cesser les agressions.

      Il y a des pistes dans « jalousies et rivalités entre frères et soeurs » de Faber et Mazlish – Frères et soeurs sans rivalité

      Il n’est jamais simple de gérer ces situations qui nous font bondir à chaque fois, ça demande de prendre du recul et de voir les choses différemment.

      Sandrine

      • J’ai pris le temps de relire le F&M avant de répondre, mais je trouve que, comme les Gordon, c’est plus facile à appliquer aux « grands ». Avant 6 ou 7 ans (l’âge de raison ?), je ne vois pas trop quel outil mettre en pratique.

        Je tente bien d’apprendre à ma cadette de repérer quand sa sœur est « borderline » et de la laisser tranquille à ce moment-là. De lui dire non, de sortir de la pièce, etc.
        Mais concrètement, quand elle est écrasée par le double de son poids, je ne vois pas trop comment elle peut s’en sortir seule…

        En self défense, je lui dirais de frapper « là où ça fait mal » (souvenirs de mes années dans le 93…), mais je ne peux décemment pas lui apprendre à viser les yeux/la tempe/la gorge de sa sœur… qui profiterait du cours aussi, de toute façon !

        Et quoi lui dire, quand sa sœur passe à côté d’elle… et subitement lui décoche une gifle ? Quand elles jouent calmement… et que tout à coup, elle se fait griffer ? Quand elle lit tranquillement dans une autre pièce, et qu’elle se prend un jouet de plein fouet, sans comprendre d’où il vient ?

        Vraiment, je trouve qu’il y a beaucoup de ressources pour les « grands » mais quasi pas pour les petits. Un peu en collectivité, mais AssMat et parent seul avec plusieurs bambins ont quand même peu de ressources.
        Est-ce parce qu’il n’y a pas de solutions ?

  4. FAVRE Séverine a dit :

    Merci bcp pour cet article très éclairant.
    Votre sujet m’a fait pensé à 2 autres sujets proches:
    -le harcèlement des femmes et jeunes femmes dans la rue
    -comment protéger nos enfants de l’hyper sexualisation de l’espace public? (les miennes ont 5 et 3 ans et ne sont donc pas encore concernées par la pub TV chez nous) mais il reste les affiches, les éventuels sujets avec des enfants + âgés (quand certains voient ou entendent des choses qu’ils ne devraient pas entendre), et j’en oublie surement.
    Pourriez-vous traiter de ces sujets lors de prochains articles?
    j’apprécie tjs votre éclairage pertinent et original, et dommage que nos ministres aient si peu-à supposer qu’ils en aient…- de conseillers comme vous au sein du gouvernement en matière d’éducation…
    Belle année 2014,
    cdt.
    Séverine

  5. Bonjour,
    Je ne parviens plus a voir la vidéo. Je n ai pas eu le temps de la visionner lors de la publication de l article e depuis impossible elle n apparaît plus. Est ce de même pour vous?
    Cordialement,
    Sarah

  6. Mammatico a dit :

    Bonjour Sandrine,
    je lis tes articles depuis bientôt 1 an et je voulais te remercier car, dans ma démarche de Maman qui cherche à mieux accompagner ses enfants dans leur développement, j’y trouve de précieuses ressources et pistes de réflexion.
    En plus je me retrouve souvent dans ta façon de voir et d’expliquer les choses.
    Donc voilà, ça me tenait à cœur de te dire que j’apprécie beaucoup tes articles plein de bons sens, et de te remercier de contribuer à me faire avancer sur mon chemin de Maman et de Femme!
    Amicalement.

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