Harcèlement scolaire, quelques commentaires …

«Le vécu des victimes de harcèlement scolaire», lecture critique d’un article de MC Dewulf et C Stilhart

Article initial à lire ici.
Intéressée par les situations de souffrance scolaire au sens large et de harcèlement en particulier, sensibilisée par le travail d’amies au sein de leur centre de recherches, le CRISS (Centre de recherche sur l’Interaction et la Souffrance Scolaire), je me suis intéressée à cet article suite à une discussion sur un forum.
Je me suis aperçue que la vision que je pouvais avoir des choses, issue d’une vision interactionnelle des situations, n’était pas partagée par tous, voire choquait certains et je me suis dit qu’un article sur le sujet pourrait me permettre d’éclairer un peu ma position.

J’ai donc choisi de commenter l’article «Le vécu des victimes de harcèlement scolaire» de MC Dewulf et C. Stilhart pour vous faire partager ma vision des choses.

Tout d’abord qu’appelle-t-on harcèlement ?

«Il s’agit de violences entre élèves du même âge ou à peu près, se déroulant dans l’établissement scolaire ou pendant les trajets entre établissement et domicile. Il peut s’agir d’agressions physiques : bousculades, coups de poing, coups de pied, coupe de cheveux, … ; d’agressions verbales : insultes, railleries, sobriquets, menaces, … ; d’agressions à caractère sexuel : grimaces, gestes obscènes, … ; d’atteintes matérielles : vols, dégradation d’objets personnels, … ; d’ostracisme.
Le harcèlement peut être direct ou indirect : consignes d’ostracisme, propagation de calomnies aboutissant à l’isolement social de la victime.
Trois caractères sont constitutifs de la notion de harcèlement :
– l’intentionnalité
– la répétition des actes et la durée de l’épisode
– l’inégalité entre harceleur et harcelé : le harceleur est plus fort physiquement ou plus à l’aise dans le champ social ou verbal.»

Pour ma part, je complèterai cette définition sur 2 points :
– l’intentionnalité d’abord : chez les enfants, les actes de harcèlement sont rarement dans l’intention de faire du mal. Par contre, il y a souvent une intention de s’amuser aux dépens de l’autre, un plaisir à prendre le pouvoir sur l’autre, à se faire bien voir des autres.
– quant à l’inégalité, je dirai plutôt que le harcelé SE PERCOIT comme moins fort … et que l’entourage aussi le PERCOIT de cette façon. Vous verrez plus loin pourquoi je rectifie cette formulation de cette façon.

Les auteurs de l’article complètent leur définition par celle de Marie-France Hirigoyen, spécialiste du harcèlement professionnel :

«En surface, on ne voit rien ou presque rien … Les menaces sont toujours indirectes, voilées, … L’effet destructeur vient de la répétition d’agressions apparemment anodines mais continuelles, et dont on sait qu’elles ne s’arrêteront jamais…»

Cette définition m’interpelle et effectivement il est est très difficile de définir les actes de harcèlement. On peut harceler avec des comportements et des mots très anodins. Peut-on accuser quelqu’un de harcèlement s’il ne dit pas bonjour ? S’il parle de façon à imiter quelqu’un d’autre ? Comment définir le harcèlement dans ces conditions ?
Pour moi, le meilleur indicateur de la violence d’un harcèlement n’est pas dans les faits commis mais dans la souffrance éprouvée par la victime.

Ensuite, à la lecture de l’article de MC Dewulf et C. Stilhart, j’ai été surprise – mais finalement à moitié seulement – d’apprendre que :

«Le taux de harcèlement est élevé dans tous les pays, variant de 9% à 20%, voire près de 50% dans certains établissements.»

et que

«le phénomène existe dès l’école maternelle»

(et peut-être avant, dès la crèche ? En tout cas le CRISS travaille avec le personnel dans les crèches pour aider des bébés à se défendre des comportements agressifs des autres enfants).

Un constat qui amène à se poser la question de comment repérer et gérer ces situations qui peuvent être extrêmement douloureuses pour ceux qui en sont victimes.
L’article porte sur une étude menée auprès de professionnels de santé et fait le constat que

«il est probable que seuls les médecins qui ont conscience de la fréquence du harcèlement pensent à le rechercher et le reconnaissent.»

Les autres ne pensent pas à chercher les causes d’un mal-être physique ou mental – déprime, maux de ventre, pleurs, … – dans un harcèlement et ne posent donc pas la question. Ils n’identifient donc pas ces situations.

Les auteurs soulignent que l’

«Un des aspects les plus notables de l’étude est la difficulté qu’éprouvent ces élèves à décrire le harcèlement : des items apparemment très simples comme la durée, la fréquence, ne sont pas renseignés (…). La description est très floue, très brève, très inférieure, pour la fréquence, l’intensité, le nombre total des agressions, à ce qui est rapporté par le médecin qui lui-même n’a appris l’ensemble des faits que petit à petit, au fil des entretiens.»

Comme les auteurs, je pense que la honte liée à la situation complique pour la victime le fait d’en parler de façon précise. En effet, quand on a honte, on a du mal à parler de ce qu’on vit, même par écrit, et il est très difficile de se confier.
Et – comme le souligne les auteurs – cette honte empêche la victime de dire la gravité de la situation, ce qui fait que les faits relatés semblent souvent anodins, vagues et du coup peu importants aux yeux des enseignants.

Le passage sur les témoins de harcèlement est aussi très intéressant :

«Les témoins sont nombreux (…) et la plupart du temps, c’est toute la classe, voire toute l’école qui est témoin. Et aucun des témoins n’intervient, aucun n’en parle avec la victime ou un des adultes de l’établissement scolaire. Pourquoi ce silence si impressionnant ?»

Les auteurs soulignent les raisons qui empêchent les témoins de parler peuvent être la peur d’être à leur tour harcelés, le sentiment de ne pas être responsable («ce n’est pas à moi d’intervenir» ou «la victime devrait se défendre seule») ou encore le respect de «codes d’honneur» non écrites («on ne cafte pas»).

Bien que je pense qu’une attitude punitive ou moralisante ne soit pas aidante pour la victime – et je m’en expliquerai plus tard – j’ai tout de même été choquée par le constat fait dans cette étude :

«- Des surveillants peuvent être témoins, et même complices passifs, riant avec les agresseurs devant les mésaventures de la victime.
– les professeurs aussi peuvent être témoins. Quand ils sont mentionnés, surveillants et professeurs sont décrits comme passifs ou indifférents.»

Cette attitude vient-elle d’un manque de sensibilisation au sujet ? D’un manque de compétences des adultes qui ne savent pas comment intervenir ?
Peut-être aussi qu’une autre clé réside dans le regard porté sur la victime par l’ensemble des acteurs – l’agresseur, les témoins … et la victime elle-même – :

«Il semble que le comportement et l’attitude des victimes passives signalent aux autres qu’ils ont affaire à des individus angoissés et insignifiants qui ne riposteront pas en cas d’attaque.»

Je trouve ce point particulièrement intéressant parce que c’est à mon avis là qu’est la clé de la résolution de beaucoup de situations de harcèlement. Qu’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas de culpabiliser la victime en lui disant qu’elle devrait se défendre. En effet, nous pouvons tous être victimes de harcèlement et subir un harcèlement peut conduire extrêmement rapidement à un effondrement de la confiance en soi et à l’impression qu’on ne s’en sortira jamais.
Cela est confirmé par l’étude menée par les auteurs qui montre que

«les conséquences psychopathologiques du harcèlement sont importantes. Les troubles constatés par les médecins sont nombreux : réactions dépressives avec sentiment de honte, d’humiliation, de vide, incapacité à penser ; peur, angoisses ; chûte des résultats scolaires, refus scolaire ; repli sur soi, doutes sur soi ; auto- et hétéro-agressivité ; labilité émotionnelle ; troubles des conduites alimentaires.»

et que le ressenti des victimes est très fort :

«Que ressentaient les élèves pendant la période du harcèlement ?
«de la honte surtout»
«la fin de tout»
«je pensais que j’étais nulle»
«de la tristesse»
«je n’en pouvais plus des insultes»
«j’étais honteux que cela m’arrive»
«de l’abandon, une forte envie de suicide. Je me demandais pourquoi j’existais, pour qu’on me fasse tout ce mal. L’impression bizarre que j’étais un fantôme ne pouvant parler.»
«la peur des brutalités, et de la honte, envie de pleurer, un sentiment d’incompréhension.»
«je me sentais faible et impuissant, j’avais l’impression d’être une ratée. Je ressassais tout le temps ce qu’on me faisait.»

Comme le constatent les auteurs, le coût moral du harcèlement est donc très élevé, des mois, voire des années après, ces sentiments sont encore présents. La plupart des répondants consultent le psychiatre depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.
1/3 des victimes a suivi un traitement médicamenteux.
Pour ma part, je me permettrais d’ajouter qu’un accompagnement approprié aurait sans doute permis à ces victimes de dépasser ces sentiments.
Je vais – enfin ! me direz-vous – préciser ma pensée …

Les auteurs signalent en effet un point excessivement important à mon sens mais qui est négligé la plupart du temps :

«Toutes les études étrangères signalent (…) que le harcèlement se poursuit ou reprend dès que l’attention des adultes de l’établissement se relâche et c’est une des raisons qu’avancent les victimes pour leur long silence avant de révéler le harcèlement ; certaines victimes qui «ont parlé» disent : «c’était pire qu’avant».»

A vrai dire, cela ne m’étonne pas. En effet lorsque les adultes interviennent, ils punissent et sermonnent l’agresseur. Ceci a pour conséquence que l’agresseur va alors raffiner son harcèlement pour ne plus se faire prendre – voir l’article «punir ça sert à quoi ?» que j’avais écrit il y a quelques temps.
J’ajoute aussi que, à mon avis, punir et sermonner, c’est aussi accorder beaucoup d’importance à l’agresseur, lui donner de l’importance puisqu’on s’occupe de lui, chose qui le flatte certainement. C’est aussi lui donner l’occasion d’étendre le pouvoir qu’il avait sur la victime aux adultes qui interviennent.
De plus, protéger la victime en s’en prenant à son agresseur envoie un double message à la victime – mais aussi à son entourage, agresseur compris : le 1er message est clair «moi l’adulte, je suis là pour fixer les règles et défendre les victimes» … mais cela sous-entend aussi que la victime n’est pas capable de se défendre toute seule. Cela confirme la victime dans sa honte, sa dévalorisation : cela encourage l’agresseur qui ne risque décidément rien à s’en prendre à quelqu’un d’aussi faible ; cela conforte les témoins dans leur attitude.
Ce comportement de protection est donc tout à fait contre-productif si on souhaite faire cesser le comportement de harcèlement et si on veut aider la victime à reprendre confiance en elle.

Il me parait donc important que les adultes encadrant des enfants – notamment à l’école – soient formés à une autre approche du harcèlement, non plus une approche de protection = nous intervenons car les enfants ne peuvent pas gérer seuls, mais une approche d’aide et de soutien aux victimes = je t’aide à affronter ton agresseur par toi-même.
Et cette dernière approche n’est pas si compliquée, elle demande juste un changement de point de vue sur la situation. Si vous voulez en voir une application concrète, j’ai eu récemment une illustration concrète en famille que vous pourrez lire ici.
Vous pouvez aussi vous reporter à une discussion sur le forum de Simplement Parents – dans laquelle j’ai expliqué plus clairement ma position à ce sujet – pour mieux comprendre ma position à propos du harcèlement, à lire ici.

Vous comprendrez donc que je ne partage qu’en partie les conclusions présentées dans l’article initial au sujet des actions à mener contre le harcèlement.

«En premier lieu, il semble que les médecins ne soient pas assez sensibilisés à ce problème ; seuls ceux qui savent le rechercher le diagnostiquent. (…) Il est donc nécessaire que le médecin, recevant un enfant ou un adolescent présentant des troubles tels que ceux décrits plus haut – ou d’autres – sache être attentif à la moindre plainte d’agression et recherche systématiquement une situation de harcèlement.»

Je suis tout à fait d’accord avec ce point. Détecter les situations de harcèlement permettrait de rapidement renvoyer les enfants et adolescents vers un thérapeute qui pourra les aider à affronter la situation et renverser la vapeur pour retrouver la confiance.

«Il est également indispensable de sensibiliser tous les personnels des établissements scolaires (professeurs mais aussi surveillants et personnel de service) à la fréquence et à la gravité du problème. Il faut les informer de la nature du harcèlement, des signes de repérage et la conduite à tenir.»

Là aussi l’information et la formation des adultes encadrant les enfants me parait indispensable mais pas n’importe quelle formation. Les formations et actions habituellement proposées me paraissant contre-productives – voir plus haut – il me parait important que les acteurs soient formés à une approche réellement aidante pour les victimes et non simplement à des actions punitives ou sanctionnantes pour les agresseurs.

Enfin les 2 derniers points soulevés par les auteurs me paraissant primordiaux : l’impact sur les relations sociales et amicales de la victime et l’apparition de troubles psychopathologiques montrent que les risques du harcèlement sont graves, qu’il doit être pris au sérieux mais me confirment dans l’idée que c’est auprès de la victime qu’il faut agir afin qu’elle retrouve confiance et ressources en affrontant la situation.

A lire aussi sur « Les vendredis Intellos ».

Quelques livres pour aller plus loin (si vous ne voyez pas les liens ci-dessous, c’est parce que votre navigateur est équipé d’un bloqueur de pub et considère les liens venant d’Amazon comme de la publicité ):

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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6 pensées sur “Harcèlement scolaire, quelques commentaires …

  • 15 juin 2012 à 08:55
    Permalink

    Intéressant cet article. Mon fils (3,5 ans) se plaint d’harcèlement à l’école alors que part exemple au parc, où nous l’encourageons toujours à se débrouiller lui-même (et il réussi 95% du temps), il ne se laisse jamais faire – répond avec des mots, des cris voire au pire repousse, même part des enfants de 3-4 ans plus vieux.
    Comme quoi, le système ‘vient voir la maitresse si on t’embête’ peut aussi produire des systèmes de harcèlement et baisser la confiance en soi de l’enfant.
    On voit clairement la différence entre les 2 systèmes je trouve….Merci de partager!

    Répondre
  • 29 juin 2012 à 07:09
    Permalink

    Je suis tout-à-fait d’accord avec la nécessité de faire modifier l’attitude du harcelé, c’est primordial. Les enseignantes interdisent les conflits, ce qui laisse la voir libre aux agressifs habituels mais culpabilise ceux qui n’ont pas l’habitude de l’agression et ne savent pas se cacher, se font prendre lorsqu’ils ripostent, et se font en plus culpabiliser de leur comportement. En effet les sans-scrupules connaissent parfaitement le moyen de se liguer, d’agir sans être vus et de manipuler les enseignantes.

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  • 6 février 2013 à 17:46
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    Bonjour,
    dans le cadre d’un documentaire que je réalise pour France 5 sur le harcèlement à l’école, je suis actuellement à la recherche d’enseignants de premier et deuxième cycle qui accepteraient de participer à un petit projet artistique et d’expression écrite avec leurs élèves. Cela n’impliquerait aucune caméra, il suffit juste que je leur explique l’intitulé de l’atelier, qu’ils prennent le temps de le mettre en place avec leurs élèves (de façon totalement anonyme) et qu’ils me fassent un retour par la suite de cette expérience.
    Sachez que je suis également à la recherche de familles concernées à l’heure actuelle par le harcèlement scolaire, qui peinent à en sortir et qui souhaiteraient communiquer sur le sujet.
    N’hésitez pas à me contacter et surtout à transmettre cet appel à témoins. Je tiens à vous préciser que je suis une ancienne victime moi-même et que je me bats pour que ce film participe à changer (un peu) les choses.
    Merci d’avance, et à très vite!

    Amandine Stelletta
    0620175263

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    • 6 février 2013 à 17:57
      Permalink

      Je vous ai répondu par email.
      Je vous conseille de contacter le CRISS à Lyon, dont vous trouverez les coordonnées ici : http://souffrance-scolaire.fr

      Ce sont des collègues à moi qui travaillent spécifiquement sur le sujet de la souffrance scolaire et entre autre du harcèlement scolaire.

      N’hésitez pas à me tenir au courant de la suite de votre travail !
      Sandrine

      Répondre
  • 6 octobre 2016 à 14:11
    Permalink

    Mon fils de 13ans a été victime de harcèlement au collège l’année passée. Il a pu nous en parler en fin d’année à la fin des cours car il y a effectivement le respect du code de l’honneur : « on ne cafte pas ». Son camarde de classe (« l’agresseur ») était lui-même victime de violence par son père. C’est difficile de savoir si on doit intervenir ou non et comment intervenir. J’ai pu échanger avec mon fils (il a apprécié que je lui reparle de son cousin qui a été harcelé également alors que son cousin est le costaud -sportif-tête brulée de la famille => effectivement le harcèlement ne touche pas que les roux mais il touche ceux chez qui on ressent une faiblesse/différence). J’ai pu échanger avec son professeur principal et j’ai apprécié son mail la veille de la rentrée pour me rassurer sur le fait que mon fils serait dans une autre classe avec un camarade qu’il apprécie. Mais j’ai découvert que les enfants n’ont pas la possibilité de se confier s’ils ont un problème au collège. J’ai découvert que les parents, les éducateurs, les professeurs, les enfants sont démunis par le harcèlement. Enfin j’ai découvert le jeu des 3 figures de serge Tisseron et j’aimerai tellement que ce soit un outil communiqué et utilisé à l’école et au collège…

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    • 6 octobre 2016 à 16:31
      Permalink

      Oui il y a des tas d’outils qu’on peut utiliser.
      Je pense que la 1e chose serait que l’on arrête de minimiser la souffrance exprimée par les enfants. Ce ne sont pas parce que ce sont des enfants qu’ils ont de « petites » souffrances. Cela serait déjà un grand pas pour leur permettre d’exprimer ce qu’ils ressentent.

      Répondre

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