Peut-on se plaindre de ses enfants ?

Préambule : Je ne donne ni conseils ni solutions. Ma particularité est de proposer des expériences et des manières différentes de voir. C’est ce que vous trouverez dans cet article. Ce sont ces expériences qui vous aideront à changer concrètement les choses … A vous de vous jouer maintenant 🙂 …

peut-on se plaindre de nos enfants : la police de la bienveillancePeut-on se plaindre de ses enfants ? Vous avez déjà remarqué comment la police de la bienveillance règne quand on le fait ? (notamment sur les réseaux sociaux). Vous avez osé un « Vivement la rentrée ! » début novembre ? Bien mal vous en a pris ! Vous avez surement été vertement tancé-e par ses agents. Comment ??? Un parent ose se plaindre de ses enfants, ces êtres merveilleux et exceptionnels qui ont besoin de toute notre attention et notre amour !!! « Plutôt que de vous plaindre de vos enfants, connectez-vous à eux et regardez comme ils sont géniaux ! » ai-je lu récemment.

Si tu te plains de tes enfants, c’est que tu ne les aimes pas …

En implicite derrière ça, la culpabilisation et la honte : oser dire que nous sommes soulagés de nous débarrasser de nos enfants ferait de nous des mauvais parents.

Dois-je être connecté-e à eux 100% du temps ? Dois-je AIMER passer du temps avec eux TOUT le TEMPS ? Vraiment tout le temps ? Si vous y arrivez, c’est super pour vous ne changez rien.

Mais si vous n’y arrivez pas, bonjour la culpabilité ! Pour vous soulagez, je vous conseille la lecture de cet article « comment vouloir être bienveillante m’a (presque) rendue maltraitante« .

Faut-il vraiment être 100% disponible pour ses enfants ?

Dans l’absolu, je ne suis pas contre l’idée d’être 100% disponible. Pourquoi pas ? Ce serait peut-être merveilleux. Ou pas.

Pour ma part, je trouve excessivement pénible d’avoir quelqu’un qui serait sans arrêt derrière peut-moi, disponible, à vérifier que tout va bien pour moi, à m’observer en permanence. Vous savez comme dans ces restaurants chics où le serveur arrive pour remplir votre verre juste au moment où vous tendiez la main vers la bouteille. Ca me donne la sensation d’être observée et assistée et je déteste ça.

Et pour les enfants, c’est la même chose. Les enfants ont besoin de sécurité = de savoir qu’ils peuvent compter sur nous en cas de problème. Ils n’ont pas besoin que tous leurs problèmes soient résolus avant d’apparaitre.

Pour exprimer son besoin, il faut avoir senti le manque.

Si je suis tout le temps présente, disponible, attentive, à quel moment ai-je permis à mon enfant de ressentir le manque, le besoin ? S’il ne l’a pas ressenti, comment peut-il l’exprimer ?

Se plaindre de nos enfants, c’est vraiment un problème ?

Et puis, sérieusement, les enfants, ça saoule à certains moments non ? Ca fait du bruit, ça dérange, ça insiste. Ce n’est pas un problème en soi, fait partie de leur nature. Mais ça peut aussi être pénible.

On peut adorer ses enfants et, par moments, les trouver carrément insupportables. Sérieusement, sincèrement. L’amour – filial, parental, conjugal, et même l’amitié – n’est pas un long fleuve tranquille. Et on peut s’aimer et se détester par moments (pensez juste à votre conjoint/compagne 5 secondes et osez me dire les yeux dans les yeux qu’il/elle ne vous insupporte JAMAIS).

L’amour, c’est comme le soleil : par moments, on ne le voit pas. Soit parce qu’il y a de gros nuages noirs. Soit parce que c’est la nuit. Mais il finit par revenir. La présence des nuages ou la nuit ne signifient pas qu’on ne s’aime plus mais juste qu’on a un (mauvais) moment à passer.

Se plaindre de nos enfants, ça pourrait même nous aider …

A la différence de la météo, nous avons du pouvoir sur ce que nous ressentons. Pas directement évidemment. Des fois, le simple fait de dire qu’on en a marre, ça aide : on a exprimé, on trouve un certain soutien (« purée, moi aussi, je compatis« ), des solutions (« ça te dit qu’on fasse une sortie ce week-end ? » ou « je te les garde un moment dimanche si tu veux« ).

Le dire a aussi l’avantage de nous aider à nous poser les bonnes questions : que puis-je faire pour améliorer les choses ?

Ancient Egypt papyrus scroll cartoon vector with hieroglyphs and Egyptian culture religious symbols, Ra, sun god at night sails in boat on underground river and fights with chaos god serpent Apophis

Alors évidemment, quand le soleil n’est pas là, c’est flippant surtout si on a peur qu’il ne revienne pas. Mais quand on a acquis la certitude qu’il va revenir, ça ne l’est plus. Vous posez-vous chaque soir la question de savoir si le dieu soleil Râ va gagner son combat contre le serpent Apophis ? Probablement pas. C’est pareil dans vos relations : ce n’est pas parce qu’on se déteste pendant un moment qu’on ne s’aime plus, surtout avec ses enfants. Et les enfants ont précisément aussi besoin de faire l’expérience qu’une relation a des hauts et de bas pour acquérir la confiance dans notre amour.

A vouloir supprimer tous les bas, à trop nous justifier quand il y a des bas (même si des fois notre attitude mérite une demande de pardon), nous faisons passer le message qu’il y aurait le moyen que tout aille toujours bien.

Les bas deviennent alors des problèmes à résoudre absolument … et toute difficulté de communication devient alors le signe que la relation a du plomb dans l’aile, ce qui est angoissant … et qui est tout sauf vrai.

Alors fu** la police de la bienveillance : osez vous plaindre ! Osez dire quand ça ne va pas ! Osez même envoyer paitre votre entourage quand il est trop pénible (oui même votre partenaire !!!).

Ca vous fera surement du bien et ça vous aidera aussi à trouver de l’aide quand vous en avez besoin et ça peut même enrichir la relation et créer de la sécurité.

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Sandrine Donzel

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5 pensées sur “Peut-on se plaindre de ses enfants ?

  • 25 novembre 2019 à 08:19
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    Cent pour cent d’accord ! J’adore mes enfants, mais il arrive qu’ils me saoulent, qu’ils aient des mouvements d’humeur. Chacun doit apprendre à composer dans sa vie avec ses mouvements d’humeur et ceux des autres, les enfants doivent apprendre aussi que certains de leurs comportements risquent de mettre de mauvaise humeur les autres, et ne pas confondre cet agacement, cette mauvaise humeur avec un désamour, un abandon.

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  • 25 novembre 2019 à 08:20
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    J’ajoute que c’est dans ces moments qu’il est précieux d’être deux dans le couple et de pouvoir se passer le relais. Combien de fois j’ai dit à mon mari quand ils étaient petits surtout : « occupe-t-en là, parce que je ne le/ la supporte plus, je vais sortir de mes gonds » et il le faisait et de même dans l’autre sens évidemment.

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  • 25 novembre 2019 à 14:18
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    L’art de prendre un peu de distance avant l’orage… Pas facile au quotidien mais parfois ça m’arrive de le faire et de sentir physiquement mes batteries se recharger, une perfusion d’énergie qui me redonne la force « d’affronter » le moment sensible du coucher. A la toussaint, nous avons laissé les enfants (2 et 5 ans) chez leurs grands-parents.4 jours pour la première fois depuis la naissance de l’aînée ! Et bien au bout de quatre jours nous avons admis que nos enfants ne nous ont pas manqué même si nous étions super heureux de les retrouver. Et le top c’est que notre grande m’a dit qu’on ne lui avait pas du tout manqué. Comme quoi le besoin de distance peut parfois être réciproque…

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  • 26 novembre 2019 à 15:36
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    En voilà un super article ! Je me souviens il y a peu de temps, sur facebook circulait une image extraite de je ne sais quelle série ou alors image inventée de toutes pièces représentant un couple vautré par terre, dans un champ dévasté, limite mourant, qui disait « ah, ça y est, ils sont couchés…on les aime hein…mais ils nous auront bien cassé les c…quand même ».J’avoue que même si la mise en forme du propos n’était pas très fin, j’avais quand même bien ri avec mon mari. Et bien visiblement, comme disait Desproges, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui…fallait voir certains commentaires ouh là là !!!! cretinas paraissaient outrés qu’on puisse dire ça de nos enfants.
    Alors pardon, mais j’aime mes enfants de façon inconditionnelle mais force est de constater que le besoin des asultes n’est pas le même que celui de mes deux petits garçons…moi qui aime bien être seule et pénarde de temps en temps, une journée entière avec eux est certes super sympa, mais quand même, ils m’auront bien enervée 5 ou 6 fois dans la journée…pas volontairement en plus, mais plus parce que ce sont des enfants et que la nature même d’un enfant est parfois..hum hum…comment dire…pas de tout repos.
    J’ai l’impression que ça, ben on peut pas le dire…(à certaines personnes j’entends), pourtant je trouve que ça fait du bien de dédramatiser et d’en rire avec des copines, de se raconter des petites anecdotes histoire de décompresser. Après, c’est vrai que je choisis aussi les personnes, car certaines vivent des drames avec leurs enfants alors bon, j’ai moyen envie de me plaindre de broutilles. J’aurais plein d’autres trucs à ajouter mais je vais devoir vous quitter là. Ah oui, parole de ma mère qui m’a toujours fait rire : »les parents qui disent que leurs enfants étaient pas pénibles, soit ils sont menteurs, soit amnésiques ». (bon, on a un humour particulier dans la famille).

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  • 28 novembre 2019 à 08:16
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    J’approuve et me retrouve dans tout ce qui a été dit… par contre nous avons laissé très peu nos enfants à leurs grands-parents, surtout les garçons, et surtout, surtout le petit dernier, au motif que nous étions les seuls à pouvoir le supporter… plus ils vieillissent, moins ils savent gérer les émotions des petits… alors que nous, c’est plutôt le contraire (un café, Sandrine?! ;D)

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