La place de la punition dans l’éducation

La punition a-t-elle une place dans l’éducation ?

Beaucoup d’éducateurs – parents, enseignants, etc – se posent cette question. J’y réfléchis moi-même depuis que je suis devenue mère et encore plus depuis que j’accompagne des parents. Il y a quelques années, dans un article qui avait fait pas mal de bruit à l’époque intitulé « à quoi ça sert de punir ? », j’avais conclu que la punition ne servait pas à grand chose.

Depuis, j’ai continué à y réfléchir. Mon avis n’a pas fondamentalement changé mais j’ai pu nuancer et approfondir le sujet. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce n’est pas de vous dire si la punition c’est bien ou mal. Je veux surtout préciser comment fonctionne la punition pour vous aider à décider quelle place vous voulez lui donner dans votre propre éducation.

Ca vous intéresse ? Alors zou, c’est parti pour parler punition.

EP. 44 : Quelle est la place de la punition dans l'éducation ? – Du côté des parents !

Tout parent ou éducateur a un jour hésité avant de punir. Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? Est-ce que je ne suis pas en train de reproduire ce que j'ai subi ? Et si je ne punis pas, est-ce que je ne laisse pas mon enfant sans cadre ?Un vrai casse-tête, d'autant plus qu'on nous a rarement expliqué comment ça marche, une punition.Dans cet épisode, on démêle enfin le vrai du faux :Pourquoi la punition nous paraît-elle si naturelle ?Pourquoi échoue-t-elle si souvent ? Que faire à la place ? 💡 Pourquoi écouter cet épisode ? Si vous vous êtes déjà senti démuni entre l'envie de punir et la crainte de le faire mal – ou si vous voulez simplement comprendre ce qui se joue vraiment dans la tête de votre enfant quand vous le sanctionnez , cette vidéo est pour vous.— 🔗 LIENS ET RESSOURCES 🔗 —-mon blog pour toutes les ressources de l'épisode et une retranscription complète : https://blog.scommc.fr/la-place-de-la-punition-dans-leducation/Vous abonner à ma newsletter :⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ https://blog.scommc.fr/la-newsletter-du-podcast-du-cote-des-parents/⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Pour en savoir plus sur mon travail (conférences, formations et accompagnements) :⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://scommc.fr/⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Pour faire un don :⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ https://bit.ly/donducotedesparents⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠— 📩 POUR ME CONTACTER 📩 —-par mail : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠sandrine@scommc.fr⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠sur Facebook : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Sandrine Donzel – S Comm C⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠sur Instagram : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Sandrine Donzel⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠sur LinkedIn : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Sandrine Donzel⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠— CREDITS —–Musique : Guiton Sketch de Kevin MacLeod , licence : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Source : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠http://incompetech.com/music/royalty-free/index.html?isrc=USUAN1100473⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Artiste : ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠http://incompetech.com/⁠⁠⁠

Pourquoi avons-nous envie de punir ?

Alors pourquoi on punit ? Pourquoi cette idée nous paraît-elle si naturelle, si évidente, presque instinctive ?

Certains pourraient dire que c’est lié à notre éducation, qu’on a appris comme ça … et qu’il faut le changer.

Mais en réalité, la réponse est dans la manière dont on apprend tous sans exceptions : enfants, adultes, et même animaux.

Et ça, c’est assez bien étudié. Il y a même un courant en psychologie qu’on appelle la psychologie comportementaliste, et qui étudie exactement ça : comment un être vivant apprend à faire ou à ne pas faire quelque chose. Et ce sont donc quelques principes de bases de la psychologie comportementaliste que je vais vous exposer dans cette 1ère partie.

Le principe est assez simple. Chacun de nos comportements peut être environné de 2 choses : ce qui le précède – on appelle ça les antécédents – et ce qui le suit – les conséquences. Et selon que ces antécédents et ces conséquences sont agréables ou désagréables, notre comportement va se renforcer (on va avoir avoir envie de le reproduire plus souvent) ou s’affaiblir (on va avoir moins envie de le reproduire).

Quand un comportement est entouré de choses plutôt agréables – on dit aussi appétitives – on appelle ça un renforcement. Le renforcement a tendance à favoriser la réapparition du comportement. On est encouragé, motivé à refaire la même chose, parce qu’on anticipe quelque chose d’agréable.

Par exemple, quand un bébé babille, ses parents sont contents, ils viennent vers lui, ils lui rendent son babil … et le bébé trouve ça fort agréable et ça lui donne envie de reproduire son babil.

Autre exemple, plus complexe : si vous vous rappelez la 1e fois que vous avez bu du café ou du vin rouge ou pour les fumeurs la 1e fois que vous avez fumé une cigarette, vous avez sans doute trouvé ça assez désagréable. Et pourtant vous avez probablement continué à en consommer, alors même que ça vous demandait un effort et que vous ne trouviez pas ça fou fou comme expérience. Mais si vous avez fait cet effort, c’est surtout parce que le contexte autour était généralement agréable, convivial que vous y trouviez un bénéfice – donc un renforcement – et que ça vous a donné le goût de continuer à faire quelque chose de pas hyper agréable à la base, jusqu’à finir par apprécier ce qui vous paraissait difficile au début.

A l’inverse, quand un comportement est entouré de choses plutôt désagréables, ça va plutôt contribuer à réduire sa fréquence, voire à le faire disparaitre complètement.

Je vous donne un exemple très concret : si vous mangez des fruits de mer avariés et que vous êtes très malade, les vomissements ont un effet aversif très fort. Autrement dit : c’est extrêmement désagréable. Et pendant un bon moment, vous serez dissuadé de manger à nouveau des fruits de mer. C’est une réaction protectrice.

Votre cerveau a enregistré : ce comportement-là, ça finit mal, mieux vaut ne pas refaire.

Ces antécédents et ces conséquences aversives, c’est ce qu’on appelle en psychologie comportementaliste des punitions.

Au sens courant, la punition a parfois un tout autre sens. On veut souvent la distinguer de sanctions ou autres, mais je ne trouve pas cette distinction hyper pertinente parce que, comme vous allez le voir dans la suite de cet article la distinction entre une sanction et une punition est en réalité la différence entre une punition qui respecte les règles qui la rende efficace … et une punition qui ne respecte pas ces règles.

Notez bien donc que quand j’utilise le mot punition dans cet épisode je le fais dans ce sens de conséquences aversives, au sens strictement comportementaliste donc. Pour simplifier aussi je ne vais pas parler des antécédents – ce qui précède un comportement. Ca compliquerait un peu trop le propos, mais gardez en tête qu’on peut avoir des antécédents punitifs.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que nous faisons TOUS nos apprentissages de cette façon : avec une alliance de renforcement et punitions, c’est à dire de conséquences positives et négatives.

Et c’est bien la conscience de ce fait avéré qui nous amène à penser que les punitions – c’est à dire des conséquences négatives à un acte – peuvent une place importante dans l’éducation. Et ce point de vue est effectivement strictement incontestable.

Bon mais alors la punition en éducation c’est bien ???

Si vous me connaissez depuis longtemps vous êtes sans doute en train de vous dire « mais elle est tombée sur la tête la Sandrine là ? Elle nous dit l’inverse de ce qu’elle a toujours dit, à savoir que la punition c’est tout pourri et ça ne marche pas ! ».

Mais en fait, non je ne dis pas l’inverse …

Je dis que oui les conséquences négatives – les punitions donc – sont très éducatives … mais que les punitions telle qu’elles sont généralement utilisées et appliquées sont effectivement très peu efficaces et provoquent assez souvent exactement l’inverse de ce qu’on voulait obtenir.

En résumé : la punition est un outil extrêmement difficile à manier contrairement à ce qu’on pense généralement.

Alors pourquoi ? Eh bien parce que pour qu’une punition fonctionne – vraiment fonctionne, c’est à dire produise un effet éducatif sur le long terme, pas juste faire obtempérer l’enfant deux minutes et après ça recommence – il faut que pas mal de conditions soient réunies en même temps. Et c’est là que ça se complique.

Première condition pour que la punition soit efficace : il faut que la personne punie soit en capacité de faire autre chose dans la même situation.

Un exemple : si vous vous mettez à rougir en public, cette réaction est absolument hors de votre contrôle. Si vous êtes puni à chaque fois que vous rougissez, cela ne va pas vous aider à moins rougir. Vous allez juste vous sentir horriblement nul, ça va créer du stress parce que vous aurez peur de rougir. Ce stress réduit vos capacités à réagir d’une manière plus adaptée ou plus conforme à ce qui est attendu.

Dans le cas des rougissements, le comportement attendu – ne pas rougir – est totalement hors de votre contrôle et recevoir une punition pour ce comportement va augmenter votre stress et donc vos rougissements.

De la même manière un enfant débordé par une émotion et qui ne sait pas encore la réguler peut être stressé par une punition, ce qui va augmenter son émotion et donc augmenter la probabilité qu’il se conduise de la « mauvaise » manière (c’est à dire de la façon dont on ne souhaitait pas qu’il se comporte).

C’est souvent dans ce type de contexte qu’on crée de l’anxiété, ou des apprentissages rigides qui peuvent causer des dommages par la suite. Un apprentissage trop rigide peut empêcher la personne de le remettre en cause alors que ça pourrait être adapté de le faire.

Un exemple : si une personne a fait l’apprentissage rigide qu’il vaut mieux ne pas exprimer ses émotions, le jour où elle aurait besoin de le faire – par exemple dans le cadre d’une relation de couple – il se peut qu’elle en soit empêchée et que cela crée de la souffrance.

C’est pour cela que les punitions appliquées par les adultes sont souvent mal venues dans la petite enfance. Durant cette période, les enfants sont en phase d’apprentissage et ils ont besoin de pédagogie, d’explications, de « démonstrations » au sens de leur montrer comment faire autrement plus que d’être réprimandés, grondés ou punis.

Deuxième condition pour qu’une punition fonctionne : il ne faut pas que le comportement puni soit renforcé par ailleurs.

Autrement dit : il ne faut pas que ce comportement procure du plaisir, de la satisfaction, qu’il demande beaucoup moins d’efforts que l’alternative proposée.

Je vous donne un exemple très concret : vous avez un enfant qui fait le clown en classe. Il est puni en classe, vous le réprimandez à la maison, voire même vous le punissez pour marquer le coup.

Mais à l’école, ses camarades rient. Et ce rire, c’est un renforcement extrêmement puissant, beaucoup plus puissant que n’importe quelle punition malheureusement pour les adultes. Le plaisir procuré par le fait de faire rire est tout simplement trop grand.

Votre punition va être balayée par le bénéfice immédiat que l’enfant retire de son comportement.

Si vous voulez que l’enfant arrête de faire le clown il serait bien plus efficace de retirer le renforcement (les rires et l’amusement des autres) que de le punir pour qu’il change de comportement.

Je reprends mon exemple des fruits de mer pour illustrer cette notion de renforcement et sa force : si vous avez pendant longtemps pris du plaisir à manger des fruits, il arrivera presque certainement un moment où la sensation désagréable du vomissement va s’estomper et où le plaisir va vous revenir à l’esprit.

A ce moment là vous allez avoir à nouveau envie de manger des fruits de mer.

Vomir vous aura peut-être rendu plus prudent sur la qualité des fruits de mer que vous allez consommer. Mais cela ne vous aura probablement pas dissuadé d’en remanger.

Ça veut dire quoi concrètement ? Que la punition n’est efficace que si elle est réactualisée à chaque fois que le comportement apparaît. Sinon, ses effets s’estompent dans le temps. Et ça, en éducation, c’est extrêmement difficile à tenir dans la durée.

J’ajoute en plus que lorsque le plaisir est immédiat (quand on fait rire ses potes) et la conséquence punitive retardée dans le temps (la punition), l’effet qui l’emporte est l’effet le plus immédiat. Donc on a toujours une longueur de retard avec la punition.

Et dernier point : il y a aussi une habituation naturelle, aussi bien à l’agréable qu’au désagréable.

Troisième condition : la punition doit être perçue comme juste par celui sur lequel elle s’applique.

Et là, c’est probablement la condition la plus difficile à remplir. Parce que la justice, c’est une évaluation subjective. C’est l’enfant – ou la personne à qui s’applique la punition – qui juge si la punition est proportionnée ou non.

Si la conséquence est trop faible par rapport à ce que l’enfant estime être sa faute, il se dit « bon, finalement, ça ne coûte pas grand-chose, je n’ai pas de raison de ne pas recommencer ».

Si la conséquence est trop forte par rapport à ce qu’il estime avoir fait, il se dit « c’est injuste, c’est disproportionné ».

Et cette injustice va générer de la colère, colère qui va occuper une partie de son espace mental et le distraire de réfléchir à ses responsabilités.

Réfléchir à ses responsabilités est en effet coûteux cognitivement parlant : ça demande de lutter contre soi-même, de chercher des solutions nouvelles, d’imaginer des efforts. C’est donc un peu punitif en soi. Retenez bien ça parce que j’y reviendrai par la suite.

Se plaindre d’injustice est beaucoup moins coûteux en efforts cognitifs, donc moins punitif, parfois même renforçant parce qu’on s’auto-valorise en rejetant la faute sur les autres.

L’injustice ressenti de la punition détourne l’énergie qui aurait dû aller vers la prise de responsabilité.

Ça voudrait donc dire que toute punition devrait être précédée d’un échange : « Toi, tu en penses quoi de ce que tu as fait ? Et d’après toi, moi, qu’est-ce que j’en pense ? Et qu’est-ce que ça mériterait comme sanction ou conséquence ? » Ce genre de discussion est passionnante – et souvent surprenante. Parce que la plupart du temps, l’enfant se montre bien plus sévère avec lui-même que nous ne l’aurions imaginé.

Encore faut-il que cet échange soit honnête évidemment. Et il ne peut l’être que si l’enfant n’a pas peur d’être puni. Parce que dès qu’il a peur de la punition, son intérêt, ce n’est plus de réfléchir à ce qu’il a fait – c’est de minimiser pour limiter la casse et réduire la punition.

Les 3 effets de la punition selon Skinner : Qu'elles soient adminnistrées par la police, par les enseignants ou par les parents, les punitions produisent toujours les 3 mêmes effets : fuite ou absence, contre attaque (vandalisme, agression) ou apathie.

Ce qui me fait dire aussi que si vous comptez sur la peur de la punition pour changer le comportement d’un enfant et l’amener à être plus responsable, vous faites fausse route. Ce que vous allez provoquer, ce sont plutôt les effets secondaires négatifs de la punition : évitement, mensonge, dissimulation, etc.

Quatrième condition : la punition ne doit pas être appliquée dans un cadre de conflit de pouvoir.

Quatrième condition – que j’avais longuement abordée dans mon épisode sur l’illusion du contrôle parental il me semble : la punition – et même le renforcement – ne peuvent donner des effets positifs qu’en l’absence de conflit de pouvoir

Avoir du pouvoir sur les autres est renforçant pour les animaux sociaux et hiérarchiques que nous sommes. Et c’est d’autant plus renforçant qu’on a le sentiment à la base d’être soumis à la volonté plus ou moins arbitraire d’une autre personne.

Dans ce contexte, l’opposition, la rébellion, la provocation, l’insolence même donnent le sentiment de reprendre du pouvoir sur celui qui nous domine et sont donc profondément renforçants.

Quand l’enfant produit le comportement non désiré malgré la punition, il met l’adulte qui a cherché à le contraindre en échec.

Mais l’adulte sentant le contrôle lui échapper et sentant bien aussi la tentative de s’opposer à son autorité va tenter de retrouver du contrôle en augmentant la sévérité de la punition.

Ce faisant il produit 2 effets : il augmente l’injustice perçue par l’enfant et donc entretient son glissement vers l’opposition plutôt que vers la responsabilisation. Il confirme aussi à l’enfant qu’il y a bien là un endroit où l’enfant a le pouvoir de le faire enrager … Ce dont il ne va en général pas se priver.

On peut d’ailleurs en conclure une règle qui est en général en 1e page de tout bouquin comportementaliste sur la punition : si une punition doit fonctionner, elle fonctionne avec des punitions de faible intensité et assez peu répétées. S’il faut beaucoup augmenter l’intensité et/ou la fréquence des punitions, c’est que la punition n’est PAS la solution et qu’il est urgent de faire autre chose.

Et puis il y a une dernière chose, qui n’est pas une condition mais une constante : la punition appliquée par une personne extérieure est moins efficace qu’une conséquence naturelle.

Vous vous souvenez de mon exemple des fruits de mer ? La conséquence est venue de l’environnement. Personne n’a décidé de vous rendre malade. Personne n’a dosé, modulé, appliqué cette punition avec plus ou moins de rigueur ou de sévérité selon son humeur et son avis sur la question.

C’est la réalité qui a parlé.

Ce qui fonctionne dans ce cas, c’est précisément le caractère incontournable et indiscutable de la conséquence naturelle : elle nous oblige à en tenir compte, sans négociation possible ni rejet de l’inconfort sur quelqu’un d’autre. Nous sommes obligés de faire avec.

Mais nous aspirons collectivement de plus en plus à respecter nos enfants, à ne pas leur faire subir des choses injustes. Cette aspiration que je partage au plus profond de moi-même n’est pas seulement individuelle, elle est aussi celle de notre époque, qui veut plus d’égalité dans nos relations.

Cette aspiration à plus d’égalité se traduit par la volonté de prendre en compte les besoins et les ressentis de chacun. Il n’y a pas des points de vue qui comptent et d’autres qui ne comptent pas. C’est une très belle aspiration, c’est grâce à elle qu’on peut dénoncer des abus de toutes sortes.

Mais cette préoccupation fait que certaines conséquences que nous annonçons deviennent négociables. Nous nous demandons si elles ne sont pas trop dures, trop rigides, trop injustes. Et nous rentrons dans la discussion.

Toute personne normalement intelligente – ici l’enfant – va saisir de cette occasion et chercher à adoucir son traitement. Les conséquences – donc la punition – deviennent négociables.

Ce qui lui fait perdre une grande partie de son pouvoir puisque justement une partie de l’énergie qui aurait dû être consacrée à réfléchir à ce qu’on peut faire pour les éviter est utilisée pour réduire leur effet négatif.

Donc pour que ce soit responsabilisation, une punition ne doit pas être négociable. Si elle est négociable, ce n’est plus une punition efficace.

Ce qui fonctionne j’insiste, c’est précisément le caractère incontournable et indiscutable de la conséquence naturelle : elle nous oblige à en tenir compte, sans discussion ni négociation possible.

Mais alors si la punition ne fonctionne pas, on fait quoi ???

Alors je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites « mais Sandrine, si pour qu’une punition marche il faut que l’enfant puisse faire autrement, qu’il ne tire aucun plaisir de son comportement, qu’il trouve la sanction juste, qu’on ne soit pas dans un rapport de force, et en plus qu’elle soit non négociable – à ce moment-là, autant ne jamais punir du tout, parce qu’on ne va jamais y arriver. »

En effet, toutes ces conditions rendent donc l’usage de la punition extrêmement délicat et en font un outil très souvent peu efficace, voire même contre productif.

Et vous vous sentez sans doute démuni.

Vous pensez peut-être je suis en train de vous dire que la seule solution est de tout laisser tomber et de croiser les doigts en espérant que l’enfant comprenne et s’éduque tout seul.

C’est une tentation évidente. Et ça peut arriver mais c’est un très heureux – et très rare – hasard. Mais la plupart du temps, même si nos enfants sont de bonne composition, il y a des sujets sur lesquels ils ont besoin d’éducation.

Mais rassurez-vous, je ne vous propose pas d’avoir la foi et d’attendre un miracle.

Parce que tous les obstacles que je viens d’aligner ont une solution. Cette solution, elle tient en un mot, un mot que j’ai déjà utilisé souvent dans mes précédents épisodes.

Un concept qu’on croit connaître, mais qu’on applique en réalité beaucoup moins souvent qu’on ne le pense, influencés que nous sommes par l’efficacité supposée de la punition.

Ce concept, c’est la responsabilisation.

Et c’est ça que je veux approfondir maintenant.

La responsabilisation plutôt que la punition, concrètement

Premier principe de la responsabilisation : donner du sens.

C’est la toute première chose à faire. Quand on a compris pourquoi on nous demande quelque chose, il est souvent plus facile de respecter la règle. Montrer qu’on chercher la coopération plutôt que l’obéissance est un préalable qui peut aider à faciliter les choses aussi.

Mais ça ne suffit pas, sinon vous ne seriez pas là à m’écouter.

Deuxième principe de la responsabilisation : laisser les conséquences naturelles le plus possible

Et ça, c’est probablement le principe le plus contre-intuitif de tout cet épisode. Parce que la plupart du temps, on ne punit pas assez peu — on punit trop, oui — mais surtout, on rate la conséquence naturelle. On la rate de deux façons.

La première, c’est qu’on la moralise. Vous connaissez tous le fameux « tu vois, je te l’avais bien dit ! », « tu vois si tu avais fait ce que je te demande, on n’en serait pas là ! ». Je comprends parfaitement l’envie derrière cette phrase : renforcer l’idée chez l’enfant qu’il peut décider d’agir autrement.

Et bien figurez-vous que ça, ça a très souvent pour effet d’énerver l’enfant, de lui donner envie de nous envoyer paître, plutôt que de lui donner envie de réfléchir à comment faire mieux la prochaine fois. Le sermon retourne contre nous l’effet de la conséquence.

La deuxième façon de rater la conséquence naturelle, c’est qu’on la négocie ou qu’on la compense. Et ça, c’est le piège le plus insidieux, parce qu’on le fait par amour, par bienveillance, par confort aussi parfois.

Je vous donne l’exemple classique. On essaie d’inciter l’enfant à faire ses devoirs en début de week-end plutôt que de se retrouver le dimanche soir dans l’urgence. On le lui rappelle, ça râle, ça peste, ça ne veut pas se mettre au boulot. Et puis on lâche un peu, parce que ça coûte énormément d’énergie d’insister et qu’on a autre chose à faire de notre week-end.

Et arrive le dimanche soir, et à 21 heures l’enfant en panique : « ah mais j’ai mon exposé de géo ! ». Et là, qu’est-ce qu’on fait ? On l’aide à le faire.

Et donc, évidemment, non seulement notre sermon agace l’enfant … mais quand on se met au boulot avec lui, on annule tout.

Ce qui aurait pu le motiver à s’y mettre plus tôt la fois suivante c’est le stress de devoir tout faire en dernière minute, le coucher tard, la fatigue du lendemain, la mauvaise évaluation, la remarque de l’enseignant.

Par crainte que la conséquence soit trop dure, trop décourageante, on l’atténue … Et on détruit du même coup son effet éducatif.

Alors à la place, il y a une phrase. Une seule. Ma phrase fétiche. Et je vous jure qu’elle est d’une efficacité redoutable :

« Mince. Mais comment tu vas faire ? »

« Tu n’as pas fait tes devoirs. Mince, c’est embêtant. Comment est-ce que tu vas faire ? ». C’est tout. Pas de morale, pas de menace, pas de compensation.

Juste l’enfant renvoyé, avec douceur, vers la conséquence de son choix. C’est une posture extrêmement éducative.

C’est exactement ça, responsabiliser : on ne fait pas à sa place, on ne punit pas par-dessus, on lui rend sa responsabilité.

Le manteau, c’est la même chose. Tu ne veux pas mettre ton manteau, tu vas dehors et tu as froid. C’est le meilleur apprentissage qui soit. À une seule condition : que personne ne vienne ni compenser — en glissant le manteau dans le sac « au cas où » – ni moraliser – en sortant le « je te l’avais bien dit ».

Alors évidemment je peux comprendre qu’on veuille éviter certaines conséquences à ses enfants. Mais il faut bien être conscient que, si on fait ce choix, on ne peut pas leur demander de s’autonomiser et on accepte de faire les choses à leur place chaque fois qu’ils n’auront pas envie de s’y mettre.

Je vous donne un exemple de ça : chez nous, les enfants ont appris à faire leurs lessives dès l’entrée en 6e. J’en avais marre de ne jamais retrouver mes affaires mélangées aux leurs sur l’étendage, marre de faire la chasse au linge sale. Mais évidemment pour leur transmettre cette responsabilité, je leur ai dit que s’ils ne lavaient pas leur linge, ils risquaient de se retrouver sans linge propre parce que je n’allais pas le faire à leur place.

Lorsque je parle de cela, certains parents me disent « mais et s’ils n’avaient pas lavé leur linge et avaient été moqués à cause de ça ? je ne veux pas prendre ce risque. » Je comprends cette crainte, et je la respecte. Je ne la partage pas pour mes enfants, ou plus justement : la réaction des autres devant un linge sale ou qui sent mauvais permet à l’enfant de comprendre à quoi ça sert de laver son linge. Elle est donc éminemment éducative. Pour ma part, je n’avais pas peur pour mes enfants, ni qu’ils soient harcelés s’ils oubliaient de laver leur linge, ni qu’ils soient surmenés à cause du lavage du linge (et je n’ai jamais refusé de faire leur lessive s’ils me le demandaient gentiment à l’occasion).

Mais si on accepte de pallier aux conséquences naturelles – choix que, encore une fois, je comprends parfaitement – alors on accepte l’inconvénient de ce choix : c’est à nous de porter la charge de cette tache et on ne peut plus reprocher à l’enfant de ne PAS la prendre en charge.

Notez en passant que lorsque les parents que j’accompagne font le choix CONSCIENT de prendre en charge, ils sont notablement soulagés : ils se sentent moins frustrés, ont moins le sentiment de subir que, quand ils étaient pris entre 2 feux en cherchant à responsabiliser tout en compensant.

Cette question se pose souvent pour les enfants avec des troubles, notamment TDAH. On a souvent tendance à les prendre en charge en estimant qu’ils sont incapables de le faire par eux-même et par crainte que les conséquences soient trop dures à vivre pour eux ou les handicapent sur le long terme. C’est un choix difficile à assumer, et pourtant la responsabilisation réelle – en allant au bout des conséquences – est aussi le seul moyen de voir les capacités réelles de l’enfant.

Cela peut être une expérience temporaire pour pouvoir décider ce que vous voulez vraiment prendre en charge et ce que vous laissez l’enfant gérer (mais je reviendrai là dessus par la suite).

Troisième principe : quand la conséquence naturelle est trop lointaine, on renforce le comportement qu’on veut voir … ou bien on laisse le choix

La conséquence naturelle a parfois ses limites. Reprenons les dents. Ce n’est pas parce que je ne me lave pas les dents ce soir que demain matin j’aurai mal aux dents. La conséquence est beaucoup trop loin, beaucoup trop abstraite notamment pour un petit enfant qui ne se projette pas comme nous.

Citation de Christophe André : la punition sert éventuellement au maintien de l'ordre et non à créer une ambiance psychologique propice au changement personnel"

C’est là qu’on peut utiliser le renforcement. On rend le moment agréable, ludique : on le fait avec l’enfant, on met une petite musique, on met une gommette chaque fois que ça s’est bien passé.

Le renforcement est beaucoup plus efficace pour faire apparaître un comportement que la punition ne l’est pour le faire disparaître. C’est la grande leçon de la psychologie comportementaliste, et c’est celle qu’on retient le moins.

Mais évidemment – et je l’ai déjà souligné dans mon épisode sur l’illusion du contrôle parental – si on est entrés dans un conflit de pouvoir où on veut absolument que l’enfant fasse « le bon choix » (celui qui nous parait le bon en tout cas), alors il est fort probable que le renforcement ne marche pas non plus.

L’alternative, c’est de remettre une partie du choix dans les mains de l’enfant. Toujours avec les dents, ça donne à peu près ça :

« Tu as le choix. Soit on fait en sorte, toi et moi, que ça se passe bien et vite – et je sais que ça va te demander un effort et que tu n’en as pas du tout envie – et dans ce cas j’aurai encore le temps et l’énergie de te lire une histoire. Soit ça ne se passe pas bien, ça prend beaucoup de temps, et dans ce cas il n’y aura pas d’histoire ce soir. Mais c’est toi qui choisis. »

Et là, deux cas :

  • L’enfant fait le choix coopératif. Super. On note l’effort, on renforce : « génial, je vois que tu as fait l’effort, merci beaucoup. On a le temps de lire l’histoire, c’est génial. »
  • L’enfant fait l’autre choix. Il fait le fou, il traîne, ça nous épuise. Et là, la conséquence s’applique – mais avec le moins d’émotions possible : « Je suis vraiment désolée, mais là, ça ne va pas être possible de lire une histoire. » Évidemment, l’enfant va pleurer, va crier. On reste empathique, mais ferme : « Je vois bien que c’est très dur pour toi, vraiment je suis désolée. Mais demain tu auras l’occasion de faire un autre choix. Je te fais un gros câlin, je te souhaite une bonne nuit, à demain. »

Pourquoi autant de calme ? Parce que vous vous souvenez de ce que je vous ai dit : dès qu’on est dans l’émotion, dès qu’on est en colère et qu’on veut que l’enfant fasse, on est dans le conflit de pouvoir. Et alors on n’est plus dans la responsabilisation, et surtout l’enfant va s’opposer parce qu’on impose plus que par désaccord.

La conséquence doit rester une conséquence et ne jamais glisser vers une punition relationnelle.

Alors attention, ce n’est pas magique. Quand on a longtemps fonctionné en conflit de pouvoir, il faut souvent plus de temps avant que l’enfant coopère plus spontanément.

Mais dans l’immense majorité des cas, je peux vous le dire, quand on traite les enfants comme des personnes compétentes et responsables, ils finissent par se comporter comme tels.

J’avais abordé longuement aussi ce sujet dans mon article « quelle est la différence entre menacer et poser une limite ? » que je vous invite à lire en complément de cet épisode. Cela demande évidemment beaucoup d’éthique personnelle pour ne pas abuser de ces choix. Moins il y en a et plus ils sont efficaces. Plus ils se placent dans une relation respectueuse, plus ils sont efficaces.

Et surtout : plus ils nous semblent incontournables parce que continuer dans l’ancienne voie apporte trop de conflits, de frustrations et d’énervements chez nous, plus ils apporteront du soulagement en réduisant la frustration et un apaisement relationnel souvent notable puisqu’on cesse de lutter contre son enfant.

Dernier principe, dans la continuité de ce que je viens d’évoquer : assumer parfois la contrainte

Il y a des sujets sur lesquels on ne veut pas lâcher – la santé, la sécurité, certaines règles de vie. Quand le sujet est trop important pour nous, il est essentiel de comprendre qu’il y a un prix à payer pour ne pas lâcher.

Ce prix à payer est : de l’opposition, du conflit un peu ou beaucoup, des tentatives pour contourner (qui peuvent aller jusqu’à la dissimulation ou au mensonge).

Si vous choisissez cette option, il sera alors important de bien vous rappeler que ces comportements ne sont pas « contre vous » mais la conséquence logique de votre choix d’assumer la contrainte.

C’est souvent la lutte contre ces comportements qui nous épuise et nous frustre.

Nous pensons que ces comportements sont la preuve que l’enfant se moque de nous et est irresponsable. Ce qui nous conduit à tenter de les faire disparaitre.

Alors qu’ils sont au fond juste le signe que l’enfant trouve la contrainte que nous lui imposons pénible et qu’il préférerait ne pas avoir à la subir. Ce qui est parfaitement normal et légitime … mais ne signifie pas qu’on doit changer quelque chose à la contrainte !

Si votre enfant veut traverser l’autoroute vous n’allez certainement pas le laisser faire, même s’il pleure, hurle et se débat parce qu’il n’apprécie pas que vous entraviez sa liberté.

Mais dans ce contexte, vous pouvez aussi reconnaitre que oui il vit une frustration et que c’est pénible pour lui.

Sur ce sujet, je vous invite à relire un autre de mes articles, celui sur le rôle de l’empathie et de l’accueil des émotions. J’y rappelle, à toutes fins utiles que l’empathie ne sert pas à faire disparaitre les émotions désagréables … mais à donner du courage pour affronter une situation difficile.

Quand on cesse de lutter contre la colère face à une contrainte qu’on impose, la coopération est beaucoup plus fréquente. Nos enfants ne veulent pas une absence de contrainte, ils veulent souvent simplement avoir le droit d’exprimer qu’ils sont en désaccord.

Pour finir, je reviens à ma question du début : la punition a-t-elle une place dans l’éducation ?

Vous l’avez compris, ma réponse est à la fois claire … et nuancée.

Oui, la punition – au sens des conséquences désagréables à un comportement – a toute sa place. Elle est même indispensable. On n’apprend rien sans conséquences désagréables.

Le froid du manteau oublié, la fatigue de l’exposé fait dans l’urgence, la déception de la note : tout ça éduque, et personne ne devrait nous faire croire le contraire.

Mais la punition que nous infligeons, nous, les adultes – celle qu’on applique, qu’on espère dissuasive – est un outil qui réclame une très grande délicatesse.

Il faudrait qu’elle soit juste, non négociable, réappliquée sans relâche, appliquée sans colère, et sur un comportement que l’enfant est capable de changer. En pratique, on rate presque toujours l’une de ces conditions. Et quand on persiste, on fabrique de la rébellion, de la peur, ou du mensonge.

Alors que faire, au fond ? Pas supprimer les conséquences vous l’aurez compris.

Plutôt être le moins possible celui qui les distribue. Les laisser le plus possible venir du réel, et cesser de compenser ou de moraliser.

Cela revient à rendre à l’enfant la responsabilité de ce qui lui arrive le plus souvent possible, sans entrer dans un conflit de pouvoir et en acceptant qu’il a le droit de faire parfois de « mauvais choix ». C’est comme ça qu’on apprend à en faire de meilleurs.

Et quand on choisit d’assumer une contrainte, ne pas rajouter une conséquence punitive – en voulant faire cesser les expressions de frustration – mais assumer que c’est désagréable est 10 000 fois moins frustrant pour les parents, et pour les enfants mais aussi beaucoup plus responsabilisant.

Merci de m’avoir écoutée. J’espère que cet épisode vous a aidé à mieux comprendre les enjeux et les pièges de la punition.

N’hésitez pas à me faire part de vos réactions et de vos questions, j’y répondrai avec plaisir !

Pour finir …

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Sandrine Donzel

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