Mercredi 9 décembre 2009 : le blues de la femme au foyer

Quand je travaillais, j’avais un espace, quelques heures par jour où je faisais des choses qui n’étaient pas instantanément détruites ou dérangées. J’avais même un endroit à moi, où je pouvais laisser mon bazar en sachant que j’allais le retrouver tel que à mon retour.

Là, je n’ai plus de travail … et cet espace personnel a disparu.

J’ai l’impression de ne plus avoir d’espace du tout.

C’est comme si je respirais dans une boite en sachant que je dois respirer doucement sous peine de ne pas avoir assez d’air.

Le licenciement est une négation de moi, de ce que je suis professionnellement parlant, de ce que j’ai été  pendant 6 ans au sein de mon entreprise.

Mais en plus de ça, durant les repas, je ne peux pas m’asseoir sans qu’un enfant veuille s’asseoir sur mes genoux ; je ne peux pas manger ou boire sans que quelqu’un veuille goûter ce que j’ai dans mon assiette ou dans mon verre ; je ne peux même pas aller aux toilettes seule …

Tout ce que je fais ou nettoie est instantanément dérangé ou sali par de petites mains ou même par les chats

Rien de ce que je fais n’est durable, tout est balayé comme si ça n’avait aucune importance. Comme si JE n’avais aucune importance, comme si je n’existais pas.

Sur le plan symbolique, je n’ai même pas d’endroit à moi dans la maison. Mon mari a son bureau, les enfants ont leurs chambres … Mais moi je n’ai … rien. Pas d’endroit où me retirer, m’isoler, pas d’endroit à moi, où je peux me poser.

C’est très symbolique mais ça prend tout son sens actuellement.
J’ai l’impression d’être niée, piétinée, écrabouillée en permanence, de ne plus exister.

Ce sentiment me rend agressive, comme si j’essayais désespérément de protéger mon espace vital.

Ca me rend méchante et même violente, envers moi-même mais surtout envers les autres.

J’ai parfois envie de taper, de faire mal, vraiment mal physiquement, par « méchanceté pure », juste pour le besoin viscéral de prouver que j’ai une existence physique.

 

Heureusement les occasions d’en arriver à cette envie de violence sont plutôt rares (grâce aux outils dont je dispose) mais ce sont toujours des moments très difficiles.

Chez moi, ce besoin s’exprime de cette façon, chez d’autres ce peut être des envies compulsives de bouffe, ou de l’alcool, ou bien encore des cigarettes, …

A moi maintenant de trouver des moyens plus sains de retrouver une « existence » …

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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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2 pensées sur “Mercredi 9 décembre 2009 : le blues de la femme au foyer

  • 18 janvier 2016 à 15:40
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    Je viens de tomber sur cet article…en congé parental (par choix) depuis 2 ans 1/2, je tombe sur cet article disais-je et je pleure de soulagement, je comprends ENFIN ce vieux fond d’agacement que j’ai en permanence…même si globalement, je suis heureuse de mon choix et je ne regrette pas une seule seconde…mais ça fait du bien quand même de lire cet article…

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    • 24 janvier 2017 à 16:26
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      Moi aussi je suis tombée au fil de recherches et de lectures sur cet article qui dit exactement ce que je vis aussi … Bien sûr qu’on est heureuses d’être des mamans ! Mais c’est aussi plein d’autres sentiments mêlés, et ce n’est vraiment pas tous les jours faciles, faut pas se voiler la face ! Je viens d’avoir un deuxième enfant, une petite fille de deux mois aujourd’hui, et ça a été très dur, je n’avais pas connu un tel désespoir franchement, après la naissance de mon premier enfant. Du coup, je suis restée sans comprendre ce qu’il se passait, et c’est très récemment que j’ai découvert toutes ces infos concernant le burn out maternel, quand j’ai vu que ça passait pas. J’ai beaucoup pleuré de fatigue, et j’avais l’impression que c’était la nuit, le jour, tout le temps sollicitée, jamais un temps mort, jamais un moment pour nous, les mamans, être là pour tout le monde, dispo, en forme, souriante, tenir une maison propre, et on rentre dans la maison les chaussures mouillées à travers tout le salon, comme si ce que vous faisiez ne comptait absolument pas … C’est pas grave après coup, on se dit qu’il y a beaucoup plus grave dans le monde, et que nous on a la chance d’être en bonne santé, bla bla bla … intellectuellement on sait tout ça, mais non, on ne peut s’empêcher de péter un plomb pour des bêtises … parce que c’est exactement ça, on a l’impression de ne plus avoir d’espace, de ne plus exister … Oui ça fait du bien de partager et de se sentir moins seule ! Bon courage à toutes les filles !!! 😀

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