Les devoirs, bataille du soir …

Une petite fille écritJ’ai la chance que ma fille aime faire ses devoirs. Cependant il y a des fois où elle s’en passerait bien malgré tout.

Mon enfant ne veut pas faire ses devoirs

Lorsqu’elle a commencé à rechigner, je suis allée me plonger dans le livre de Haim Ginott « Between Parent and Child » car j’aime beaucoup ce que propose son auteur à ce sujet.. Cela correspond bien à ma philosophie.

Si vous voulez en savoir plus sur sa vision – que je partage totalement – de la façon dont les parents devraient considérer les devoirs et comment ils devraient aborder ce sujet avec leurs enfants, je vous invite à lire l’article que j’ai écrit à ce sujet sur « Les Vendredis Intellos » en cliquant ici.

Donc ma fille commençait à rechigner à faire ses devoirs … Je ne voulais pas que cela devienne une bataille quotidienne – dont je sais pertinemment qu’elle la gagnera car elle a la vie devant elle … et moi un peu moins ;-).

Une autre façon d’aborder le travail scolaire

Bref, forte de ma relecture de Ginott, voici ce qui s’est passé récemment :

Un soir, ma fille commence à faire ses devoirs. Cela fait déjà plusieurs soirs qu’elle marque un peu de fatigue et qu’elle n’est pas hyper motivée. Elle fait sa lecture, puis s’arrête. Je lui rappelle qu’elle a encore des choses à faire (elle m’avait demandé de lui lire les devoirs à faire).

Et là, elle râle et me dit

« puisque c’est ça, je les ferai pas ! J’ai pas envie ! t’as qu’à les faire toi ! »

 

Surtout ne pas réagir à chaud, car ça dégènererait et ce n’est pas le problème qui nous occupe … Donc je prends une grande respiration, je tourne 7 fois ma langue dans ma bouche en me rappelant que mon objectif est que ma fille fasse ses devoirs POUR ELLE et non pour une autre raison.

Et du coup, je lui dis :

« Tu sais, mes devoirs à moi, je les fais et ceux de l’école, je les ai fait quand j’étais enfant. Tes devoirs sont pour toi. Si tu ne veux pas les faire, c’est toi qui vois. Je ne veux pas me battre avec toi pour ça. »

Elle a râlé  encore un coup puis s’est remise au boulot, debout devant la table, en se dandinant, et a baclé son travail d’écriture.

Mais je me suis retenue de lui faire un commentaire à ce sujet. Après tout, si le travail est de sa responsabilité, il l’est jusqu’au bout et c’est elle qui choisit la façon de le faire.

 

Je mesure ma chance d’avoir une petite fille qui travaille plutôt bien et pour qui ce genre de situations est plutôt rare. Je me dis que si mon enfant avait des difficultés, ce serait beaucoup plus dur pour moi de le laisser faire de cette façon en toute autonomie

 

Et une prochaine fois, je vous raconterai comment je fais quand ça m’énerve qu’elle mette 3 plombes pour les faire, qu’elle exige que je reste à côté d’elle pendant tout ce temps alors qu’elle se dandine devant sa feuille et dessine des petits coeurs roses dans les lettres des mots pour « faire plus joli » 😀 …

Mais ça, ce sera une autre fois ;-).

 

Et la suite avec « Devoirs du soir, épisode 2 » …

Et vous, comment gérez-vous le moment difficiles des devoirs ? Est-ce un moment difficile ou plutôt facile ?

 

 

Retrouvez le livre « Between Parent and Child » sur Amazon, ainsi que les livres de Faber et Mazlish (liens sponsorisés) :

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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18 pensées sur “Les devoirs, bataille du soir …

  • 30 novembre 2012 à 09:04
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    Lara, tu triches 😉 …

    Et Fanny, ce qui serait intéressant, ce serait que tu nous dises si ça se passait comme ça dès le début ou si tu as fait quelque chose de spécial pour qu’il devienne autonome 😉 ?

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  • 30 novembre 2012 à 09:11
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    En CP, mon fils a été motivé un trimestre… depuis il y a des périodes de bataille, de cris, de pleurs, mais aussi de bonnes surprises…. on a tout essayé… le laisser choisir le moment avec une échéance (à faire avant dimanche midi…), lui mettre une carotte « tu iras jouer dehors après les devoirs »… mais tant qu’il ne veut pas, tant que c’est un enjeu, c’est comme la colère des 2 ans…. il n’y a rien à faire.
    Pour l’instant, ma fille en CP et toute fière d’en faire plus que ce que demande la maîtresse … réaction à son frère? réel goût d’apprendre? Pourvu que ça dure.
    LE plus dur, c’est pour moi, ex « bonne élève », d’apprendre à gérer mon fils actuel « rien à faire de l’école »….

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    • 30 novembre 2012 à 09:21
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      Il y a à faire 😉 …
      Jusqu’à aujourd’hui, visiblement le message que vous lui envoyez, d’une manière ou d’une autre c’est « fais tes devoirs ! ».
      Et donc si c’est un petit garçon autonome, qui n’aime pas obéir aux ordres et qui a envie de faire par lui-même, il résiste …

      Il est probable que plus vous allez essayer de lui faire faire ses devoirs, moins il les fera.

      Dans ces cas-là, ce qui fonctionne bien – ce que j’explique aussi dans mon article d’ailleurs – c’est de les laisser libre de les faire ou pas. Cela permet de sortir du conflit de pouvoir et l’enfant se sentira libre d’adopter une autre position par rapport à ses devoirs. 99 fois sur 100, l’enfant se met au travail de très bon coeur ;-).

      Sandrine

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      • 14 mars 2014 à 15:46
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        Ah Léo est le 1 sur 100 alors 😀

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  • 30 novembre 2012 à 09:40
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    Ici les devoirs de CP c’est soit avec son père, soit avec moi, selon le temps qu’on a et les désirs de la miss. Elle n’imagine pas les faire seule, mais en même temps, on ne le lui a pas proposé (ce qui va changé avec la lecture de ce billet !). C’est principalement de la lecture et, comme ta fille, jusque là elle était très volontaire. Mais parfois elle montre des signes de lassitude. Du coup c’est à nous de la relancer pour qu’elle les fasse et je sens que ça peut rapidement devenir un sujet de chantage de sa part, genre « c’est toi qui veut que je les fasse, pas moi ». Donc oui, ton article tombe à pic !
    Reste à savoir si j’arriverai à garder mon calme, quoi que je me sens plus sereine avec ce sujet-là que d’autres, sans doute parce qu’elle aime l’école et apprendre et que je ne me fais pas de souci pour elle. A suivre donc !

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  • 30 novembre 2012 à 12:40
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    Ah, alors pour nous oui, les devoirs sont souvent une source de conflit. Notre aînée est en CE2, et suit moyennement en classe (disons qu’elle semble comprendre, finir par comprendre, mais cela lui demande du temps).
    Alors, c’est vrai que depuis le CP on oscille, entre « Tu dois faire tes devoirs » et « Bon très bien, tu ne veux pas les faire, et bien range tes affaires tu expliqueras à ta maitresse » (bon d’accord, cette version est plus « menaçante » que « c’est de ta responsabilité »…).
    En fait, ce qui nous met en rogne c’est le temps qu’on y pense, et/parce qu’en général elle nous dit « je comprends pas, je ne sais pas » mais sans essayer vraiment. Au départ elle semblait bcp apprécié le temps des devoirs car c’était un temps rien que pour elle, où le parent « dédié » envoyait même balader sa petite soeur, qui a tendance à monopoliser l’attention en général.
    Ma bataille est de faire comprendre à ma fille que le devoir n’est pas une fin en soi, je veux dire que l’important n’est pas d’avoir écrit l’exercice tout juste (avec les réponses de papa/Maman)/savoir réciter la leçon par coeur mot à mot, mais qu’elle progresse dans sa compréhension, et mette à profit le temps des devoirs à la maison pour « s’entrainer ». En ce moment, j’essaie assez systématiquement, lorsqu’elle répond à une question, de lui demander « tu es sûre? Pourquoi? » et je vois ainsi quand elle répond au pif, ou sans avoir réfléchi (notamment au point que l’on vient de répéter 3 fois ensemble + les 2 dernières semaines à l’école).
    Je me rends compte en l’écrivant que cela vient sûrement en partie de ma façon de proposer l’arrêt des devoirs, j’ai du mal à lâcher prise.
    Et j’ai d’autant plus de mal que je perds confiance en son enseignante : bon, j’ai travaillé sur moi quand même et me suis mis dans la tête que ce n’est plus « comme avant », ils font bcp plus de choses que nous qui travaillions essentiellement les bases de français/maths avant de voir autre chose… Ok, sauf que cette enseignante a une orthographe catastrophique, elle est toute jeune et comme elle était en formation en 1ère période elle a eu 2 remplaçantes certains jours apparemment pas figés, avec des méthodes différentes… bref, ce n’est pas fait pour aider ma fille mais j’avoue que le point d’orthographe et le fait que beaucoup de travaux ne soient pas corrigés (ou pire, soi-disant corrigés mais il y reste des fautes) me gênent énormément pour ma fille.
    Bon, j’ai été longue, mais je suis encore plus concernée par ce post que par les autres.
    Sophie

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    • 30 novembre 2012 à 13:00
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      La difficulté est qu’en prenant beaucoup en charge, on envoie aussi à l’enfant le message qu’il n’est pas capable de gérer seul et il devient aussi alors moins autonome.
      Une menace est bien différente de vivre l’expérience de ne pas avoir fait ses devoirs et de devoir en assumer les conséquences 😉 …

      J’ai accompagné des parents dans ce genre de situations, et je pense que je décrirai bientôt sur le blog l’un de ces cas car je le trouve très parlant pour expliquer ce qu’il se passe, déculpabiliser les parents ET les aider à mieux aider leurs enfants ;-).

      Sandrine

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  • 30 novembre 2012 à 15:08
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    Coucou Sandrine,

    Merci pour ton article ! Lucie est aussi au CP et pour le moment ça se passe plutôt bien.

    Je vais essayer de décrire mon attitude concernant les devoirs :
    Les devoirs écrits sont interdits en primaire, donc normalement il y a de la lecture et des poèmes à apprendre, mais en vérité elle a aussi de l’écriture, des auto-dictées… je trouve que cela fait beaucoup pour les enfants et je pense qu’ils apprennent autant en jouant, dessinant, parlant …

    Cela dit, je joue aussi le jeu de l’école concernant les devoirs afin que le lien avec la maison soit un minimum cohérent. Mais je met un point d’honneur à n’y mettre aucun stress. Par exemple tant qu’il faisait beau on faisait la lecture au parc, sur un banc (vive le congé parental parce que j’avoue que c’est très chouette de pouvoir faire les devoirs de cette façon, et beaucoup plus compliqué quand on est pressé et qu’on a peu de temps avec son enfant le soir).

    Mon attitude est de personnaliser les devoirs pour qu’ils aient du sens pour elle. Donc je lis l’énoncé et soit je lui dis de faire tel quel, soit je lui fais faire un petit jeu qui est en rapport avec l’objectif …. pour moi alors le travail est fait …. je fais cela sans dénigrer ce que propose la maîtresse qui a 25 élèves différents avec tous le même exercice à faire. Je suis sa maman et donc je la connais mieux que la maitresse, c’est tout !

    Par exemple, elle a une très bonne mémoire auditive donc elle connaît tous les poèmes avant d’arriver à la maison (ce genre de devoirs est donc expédié, mais je prend le temps de l’écouter réciter!) En revanche elle a tendance à lire sans essayer de comprendre, donc je lui demande de faire une pause à chaque phrase et je lui demande de me réexpliquer ce qu’elle vient de lire et je lui pose souvent la question ‘et ensuite que va-t-il se passer à ton avis …. ?’ J’aime beaucoup ces moments d’échange, parfois on invente des suites aux histoires, on les mime, etc …
    Pour l’écriture, au début je lui faisais des remarques mais maintenant je laisse faire… je lui fais juste confiance, si elle arrive à se relire tant mieux, si elle veut que quelqu’un lise ce qu’elle a écrit, il faudra qu’elle s’applique davantage ! Je n’hésite pas à lui dire que je n’arrive pas à lire ce qu’elle a écrit.
    Pour le moment pas vraiment de maths… juste se familiariser avec les chiffres.

    Les devoirs ne durent jamais plus de 10 minutes. Je suis quand même souvent à l’initiative de lui dire d’aller chercher son cartable pour lire les devoirs mais quand j’oublie elle sait me le rappeler aussi.

    Quand j’aurais moins le temps pour mes enfants j’essayerai d’avoir encore plus confiance en leur propre capacité à apprendre, chacun à leur façon.

    Mes objectifs, dites-moi si vous partagez les mêmes :
    – que dans tout ce qu’elle fasse il y ait du sens
    – qu’elle ait confiance en elle, confiance en sa capacité à apprendre
    – qu’elle aime ce qu’elle fasse, et aussi qu’elle fasse ce qu’elle aime (–> donc comme je sais qu’elle aime jouer je lui laisse du temps pour cela !)

    J’aime bien aussi qu’elle fasse ses devoirs avec son père, au moins une fois dans la semaine. (c’est différent mais chouette aussi)

    Voili voilou

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  • 6 décembre 2012 à 19:44
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    J’aime beaucoup cette approche, effectivement elle doit être bien difficile à tenir lorsque l’enfant est en difficulté. Nous, nous sommes encore très loin de ça, mais j’aime l’idée que l’enfant se dise dès le début qu’il va à l’école POUR LUI, qu’il ramène des bonnes notes POUR LUI, et s’il se plante, que ça l’embête POUR LUI et non pas parce qu’il va se faire disputer le soir. Que le plus tôt possible, il vive sa vie pour lui, et non pas pour ses parents

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  • 6 décembre 2012 à 21:21
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    Coucou

    Vous ne pensez pas que derrière ce sujet il y a quand même une autre question : si on le laisse libre de faire ou pas ses devoirs, est-on aussi cohérent jusqu’au bout : est-ce qu’on le laisse décider d’aller ou pas à l’école ? (seule l’instruction est obligatoire, pas l’école)

    Là où ça m’ennuie c’est quand un enfant qui n’a pas eu le choix d’aller ou non à l’école se plante scolairement et que ça l’empêche d’être épanoui. Alors il pourrait tout à fait être épanoui sans aller à l’école.

    Bon ok …. c’est peut-être dévier sur un autre sujet mais très lié quand même …

    Bises

    Caroline

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  • 7 décembre 2012 à 10:47
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    Caroline

    Oui un enfant pourrait être épanoui sans aller à l’école. Mais comme tu le dis, l’instruction est obligatoire et tous les parents n’ont pas les moyens ni le savoir pour faire l’école à la maison ni d’opter pour des pédagogies alternatives.

    Quand on ne rentre pas dans le « moule » scolaire, aller à l’école sans pression est bien différent d’y aller avec pression.
    Dans un cas, on sait qu’on va s’ennuyer mais qu’on pourra opter pour un cursus différent dès que possible.
    Dans l’autre cas, on se dévalorise de ne pas y arriver.

    Les impératifs des parents rentrent en ligne de compte aussi et il faut bien trouver un juste milieu.

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  • 10 décembre 2012 à 16:27
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    Nous avons fait l’école à la maison durant 10 ans et nous avons fini par connaître beaucoup de choses que nous vous livrons très volontiers.
    Créativité, humour, mais aussi parole brève sont des aides utiles.
    Nous pensons qu’il est très important de considérer que le jeu du bébé, les amusements des moyens et tout ce qui occupe le quotidien de nos enfants est en effet leur travail. Dès lors que l’enfant s’est approprié le travail comme étant à lui, les choses sont beaucoup plus faciles car on est sorti du devoir (sous-entendu par obligation) au travail, qui tôt ou tard valorise; et c’est là que les parents doivent, au compte-gouttes, délivrer des signes de reconnaissance qui valorisent. Nous en parlons beaucoup dans notre guide et sur notre blog.

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  • 11 décembre 2012 à 11:35
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    C’est un moment difficile et ce, depuis le CP. J’aime beaucoup la manière suggerée par Ginott mais pour l’appliquer, c’est une autre affaire, je n’arrive pas à me défaire de cette envie d’être une mère présente etc…mais j’y travaille. (j’ai adoré ton article sur les vendredis intellos, c’est comme ça que je suis venue ici)

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  • 18 mars 2013 à 14:18
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    On pense parfois qu’il n’y a « rien à faire » quand l’enfant ne veut pas. « Rien à faire, « j’ai tout essayé ».
    Non, tout n’a pas été essayé. Loin s’en faut. Il y a toujours moyen d’y arriver. La voie consiste à sortir de son quotidien, de découvrir de nouvelles idées, de nouvelles attitudes, de renouveler l’attitude. Créativité, humour ! Une question peut vous aider: imaginons que quelqu’un (un excellent pédagogue, éventuellement quelqu’un que vous connaissez ou dont vous avez entendu parler) vienne à la maison et persuade votre enfant de faire ses devoirs, comment s’y prendrait-il ?
    Nous n’avons jamais connu un seul enfant qui s’obstine à refuser de faire ses devoirs après que nous ayions mis en œuvre les parades ou techniques dont un enfant… a besoin pour se laisser convaincre. Quand un enfant refuse quelque chose, il y a un autre enjeu derrière. Si l’on sait satisfaire ce qu’il y a là, caché (besoin de reconnaissance, besoin d’autorité, besoin de jouer, besoin d’affirmer sa volonté etc.), on y arrive.
    Le rythme, en outre, est important. Il faut savoir parfois ne pas réagir sur le coup, s’éloigner et vaquer à ses occupations, attendre qu’il ait oublié qu’il vous a dit « non », lui concéder un temps d’autonomie. Revenir ensuite dans un rythme commun. La pratique du tango, rien de tel pour apprendre le rythme avec un enfant et en éducation… 🙂

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