L’avortement, une nécessité de santé publique

cintre_ivgVoilà, ils l’ont fait. Les espagnols viennent de modifier la loi sur le droit à l’avortement. En lire plus à ce sujet sur lemonde.fr

Ils veulent même relancer le débat en Europe sur ce sujet. Mais venez donc messieurs les Espagnols, nous allons en débattre !

Mais peut-être pas comme vous en avez l’habitude …

Le débat sans fin entre les anti et les pro IVG

Sur ce sujet particulièrement, le débat est sans fin et ne permettra, à mon avis, JAMAIS de trancher.

Les arguments des pro et des anti-IVG sont donc également entendables en théorie et souvent tout à fait bien argumentés dans leur propre logique. Il ne sera probablement jamais possible de prendre une décision « objective » dans ce domaine et de faire en sorte que tout le monde soit d’accord sur l’un ou l’autre des arguments.  A trancher droit à la vie contre droit à disposer de soi, on ne pourra JAMAIS mettre tout le monde d’accord.

Donc baser le débat sur la théorie et des concepts, ça ne marche pas. Je n’aime pas les débats d’idée parce qu’ils ne permettent jamais de résoudre quoi que ce soit et opposent les gens au lieu de les amener à réfléchir. J’en ai déjà parlé ici. Pourquoi ça ne marche pas ?

Parce qu’on ne vit pas en Théorie mais bien dans la Réalité.

Et dans la Réalité, que se passe-t-il ?

Pour ou contre l’IVG « en théorie », il y a quelques petites choses de la réalité qu’on ne pourra jamais changer :

  • les grossesses non planifiées sont un fait.

Depuis que le monde est monde, la femme tombe enceinte. Heureusement pour nous d’ailleurs hein ! Mais elle tombe aussi enceinte quand elle ne le souhaite pas.

Soit dit en passant : les progrès de la contraception ont réduit le nombre de grossesses non désirées. Mais ils ne l’ont pas supprimé.

Parce que oui, aujourd’hui en 2013, on peut tomber enceinte avec une contraception fiable ET utilisée correctement. Et non, ce ne sont pas forcément les femmes qui prennent mal leur contraception, oublient leur pilule ou je ne sais quoi d’autre. Aucune contraception n’est fiable à 100% ! Il y a même des échecs de stérilisation par ligature des trompes.

Je suis bien placée pour le savoir : je suis tombée enceinte avec un stérilet correctement placé, vérifié par mon gynéco quelques semaines avant le début de la grossesse, à une période où je faisais l’amour environ une fois tous les 5 ou 6 mois !!! Dans mon entourage, je connais au moins 10 femmes ayant vécu une grossesse sous contraception, dont 5 sous stérilet. Et ce n’est pas un sujet que j’aborde facilement avec les gens que je rencontre.

Aujourd’hui, en France, 1/3 des grossesses – 33% – sont des grossesses non planifiées.

Donc soit 33% des femmes sont des idiotes inconséquentes, soit le problème est ailleurs …

Les 2 seules méthodes fiables à mon avis sont :

–  la castration pour tous les hommes et/ou  l’ablation de l’utérus pour les femmes – avant l’adolescence bien sur ! – ce qui pose évidemment quelques problèmes de survie de l’espèce humaine …

– la suppression pure et simple de toute relation sexuelle sans but procréatif entre hommes et femmes … et là, si jamais on y arrivait, je ne suis pas sure que ce soient les femmes qui en souffriraient le plus 😀

Humour mis à part, certains d’entre vous pourraient aussi se dire qu’en renforçant la morale, ces grossesses non désirées arriveraient moins souvent. Ben oui si on ne faisait l’amour QUE dans le but d’avoir des enfants, ça pourrait marcher.

Sur ce dernier point, si on regarde un peu ce qui s’est passé au cours des siècles, force est de constater que la politique moralisatrice n’a pas vraiment fonctionné, y compris à des époques où la morale était bien plus sévère et punitive qu’aujourd’hui.

Personne n’a jamais pu empêcher les êtres humains d’avoir envie de faire l’amour. Dommage … ou pas 😉 …

Et quand bien même, les grossesses non désirées seraient le résultat de l’inconséquence des femmes, elles arrivent malgré tout et on est bien obligés d’en tenir compte.

Donc constat n°1 :

les grossesses non planifiées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quels que soient les progrès de la médecine … ou ceux de la morale.

  • les grossesses non désirées sont un fait.

Les grossesses non planifiées arrivent donc comme nous l’avons vu. Il arrive que ces grossesses non planifiées soient finalement bien accueillies et que la femme poursuive cette grossesse.

Mais quelles que soient les conditions de vie de la femme, il arrive aussi que celle-ci ne veuille pas de cette grossesse.

On peut avoir un conjoint, des enfants, un travail, de l’argent et ne pas avoir envie d’un autre enfant. C’est un point totalement inexplicable, même pour la femme qui le vit.

Au plus profond de soi, on NE VEUT PAS de cette grossesse. C’est indiscutable, inexplicable. C’est.

Vous pourrez bien faire tout ce que vous voudrez, vous ne pourrez jamais forcer quelqu’un à avoir envie d’une chose dont il n’a pas envie (voir les articles sur le désir sur ce blog).

Il ne s’agit pas de moyens financiers, de soutien moral, de rien tout cela. Il s’agit d’un ressenti profond, d’une intime conviction, du genre de celles qui ne se discutent pas.

Donc constat n°2 :

les grossesses non désirées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quelles que soient les conditions financières, sentimentales, familiales de la femme.

  • les femmes sont prêtes à tout pour se débarrasser d’une grossesse non désirée.

Une femme qui ne VEUT pas d’une grossesse sera prête à tout pour s’en débarrasser.

Prête à avoir recours à des méthodes barbares pour se débarrasser de cette grossesse ou à se suicider si elle n’a pas le choix parce que l’avortement est interdit dans son pays.

C’est d’ailleurs ce qui se passait en France avant que l’avortement soit légalisé : les femmes tombaient enceintes et se faisaient avorter d’une manière ou d’une autre.

Avec des médecins qui acceptaient de prendre le risque ou à l’étranger pour celles qui avaient de l’argent. Avec des « faiseuses d’ange » et des méthodes douteuses pour celles qui n’avaient pas les moyens. Avec le risque d’y laisser sa peau – celle de la mère – ou d’avoir un enfant handicapé à cause de l’échec de l’avortement.

Depuis l’Antiquité – et même avant probablement – et quelque soit le regard de la société sur l’interruption de grossesse, les femmes ont eu recours à l’avortement pour mettre fin à des grossesses non désirées.

Les femmes sont peut-être des dingues de réagir comme ça, mais c’est un fait, c’est comme ça. A part supprimer les femmes, je ne vois pas comment résoudre ce problème (mais on va là encore avoir des problèmes de reproduction).

Donc constat n°3 :

Malgré les lois coercitives, les femmes ont toujours eu recours et auront toujours recours à l’avortement, même au détriment de leur propre vie.

Alors on fait quoi pour l’avortement ?

Si je résume :
1 – Les grossesses non planifiées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quels que soient les progrès de la médecine … ou ceux de la morale.

2 – les grossesses non désirées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quelles que soient les conditions financières, sentimentales, familiales de la femme.

3 – malgré les lois coercitives, les femmes ont toujours eu recours et auront toujours recours à l’avortement, même au détriment de leur propre vie.

Que pouvons-nous déduire de tout ceci ?

Nous pouvons donc en déduire qu’une loi autorisant l’avortement est juste une nécessité de santé publique pour éviter que les femmes ne se mettent encore plus en danger.

L’avortement tue peut-être des enfants, son interdiction tue des femmes ET des enfants.

Ne laissons pas cette loi être remise en question ! 

Ah et une dernière chose, un TOUT PETIT détail …

La loi précise Espagnole précise que :

Seules pourront demander une interruption volontaire de grossesse les victimes d’un viol ou les femmes dont la santé mentale ou physique est mise en danger par cette grossesse.

Je me permets donc de rappeler que la grossesse est un processus physiologique à risque et que toute grossesse met en danger la santé physique de la femme. Pour  info : 75 morts par an en France liées à la grossesse et à l’accouchement.

Donc toute grossesse met en danger la santé physique des femmes. Donc tout avortement est justifié. CQFD.

PS : j’ai choisi de mettre l’image illustrant cet article comme avatar sur les réseaux sociaux par solidarité avec les femmes Espagnoles. Je vous invite à faire de même si vous voulez montrer votre opposition à cette loi.

Photo Credit: ** RCB ** via Compfight cc

D’autres articles sur le même sujet :

Celui de Véro vire au vert « Gouvernement espagnol, c’est à toi que je m’adresse »

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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18 pensées sur “L’avortement, une nécessité de santé publique

  • 30 décembre 2013 à 08:52
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    J’ajouterai, si je peux me permettre, que dans cette histoire, ce sont les femmes qui portent « le chapeau », alors, que mine de rien, il faut être deux pour danser le tango!!!….

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  • 9 janvier 2014 à 16:32
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    « Les arguments des pro et des anti-IVG sont donc également entendables en théorie et souvent tout à fait bien argumentés dans leur propre logique. Il ne sera probablement jamais possible de prendre une décision « objective » dans ce domaine et de faire en sorte que tout le monde soit d’accord sur l’un ou l’autre des arguments. »

    Je ne suis pas tout à fait d’accord sur ce point : je préfère appeler les « pro-IVG » des « pro-choix », précisément parce qu’ils n’ont absolument pas dans l’idée d’obliger quiconque à avorter. Ils sont pour la liberté d’avorter ou de ne pas avorter. Les « anti-IVG » souhaitent imposer un seul modèle, obliger la grossesse à être menée à terme. Ils sont donc contre les libertés d’une partie de la population. Les deux opinions ne sont donc pas du tout symétriques !

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    • 9 janvier 2014 à 16:35
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      je suis tout à fait d’accord avec vous sur ce point effectivement !

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  • 18 janvier 2014 à 22:36
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    « 1 – Les grossesses non planifiées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quels que soient les progrès de la médecine … ou ceux de la morale. »
    Avoir une sexualité responsable me parait être la seule réponse, dès que je fais l’amour suis je prêt à assumer mon role de mère/père? N’est ce pas le minimum finalement pour envisager une relation sexuelle?

    « 2 – les grossesses non désirées sont toujours arrivées, arrivent et arriveront toujours, quelles que soient les conditions financières, sentimentales, familiales de la femme. »
    Tout à fait et stat en main on voit que c’est souvent des personnes en couple et même pas dans une précarité financière ou de jeunesse. Du coup posons nous les bonnes questions…

    « 3 – malgré les lois coercitives, les femmes ont toujours eu recours et auront toujours recours à l’avortement, même au détriment de leur propre vie. »

    Qu’elles le fassent au moins elles assumeront là la logique de leur choix, assumer ce n’est pas demandé à un tiers de se charger de nos manquements…

    Y aurait tant d’autre chose à dire comme l’idée que la loi décrivait des situations d’urgence et qu’aujourd’hui avec 220 000 avortement, un avortement sur 4, l’urgence c’est parfois conserver un cdi, ne pas savoir si son fils est celui de son mari et/ou de son amant etc… Bien entendu tous ne sont pas dans ce cas là. Et puis en quoi un enfant devrait être planifié? L’enfant produit de consommation est ce une chose à recommander sur un site d’education bienveillante?

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    • 18 janvier 2014 à 23:22
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      « 1 – Avoir une sexualité responsable me parait être la seule réponse, dès que je fais l’amour suis je prêt à assumer mon role de mère/père? N’est ce pas le minimum finalement pour envisager une relation sexuelle? »
      Je ne sais pas ce que vous appelez une sexualité « responsable ».
      Par contre, je sais qu’on peut tomber enceinte avec une contraception fiable (stérilet) et en faisant l’amour avec son mari 1 fois en 6 mois (ça m’est arrivé).
      Est-ce une sexualité responsable ?

      Si la réponse est non alors la seule sexualité responsable possible est l’absence de sexualité. Ce qui ne me paraît accessible qu’à de très rares exceptions.

      « 2 – Tout à fait et stat en main on voit que c’est souvent des personnes en couple et même pas dans une précarité financière ou de jeunesse. Du coup posons nous les bonnes questions… »
      Et qu’elles sont les bonnes questions ?

      « 3 – Qu’elles le fassent au moins elles assumeront là la logique de leur choix, assumer ce n’est pas demandé à un tiers de se charger de nos manquements… »
      Donc mieux vaut que les femmes enceintes qui ne souhaitent pas poursuivre leur grossesse se suicident ou aient recours à des méthodes qui les mettent en danger plutôt que d’autoriser l’avortement ?

      « Y aurait tant d’autre chose à dire comme l’idée que la loi décrivait des situations d’urgence et qu’aujourd’hui avec 220 000 avortement, un avortement sur 4, l’urgence c’est parfois conserver un cdi, ne pas savoir si son fils est celui de son mari et/ou de son amant etc…  »
      Qui – quelle autorité morale « supérieure » – est en droit de décider quelles sont les priorités dans la vie de chacun ?
      Pour ma part, je refuse absolument que qq d’autre que moi décide ce que je vais faire de ma vie.

      « Bien entendu tous ne sont pas dans ce cas là. Et puis en quoi un enfant devrait être planifié? L’enfant produit de consommation est ce une chose à recommander sur un site d’education bienveillante? »
      Il est déjà extrêmement difficile d’être bienveillant quand on se sent bien, qu’on attend son enfant. Du coup, je ne vois pas comment on peut être bienveillant avec un enfant qu’on nous force à garder et à élever contre notre volonté, contre notre souhait le plus intime.
      Si vous en connaissez le moyen, je veux bien que vous me l’expliquiez .

      Pour en revenir au sujet de base, l’interdiction de l’avortement n’a jamais conduit à une baisse du nombre d’avortements mais à une hausse des avortements clandestins et des accidents de santé.
      Encore une fois, les femmes ont toujours eu recours à l’avortement et son interdiction n’a jamais rien et changera jamais rien à l’affaire.

      Donc soit on estime que les femmes qui souhaitent avorter sont des moins que rien qui ne méritent pas de vivre et on les laisse avorter dans de mauvaises conditions au péril de leur vie.
      Soit on estime que ce sont des femmes comme les autres qui ont droit à des conditions sécuritaires pour avorter.

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      • 19 janvier 2014 à 13:20
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        Une sexualité responsable c’est celle qui assume les conséquences possibles d’un acte sexuel, n’est ce pas le moins que l’on puisse demander? Ce n’est pas une histoire de contraception, quoi qu’avec la pilule + le préservatif (contre le sida), les accidents demeureront assez rares.

        Déjà « désiré/non-désiré » me semble être une dichotomie fallacieuse.Dans le sens où l’enfant « désiré » est parfois plutôt un enfant « calculé », « programmé »…je me demande en quoi un enfant calculé pour tomber à tel moment du « plan de carrière » (là où il gêne pas ) est « désiré » pour lui-même….de nombreux enfants soit-disant « désirés » sont victimes de maltraitances, bizarrement plus que les enfants « non-désirés » ou surprises (j’avais entendu une fois que 80% des enfants maltraités étaient « pourtant » désirés sur France inter).Je ne suis pas en train de dire qu’il faut faire des mômes tant et plus .C’est très bien de ne pas avoir plus d’enfants que ce qu’on peut élever, et c’est bien aussi de pouvoir à peu près choisir quand on les a , seulement ce n’est pas la condition sine qua non au bonheur de la famille je crois. Je crois que l’idée de pouvoir choisir son moment etc va dans la tête de certains avec l’idée de l’enfant « produit calibré » en quelque sorte, qui correspondrait à toutes les attentes parentales, ce qui me semble assez malsain.

        Pour finir vouloir que les femmes aient une meilleure place et tout simplement une meilleure vie dans la société ne devrait pas passer par une dégradation des conditions de vie d’autres êtres humains (les enfants par exemple).On n’aide pas les femmes en insultant les hommes, on n’aide pas les femmes en bafouant leur dignité dans leur enfance, on ne les aide pas en faisant croire que l’avortement est anodin (ce que les rédacteurs de la loi puisque la notion d’urgence était présente). Et si je finissais je pense à tous les enfants handicapés à qui on dit désormais ah si vous aviez su. Mais ne mélangeons pas les histoire quand on banalise un acte qui ne devrait pas être il faut s’attendre à tous les effets de bord les plus détestables.

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        • 19 janvier 2014 à 14:42
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          Donc la seule sexualité responsable si on assume les risques est l’absence de sexualité …

          On peut trouver des dizaines d’arguments pour et contre l’avortement.
          Ce que je dis c’est que l’avortement existe, a toujours existé et existera toujours. Et que son interdiction ne conduit qu’à des accidents supplémentaires : décès des mères, handicap des enfants, …
          Est-ce que vous souhaitez en prônant une interdiction de l’avortement ?

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        • 20 janvier 2014 à 08:58
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          Dernière petite chose : tomber enceinte sans le vouloir relève de l’irresponsabilité selon vous, c’est bien ça ?

          Du coup, votre opposition à l’avortement est finalement assez paradoxale : vous tenez donc absolument à ce que des gens irresponsables aient des enfants ?

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          • 20 janvier 2014 à 09:13
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            Je crois qu’on s’est mal compris ou j’ai du mal m’exprimer, ce que je disais c’est pas que tomber enceinte sans le vouloir qui tient de l’irresponsabilité (à mon avis c’est l’inverse vouloir tout planifier qui est un non sens). Mais plutot ne pas assumer les conséquences de ses actes sexuels consentis si conséquences il y a…
            L’avortement a toujours existé mais était il de 220 000 par an comme aujourd’hui, il y a donc 220 000 accidents de contraception? Franchement en plus pour avoir participé à des forums d’écoute, beaucoup de femmes le font parce que leur compagnon n’en veule pas, on est loin de la liberté de la femme sur son ventre.

            D’ailleurs en général tout le monde est pour ce droit mais si possible pas pour sa fille, sa femme etc. Et dans les sondages à la question y a t il trop d’avortement autrement dit est il trop banalisé, la réponse est oui. Pour ma part je ne souhaite pas l’abrogation mais la non banalisation comme aujourd’hui pas affirmer à tout crin que l’embryon n’est qu’un amas de cellule, s’il l’est il l’est aussi quand une mère va congeler son gamin d’une semaine. Franchement la différence est à peine notable…

            Puis pour aller à fond dans mes idées conservatrices, je supprimerais la trisomie comme cause d’img ça permettrait une meilleure prise en charge et d’eviter le mythe de l’enfant sans handicap, sans problème, formaté qui tombe quand on veut et qu’on rend sous 8 semaines comme un produit de la redoute. Ainsi les gens ne diraient plus devant un enfant trisomique à ses parents « ah si vous aviez su » autrement dit cet enfant n’a pas à naitre. Tout ça quoi qu’on en pense tient du même principe, l’enfant désir unique de parents…

          • 20 janvier 2014 à 12:38
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            « ne pas assumer les conséquences de ses actes sexuels consentis si conséquences il y a… » : donc si je ne souhaite pas avoir un enfant et sachant qu’aucune contraception n’est fiable à 100%, quelles options ai-je concrètement ? Soit je dois renoncer à la sexualité, soit je dois opter pour une sexualité homosexuelle où le risque de grossesse est absent ?
            Y a-t-il d’autres possibilités qui m’auraient échappées ?

            « il y a donc 220 000 accidents de contraception »
            Les chiffres actuels disent qu’environ 7 interruptions de grossesse sur 10 font suite à un accident de contraception, soient 154 000 ivg sur les 220 000. Le reste – 66 000 – comprend les IMG et les grossesses non désirées mais sans contraception. Une très faible minorité donc …

            « beaucoup de femmes le font parce que leur compagnon n’en veule pas, on est loin de la liberté de la femme sur son ventre » : et en quoi supprimer le droit à l’avortement donnera plus de choix aux femmes ?

            « la non banalisation » : quitte à répandre des idées fausses comme la soi-disant « dépression post ivg » dont l’existence n’a jamais été prouvée par les chiffres, dont ne souffrent d’ailleurs pas les femmes ayant choisi librement un ivg, …
            Prendre la décision d’avorter, même quand la grossesse n’était pas désirée, se fait rarement de gaité de coeur (parlez-en aux femmes qui ont choisi un ivg et demandez-leur si la décision a été facile à prendre).

            « je supprimerais la trisomie comme cause d’img ça permettrait une meilleure prise en charge et d’eviter le mythe de l’enfant sans handicap » : et donc vous forceriez des gens qui ne se sentent pas capables d’assumer la charge que représente un enfant trisomique à l’assumer ? Je ne suis pas sure que ça aille dans le bon sens pour plus de bien-traitance de l’enfant en l’occurrence.

            « Ainsi les gens ne diraient plus devant un enfant trisomique à ses parents « ah si vous aviez su » autrement dit cet enfant n’a pas à naitre » : parce qu’il y a des cons dans le monde, il faudrait supprimer aux autres le droit de choisir leur vie ?

          • 20 janvier 2014 à 13:17
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            Je vais m’arrêter là, le débat s’annonce stérile…

            Sinon ce n’est pas choisir leur vie, mais plutot choisir s’ils doivent vivre et là j’ai du mal à voir autre chose, à moins qu’un trisomique avorté à 4-5 mois par exemple ne soit aussi qu’un amas de cellule (dans ce cas là faisons comme certains états des usa, allons y jusqu’au dernier jour il n’est rien tant qu’il n’est pas sorti du ventre de la mère)

            « Les chiffres actuels disent qu’environ 7 interruptions de grossesse sur 10 font suite à un accident de contraception, soient 154 000 ivg sur les 220 000. Le reste – 66 000 – comprend les IMG et les grossesses non désirées mais sans contraception. Une très faible minorité donc … »

            Et une majorité qui ne sait pas utiliser la contraception comme quoi beaucoup sont mieux informés sur le kamasutra, que sur l’utilisation d’une pilule progestative. Parce qu’à plus de 90% de protection, on se rend bien compte que le chiffre dépasse largement le taux de non protection attendu.

            Bon enfin laissons cela, à bientot sur d’autres sujets, peut être…

          • 20 janvier 2014 à 13:27
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            Il est stérile ou vous n’avez plus d’arguments ?

            Quant à la question de la contraception mal utilisée, dans la plupart des grossesses sous contraception, celle-ci était correctement utilisée (je vais vous retrouver les chiffres).
            Comment peut-on mal utiliser un stérilet par exemple ?

          • 20 janvier 2014 à 14:27
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            euh je crois qu’à mon avis la contraception la plus usitée est la pilule donc à mon avis il s’agit avant tout de pilule, c’est sûr qu’un implant ne peut être mal utilisé, ceci dit lui adjoindre un preservatif fait qu’on a un taux multiplié de sécurité autrement dit on devrait tourner au 1% de taux d’echec voilà déjà de quoi vous protéger en quasi toute sérénité.

            La stérilité d’un débat ne se résume pas à lancer des arguments à dessein, vous y répondez, j’y réponds et rien n’avance, chacun campera sur ses positions. Des arguments j’en ai des dizaines, mais le plus évident c’est que l’avortement est un echec, et qu’il est souhaitable qu’il diminue non? Si après vous trouvez ça très bien, ça ne coute rien moralement de se positionner pour ou contre, et puis être pour c’est dans l’air du temps. La dernière fois en lycée des gens pourtant issue de la bonne gauche dont je fais partie était les premiers quand ils ont appris l’avortement d’une fille « et bien elle pouvait pas faire attention » etc

            Par ailleurs j’attends des stats de tous ceux qui prétendent qu’un enfant non planifié serait un enfant maltraité, de la diminution du nombre de maltraitance depuis la dépénalisation de l’avortement. Pour avoir connu plus d’un cas, j’ai vu que bien souvent l’enfant était pourtant « désiré »…

            Et pour finir sur ça, outre que l’avortement tue aussi ce que vous ne precisez pas dans votre histoire de troubles psychologiques, il y a quand même des troubles post avortifs assez connus qu’ils soient psychologiques et parfois physiques.

            Bon à bientot, envoyez un mail si vous preferez de façon étant donné la façon dont s’embriquent les messages, si quelqu’un arrive à nous lire je lui souhaite bon courage 🙂

          • 20 janvier 2014 à 14:43
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            et concernant l’utilisation de la pilule, il ne vous est pas venu à l’idée que les chiffres annoncés par les labos pouvaient ne pas être fiables ?

            Par exemple, certaines pilules sont moins efficaces quand on pèse plus de 75 kg ; que certains médicaments (certains anti-viraux, certains anti-fongiques, certains antibiotiques, …) ainsi que certains huiles essentielles utilisées en phytothérapie diminuent son efficacité alors même que personne ne demande à une femme quelle contraception elle a avant de lui prescrire un traitement.
            Ensuite que la pilule – ou toute autre méthode hormonale – ne fonctionne pas, ou de façon incertaine, chez certaines femmes mais que les médecins préfèrent dire que c’est la femme qui prend mal sa pilule plutôt que de se questionner sur le fait que la contraception pourrait ne pas être adaptée.

            les chiffres annoncées sont des efficacités théoriques qui ne tiennent pas compte de la réalité in vivo.
            Un petit tableau pour s’en rendre compte :
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Efficacité_des_méthodes_contraceptives

            On y voit que seuls le stérilet et la stérilisation ont des taux d’échec de l’ordre de 1%. Toutes les autres méthodes ont des taux d’échec de 10 à 30% …

  • 29 septembre 2014 à 18:16
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    Sur le débat sur le % de fiabilité: je souhaite apporter un point de vue plus statistique:
    Quand on dit 1% de risque que la contraception ne marche pas, c’est 1% pour un seul acte sexuel…
    Soyons gras: si vous baisez 6 fois la semaine, 52 semaines dans l’année, même avec une super capote à 1% d’échec (donc 99% de réussite)… le risque sera largement supérieur: en l’occurrence 96% de risque de pondre un chiard au bout d’un an.
    C’est une loi binomiale (deux solutions: enceinte ou non après le rapport), avec 312 essais avec une proba individuelle de 0,99 de succès. La proba d’être toujours chanceux pour le 312ème essai (donc de ne pas tomber enceinte) est de 0.99×0.99×0.99×0.99…x0.99 (312 fois), soit un peu plus de 4 chances sur 100 de ne pas avoir de gosse si j’ai appuyé sur les bonnes touches de ma calculette.

    Pour les pratiques sexuelles sans risques de mômes, il y a la sodomie, le cunnilingus et la fellation. Curieusement les anti-IVG sont généralement également opposés à leur généralisation.

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  • 29 septembre 2014 à 18:42
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    En tout cas pour ma part la sodomie ou la fellation entre deux etres consentants et volontaire, je ne vois aucune bonne raison de m’y opposer, c’est complètement différent d’un tiers qui subirait mes choix.

    Pour le reste ce n’est effectivement pas ainsi que ça se calcule sinon à part les abstinents tout le monde aurait une grossesse non désirée, en fait le calcul est le suivant! « L’efficacité des méthodes contraceptives désigne la performance des moyens utilisés en vue d’une contraception. Elle se mesure par l’indice de Pearl, qui donne le nombre de grossesses pour 100 femmes par année d’utilisation. »

    Et dans le cas d’une utilisation correcte de la pilule c’est de 0,3%

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  • 20 avril 2016 à 14:55
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    un jour j’ai avorté. j’y ai perdu un ami, qui me disait irresponsable. pour lui, si on tombe enceinte, « assumer » ou « être responsable » ça consistait à garder l’enfant; peu importe qu’il ne soit pas désiré, que ma relation avec le père n’était ni solide et n’allait même nulle part, etc. Les commentaires de « jpeg » me rappellent cet épisode triste…

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