Voiles

Je n’ai pas confiance en moi

C’est ce qu’il me dit quasiment d’emblée.
Il ? C’est souvent un homme qui me dit ça. Certaines femmes le disent aussi mais moins que les hommes dans mon cclientèle semble-t-il. Ou en tout cas, elles ne viennent pas pour ça de prime abord.

Donc il n’a pas confiance en lui.

C’est ce qu’il me dit. Et ça me surprend toujours. Mais j’aime bien garder mon âme d’enfant qui s’étonne de tout, ça m’aide pour le boulot.

Il a entre 25 et 45 ans, plutôt beau mecOK je ne suis pas censée dire ça mais il y a quand même une fille sous ma carapace de coach ! – plutôt beau mec disais-je donc, soigné. Souvent célibataire, mais parfois en couple mais c’est plus rare. Cadre, voire cadre sup, parfois membre d’un comité de direction. Signes extérieurs de réussite – au moins sociale – la plupart du temps. Bien sous tous rapports quoi

Parfois il me demande la plus stricte confidentialité, interdit de le contacter sur son téléphone ou sur mail professionnel : imaginez la catastrophe si ses collègues découvraient qu’il vient me voir. Dans son milieu, quand on n’a pas confiance, quand on doute, on le garde pour soi. Les requins se dévorent entre eux, il ne faut surtout pas se montrer faible.

Donc il arrive et il dit

Je n’ai pas confiance en moi.

Ah oui ? …

Dans quels domaines et comment se manifeste ce manque de confiance ?

Alors parfois le manque de confiance est généralisé et se manifeste partout : une vie professionnelle plutôt limitée et une vie privée à l’avenant : pas de relation suivie, voire pas de relation du tout.
Mais souvent le manque de confiance est cantonné à certains domaines : la vie sentimentale par exemple, alors que la vie professionnelle fonctionne plutôt bien, ou l’inverse.

Mais ce qui est vrai tout le temps, c’est que même s’il y a des signes extérieurs de réussite, lui, il pense qu’il n’est pas à la hauteur.

C’est ici que se situe souvent la première découverte de mes clients :

La confiance en soi n’est pas uniforme.

On peut avoir confiance en soi dans certains domaines et pas dans d’autres. Cela dépend de nos apprentissages précédents, de ce que nous avons vécu dans ces différents domaines, comment nous avons progressé et appris.
Et ce n’est pas forcément un problème, à condition d’accepter qu’on ne peut pas être Superman. Ce qui n’est pas forcément la chose la plus facile à accepter !

Donc deuxième découverte :

Avoir confiance en soi, ce n’est pas être Superman

Une partie du travail que nous allons faire ensemble passe aussi par la découverte que « les gens qui ont confiance en eux » – enfin « ceux dont les autres disent qu’ils ont confiance en eux » serait plus juste – doutent, se posent des questions, font marche arrière, hésitent, angoissent, font de mauvais choix, se plantent même carrément …
Si, si, je vous jure que c’est vrai …

Non, « les gens dont on pense qu’ils ont confiance en eux » ne sont pas surs d’eux à tous les coups.

Non, « les gens dont on pense qu’ils ont confiance en eux » ne réussissent pas tout …

Et là, nous allons de désillusion en désillusion puisqu’après avoir découvert que Superman a des doutes, j’apprends à mon client que je ne suis pas une fée …

Non le coaching – ou la psychothérapie – ne sont pas magiques …

Parce que souvent, il vient me voir comme on va invoquer une magicienne qui fabriquerait des filtres de confiance. Hop je mijote une potion ; paf je claque des doigts et boum, il a confiance en lui.
(Légère) déception de sa part quand je lui explique que non, malheureusement, ça ne va pas se passer comme ça :-D.

Je ne suis pas la fée Clochette (même si j’aimerais bien des fois).

La confiance en soi ne s’injecte pas, ne se décrète pas.

La confiance en soi ne s’acquiert pas d’un coup d’un seul, paf, par un coup de baguette magique.
(Le jour où je saurais faire ça, je deviendrai très riche !!!)

Bref, la confiance en soi s’apprend petit pas par petit pas, un peu réussite par réussite mais surtout échec surmonté par échec surmonté.

Et c’est souvent par là qu’on avance le plus …

Il n’a pas confiance en lui mais comment gère-t-il ça ?

Très souvent, il n’agit qu’à coup sur, par peur de se planter. S’il n’est pas sur de réussir à 99,99%, il ne fait rien.
Il sécurise à mort ses dossiers professionnels, ne fait confiance à personne, se couvre de tous les côtés. Ca fait de lui souvent un cadre performant, pas facile à vivre sur le plan relationnel mais qui a des résultats.

Auand il en recherche d’emploi, c’est plus problématique car il blinde tellement ses candidatures que cela lui prend des heures. Dans le pire des cas, il ne candidate plus pour ne pas se voir répondre non, pour ne pas prendre le risque de ne pas être à la hauteur.
Et dans sa vie privée, il n’aborde pas les filles par crainte de se prendre un râteau (je sais mon vocabulaire laisse à désirer mais je n’ai pas trouvé de meilleur mot pour dire ça).
Alors il attend … Il attend d’être sur que c’est la bonne situation, la bonne occasion, la bonne entreprise, la bonne fille.

La situation où il prendra le moins de risques possibles.

Et forcément il fait peu, donc il réussit peu. Et il se rend bien compte des occasions loupées, sur lesquels il se lamente

Si j’avais plus confiance en moi, je me serai lancé.

Et chaque fois qu’il évite de se lancer, il s’envoie à lui-même un message fort :

Tu n’es pas capable, tu n’as pas confiance en toi.

Message reçu 5 sur 5 : il n’a pas confiance.

Mais comme le disait Thomas Fuller :

Celui qui attend que tout danger soit écarté

pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer.

Il a donc besoin d’apprendre

Il a donc besoin d’apprendre à affronter les dangers, l’échec, la chûte, … Ce que nous allons faire ensemble, expérience par expérience, apprentissage par apprentissage …
Et la confiance viendra de surcroit …

 

Quelques livres sur la confiance en soi (liens sponsorisés) :

Image :

Source : Darwin Bell

Licence Creative Commons

  1. Valérie a dit :

    Je vois, Sandrine, que vous avez lu Christophe André ! Il a d’ailleurs donné une conférence très intéressante sur le thème de l’estime de soi le 9 janvier dernier à Lyon (y étiez-vous ?).
    Effectivement, la confiance en soi naît d’une ‘bonne’ estime de soi. Et comme le disait C. André, celle-ci se nourrit par l’acceptation de soi, de ses défauts (qui ne veut pas dire les aimer ou s’y résigner !), par l’autocompassion (capacité à se consoler de ses échecs), par le sentiment d’être compétent (et non tout-puissant) et celui d’être approuvé (et non admiré)… Voilà en tout cas un beau sujet de travail… sur soi !

  2. Bonjour,

    J’ai 26ans et me reconnaît parfaitement dans ce texte…
    Ma vie devient donc assez horrible et ca me fait peur pour plus tard car cette situation me bloque.

    Voulant changer j’ai tout essayé, du magnétiseur, au psychologue, au cmp…
    Et rien ne change

    Quels seraient les conseils que vous me donneriez ?

    • Bonjour Arnaud.
      Il est difficile de donner des conseils sur ce genre de problématique, chaque cas étant particulier.
      Il me faudrait plus d’informations sur les situations où ce manque de confiance se manifeste, ce qui se passe, comment vous gérez afin de vous donner des pistes concrètes d’action.
      Difficile à faire via des commentaires sur le blog par contre :-/.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>