Graffiti SOSUne fois n’est pas coutume – enfin sur ce blog parce que vous allez voir que, dans la vraie vie, ce n’est pas pareil 😉 … – je vais parler un peu de moi …

Quand vous devenez coach ou pire thérapeute, le truc le plus bizarre c’est que votre métier devient une seconde peau. Enfin dans la tête des gens, parce que pour moi, il y a les moments où je travaille et ceux où je ne travaille pas. Mais ça, la plupart des gens ne s’en rendent pas compte
Beaucoup croient que je suis coach tout le temps en fait, que je n’ai pas d’états d’âme, que je suis toujours disponible, à l’écoute, attentive..
C’est un peu vrai mais pas vraiment quand même.

Par exemple, si je vais à une soirée, ou bien à une sortie quelle qu’elle soit, je ne suis pas en train de travailler, pas plus que les autres personnes qui sont là (enfin mis à part les serveurs et les serveuses qui apportent les plateaux de petits fours).
Mais ça ne se voit pas sur ma figure et les gens croient que vous pouvez être coach tout le temps à (leur) volonté.

Mais j’exagère un peu, il y a quand même plusieurs catégories de gens :

La 1e catégorie, ce sont ceux qui confondent thérapeute et télépathe. Ceux-là, dès qu’ils savent que vous êtes coach et/ou thérapeute, ils se ferment comme des huîtres. Je suppose qu’ils doivent penser que je vais connaître leurs pensées les plus secrètes avant même qu’ils aient ouvert la bouche. Ceux-là se ferment comme des huîtres dès qu’ils savent ce que je fais. Ils pensent sûrement que je vais les sonder, les surveiller, les (psych)analyser, …

Je n’ai généralement pas l’occasion de leur expliquer que non, je ne travaille pas comme ça. C’est dommage parce la rencontre aurait pu être sympathique, mais l’avantage, c’est qu’ils n’entrent pas dans la 2e catégorie

 

La 2e catégorie, à l’inverse, ce sont les curieux intéressés. Un peu trop intéressés parfois 😉 … Ce sont les gens qui veulent avoir mon point de vue/mon analyse/mon conseil/mon avis/… (rayez les mentions inutiles) sur une situation : la leur, celle de la cousine de leur voisine. Le pire, c’est quand on essaie à toute force de me faire dire que oui, la belle-soeur de la boulangère s’y prend comme un manche pour gérer ses gosses …
C’est parfois amusant, un peu moins quand j’ai envie, moi, de m’amuser et de me lâcher un peu 😉
Il y a d’autres catégories – et notamment des tas de gens « normaux » avec moi … mais quand même, il y a un truc qui me gêne.

Edit : la magie de l’interactivité étant là, à peine posté, cet article a suscité des commentaires sur Facebook et notamment mon amie Lara m’a permis de mettre le doigt sur une catégorie que j’avais oubliée … Celles des gens qui croient que je fais du commercial tout le temps 😀 … Et en effet, que ce soit dans la vraie vie ou par le biais d’échanges sur Internet, il m’est arrivé quelques mésaventures où, parce que je donne simplement mon avis – comme n’importe quel quidam – sur un sujet, les gens s’imaginent que je suis là pour dégainer mes cartes de visite … Evidemment mes avis sont teintés par mon expérience professionnelle mais il ne m’est pas possible d’en faire abstraction … Auriez-vous l’idée de penser qu’un cuisinier puisse donner son avis sur une de vos recettes en faisant abstraction de ses compétences culinaires ?

Enfin, bref, … Fin de l’édition

C’est qui est dur, c’est que – c’est dingue, vous allez voir – je suis comme tout le monde, j’ai des coups de blues, des coups de colère, des coups au coeur quoi.

Et avoir l’étiquette « accompagnement » collée sur le front, ça semble parfois supposer que vous devez être parfaite, toujours disponible, sans défauts. C’est un peu dur à porter parfois.

 

Globalement je vais bien, c’est vrai … J’ai de la chance, je vais de l’avant, j’essaie de trouver des solutions à mes problèmes et ça fonctionne plutôt bien.
Et je crois que, depuis toute petite, c’est ça le problème pour moi : je vais bien.

Ca vous parait bizarre ?
Je m’explique : lorsque j’étais à l’école primaire – je devais avoir 8 ou 9 ans – j’ai commencé à boiter. J’avais mal au talon d’un pied (ne me demandez pas lequel, je ne m’en souviens plus !). J’ai boité pendant plusieurs mois (au moins 3 je pense). Boité au point que j’ai subi plusieurs examens médicaux, des radios, et tout le tintouin. Le médecin de famille s’arrachait les cheveux, la maîtresse confirmait que, quand même je devais avoir vraiment mal pour boiter comme ça durant toutes les promenades – et on en faisait qui duraient tout l’après-midi – et toutes les récréations.
Au bout de 3 mois est arrivé l’hiver … et avec lui la neige. Et là, mon papa – qui n’est pas né de la dernière pluie – m’a dit que, vu mon problème au pied, nous ne pourrions pas aller au ski (nous habitions en Haute-Savoie et le ski, c’était 3 à 4 fois par semaine). Et là, pouf, disparu, fini, plus mal. Dingue non ?

Et quand mon papa m’a demandé des explications, j’ai expliqué … Expliqué que les autres avaient tous quelque chose : qui, un bras cassé ; qui, des parents qui se séparaient ; qui, une maladie ; qui, des difficultés à l’école.

Et que moi, ben moi j’avais rien … mais rien de rien ! En pleine forme tout le temps, jamais malade, des parents qui s’entendaient bien, des super résultats à l’école, tout va bien, rien à dire …

Et donc me direz-vous ? Où est le problème ? Ben justement, il est LA le problème : il n’y a pas de problème !

Quand vous n’avez RIEN, que TOUT VA BIEN … et bien PERSONNE NE S’OCCUPE DE VOUS
Personne, jamais, rien, nada …
La petite Sandrine ? Oh ben pas de problème, elle se débrouille toute seule, pas besoin d’aide, pas besoin de soutien, besoin de rien, ça roule, nickel ! S’ils étaient tous comme elle, ce serait plus simple.

Avec mon truc au pied, j’ai bien compris que s’inventer des problèmes n’était pas la solution et qu’au bout du compte, ça se voyait que ce n’était pas vrai.
Alors je n’en invente plus …

Mais j’ai besoin, comme tout le monde je pense, qu’on s’intéresse (un peu) à moi.

Alors je crois que j’ai opté – pas très consciemment je dois bien le reconnaitre – pour une stratégie offensive : quand je suis hors contexte professionnel, je raconte ma vie, je parle de moi, de mon boulot, de mes enfants, de tout quoi. Je parle, je parle, je parle.

Mais ça ne marche pas mieux que s’inventer des problèmes …

Ca ne marche pas parce que, comme tout va bien, certaines personnes croient que je me vante …

Quand j’avais 13 ans, ma cousine Sophie disait de moi :

« ah, Sandrine, il faut toujours qu’elle aie plus que les autres : quand elle a des notes, c’est 20 ; quand elle est malade, elle a toujours plus de 40° de fièvre ; … ».

Comme quoi, c’est pas nouveau …
Donc bref, je parle, je parle, je parle en faisant comme si ça intéressait quelqu’un, on ne sait jamais, des fois que ce soit le cas ! Des fois ça arrive, mais souvent, c’est plutôt mal vu.

Parce que parler de soi, ça ne marche pas pour une raison bien simple : les autres en face de moi sont comme moi, ils ont envie qu’on s’intéresse à eux. Ils n’ont pas envie d’entendre parler de moi, mais d’eux.

Du coup je passe auprès de certains, pour une égocentrique qui se vante tout le temps, ce qui – il faut bien le reconnaitre – n’est pas très flatteur.

Sauf que moi, quand je ne travaille pas, je suis comme tout le monde, j’ai envie d’arrêter de bosser. Et mon boulot à moi, c’est d’écouter les autres 😉 …
Et là, je suis coincée …Parce que parler de moi est la seule solution que j’ai trouvée à ce jour pour ne pas avoir à écouter les autres.

Alors soit je parle de ce qui va bien et les autres le prennent mal ; soit je parle de ce qui va mal, mais comme il n’y a pas grand chose à dire, faudrait que j’invente des trucs ; soit je me tais, et j’écoute (mais là je suis à nouveau au boulot et j’ai envie de faire une pause) …

Dommage ! Essaie encore … Same player, shoot again …
Donc il faut que je trouve autre chose … Oui mais quoi ? Pas simple …

Si vous avez des idées, je suis preneuse 😉 …

 

Peut-être avoir un vrai gros problème.
Faudrait que j’essaie pour voir tiens … (non je rigole hein !)

 

Bon heureusement il y a les copines, celles avec qui on peut parler de vernis à ongle, de maquillage mais aussi de philosophie et de religion, celles qui ont la patience d’attendre que j’ai déballé ma vie, celles qui ne sont pas dupes des apparences, celles qui savent que j’écoute parfois sans en avoir l’air (mais pas toujours hein), celles qui savent qu’elles peuvent m’appeler à n’importe quelle heure en cas de coup dur même si je n’ai parlé que de moi la dernière fois qu’on s’est vues, celles qui ne s’arrêtent pas à la barrière que je pose et qui osent aller plus loin, celles avec qui on peut boire des mojitos à s’en faire mal à la tête et danser jusqu’au bout de la nuit …

Merci d’être là les filles ! Je suis sure que vous vous reconnaitrez !

  1. je pense que tu as oublié une catégorie…
    les gens qui exposent une situation et sur laquelle tu donnes un avis, juste en amie (ou en tous cas en personne invitée à la même soirée) et qui se sentent analysés ou même qui croient que tu es là pour distribuer tes cartes de visite…
    (ça marche aussi dans la vie réelle)

  2. Virginyawoolf a dit :

    Moi j ai plus l’ âge des soirée ^^ mais en mai je veux bien un mojito, ou des petits fours…. Ou euh tiens des cupcakes tu sais où …. Promis je ramène les vernis 😉

  3. Je vais passer pour un intello vus les autres post, et pourtant en tant qu’ingénieur INSA, je sais AUSSI, faire la fête, hein Sandrine ;°) !!

    Pour répondre à ton SOS, Sandrine, déjà il y a la supervision. C’est fondamental. Et je suis sûr que tu as un superviseur pour te soutenir dans ce métier si prenant et si engageant de coach et de thérapeute.

    Ensuite, le coaching, c’est presque, selon moi, une PHILOSOPHIE de vie, donc à vouloir ETRE en conscience, FAIRE en conscience, et OBTENIR en conscience, tout en réfléchissant aux processus, pour soi et pour les autres donc, c’est effectivement très prenant. Mais quitte à « élever son niveau de conscience » (et aider d’autres à le faire) au dessus de celui du légume, autant le faire « bien », et si possible avec les bons outils. J’ai l’impression que l’école de Palo-Alto est quand même, à juger de la qualité de tes réflexions, plutot parmi les « bons » filons 😉

    Sinon, à part les Mojito, il y a la recherche spirituelle type méditation ou autres, la lecture, l’apprentissage de nouvelles choses qui t’en apprendront toujours sur toi, et bien sûr, si tu as besoin d’accompagnemen thérapeutique, tu n’as que l’embarras du choix des techniques…. (pour l’histoire du talon, l’approche du décodage biologique est assez bluffante, à prendre parfois au 2nd degré quand même…)

    Et si je voulais faire une réponse « coach », je dirais :

    « Et toi Sandrine, quelle solution tu vois ??!! »

    Ta réponse, peut-être, serait tout simplement, d’écrire sur ton blog…… Une manière de « solutionner le problème » simplement en le posant !! Et en le partageant avec de gentils/bienveillants lecteurs-trices!

    Pour finir, et c’était mon intention première, ton article m’a fait penser à une association qui propose de se pencher sur l’ECOUTE CENTREE SUR LA PERSONNE.
    Je suis sûr que tu connais déjà cette approche (issue de l’Analyse Transactionnelle je crois).

    TU peux aller surfer sur leur site où tu trouveras plein de ressources à méditer, éventuellement à pratiquer : Association romande Akouo http://www.akouo.ch.

    Je recopie ici, un des textes glané, que je trouve presque poétique, sans me préoccuper de l’aspect « religieux » qui peut nous parler ou pas, et qui remet en perspective les problèmes sous-jacent de ton ressenti de « coach/pas coach ».

    —————————————

    ECOUTER, ÇA S’APPREND,

    Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me donner des conseils, tu n’as pas fait ce que je te demandais.

    Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me dire pourquoi je ne de-vrais pas ressentir cela, tu bafoues mes sentiments.

    Quand je te demande de m’écouter et que tu sens que tu dois faire quelque chose pour résoudre mon problème, tu m’as fait défaut, aussi étrange que cela puisse paraître.

    Écoute, tout ce que je te demande, c’est que tu m’écoutes. Non que tu parles ou que tu fasses quelque chose; je te demande uniquement de m’écouter.

    Les conseils sont bon marché, pour 6 francs, j’aurai dans le même journal, le courrier du coeur et l’horoscope.

    Je peux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant, peut-être un peu découragé ou hésitant, mais non impotent.

    Quand tu fais quelque chose pour moi, que je peux et ai besoin de faire moi-même, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation.

    Mais quand tu acceptes comme un simple fait que je ressente ce que je ressens (peu importe la rationalité), je peux arrêter de te convaincre, et je peux essayer de commencer à comprendre ce qu’il y a derrière ces sentiments irrationnels. Lorsque c’est clair, les réponses deviennent évidentes et je n’ai pas besoin de conseils.
    Les sentiments irrationnels deviennent intelligibles quand nous comprenons ce qu’il y a derrière.

    Peut-être est-ce pour cela que la prière marche, parfois, pour quelques personnes, car Dieu est muet. Il ou elle ne donne pas de conseils. Il ou elle n’essaie pas d’arranger les choses. Ils écoutent simplement et te laissent résoudre le problème toi-même.

    Alors, s’il te plaît, écoute et entends-moi.

    Et si tu veux parler, attends juste un instant et je t’écouterai.

    ———————————

    Et finalement, ce que moi, je préfère, c’est de pouvoir PARTAGER, une autre manière de trouver un compromis entre parler, écouter, et être écouté…??!!

    Coach / pas coach / avec prolèmes / sans problèmes ….. on est tous des êtres humains finalement ??! On a besoin de se sentir relié et si possible, compris, non? Si ce n’est par autrui, par soi-même fera l’affaire……

  4. Merci Renaud ;-).

    Merci pour les ressources que tu me proposes.
    Oui, je pense que j’en ai déjà pas mal à ma disposition (supervision, méditation, réflexions diverses, autres activités dont faire la fête ;-), …) mais je vais aller découvrir le lien que tu me donnes.

    Cet article est effectivement aussi l’occasion de parler un peu d’autre chose, de prendre tout ça avec humour et dérision … et aussi de remercier les copines pour leur patience – il en faut pour me supporter parfois ! – et leur soutien honteusement inconditionnel 😀 …
    Ca fait du bien aussi, surement encore plus que la supervision et le reste 😉 !

  5. Je trouve que tu as bien analysé la situation et je ne doute pas que tu trouves des solutions pour y trouver ton compte et les autres aussi.

    A bientôt (pas pour un mojito et pas pour danser jusqu’au bout de la nuit parce que c’est pas trop mon truc, mais pour une promenade dans les bois ?)

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