Apprendre … ou apprendre à apprendre ?

Récemment, une amie à moi a publié ceci sur sa page Facebook :

Et ça m’a fait réfléchir à ce qu’un prof et un élève peuvent apprendre ensemble.

Souvent dans notre système éducatif, nous semblons penser que le prof est celui qui sait et l’élève, celui qui ne sait pas. Nous avons du mal à partir du principe que l’élève SAIT aussi des choses et qu’il est important aussi d’en tenir compte.

 

Professeur-élève, questionner la transmission du savoir

Cela nous questionne aussi sur notre vision des choses, sur notre ouverture à accepter d’autres points de vue que le notre.

Cela m’a rappelé aussi une discussion que j’ai eue il y a quelques temps avec un professeur d’histoire. Ce prof donnait des cours particuliers et se plaignait que certains élèves étaient « imbus d’eux-mêmes et pensait tout savoir ».

Ce qui s’était passé ce jour-là, c’est que l’élève, à qui le prof donnait des cours particuliers, avait une opinion différente de celle du prof au sujet de la cité antique d’Athènes.

Pas de chance, le prof particulier avait fait sa thèse sur ce sujet … Il s’en est suivi une dispute et le prof a renoncé à donner des cours à cet élève particulièrement récalcitrant.

Comment le prof aurait-il pu réagir différemment ?

Dans le cas du prof d’histoire, tout simplement en partant du constat que son élève et lui n’avaient visiblement pas le même avis au sujet d’Athènes :

Tiens, tu penses ça. Moi j’ai un autre avis. Comment en es-tu arrivé à cette conclusion ?

Ce qui aurait permis à la fois au professeur et à l’élève de comprendre comment l’élève avait construit son savoir : quelles sources il avait utilisée, sur quoi il s’est basé, …

Ce qui aurait permis aussi au professeur d’expliquer comment on valide ses sources, comment on recoupe les informations, …

Tiens tu as lu ça sur Internet ? Sur quel site ?

Ah et qui écrit ce site ? Qui est cette personne ? Quel est son parcours, ses intérêts, ses compétences sur le sujet abordé ?

Et peut-être aussi aller plus loin en expliquant comment nous, adulte, nous avons construit notre savoir.

Dans le cas du problème de maths ci-dessus, ça aurait sans doute obligé le prof à reconnaitre 2 choses :

D’abord que la réponse de l’élève est parfaitement logique, donc pas fausse.

Mais aussi et surtout que la réponse attendue est « formatée » : on n’attend pas de l’élève qu’il réfléchisse mais qu’il réponde au problème de mathématiques sans se poser de questions sur l’énoncé. Ce qui est dommage car cela déconnecte totalement les maths de la réalité, ce qui en fait une matière bien trop abstraite et incompréhensible pour la plupart des gens.

L’élève apprend à apprendre.

L‘enseignant aussi apprend à apprendre à ses élèves, en partant de LEUR vision des choses et non de la sienne. Il perfectionne sa façon d’enseigner, sa pédagogie.

Mener ce travail avec les enfants est passionnant.

Bien sur, il prend du temps, mais les acquis pour la suite sont inégalables : l’enfant a appris à apprendre, il sait confronter ses sources, se poser les bonnes questions.

Dans un monde où l’information foisonne, il est urgent d’apprendre à nos enfants à avoir l’esprit critique !

Et cela passe aussi – surtout ? – par l’école.

 

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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3 pensées sur “Apprendre … ou apprendre à apprendre ?

    • 15 janvier 2013 à 19:06
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      Les grands esprtis se rencontrent 😉 … Cette anecdote fait justement l’objet d’un article que j’ai rédigé il y a déjà quelques temps et qui est programmé début février ;-).

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  • 15 novembre 2015 à 12:40
    Permalink

    C’est même un travail précieux à mener quand les élèves ont enregistré le contraire de ce qu’on essayait de leur enseigner. Pouvoir retrouver leur cheminement et leur « sortie de route » est essentiel si on veut pouvoir avancer. De plus en plus, les enseignants n’ont plus la possibilité d’être ceux qui savent (un peu comme les médecins), les élèves lisent, regardent apprennent des choses par de nombreuses autres sources et c’est la qualité de ces sources et de la compréhension des informations qu’ils collectent à droite et à gauche qu’il faut leur enseigner. Le cours magistral est destiné à disparaître, sauf sous la forme de vidéo conférence peut-être. Le paradoxe, c’est que la France continue de poter au plus haut niveau (agrégation) les professeurs capables de faire un exposé de 40 minutes que leurs « élèves » seront supposés « boire » grâce à la lumineuse autorité issue de son immense savoir qui s’imposera de lui-même… Cela donne surtout des professeurs qui ne supportent pas qu’un élève puisse prétendre savoir quelque chose par lui-même…

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