LE truc à faire pour éviter de tuer définitivement le désir de votre partenaire.

L’arrivée des enfants chamboule le couple, souvent profondément et pas toujours dans le bon sens. Parmi les domaines souvent mis à mal par la parentalité, il y a celui de la sexualité. Après les enfants, le désir, notamment féminin, a tendance à fondre comme neige au soleil de printemps (c’est de saison). Cette situation crée beaucoup de souffrances de part et d’autre (j’en ai déjà parlé dans de nombreux articles, retrouvez les liens à la fin de celui-ci). « On fait quoi alors quand le désir s’est fait la malle ? », je crois que c’est la question que j’entends le plus souvent. Alors aujourd’hui je vous propose LE truc à faire pour éviter de tuer définitivement le désir de votre partenaire. (Si vous êtes le/la partenaire qui désire moins dans votre couple, envoyez vite le lien de cet article à votre compagnon/compagne !).

Absence de désir = désamour ?

Face à la baisse de désir chez le/la partenaire, la réaction immédiate est souvent une remise en question de l’amour. « Si l’autre ne me désire, plus c’est qu’il/elle ne m’aime plus. » En fait, non, ça n’a rien à voir (ou vraiment pas grand chose).

Dans mon expérience de thérapeute de couple, la baisse du désir n’a que rarement à voir avec un désamour. Je crois qu’en 10 ans d’accompagnement et plusieurs dizaines de couples accompagnés, cela a dû arriver 4 ou 5 fois maximum.

La baisse du désir a par contre souvent un lien avec l’épuisement. Le burn-out s’accompagne trsè fréquemment d’une baisse de libido. Chez les femmes, c’est très fréquent. Chez les hommes, ça arrive aussi. Mais le burn-out peut aussi se manifester par des conduites addictives, plus souvent présentes chez les hommes, le sexe en faisant partie.

Avant de vous vexer de la baisse de désir de votre partenaire, commencez donc par vous demander si vous ne pouvez pas faire quelque chose pour elle/lui.

Indice : ne lui dites pas « prends donc du temps pour toi » sans autre forme de procès ! Si vous pensez que votre partenaire aurait besoin de temps, ORGANISEZ-LE pour lui/elle : prenez les enfants sous le bras, prenez rendez-vous au spa, à la salle de gym ou avec des copains à sa place et mettez-le/la devant le fait accompli (ça me fait penser que je dois VRAIMENT écrire un article sur le burn-out).

Baisse de désir n’égale pas baisse de l’amour. Mais ce n’est pas tout … Ce que vous faites quand votre partenaire manifeste une diminution de son désir joue un rôle ESSENTIEL dans la suite des évènements (et donc de votre vie de couple).

Comment nous punissons nos partenaires quand ils n’ont pas de désir …

Au sens comportementaliste du terme, la punition est une conséquence désagréable qui suit un comportement.

L’absence de désir est très souvent accompagnée de nombreuses conséquences punitives pour la personne qui désire peu.

Quelques exemples des conséquences punitives (= désagréables) engendrées pour la personne qui désire moins/plus :

  • l’absence de désir crée de la honte ou a minima des doutes : « suis-je normal-e ?« , « je dois avoir un problème.« .
  • La culpabilité est aussi présente : « je fais souffrir mon/ma partenaire« , « je suis responsable de son sentiment de rejet, de sa déprime.« 

Le/la partenaire crée aussi des conséquences relationnelles punitives qui s’ajoutent aux émotions déjà ressenties. J’ai listé les plus courants dans l’article « 12 façons de tuer le désir dans son couple ». Je vous résume les plus couramment observées :

  • je fais la tête quand mon/ma partenaire refuse mes approches.
  • je fais des reproches à mon/ma partenaire en lui demandant de « faire un effort »
  • je sous-entends que mon/ma partenaire a un problème
  • je me montre déprimé-e ou malheureux-se en sous-entendant (ou en disant clairement) que c’est à cause de son manque de désir que je suis dans cet état
  • etc

Chacune de ces attitudes est punitive : elle crée des conséquences désagréables sur le/la partenaire moins désirant-e. Comme souvent avec les attitudes punitives, nous imaginons que la conséquence désagréable va provoquer un changement chez notre partenaire, que ça va rallumer son désir.

J’ose même ajouter que certains thérapeutes de couple en rajoutent une couche dans ce domaine avec des « forcez-vous un peu » ou « vous devriez vous montrer reconnaissante que votre conjoint ait du désir pour vous » (j’en avais parlé dans l’article « on n’est pas des putes« )

Vous savez quoi ? Ca ne marche pas du tout. Mais alors pas du tout du tout du tout.

Le désir réagit très négativement à la punition

Je l’ai expliqué en long en large et en travers dans mon article « Comment obtenir plus de désir dans mon couple ?« .

En résumé, la punition fonctionner si – et seulement si – le comportement visé est sous le contrôle volontaire de la personne.

L’acte sexuel est sous notre contrôle volontaire : nous pouvons décider d’engager une relation sexuelle même si nous n’en avons pas envie (par exemple : pour avoir la paix et que notre partenaire arrête de tirer la gueule). La punition peut donc vous permettre d’obtenir des relations sexuelles.

Par contre, la punition ne fonctionne pas pour des choses que nous ne contrôlons pas. Le désir est – PAR DEFINITION – hors de notre contrôle : nous avons envie ou n’avons pas envie mais nous ne pouvons pas décider d’avoir envie sur commande. Si nous pouvions le faire, les problèmes de couple n’existeraient quasiment plus 😉 …

Que se passe-t-il quand vous punissez un comportement qui n’est pas sous le contrôle volontaire d’un être humain ? Vous créez un conflit interne (vous pouvez même le rendre fou avec un truc pareil).

C’est comme si vous étiez puni pour ne pas aimer les choux de Bruxelles (ou n’importe quel autre aliment qui vous dégoûte). Imaginez :

  • chaque fois que vous dites simplement que vous n’aimez pas, on vous gronde en vous disant que vous êtes quand même bien difficile.
  • chaque fois que vous refusez poliment d’en manger, on vous reproche de ne faire aucun effort et on vous renvoie à la figure que vous n’avez aucune reconnaissance pour la personne qui a préparé le plat.
  • chaque fois que vous acceptez d’en manger par politesse (avec de grands efforts et le coeur au bord des lèvres), on vous blâme pour votre air dégoûté

Bref, en 1 mot comme en 100 : il y a peu de chances que cela vous aide à apprécier les choux de Bruxelles. Les comportementalistes vous le diront mieux que moi, c’est même l’inverse qui va se produire :

plus vous serez puni pour ne pas aimer quelque chose, plus vous allez détester cette chose.

(Ca marche pour le sexe comme pour les aliments ou le travail scolaire).

Bon alors, c’est quoi LE truc à faire pour éviter de tuer définitivement le désir de votre partenaire ?

Vous l’aurez compris, l’attitude à avoir suppose de supprimer toute conséquence punitive au manque de désir. Mais souvent, ça ne suffit pas : en effet, ne « rien faire » est très difficile. De plus, votre partenaire a l’habitude de vous voir réagir négativement. Une absence de réaction sera probablement interprétée comme une fuite mais pas comme un changement radical. Votre partenaire continuera de savoir que vous lui reprochez de manquer de désir même si vous ne lui dites plus.

Il va donc falloir adopter une attitude à 180° de votre comportement punitif habituel pour provoquer un changement. Pour cela, LE truc à faire pour éviter de tuer définitivement le désir de votre partenaire, c’est tout simplement de 

le/la remercier pour ses refus 

Oui, j’ai bien dit « REMERCIER votre partenaire pour ses refus« , sa distance, son manque de désir.

Livre vecteur créé par freepik – fr.freepik.com

Dites-lui à quel point vous êtes chanceux-se d’être avec quelqu’un qui se respecte à ce point.

Dites-lui comme vous appréciez qu’il/elle vous fasse suffisamment confiance pour s’autoriser à vous rejeter sans avoir peur de votre réaction.

Dites-lui comme c’est génial pour vous d’expérimenter à quel point on peut s’aimer même quand on ne fait pas l’amour.

Bref, dites et redites que ce manque de désir est une chance EX-TRA-OR-DI-NAI-RE pour votre couple. Mieux encore : encouragez-le/la à cultiver le respect de ses ressentis le plus possible.

Allez, zou, au boulot 🙂

A propos de désir dans le couple, des ressources supplémentaires

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Mon « cher » ami Aldo Naouri ayant encore récemment fait parler de lui avec des encouragements à forcer les femmes à avoir des relations sexuelles (il a ENCORE sorti récemment un livre où il remet ces propos sur le tapis), je vous invite aussi à relire cet article écrit en 2013 : « Naouri, nique ta mère (heu non ta femme pardon !« )

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Sandrine Donzel

Parentalité, couple, communication, développement personnel ? Votre vie ne ressemble pas à ce qui est décrit dans les livres ? Pas de panique et bienvenue dans la VRAIE VIE, celle qui est abordée sur ce blog ! Je vous y propose des outils concrets, pragmatiques et REALISTES pour répondre à vos interrogations. Bonne lecture !

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3 pensées sur “LE truc à faire pour éviter de tuer définitivement le désir de votre partenaire.

  • 26 mars 2019 à 06:24
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    Bonjour, décrire le plus désireux comme un punisseur, conscient ou pas, je trouve ça très réducteur. Quelques nuances seraient à ajouter.
    Se décharger totalement des émotions de l’autre, lorsque l’on est le moins désireux, je trouve ça très limite également. L’empathie, la bienveillance, où sont-elles? On serait donc face à quelqu’un qui viendrait « piocher » dans l’autre à sa guise sans réel échange. « Rendez-vous dans un mois, si je le décide. »… « Et en attendant, je ne veux pas te voir, hors de ma vue! »… Serieusement…
    L’échange c’est important, l’échange, c’est aller vers l’autre et non pas le rejeter. Lorsque quelqu’un tend la main, doit-on cracher dessus?
    Oui, nos vies sont stressantes, oui, nous sommes tous fatigués… Mais à nous de nous libérer l’esprit pour les choses réellement importantes, simples, et, je pense que le couple, la famille, les amis, ne sont pas à négliger, ce sont de vraies relations. Envoyer balader quelqu’un est à mon sens quelque chose de négatif.

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    • 26 mars 2019 à 07:34
      Permalink

      Je ne crois pas avoir dit que le/la partenaire moins désirant devait envoyer balader l’autre ou lui « cracher dessus ». Manquer de désir sexuel n’implique pas forcément qu’on ne souhaite pas être en relation avec son/sa partenaire ou qu’on ne passe pas du temps avec lui/elle.
      Vous faites ici une confusion entre un manque de désir sexuel et une mauvaise relation.

      Refuser une relation sexuelle alors qu’on n’en a pas envie me parait tout à fait sain. Accepter des relations sexuelles quand on n’en pas envie conduit immanquablement à des problèmes.
      Refuser une relation sexuelle n’est jamais rejeter l’autre. C’est juste … refuser une relation sexuelle.

      Le partenaire moins désirant peut demander plus de tendresse, plus d’attentions mais pas plus de désir ni plus de sexe. Et l’attitude que je décris dans cet article est un des meilleurs moyens que je connaisse pour que le changement dans le couple aille dans le bon sens.

      Mais on peut aussi choisir de faire des reproches à l’autre pour son manque d’attention et sa distance et lui « tirer la tête ». Pas sure que ça marche aussi bien …

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