je n’ai pas le temps ! … gérer son temps autrement

15.06.19 penduleUne des choses que j’entends le plus souvent – et pas que dans mon cabinet, plutôt en-dehors d’ailleurs parmi mes connaissances, mes amis, … – c’est quelque chose comme :

Je n’ai pas eu le temps.

Tu sais, en ce moment, je n’ai pas le temps.

Il manque des heures à la journée.

Pas le temps, pas le temps, pas le temps, …

Je n’ai pas le temps … Ah oui vraiment ?

A moi aussi, ça m’arrive de dire que je n’ai pas le temps. Souvent. En réalité, ce n’est pas tout à fait vrai. Le temps je l’ai. Mais je ne l’ai pas pris. Ou plutôt je l’ai pris pour faire autre chose.

Je n’ai pas eu le temps d’appeler ma copine pour lui souhaiter son anniversaire.

En couple, je n’ai pas de temps pour être ensemble, pour les calins ou le sexe.

En famille, je n’ai pas le temps de jouer avec mes enfants.

Au travail, je n’ai pas eu le temps de finir tel ou tel dossier.

Pour de vrai, j’ai choisi de consacrer mon temps à faire autre chose : passer du temps avec mes enfants, mon conjoint, d’autres amis, travailler, faire le ménage, faire du sport, lire, zoner surfer sur Internet, aller en réunion, faire un autre dossier, checker mes emails, …

Souvent ce choix est relativement inconscient : je ne décide pas réellement volontairement de faire telle ou telle chose, le choix se fait « à l’insu de mon plein gré » comme dirait l’autre. Lorsque ces choix sont trop « inconscients », nous avons le sentiment de les subir et de ne rien décider, ce qui est difficile à vivre. Nous perdons le contrôle de notre vie et c’est presque comme si quelqu’un d’autre décidait à notre place.

Alors si vous avez la sensation régulière de « ne pas avoir le temps » et de subir le temps qui passe, il est intéressant de vous obliger à remplacer vos « je n’ai pas le temps de … » par « je n’ai pas PRIS le temps de … ». Demandez-vous alors ce que vous avez fait à la place.

Vous pourrez alors mieux prendre conscience des choix que vous faites.

Cela vous aidera à moins les subir : nos choix inconscients sont souvent tout à fait adaptés et logiques. Et si vous vous rendez compte qu’ils vont à l’encontre de vos valeurs, de vos envies profondes, alors il sera alors peut-être temps de les faire évoluer.

Il est possible aussi que vous vous rendiez compte qu’il y a des choses que vous souhaitez faire que vous ne pouvez pas matériellement faire. Mais renoncer à ses attentes à l’égard de soi-même est souvent très difficile 🙂 …

Pas le temps … ou manque d’autre chose ?

C’est intéressant comme les mots peuvent changer notre perception des choses. Nous l’avons vu avec « je n’ai pas le temps » et « je n’ai pas pris le temps ». Une autre piste que j’explore souvent, c’est de remplacer aussi le mot « TEMPS » par le mot « ENERGIE ».

Cela donne :

Je n’ai pas eu le temps d’appeler ma copine pour lui souhaiter son anniversaire = je n’ai pas eu l’énergie d’appeler ma copine.

En couple, je n’ai pas de temps pour être ensemble, pour les calins ou le sexe = je n’ai pas eu l’énergie d’être avec mon/ma conjoint/compagne, pour les calins, le sexe, …

En famille, je n’ai pas le temps de jouer avec mes enfants = je n’ai pas l’énergie de jouer avec mes enfants.

Au travail, je n’ai pas eu le temps de finir tel ou tel dossier = je n’ai pas l’énergie de finir tel ou tel dossier.

Comme plus haut, cela incite à voir que nous choisissons aussi généralement des activités plus « écologiques » pour nous = qui nous demandent moins d’énergie. Et cela est particulièrement vrai lorsque nous sommes en période difficile où nous roulons un peu sur la réserve et que nous avons besoin de nous préserver.

Là encore, cette attitude est utile : il vaut mieux ne pas trop tirer sur la corde au risque de s’épuiser, notre inconscient le sait bien.

Alors il convient aussi de se demander comment regagner en énergie.

Une des premières questions à se poser à ce sujet est donc : où est-ce que je trouve du plaisir dans ma vie ? Quels sont mes plaisirs 1 étoile, 2 étoiles, … jusqu’à 5 étoiles ? Les menus plaisirs se répétent souvent mais apportent un petit gain, les grands plaisirs sont plus rares mais remplissent beaucoup d’un coup. Et parfois les petits plaisirs suffisent à remplir notre réservoir d’énergie.

Intéressez-vous aussi aux fuites d’énergie  ! Notre inconscient est soucieux de notre écologie … mais sur le court terme principalement : il nous fera opter pour l’attitude la moins coûteuse en énergie à court terme sans réaliser que, sur le long terme, une attitude aurait plus avantageuse pour nous. Certains choix sont alors de faux amis : je crois économiser mon énergie en choisissant une option mais il serait plus efficace de gérer autrement.

Je peux par exemple choisir d’éviter le conflit avec telle ou telle personne. Cette stratégie est probablement payante à court terme : je m’évite des pertes de temps et d’énergie sur le moment. Mais elle peut s’avérer contre productive sur le long terme si le problème se reproduit sans arrêt et que l’évitement ne me permet pas de résoudre le problème.

Inversement, je peux aussi choisir de confronter systématiquement une personne avec laquelle je ne suis pas d’accord. Ca peut être une attitude qui demande de l’énergie à court terme mais dont j’imagine qu’elle va m’apporter du soulagement sur le long terme. Or si la personne ne peut pas ou ne veut pas entendre, je gaspille de l’énergie en pure perte à essayer de la faire changer.

La bonne attitude n’est donc ni dans l’évitement ni dans l’affrontement des problèmes : elle est dans le fait de prendre du recul sur la situation pour se demander si notre façon de la gérer nous permet d’avancer dans le bon sens ou pas quand nous avons l’impression de perdre notre temps et notre énergie.

Pas le temps … ou trop pressé ?

Dans la vie aussi, je vois combien il est facile de se laisser entrainer par le temps, par la vitesse, par les « dead-lines », les délais, les urgences. Quand quelqu’un veut un rendez-vous, c’est souvent urgent. Quand une entreprise veut une intervention, c’est pour tout de suite. Quand on m’envoie un mail, la réponse est pour dans 30 mn. Quand mes enfants me demandent quelque chose, la réponse est une question de vie ou de mort dans les 5 mn qui suivent.

Bref, il faut faire vite. (et bien de préférence).

Alors nous nous laissons happer par le tourbillon : vite il faut checker ses emails, vite il faut rappeler la personne qui a laissé un message, vite il faut habiller les enfants et les envoyer se laver les dents, vite, vite, vite …

L’excitation et le stress nous gagnent. Vite (et bien). Nous devenons alors des montres ambulantes dont le tic-tac menaçant énerve tout le monde autour de nous. « Vite, vite, vite, dépêchez-vous, vite, vite, … » De quoi stresser le plus zen des moines bouddhistes … Nous stressons tout le monde y compris nous-même.

Comme je le dis parfois, si mon expérience – aussi bien personnelle que professionnelle – m’a appris une chose, c’est la suivante

quand je suis pressée, c’est qu’il est temps de ralentir et de prendre le temps

Quand je commence à être pressée, c’est qu’il y a des enjeux, des risques : je dois respecter des délais et je risque de ne pas faire les choses correctement si je suis en stress. Alors je me force à ralentir, à prendre le temps :

  • Prendre le temps de dire les choses posément plutôt que de stresser tout le monde : l’excitation n’a jamais rendu personne efficace 🙂 … C’est justement parce qu’on est pressé qu’il faut être efficace dans ses formulations (surtout avec des enfants mais au travail aussi)
  • Prendre le temps de réfléchir à ce qui est vraiment urgent et primordial pour être sûre d’être à la hauteur sur ces points-clés là plutôt que de tout faire à la va-vite
  • Prendre le temps de réfléchir avant de répondre pour être sûre de ne pas donner une réponse qui finalement ne sera pas satisfaisante ou qui ne le sera pas pour l’autre : c’est particulièrement vrai avec les enfants dont les demandes sont souvent urgentissimes. Je leur réponds souvent

si je te réponds maintenant, je risque de te donner une réponse qui ne te conviendra pas ou qui ne me conviendra pas. Dans les 2 cas, ça va mal se passer. Alors je te répondrai quand j’aurais pris le temps de réfléchir.

Cet article vous a plu ? Vous avez envie d’en savoir plus et de recevoir régulièrement des infos autour de ce sujet ? Alors cliquez ici !

La gestion du temps et vous ?

Alors, vous vous reconnaissez dans ces soucis de gestion du temps ? Dans quelle situation vous reconnaissez-vous le plus ?

Pour aller plus loin :

  • Quelques livres de David Allen qui propose une approche de la gestion du temps bien plus « naturelle » pour moi que les « urgents, importants, … » qu’on inculque généralement dans les formations et dont je n’ai jamais compris le sens ni les distinctions.

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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5 pensées sur “je n’ai pas le temps ! … gérer son temps autrement

  • 19 juin 2015 à 20:17
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    Il y a qq temps, j’ai avoué à mon chef que je n’avais pas finaliser un dossier, non pas à cause de manque de temps, mais parce que je n’avais eu pas l’énergie pour le faire, que je n’étais pas pas rentrée dans l’esprit des cases à remplir.
    Je lui ai donné mes éléments de réflexion sous forme de schéma et de notes…. et c’est lui qui a rempli le dossier.

    Parfois, surtout pour le rangement, je me dis que je n’ai pas le temps de le faire …. donc, ça devient de + en + le bazar, et comme ça, j’ai encore moins le temps de ranger …
    Alors qu’en rangeant par tranche de 10 minutes efficaces, ça serait moins énergivore …
    Dimanche dernier, j’ai mis mon évier net …. et il l’est resté toute la semaine … c’est vendredi qd j’écris, comme quoi, c’est possible …

    Donc, j’ai bien des éléments pour comprendre et agir …. reste à agir sur le long terme, aussi bien au travail qu’à la maison …

    Répondre
  • 20 juin 2015 à 00:08
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    Je dis souvent que « je n’ai pas pris le temps » parce qu’effectivement le temps je sais que j’aurais pu le trouver, mais j’ai choisi de faire une chose ou une autre. Je me reconnais un peu plus dans les 2 autres même si j’évite la dernière autant que possible. Quand je ne prends pas le temps parce que « je n’ai pas l’énergie », j’attends alors que j’aille mieux pour faire certaines choses (répondre à des mails, appeler des gens).

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  • 20 juin 2015 à 08:01
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    je m’y retrouve à 100%!

    Mais il y a quand même des périodes ou c’est compliqué d’agir sur les éléments perturbateurs. J’aimerais pouvoir me plonger dans un dossier / une tâche (même aussi simple que faire la cuisine) sans être interrompue… Mais en vivant à plein temps avec un bébé de 4 mois (presque 5, déjà, c’est fou !), c’est mission impossible, évidemment.
    Bon.
    Alors je lâche prise à la maison (nos menus certains jours feraient peur à un nutritionniste !), et voilà ce que j’ai indiqué dans mes conditions de travail, que j’ajoute à ma grille tarifaire et/ou à un devis :

    « La qualité de mon travail est totalement dépendante de mon
    épanouissement en tant qu’être humain.
    Mon épanouissement intellectuel se nourrit d’activités variées, et
    notamment d’engagements associatifs. Ce qui a pour conséquences
    que je ne suis pas systématiquement joignable à tout moment de la
    journée aux horaires classiques de bureau.
    Si les phases de réflexions peuvent avoir lieu à tout moment de
    la journée, je passe à la création graphique et à la réalisation
    principalement la nuit.
    Mon épanouissement affectif est lié notamment à la proximité que
    j’entretiens avec ma famille, au temps que je passe avec mes enfants
    (nés en 2010, 2012 et 2015). Jusqu’à ce que cette situation ne me
    convienne plus, je travaille et me déplace avec ma 3è fille, allaitée à
    la demande. Elle est habituée à vivre des réunions, des colloques, etc :
    dans la majorité des cas aucune perturbation n’est à déplorer, mais je
    ne peux pas le garantir.
    Si cette situation risque d’engendrer un stress pour vous, nous aurons
    peut-être l’occasion de collaborer sur d’autres projets, dans quelques
    mois ! »

    Et c’est plutôt bien perçu ! Je suis passé à côté de certains projets pro, mais je sais pourquoi, et que ce n’est qu’un frein temporaire (ou pas : ça sert aussi de « détecteur à c.. » !). Mes interlocuteurs sont très surpris de ma franchise, et il m’en félicitent souvent. Il m’est revenu aux oreilles que c’était surprenant, dérangeant dans un premier temps, mais finalement rassurant, car on savait que quand je m’engageais, on pouvait me faire confiance.
    Ça me va !

    Répondre
  • 20 juin 2015 à 18:15
    Permalink

    Je m’y retrouve complètement. J’emploie souvent l’expression je n’ai pas pris le temps ou je n’ai pas eu l’énergie! Un livre qui m’a beaucoup aide dans cette prise de conscience fut « the power of full engagement »
    http://www.amazon.com/The-Power-Full-Engagement-Performance/dp/0743226755
    c’est un best seller. Je suppose qu’il a été traduit en français!
    Merci pour cet article joliment formulé.
    sandrine

    Répondre
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