aider les enseignants à enseigner : découper les bonnes intentions en mots utilesRégulièrement l’école est le lieu de réformes. Pédagogiques s’entend. Nouveaux programmes qui vont révolutionner les apprentissages et rendre tous les enfants aptes à apprendre. Et puis de nouvelles pédagogies – ou d’anciennes remises à la mode – refont surface et deviennent LE principe selon lequel TOUS les enseignants devraient enseigner à TOUS les enfants. Régulièrement une pédagogie revient dans l’air du temps. Genre on redécouvre l’eau tiède … Bien sûr l’idée est d’aider les enseignants à enseigner, de faire en sorte que moins d’enfants soient en échec.

Mais il y a déjà bien longtemps que tout le monde sait ce qui favorise l’apprentissage. Et quand je dis « on », je ne parle pas des spécialistes de l’éducation, je parle presque de monsieur et madame tout le monde. Et des enseignants en premier lieu. D’ailleurs, demandez à n’importe quel enseignant et il vous le dira : les enfants ont besoin d’expérimenter pour intégrer les apprentissages sur les plans émotionnel et sensoriel en plus de l’intellect. Ils ont besoin de revoir plusieurs fois de façon différentes les mêmes notions : leçons, exercices, projets, expérience, … Sur le plan de la pédagogie pure aucune innovation majeure n’a été faite à ma connaissance depuis plusieurs dizaines d’années.

Mais l’apprentissage n’est pas qu’une question de pédagogie. C’est aussi une question de relation. J’avais déjà parlé ici de l’impact de la relation enseignant/élève sur les apprentissages. Mais là encore, l’immense majorité des enseignants connait les conditions qui font que la relation est bonne pour l’apprentissage : les enfants ont besoin d’être valorisés, de sentir qu’ils sont fondamentalement capables et compétents. Ils ont besoin d’être encouragés, soutenus et non enfoncés et humiliés.

En cette rentrée, la polémique Céline Alvarez a fait refaire surface à beaucoup de fantasmes qui voudraient que quelques initiés aient enfin découvert le graal de la pédagogie … Je crois que, fondamentalement, nous sommes à peu près tous d’accord (ou presque) sur les idées qui devraient guider nos actes en tant qu’éducateurs. Et c’est précisément ce qui fait réagir les enseignants : qu’on sous-entende avoir fait des découvertes majeures, alors que ces connaissances sont déjà disponibles depuis longtemps. Et qu’on leur dise pour la dix-millième fois comment enseigner.

Haim G. Ginott dans l’excellent « Between parent and child » (non traduit en français à ce jour) rapporte le témoignage suivant :

« Je sais déjà ce dont un enfant a besoin. Je le sais par coeur ! Il a besoin d’être accepté, respecté, aimé. Il a besoin qu’on lui fasse confiance. Il a besoin d’être encouragé, activé, amusé. Il a besoin d’expérimenter, d’explorer, de faire par lui-même. Bien sur ! … Mais ce dont je manque moi, c’est de la sagesse de Salomon, de la vision de Freud, du savoir d’Einstein et du dévouement de Florence Nightingale. »

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Ne plus être stressée, j’en rêve tous les jours. Alors en cette période de rentrée,je pensais faire un article sur les relations avec les enfants pour bien démarrer l’année … mais je me suis dit qu’il y avait plus urgent à vous dire. J’ai donc eu envie de vous parler de stress.

Ne plus être stressée parce que le stress ça craint …

ne plus être stressée : stressée ou relax ?Vous savez probablement que la vie de travailleur indépendant, c’est pas de tout repos. Mais, en vrai, j’ai envie de dire : la vie tout court, c’est pas de tout repos, surtout avec des enfants. Comme le faisait remarquer un de mes contacts Facebook, des fois on a l’impression que c’est lundi matin tous les jours (et même tous les soirs).

Bref, la vie, c’est pas tout rose, qu’on soit indépendant, salarié ou à la maison. Avec ou sans enfants. En couple ou pas.

Il y a des jours où tout va de travers : les enfants refusent de faire ce qu’on leur demande, on foire lamentablement une intervention professionnelle, un projet professionnel récurrent se termine et on ne sait pas par quoi on va le remplacer, on se trouve nul-le d’avoir repoussé pour la 10e fois l’appel à sa meilleure amie ou son meilleur pote, on est un parent pourri qui a zappé de prendre rendez-vous pour son ainé chez l’orthodontiste et qui a raté le créneau pour inscrire le cadet à son activité favorite, … Bref, on craint.

Je suis à peu près sure que vous aussi, vous avez des moments où tout va de travers et où vous commencez à vous dire que vous êtes la pire personne que la terre aie jamais portée, que vous ratez tout ce que vous touchez et qu’il vaudrait mieux que vous laissiez tout tomber. Lire la suite de cet article

TedxINSA sandrine donzel moins de volonté pour réussirEt si moins de volonté permettait de mieux réussir ?

Au printemps dernier, j’ai été conviée à participer à un évènement TEDx dans mon ancienne école d’ingénieurs, l’INSA de Lyon.

Le thème de cet évènement « Less is best ». Un thème inspirant. Comme je m’adressais essentiellement à un public d’étudiants, j’ai choisi de proposer un talk à propos de la volonté pour réussir, un problème que nous rencontrons tous un jour ou l’autre.

Les lecteurs usuels de mon blog ont déjà eu un aperçu de ce mon propos à ce sujet. Mais voici une nouvelle façon de le dire en vidéo au travers de TEDx.

Quelle est la place de la volonté pour réussir ?

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16.07.18 desir dans le couple citation schopenhauer« Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, mais vous ne pouvez pas décider de désirer. » – Schopenhauer

Schopenhauer n’était pas un thérapeute de couple … Mais il aurait peut-être dû le devenir ! Cette phrase devrait nous être dite le jour du mariage, voire enseignée dès la maternelle. Les problèmes de désir dans le couple sont très fréquents.

Le désir dans le couple, une problématique subtile …

Malgré mon expérience d’accompagnement de couples, je ne sais toujours pas comment susciter le désir dans le couple.

Mais je commence à savoir à peu près précisément ce qui peut lui nuire à coup sûr. Je rencontre souvent les mêmes attitudes nocives pour le désir. Elles reviennent toutes à essayer de se forcer à désirer ou essayer de forcer son conjoint – homme ou femme – à désirer. Comme un peu d’humour ne nuit pas pour dédramatiser un peu le sujet, voici dans le désordre, mes 12 recettes pour tuer le désir dans le couple à coup sûr !

En espérant que les éviter donnera une chance au désir de renaitre et de se renforcer 🙂 … Cette liste n’est pas exhaustive évidemment :-). Lire la suite de cet article

« Mais pourquoi mon enfant ne me parle pas ? » : C’est une question qui m’a été posée récemment lors d’une conférence sur la confiance en soi. Et c’est une question qui revient souvent :

Je vois bien que mon enfant a un problème, que quelque chose ne va pas. Mais j’ai beau essayer de lui tirer les vers du nez, il ne parle pas. Il dit que ça va ou bien il ne répond pas.

Et ça, quel que soit l’âge de l’enfant.

Pourquoi mon enfant ne me parle ? Pourquoi diable un enfant refuserait-il de parler à un adulte bien intentionné qui veut l’aider alors qu’il a un problème ?

C’est vrai ça. Nous les parents, nous avons juste envie d’aider nos enfants à résoudre leurs problèmes. S’ils nous parlaient quand ça va mal, nous pourrions faire ce qu’il faut pour les aider et tout irait mieux. Ou pas. Lire la suite de cet article

gérer le stress du matin avec des enfants : pendulesLes histoires de matin pressés, stressés, paniqués … sont fréquentes chez les parents. La plupart du temps, ça démarre assez bien. Puis progressivement, le temps passant, ça se stresse et ça s’énerve pour finir en apothéose de cris et de hurlements et/ou d’empoignades manu militari à l’heure H- 3 secondes – ou H+3 minutes chez certains …

Mais qu’est-ce qui fait des matins qui devraient être sereins de tels moments détestables ? Est-ce que ça ne pourrait pas juste se passer « bien » ?

Comment gérer le stress du matin avec des enfants ?

Tout se passe comme si un inexorable tic-tac se faisait de plus en plus fort dans nos têtes, comme une bombe menaçant d’exploser si nous ne sortons pas de la maison en temps et en heure.

Si c’était vraiment le cas, il serait logique que nous finissions en hurlements et en empoignades : c’est la bonne conduite à tenir quand un danger mortel nous menace. Mais attendez-voir … Y a-t-il vraiment un danger mortel qui nous menace chaque matin si nous ne sortons pas à temps de la maison ?

Un affreux monstre tapi au creux de la maison qui surgirait dès l’heure passée ? Un dragon infâme qui accueillerait les parents retardataires chez la nounou ou à l’école (encore que ça, ça peut être vrai à certains endroits 😉 …) ?

Non, en réalité, rien de tout cela.

La peur du jugement si nous sommes en retard oui certes. L’inquiétude de mal éduquer nos enfants si nous ne leur montrons pas qu’il est important d’être à l’heure, oui sans doute. Mais un danger vital, certainement pas.

Gérer le stress du matin avec des enfants avec un cerveau fait pour gérer les urgences vitales …

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Il y a des matins comme ça où je me lève de mauvaise humeur et où j’ai envie de massacrer tout le monde avant de démarrer la journée. Alors, plutôt que de me défouler sur mes enfants ou mon conjoint, je me rabats sur des concepts qui me tapent sur le système depuis des lustres … et j’en fais des articles.

La mère suffisamment bonne = la mère parfaite …

Aujourd’hui c’est tombé sur « la mère suffisamment bonne » … Je crois qu’on a rarement inventé concept aussi inutile et aussi inutilisable. La mère « suffisamment bonne » est celle qui est censée savoir donner des soins équilibrés à ses enfants, ni trop, ni trop peu. Genre la mère parfaite quoi.

Or, comme vous le savez et pour paraphraser un livre sorti il y a quelques temps : « la mère parfaite est une connasse ».

Si tu n’en fais pas assez pour ton enfant tu es une mauvaise mère. Mais si tu en fais trop aussi hein. Faut pas déconner : si une mère pouvait faire juste bien, ça se saurait depuis le temps non ? Bref, encore un concept pour nous mettre la pression, à nous les parents (non parce qu’on peut facilement étendre le concept aux papas finalement …)

La mère suffisamment bonne, aux yeux de qui ?

Et puis d’abord, « bonne » ou qui fait « bien, c’est aux yeux de qui ? Lire la suite de cet article

changer ma relation avec mon enfant : on ne résoud pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré.L’impuissance nous rend violents. Si nous voulons devenir moins violents, il faut se rendre à l’évidence : il va falloir cesser de persévérer à faire des choses qui ne fonctionnent pas. Si je veux changer ma relation avec mon enfant, quel que soit le problème, je vais devoir me comporter différemment.

Lorsque ma façon habituelle de faire a montré ses limites, il devient utile de faire autrement pour changer ma relation avec mon enfant. Evidemment faire autrement suppose d’abandonner son ancienne façon de faire et de prendre des risques. Je l’ai largement évoqué dans l’article « la tristesse ».

Si vous êtes encore en train d’essayer de changer le comportement de votre enfant, c’est que vous avez encore l’espoir d’avoir un peu d’influence sur lui. Aujourd’hui vous tentez de l’influencer de différentes manières mais rien n’a fonctionné. Enfin vous avez tenté tout ce qui vous paraissait logique, réaliste et imaginable. Vous avez écouté, toléré, complimenté, encouragé. Vous avez grondé, puni. Vous avez râlé, pesté, voir même taper. Vous avez même fait mine de ne pas voir. Mais rien n’y a fait. Vous vous demandez : « comment changer ma relation avec mon enfant pour que cela change ? »

Comme le dit fort justement Einstein, « on ne résoud pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. ». C’est aussi ce que j’avais expliqué dans l’article « la violence d’une fleuve … ou les limites des limites pour gérer le mauvais comportement d’un enfant »

Alors, pour changer ma relation avec mon enfant, si je changeais de mode de pensée ?

En regardant la situation de plus près, au travers des 5 étapes pour mieux gérer sa colère, vous avez probablement identifié une croyance, une valeur, une attente essentielle pour vous. Ce qui fait que vous avez envie de réagir à ce moment précis où votre enfant produit le comportement problématique. L’opinion que vous avez sur votre enfant, sur la situation, sur le rôle que vous avez à jouer au moment précis où le problème se produit, … Lire la suite de cet article

Il est excessivement désagréable de se voir perdre les pédales pendant une « crise » émotionnelle. Vous savez ce moment très particulier où vous voilà parti-e à hurler sur vos enfants, votre conjoint ou n’importe qui d’autre. Nous sentons bien confusément que notre crise est parfaitement inutile … mais nous ne savons pas quoi faire d’autre et surtout tout se passe comme si la crise se faisait malgré nous.

Parfois ces colères excessives sont liées à des situations qui se répètent encore et encore, c’est l’effet carte de fidélité dont j’avais parlé ici. Parfois, elles se déclenchent sur la mauvaise personne. Parfois simplement il s’agit d’un emballement émotionnel : nous nous laissons prendre dans l’émotion sans prendre les 3 secondes de recul qui suffisent à nous faire revenir à quelque chose d’à peu près rationnel. Parfois aussi c’est un cocktail de tout cela.

Comprendre ce qui nous met dans un état pareil peut aider à mieux cibler le problème … et donc à mieux le résoudre.

Autorisez-vous à faire 5 pas avant de décider comment vous allez agir face à une situation problématique. Lire la suite de cet article