C’est quoi être une bonne mère ?

Cet article est un SOS S Comm C. Un petit rappel du principe de ce rendez-vous : vous m’envoyez des questions par mail à l’adresse sandrine@scommc.fr en précisant bien « QUESTION POUR LE SOS« . Je choisis une question ou un thème et je le traite dans une vidéo de 15 à 30 minutes diffusée en direct sur la page Facebook de S Comm C (puis disponible en replay). Pour avoir les dates des prochains SOS, le plus simple est de vous abonner à la newsletter de S Comm C par ici.

La question de la semaine : c’est quoi être une bonne mère ?

Je fais de mon mieux tout le temps, toujours en voulant « être une bonne mère ». Je pense que je me suis même épuisée à vouloir « être une bonne mère » : je fais « tout ce qu’il faut »… Mais je ne suis pas convaincue.

J’ai eu une mère qui était une femme enfant, elle était gentille, mais pas du tout protectrice ni modélisante, ni quoi que ce soit d’ailleurs… Et face à mes enfants, je suis épuisée et je n’ai toujours pas l’impression d’être une « bonne mère ».

Alors, ma question est simple: c’est quoi être « une bonne mère »? Et c’est où qu’on le ressent au quotidien?

Une vaste question à laquelle j’ai tenté de répondre dans cette vidéo d’une vingtaine de minutes !

C’est quoi être une bonne mère ? ➡️ Ma réponse en vidéo

Pour celles et ceux qui préfèrent l’écrit, voici quelques éléments que je développe dans la vidéo :

Quelques éléments pour savoir si on est une bonne mère (et est-ce que ça vaut le coup de se poser cette question ?)

Quand j’ai préparé ce live, j’ai failli vous faire une blague en faisant la réponse la plus courte du monde à la question « c’est quoi être une bonne mère ? ». Cette réponse étant : « je ne sais absolument pas ce que c’est qu’être une bonne mère (et personne ne le sait) … et pour aller bien, il vaut mieux apprendre à vivre avec cette incertitude affreuse que chercher à tout prix à quoi ressemble une bonne mère. »

Mais la question mérite quelques éclaircissements malgré tout. Alors commençons par la définition d’une bonne mère.

J’ai abordé ce sujet dans mon article « Comment évaluer l’éducation de nos enfants ». En résumé : une seule personne peut évaluer son éducation : un enfant. Ou plutôt l’adulte qu’il sera devenu. Une éducation ne se juge pas quand l’enfant est enfant : il est encore en développement, il peut changer, il peut apprendre, etc.

Une éducation ne peut être réellement évaluée que par celui ou celle qui la « subit » et une fois devenu adulte.

(notons qu’il est difficile de démêler ce qui est transmis par les parents de ce qui est transmis par le reste de la société donc évaluer une éducation précise, sauf cas particuliers de négligences ou de violences importantes, ça a plus à voir avec l’histoire qu’on se raconte sur nous que sur ce qui s’est vraiment passé dans notre histoire)

Bref, aucun moyen de savoir si on est une bonne mère pour le moment !

Je pourrais vous donner des grandes généralités : attention, amour, écoute ou je ne sais pas trop quoi. Mais ce serait encore plus confusionnant pour vous. Je vous renvoie là aussi à une vidéo que j’avais faite à un moment où mon fils voulait arrêter le hand, pour vous montrer que l’écoute a des limites et que être ferme – voire dure – a aussi sa place dans l’éducation (n’en déplaise aux esprits chagrins qui voudraient nous faire croire à un modèle parfait).

Je vous cite un dernier article que j’ai écrit il y a déjà pas mal de temps sur la famille « normale » . Je démarre l’article avec cette citation :

« Après avoir étudié la famille pendant de nombreuses années, j’estime pouvoir avancer qu’il n’existe pas de familles normales, pas plus qu’il n’existe d’individus normaux. Il est des parents qui semblent vivre dans la plus grande harmonie mais dont les enfants sont nerveux, des parents qui s’entendent fort mal mais dont les enfants semblent en bonne santé. Lorsqu’on entend quelqu’un s’écrier : « Ah voilà une famille normale ! », qu’on sache que celui qui s’exprime ainsi ne considère, en général, qu’une certaine facette de la vie familiale et non pas son interaction d’ensemble, laquelle reste impénétrable à l’observation naïve. Les personnes qui s’expriment ainsi sont en général de celles qui accordent une grande valeur au conformisme. » 

Donald Jackson

Vous l’aurez compris : je ne sais pas ce que c’est qu’être une bonne mère.

Mais, dans tous les accompagnements que je fais sur ce sujet, 2 choses me sautent aux yeux :

– La 1e chose : dans les cas où ça devient difficile, il y a plus de peur d’être une mauvaise mère que d’envie d’être une bonne mère.

Attention c’est un constat, pas un reproche. Je vais détailler un peu ce constat : les comportements sont dictés par une angoisse affreuse de rater quelque chose.

Cela incite à aller chercher toujours plus d’information, plus d’avis extérieurs. Cette tendance à aller chercher à l’extérieur des informations qui vont nous rassurer et nous aider peut devenir contre productive : trop d’infos, des infos contradictoires et pouf nous voilà perdues. On peut même en arriver à perdre totalement confiance dans ses propres capacités, y compris dans sa capacité à s’évaluer. (les derniers articles du blog sur l’angoisse devraient vous aider à y voir plus clair à ce sujet)

Quand on est guidé par la peur de mal faire, on est dans le stress : on se fatigue, on ne peut pas s’autoriser à être créative, à tenter des choses « hors des clous ». Quand on angoisse, on croit que les « guides », les codes de conduite vont nous rassurer. Mais chaque fois qu’on applique un « protocole », on prend le risque de s’envoyer le message : « tu es trop nulle pour savoir comment faire ». Sur le long terme, ce n’est pas l’idéal.

Si vous avez des doutes sur vos compétences de parent, demandez-vous quelle mère (ou quel père) vous avez ENVIE d’être : ce que vous avez ENVIE d’incarner, pas ce que vous DEVEZ incarner.

L’envie va vous donner + de courage pour tenter des choses, sortir des codes. Et c’est ça qui va vous redonner confiance, pas de suivre un guide.

Menez cette travail plutôt à un moment où vous allez bien (si vous le faites dans un moment où vous êtes stressée par le boulot, ou triste d’avoir perdu votre chat, votre évaluation sera biaisée négativement et je ne suis pas sure que c’est ce dont vous auriez besoin.

Demandez-vous aussi comment vous vous situez par rapport à votre angoisse. Quand l’angoisse est peu importante, c’est plus facile d’activer son courage et de prendre des risques sans aide extérieure. Si l’angoisse est plus forte, vous aurez sans doute besoin d’une aide pour la surmonter.

  • La 2e qui me saute aux yeux c’est la croyance qu’un jour on va « ressentir » qu’on est une bonne mère, ce qui voudrait dire qu’on n’aurait plus de doutes, qu’on se demanderait pas si ça a été bien ou pas. Ce qui ne marche absolument pas : les doutes ne cessent jamais !

Le rôle de la culpabilité (ou de la honte dans certains cas) n’est PAS de vous foutre la paix. JAMAIS elle ne vous dira « c’est bien ». Ce n’est PAS SON ROLE. Elle viendra toujours vous souffler que quelque chose peut être mieux fait.

Dans ma conférence théatralisée « le dur métier de parent », je l’incarne dans un personnage à part entière, Mme Parfaite. Et je peux vous dire qu’elle m’engueule plus souvent qu’à mon tour !

Si votre culpabilité vous maltraite, il est temps de regarder de plus près comment vous êtes en relation avec elle (c’est aussi quelque chose que je montre dans la conférence dont je vous parlais) : est-ce que vous la croyez sur parole ? Quel recul prenez-vous sur son discours intérieur ?

Une des manières de faire, c’est d’écrire son dialogue intérieur comme s’il était enregistré par un micro. Ca permet de mieux voir là où on devrait mieux écouter ou au contraire poser des limites plus claires entre soi et soi.

Vous l’aurez compris : je ne vais pas vous dire ce que c’est qu’être une bonne mère, ni même vous dire qu’on peut y arriver. Je ne sais même pas si c’est un objectif valable.

Je ne vais même pas vous dire que vous êtes des parents formidables qui font du mieux qu’ils peuvent. Je n’en sais rien. Et si vous n’en êtes pas convaincus, ça va juste vous laisser penser que je dis ça pour vous rassurer (et donc vous inquiéter encore plus).

La seule chose que j’ai envie de vous dire, c’est que j’ai totalement confiance dans votre lucidité. Quand vous n’avez  de comptes à rendre à personne (ni à moi ni à personne d’autres), vous savez si vous êtes en capacité de vous évaluer à peu près justement (capacité à vous évaluer) ou si vous avez besoin d’aide. C’est tout ce qui compte.

Si vous avez des doutes sur votre capacité à vous évaluer , faites appel à quelqu’un qui ne vous dira pas QUOI faire en tant que parent mais qui vous aidera à évaluer plus justement ce que vous faites.

N’hésitez pas à écouter la vidéo en complément de l’article car j’y donne des infos complémentaires (et vice versa).

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Sandrine Donzel

Parentalité, couple, communication, développement personnel ? Votre vie ne ressemble pas à ce qui est décrit dans les livres ? Pas de panique et bienvenue dans la VRAIE VIE, celle qui est abordée sur ce blog ! Je vous y propose des outils concrets, pragmatiques et REALISTES pour répondre à vos interrogations. Bonne lecture !

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One thought on “C’est quoi être une bonne mère ?

  • 29 mai 2021 à 19:17
    Permalink

    Avoir le sentiment d’être une bonne mère, ça ne m’arrive jamais, ( faut dire que c’est pas non plus quelque chose que je poursuis) mais avoir le sentiment d’être dans la bonne direction, c’est quelque chose que je rencontre.
    Quand mes enfants arrivent à désamorcer un conflit sans mon intervention, victoire !
    Quand j’arrive à leur faire trouver eux même et ensemble une solution à un conflit, victoire ! ( nan parce que, si t’as pas le bavoir bleu à 3ans t’as raté ta vie !)
    Et quand ça crie et que ça hurle, ben c’est que la route est encore longue….

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