Comment poser des limites à ses enfants et les faire respecter ?
Dans la parentalité, le sujet des limites – les poser, les tenir – est extrêmement présent, et en même temps souvent très flou. Si poser une limite suffisait à ce qu’elle soit respectée, il y a longtemps qu’on n’en parlerait plus. Si tenir une limite était simple, si là aussi “tenir bon” suffisait à la faire respecter, là encore le sujet serait réglé depuis longtemps. Cette question des limites revient encore et encore dans mes accompagnements.
Alors dans cet épisode, j’ai eu envie de revenir un peu plus en détail sur cette question des limites. Qu’est-ce que ça veut dire poser une limite ? Qu’est-ce que ça veut dire la tenir ?
Nous allons essayer de comprendre ce qui se joue quand une limite n’est pas respectée, et comment on peut faire pour avoir un peu plus de chances qu’elle le soit.
EP. 32 Comment poser des limites à ses enfants … et les faire respecter ??? – Du côté des parents !
Poser une limite, ça veut dire quoi ?
Commençons déjà par cette question : qu’est-ce que ça veut dire, poser une limite ?
Poser une limite, c’est quelque chose d’assez simple et ça consiste d’abord et avant tout … à l’exprimer !
J’ai l’air d’enfoncer des portes ouvertes mais vous n’imaginez pas le nombre de situations où les gens n’ont tout simplement pas exprimé leur limite ou leur besoin … et se désolent qu’elles ne soient pas respectées.
Alors redisons-le : la télépathie n’existe pas et mieux vaut s’exprimer clairement si on veut avoir une chance d’être entendu.
Avec les enfants, c’est un peu plus simple car on leur donne généralement des consignes : on leur dit ce qu’on attend d’eux, ce qu’on leur demande de faire ou d’arrêter de faire. On a moins de réticences à le faire avec eux qu’avec des adultes. Ca nous parait relever de notre travail éducatif de le faire. Avec d’autres adultes, on peut avoir peur des conséquences relationnelles notamment, de la réaction de l’autre et on peut plus hésiter.
On peut ajouter une explication, pour donner du sens, pour expliquer pourquoi c’est important pour nous et on verra par la suite que ça peut avoir son intérêt.
Bien sûr, il peut y avoir en amont des questions importantes sur la légitimité de la limite que je pose : de quel droit je pose cette limite ? Est-elle juste ? Ces questions peuvent nous faire hésiter à poser et tenir bon sur une limite. Mais ce n’est pas l’objet de cet épisode.
Mais vraiment, poser une limite, c’est tout simplement l’exprimer. Et en général, avec nos enfants ce n’est pas là que ça coince … C’est quand elle n’est pas respectée !
Je pense que tout parent a déjà fait la très désagréable expérience d’avoir exprimé sa limite, son besoin, sa demande … et constater qu’elle n’est pas respectée. Ce qui est fort agaçant et nous met face à une situation d’impuissance.
Et les choses se compliquent.
Tenir une limite ce n’est pas seulement la répéter
Parce que souvent, quand on parle de tenir une limite, on imagine que ça veut dire la répéter. On se dit : j’ai posé la limite, elle n’est pas respectée, donc je la redis en espérant que ça va mieux fonctionner.
Alors oui : tenir une limite, ça veut bien dire ne pas la changer quand l’enfant résiste, quand il manifeste son désaccord.
Mais tenir une limite ne se limite pas simplement à la répéter.
Si vous avez déjà répété 10 fois la même chose, quel miracle va s’opérer pour qu’à la 11e l’enfant se décide à faire ce que vous lui demandez ?
(on peut espérer qu’il ait pitié de ses pauvres parents, mais visiblement nos enfants ont assez peu pitié de nous !!! … et mon expérience me faire dire que, souvent, ce n’est pas 10 ou 11 fois, c’est 2500 fois avec les répétitions chaque jour sans résultat …)
Donc : on exprime la limite.
Elle n’est pas respectée.
On la redit.
Elle n’est toujours pas respectée.
Et à chaque fois qu’on la répète, on monte d’un cran dans l’agacement et la colère.
Est-ce qu’on peut dire qu’on a tenu notre limite si on la répète sans que l’enfant s’exécute ?
Je ne crois pas.
Alors bien sûr, répéter peut avoir du sens. Redire les choses, s’assurer que l’enfant a compris, réitérer surtout avec des enfants petits, qui ont parfois besoin d’entendre plusieurs fois pour que ça s’ancre.
Mais si vous répétez encore et encore, sans que les choses ne changent, sans que l’enfant ne passe à l’action, et que vous ne faites que répéter sans succès … vous ne pouvez que finir par vous énerver.
Et la limite ne sera pas mieux tenue … Et c’est celui des 2 qui a le plus d’énergie et de temps devant lui qui va gagner à ce jeu-là. Donc clairement c’est votre enfant car vous en aurez marre avant lui de répéter !!!
Une limite implique des conséquences …
Répéter une limite sans qu’il y ait de conséquence, c’est comme dire : « S’il te plaît, ça serait bien que tu changes, ça serait bien que tu fasses ce que je te demande. Mais si tu ne le fais pas… en réalité, ce n’est pas très grave. »
Pourquoi diable l’autre ferait-il alors ce qu’on lui demande ?
Pour nos beaux yeux ? Même si nos yeux sont effectivement très beaux, franchement ça ne suffit pas !
Ce qui nous amène à une question assez simple, finalement : pourquoi diable l’autre – l’enfant notamment – ferait-il ce qu’on lui demande de faire ?
En réalité, pour que quelqu’un, que ce soit un enfant, un ado ou un adulte, respecte une limite qu’on a exprimée, il faut qu’il ait une motivation à le faire.
Et j’entends ici la motivation au sens très large : un intérêt, un bénéfice, quelque chose à y gagner (ou quelque chose à perdre à ne pas faire faire).
Petite précision au passage : comprendre pourquoi c’est important de faire telle ou telle chose, ça aide.
Donner du sens à une demande peut vraiment faciliter le passage à l’action. Et c’est aussi très importante avec les enfants, surtout les plus jeunes.
Ca fait vraiment partie du travail éducatif : ça les aide à comprendre le monde dans lequel ils évoluent et ça facilite le passage à l’action dans de nombreuses situations.
Mais comprendre pourquoi il faut faire les choses ne suffit absolument pas à se mettre en action (vous pouvez réécouter l’épisode précédent à ce sujet).
Si comprendre suffisait à changer les comportements, ça ferait longtemps que plus personne ne fumerait par exemple.
On peut parfaitement comprendre … et continuer comme avant (et les enfants sont très très forts pour ça).
Changer, une question de coût
Et c’est là que je reviens sur la notion de motivation, au sens beaucoup plus large.
En réalité, un comportement change quand le coût de NE PAS changer devient supérieur au coût de changer.
Dit autrement : tant que ne pas faire reste supportable je n’ai aucune raison de me forcer à faire quelque chose qui va me demander un effort ou qui va m’obliger à renoncer à quelque chose d’agréable.
En accompagnement, je pose très souvent la question aux parents que j’ai en face de moi : quel intérêt votre enfant aurait-il à faire ce que vous lui demandez ?
Et très souvent, les parents me répondent : « Mais pourtant, il se fait engueuler tout le temps. On s’énerve sur lui, ça ne doit quand même pas être très agréable. Ce serait tellement plus agréable pour lui ! »
Alors oui, intuitivement, on pourrait croire que ne pas se faire engueuler, ça devrait motiver un enfant.
Mais en réalité, quand un enfant va globalement bien, qu’il est bien dans ses baskets et qu’il est sécurisé affectivement – c’est-à-dire qu’il sait que ses parents peuvent le gronder, mais qu’au fond, ils l’aiment et que ça ne remet pas la relation en cause – se faire engueuler, ce n’est pas si coûteux que ça.
C’est désagréable, oui. C’est un peu embêtant. Mais ce n’est pas grave.
Et donc, ce n’est pas une motivation très forte (si ça l’était, il y a longtemps que votre enfant aurait fait ce que vous lui demandez).
C’est exactement la même chose avec les longues morales.
Pour l’enfant, c’est un peu pénible à écouter, mais c’est plutôt un inconvénient qu’un réel problème. « Blablabla … oui oui … je t’entends … » et il attend que ça NOUS passe !
Là non plus, vouloir éviter les râleries de ses parents ne crée pas une motivation suffisante pour changer.
Quand on fait la morale, quand on gronde, on a bien senti intuitivement quelque chose :
Pour que l’enfant passe à l’action, il va falloir augmenter le coût pour lui de ne pas faire.
Et donc, en grondant, en insistant, en faisant la morale, on espère que la culpabilité ou la honte qu’on essaye – parfois sans s’en rendre compte – d’installer chez l’enfant vont être suffisamment inconfortables pour qu’il se mette enfin à agir.
Gronder, menacer, sermonner, des conséquences contre productives
Le piège, et c’est particulièrement vrai avec des enfants qui vont bien, qui ont confiance en eux, c’est que la culpabilisation, l’insistance, et les menaces font basculer la relation dans un rapport de force.
Mais ce à quoi beaucoup de ces enfants résistent, ce n’est pas la consigne en elle-même, mais le rapport de pouvoir.
Ils rejettent le contrôle et veulent faire parce qu’ils l’ont décidé, non pas parce qu’on les y oblige.
En continuant à sermonner, gronder, et même punir, on croit augmenter le coût de ne pas faire … mais en fait, on augmente AUSSI le coût de faire !
En effet, céder à la prise de pouvoir, c’est se retrouver dans une situation où on doit plier. C’est frustrant, injuste et humiliant. Ces ressentis augmentent le coût d’obéir. Et plus l’enfant a confiance en lui, plus ce coût sera élevé pour lui.
Donc si la culpabilité, la morale, le rapport de force n’augmentent pas réellement la motivation…
la question qui se pose, c’est : sur quoi est-ce qu’on peut s’appuyer, alors ?
Comment sortir du rapport de force pour mieux poser ses limites ?
Dans un rapport de force ou de pouvoir, l’idée, c’est : « je veux absolument que tu fasses ce que je te demande. Et je ne suis pas prêt à te laisser choisir une option qui ne me convient pas« .
Autrement dit : « si tu ne fais pas ce que je veux, je vais insister, je vais augmenter la pression que j’exerce sur toi jusqu’à ce que tu cèdes ».
À l’inverse, dans une relation plus responsabilisante, il y a un choix.
Les options sont claires et il y a un “prix” à payer pour chaque option qui est clairement formulé.
Mais, moi, adulte, je suis OK avec les deux options.
L’une a clairement ma préférence, je la trouve plus adaptée, plus sécurisante, plus pertinente … mais je suis aussi à l’aise avec l’idée que tu fasses ce qu’on pourrait appeler « le mauvais choix ».
Je vous donne un exemple très concret que j’ai vécu quand mes enfants étaient petits.
Ca se passe avec un enfant en bas âge, environ deux ans et demi. On est dans une impasse peu passante. Il n’y a pas de danger immédiat, mais il y a quand même une route et nous marchons sur le trottoir.
Je dis à l’enfant que la route est dangereuse, des voitures peuvent sortir des cours des maisons et qu’il doit marcher sur le trottoir (j’exprime la limite).
Je le laisse libre de choisir (parce que c’est possible j’y reviendrai ensuite).
L’enfant retourne sur la route.
A ce moment là, je pose donc deux options très claires : « Soit tu marches sur le trottoir, soit tu vas dans la poussette. Qu’est-ce que tu choisis ?«
Je peux poser ce choix parce que je suis prête à prendre le risque qu’il retourne sur la route, c’est à dire qu’il n’obéisse pas.
Ce qu’il fait (évidemment !).
Sauf que, à ce moment-là, j’étais préparée à cette éventualité : je m’étais préparée au fait qu’il ne fasse pas le choix que je préférais. Je lui ai laissé la possibilité de choisir DONC je dois m’attendre à ce qu’il ne fasse pas le choix que je préfère.
Le responsable ce n’est pas lui : c’est moi qui ai laissé la possibilité de retourner sur la route. Je ne peux pas lui en vouloir de ça.
Comprendre cette responsabilité me permet de réagir sans m’énerver. Je peux alors dire : « OK. je vois que tu as choisi la poussette. » et l’installer dans la poussette.
Bien sûr qu’à ce moment là il est frustré, bien sûr qu’il hurle.
Evidemment qu’il aurait préféré mille fois continuer à courir librement là où il voulait !
Je peux parfaitement le comprendre. Et je peux accueillir cette frustration en lui disant : « Oui, je comprends, c’est très frustrant pour toi. Tu aurais préféré continuer à marcher.
Mais je ne peux pas te laisser aller sur la route, c’est trop dangereux. Tu pourras réessayer de marcher sur le trottoir une autre fois.«
Et attendre que ça passe.
Si je peux rester calme à ce moment-là, c’est parce que je me suis préparée à l’option où il ne fait pas “le bon choix”. C’est ça qui me permet de ne pas tomber dans le rapport de force.
C’est l’absence – ou la réduction au strict minimum – d’enjeu de pouvoir qui permet à l’adulte de rester posé.
Si l’enfant ne suit pas ma demande, ce n’est pas une défaite personnelle, ce n’est pas une remise en question de mon autorité, ce n’est pas un aveu d’impuissance.
L’enfant a fait un choix autonome, avec des conséquences logiques. Et je peux simplement passer à la suite sans m’énerver.
C’est évidemment plus simple à dire qu’à faire.
Mais si vous vous énervez souvent quand vous vous sentez dans l’impuissance, cette notion de choix peut vous redonner une marge de liberté suffisante pour réduire votre colère (et je vous invite à aller lire mon article sur la différence entre menacer et poser une limite qui vous donnera des éclairages complémentaires sur ce sujet, notamment mon fameux plan B !)
Faire respecter une limite, c’est être prêt à tenir les conséquences du choix de l’enfant
Et ça m’amène à un point très important : tenir une limite pour avoir une chance qu’elle soit respectée, ça suppose aussi d’être prêt à tenir les conséquences du choix de l’enfant, sans compenser.
C’est un point que j’ai développé dans l’épisode sur la responsabilisation des ados, que je vous invite à écouter si ça vous intéresse.
Pour illustrer ça d’une autre manière, je vais reprendre une métaphore que j’ai développée dans l’article « Quelle est la différence entre menacer et poser une limite ?« .
Poser une limite dans une approche responsabilisante, c’est un peu comme donner à votre enfant un plan de la ville.
Vous ne lui imposez pas un itinéraire précis. Vous ne lui dites pas : « tu dois passer par là et pas ailleurs« .
Vous lui donnez des informations sur les itinéraires possibles : certaines rues – son itinéraire préféré, le plus court et le moins fatigant – sont bloquées pour travaux.
Passer par là implique d’escalader les palissades installées pour les travaux, de passer par des endroits boueux, voire dangereux. Ca risque donc d’être fatigant mais ça permet de passer devant sa boulangerie préférée.
D’autres itinéraires sont plus longs, peut-être moins agréables, avec moins de jolies vues et le risque de croiser des gens pas sympas, mais ils sont plus praticables, avec moins de risque d’arriver sale et fatigué.
Mais vous laissez votre enfant choisir son parcours, avec les avantages et les inconvénients associés.
Et c’est cette liberté de choisir le chemin qui fait toute la différence entre la menace et la limite, entre le rapport de pouvoir et la responsabilisation.
Ca me fait penser à cette magnifique citation de Janusz Korczak :

« L’enfant est comme un étranger dans une ville inconnue dont il ne connait ni la langue, ni les coutumes, ni la direction des rues.
Souvent il préfère se débrouiller seul. Mais si c’est trop compliqué, il demande conseil. Il a alors besoin d’un informateur poli. »
Mais attention, si j’exprime une limite, que j’énonce des conséquences même en laissant le choix mais que derrière je rattrape, je compense, j’arrondis les angles, j’interviens ou je fais à la place pour éviter l’inconfort … alors ma limite n’a à peu près aucune chance d’être respectée.
Je vous donne un autre exemple, très parlant : le linge.
Si on veut que des adolescents fassent leur propre lessive – et ils en sont parfaitement capables – mais que, quand on voit le panier de linge sale, on se dit « aïe aïe aïe, ils vont se retrouver sans vêtements propres, et qu’on fait la lessive à leur place » il n’y a aucune raison qu’ils se mobilisent.
C’est là que NOUS en tant que parent on a un choix à faire :
- soit on choisit de compenser mais on sait que le prix à payer, c’est qu’on ne peut plus leur reprocher de ne pas faire car c’est notre intervention qui les déresponsabilise.
- soit on choisit de les laisser affronter les conséquences, ce qui implique d’affronter notre propre peur de ces conséquences si on veut avoir une chance qu’ils se mobilisent
L’un n’est pas mieux que l’autre. C’est à chacun de décider des conséquences qu’il choisit de vivre et pour choisir mieux vaut le faire en connaissance de cause.
Et comme je l’expliquais dans l’épisode sur la responsabilisation, plus les conséquences sont logiques et naturelles, moins elles sont ajoutées de l’extérieur, plus elles sont efficaces.
Mais il peut aussi y avoir des conséquences plus “externes”, qui peuvent s’apparenter à des punitions, des conséquences ajoutées de l’extérieur plus ou moins directes.
Ces conséquences indirectes ont plus de chances de fonctionner avec des enfants au-delà de 7/8 ans – l’âge de raison – parce qu’ils ont une meilleure capacité à se projeter dans l’avenir et à comprendre un lien indirect.
Avec les plus jeunes, c’est souvent moins efficace.
Dans tous les cas, plus on peut annoncer tranquillement ces conséquences, sans colère,
sans reproche, et sans chercher le rapport de pouvoir, plus on a de chances que l’enfant fasse un choix responsable car on évite les freins que j’ai déjà mentionnés, lié au rejet du rapport de pouvoir.
Pour qu’une limite soit respectée, il vaut mieux laisser l’enfant se tromper
Mais, pour qu’un enfant apprenne, il a souvent besoin d’expérimenter les inconvénients de ses choix.
C’est en expérimentant les conséquences désagréables de ses choix qu’il pourra, la fois suivante, faire éventuellement un choix différent.
C’est le moyen le plus efficace d’ancrer un apprentissage.
Souvent l’enfant va se plaindre des conséquences de son choix, comme mon enfant qui hurle dans la poussette. Et on est tenté d’insister pour lui faire bien prendre conscience que tout ça est de sa faute et qu’il n’avait qu’à mieux choisir.
Quand j’insiste pour faire reconnaître à mon enfant qu’il n’a pas fait “le bon choix”, que je moralise, que je fais des sermons du type : « tu vois, je te l’avais bien dit, »la prochaine fois tu écouteras, gna gna gna …« , je crois ancrer l’apprentissage.
En réalité je provoque de la résistance.
Cette résistance détourne l’enfant de la responsabilisation. Il va consacrer ces ressources psychiques à lutter contre la prise de pouvoir, contre le sentiment de dévalorisation et d’humiliation que cela provoque plutôt que de réfléchir à ce qu’il pourrait faire différemment la prochaine fois.
Attention : je ne dis pas qu’il ne faut jamais faire la morale. Je dis simplement qu’il faut parfois savoir arrêter de la faire …
En résumé : comment poser des limites à son enfant et les faire respecter
Si je devais résumer cet épisode, je dirais que les points importants à retenir sont les suivants.
Pour qu’un enfant – ou un adulte d’ailleurs — respecte une limite, il doit avoir une motivation à le faire.
C’est-à-dire que les inconvénients de faire doivent être inférieurs aux inconvénients de ne pas faire.
Point important : ne cherchez pas à convaincre l’autre qu’il n’y a aucun coût à faire ! Il y a toujours un coût à faire sinon il serait passé à l’action depuis belle lurette.
Pour que ça fonctionne, et pour que ce soit le plus efficace possible, c’est aussi important de ne pas confondre menacer – qui traduit un rapport de pouvoir – et annoncer des conséquences, qui s’inscrit dans une approche responsabilisante.
La différence n’est pas forcément dans les conséquences, mais bien dans ma posture à moi, c’est à dire dans le choix que je laisse à l’enfant = peut-il choisir la « mauvaise voie » sans que ça me mette en colère ?
Et puis, il y a un point vraiment essentiel : si vous n’êtes pas prêt à tenir les conséquences jusqu’au bout, alors vous ne pouvez pas tenir une limite.
J’espère que cet épisode vous aidera à trouver comment poser vos propres limites.
Pour finir …
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