THE astuce pour raccourcir un coucher interminable

Ah la galère du coucher interminable 😤 … Votre enfant – entre 2 ans et 7 ans – vous rappelle encore et encore. Le coucher dure BEAUCOUP trop longtemps. Comment raccourcir ce rituel du coucher interminable ? Dans cet article je vous livre une astuce géniale – mais vraiment !!! – pour réduire les rappels multiples au coucher … et avoir enfin une soirée pour vous 😁.

Rappel : cet article est aussi disponible en version vidéo, à retrouver plus bas ⬇️

Commençons par remettre les pendules à l’heure : TOUS les enfants entre 2 et 7 ans sont concernés (allez 90%) à un moment ou à un autre par ces couchers interminables.

Vous avez l’impression d’être le seul parent concerné par ces difficultés d’endormissement ? Soit votre entourage n’a pas d’enfants, soit vous n’avez pas posé la question … Soit vos amis vous mentent 😁. Alors commencez par déculpabiliser : vous n’avez rien raté, c’est plutôt la norme d’avoir des crises au coucher et des rituels à rallonge dans la petite enfance.

… ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solution, au contraire. L’astuce que je vais vous donner concerne des enfants à partir de 3 ans.

Coucher interminable : le problème des rappels multiples

Vous avez passé avec brio l’épreuve de la mise en pyjama et du lavage de dents. Déjà là : chapeau ! Ca aurait pu déraper de multiples fois … et peut-être que ça a dérapé mais vous avez quand même fini par arriver dans la chambre.

Vous avez apporté une bouteille d’eau, vous avez emmené l’enfant faire pipi (plutôt 2 fois qu’une), vous avez allumé la veilleuse, vérifié que tous les doudous adéquats étaient bien là. Bref vous avez mis toutes les chances de votre côté en anticipant les demandes de l’enfant.

Votre enfant est dans son lit, vous avez papoté un moment avec lui, lu une histoire … plutôt 12 histoires – « ‘core une maman, s’il te plait » – ou bien vous avez lu 5 fois la même histoire (ça me rappelle des souvenirs 😄).

Vous avez fait les câlins / bisous rituels. Vous accédez de (presque) bonne grâce à toutes ses demandes, en espérant combler tous ses besoins.

Après tout, un grand ponte de la petite enfance ne vous a-t-il pas dit que, si vous satisfaisiez tous ses besoins, votre enfant aurait moins besoin de vous ?

« Mais quels sont donc les besoins non encore identifiés de cet enfant 🤬 ??? » Vous pensez même parfois que votre enfant vous réclame encore et encore parce qu’il sent que vous voulez raccourcir le coucher et que ça le met en insécurité affective. Ce qui vous incite à prendre sur vous, à revenir avec patience encore et encore, jour après jour. Jusqu’au point où vous éclatez de colère, ce qui vous fait culpabiliser encore plus …

Note : si vous vous vous reconnaissez dans cette tendance à faire passer votre enfant avant vous mais de vous énerver ensuite, puis de culpabiliser, l’article « comment vouloir être bientraitante m’a (presque) rendue maltraitante » devrait vous aider à trouver l’équilibre.

Bref, après tous ces efforts, vous quittez enfin la chambre, avec le secret espoir d’avoir ENFIN votre soirée à vous (surtout qu’à force de terminer le rituel du coucher sur les rotules à 22h, votre moitié commence à se demander si vraiment vous êtes encore en couple).

Vous posez vos fesses sur le canapé pour mater une série sur Netflix, seule activité possible à cette heure-là vu que tous les programmes télé ont déjà démarré depuis 1/2 h au moins et que vous n’avez pas l’énergie d’ouvrir un bouquin.

Et là … un petit grincement de porte, le son étouffé de petits pieds dans le couloir et un « maman (ou papa), z’ai envie de faire pipi« .

Mais QUI aurait le coeur d’envoyer paitre un enfant qui a envie de faire pipi, franchement je vous le demande ? Alors vous vous y collez.

Vous voilà parti-e pour un petit tour aux toilettes, où les 3 gouttes de pipi vous laissent peu de doutes sur la futilité du motif.

Vous recouchez l’enfant avec quelques câlins supplémentaires. Et vous retournez à votre canapé en ayant déjà perdu le fil de la série (je vous rassure, il ne se passe pas grand chose dans chaque épisode donc vous n’avez rien perdu).

5 mn plus tard … grincement, petits pas, petite voix … arrggghhh …

Cette fois c’est la soif, le besoin d’un calin, un truc urgent à dire … Bref le motif est toujours tellement excellent que vous pouvez difficilement refuser.

(si vous êtes arrivé-e jusque là sans vous énerver, bravo, vous gagnez une médaille de parent extraordinairement patient 🥇).

Les explications ont leur limite …

Vous avez expliqué à votre enfant que vous aviez besoin de votre soirée. Il a acquiescé gravement, l’air très motivé. Mais 5 secondes plus tard il a visiblement totalement oublié ce que vous lui avez dit. Ou bien il s’en fout, hypothèse que nous ne pouvons pas exclure à ce stade 🤣 mais qui a le don de vous hérisser le poil (d’où vos colères débordantes au 36e rappel de votre charmant bambin).

Hélas, le constat est sans appel : vos explications et vos appels à son empathie à votre égard sont sans effet. Vous avez toujours un coucher interminable.

Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises sur ce blog : expliquer à un enfant pourquoi on lui demande quelque chose lui permet de comprendre. Mais comprendre ne suffit pas pour faire changer son comportement.

Si vous voulez approfondir sur le thème de la place des explications dans l’éducation et la parentalité, je vous invite à lire ces 2 articles :

Les rappels au coucher, problème émotionnel ou habitude ?

Revenons donc à notre coucher et à au truc que vous attendez avec impatience. Mais avant, quelques précautions s’imposent.

Premier point TRES important :

Ce que vous FAITES crie toujours plus fort que ce que vous DITES (même si vous le dites en criant très fort).

Autrement dit : quand vous dites pour la 10e fois, « cette fois-ci c’est la dernière fois, je ne reviens plus » mais que vous revenez, vous dites en réalité « ce serait bien que tu arrêtes de m’appeler mais si tu m’appelles encore, ce n’est pas grave : je reviendrai.« 

C’est très bien pour la confiance que votre enfant vous porte : il sait qu’il peut compter sur vous et que vous viendrez à son secours à chaque fois qu’il a besoin de vous.

Ce n’est pas forcément idéal pour sa sécurité émotionnelle : quand j’aide une personne à la moindre contrariété ou à la moindre peur, je lui envoie un message implicite négatif pour sa confiance en elle = « sans moi tu es foutu« . Ce message peut être angoissant pour l’enfant en lui donnant la mesure de sa dépendance.

Et si votre enfant n’a pas de problèmes émotionnels, répondre à ses appels installe un confort, une habitude, voire un conditionnement – dont il est difficile de se sortir. Non par manque de volonté mais parce que notre cerveau est programmé pour reproduire les choses à l’identique (cf le livre « Le pouvoir des habitudes » à ce sujet). En résumé, votre enfant ne vous rappelle pas parce qu’il a besoin mais parce qu’il a l’habitude de le faire.

Pour se sortir de ce problème de coucher interminable, on se fiche pas mal de savoir dans quelle catégorie vous vous trouvez : l’astuce dont je vais – enfin !!! – vous parler fonctionne dans tous les cas.

Pour réduire un coucher interminable on se fiche pas mal de savoir dans quelle catégorie on est

Cette astuce, je l’ai découverte dans un documentaire sur le sommeil diffusé à la télévision il y a déjà plusieurs années (peut-être 10 !). Une accompagnante à la parentalité spécialisée dans le sommeil l’avait donnée dans le reportage.

J’ai trouvé cette idée tellement géniale que je la propose très souvent dans mes accompagnements parentaux concernant des problèmes de coucher interminable et de difficultés autour du sommeil de l’enfant. Et je ne peux que constater qu’elle fonctionne admirablement bien.

(si vous êtes la consultante du reportage, contactez-moi pour que je vous crédite : je le ferai avec un très grand plaisir !)

Venons-en aux faits : cette astuce pour mieux gérer la crise au coucher, c’est l’astuce « des jokers ».

Comment ça marche ?

  1. Vous définissez un nombre de rappels maximum autorisés. Les familles choisissent en général entre 3 et 5 rappels. Plus, c’est beaucoup trop ; moins souvent pas assez mais ça dépend de l’âge de l’enfant. On en prévoit souvent un peu plus chez les plus petits et un peu moins chez les plus grands.
  2. Vous matérialisez sur un support de votre choix le nombre de rappels choisis. Le plus souvent, les parents utilisent des cartes sur un papier bristol ou cartonné mais ça peut être des objets similaires.
  3. Vous expliquez à l’enfant qu’à partir de maintenant, il n’a droit qu’à un nombre limité de rappels et qu’il va devoir choisir pour quels motifs il vous rappelle. Pour ça vous lui donnerez des cartes. Quand il n’y a plus de cartes, vous ne viendrez plus (sauf très gros problème).
  4. Le soir venu, vous confiez les cartes à l’enfant et vous lui enlevez une carte à chaque rappel.

Je vous ai préparé un support pré-imprimé avec 5 cartes que vous pouvez télécharger ici mais vous pouvez réaliser les vôtres très facilement. Certaines familles fabriquent aussi les cartes avec l’enfant concerné.

Ca parait dingue … mais ça marche hyper bien : l’enfant gère les rappels et rappelle généralement moins. Le problème du coucher interminable et de ses rappels multiples disparait en 1 à 2 semaines grand maximum.

Mais pourquoi ça marche mieux que les explications ???

Je suis à chaque fois bluffée par l’efficacité de cette astuce très simple.

Vous vous dites peut-être « mais les cartes font QUOI de plus que les mots pour que ce soit aussi efficace ???« 

1e point : c’est plus CONCRET pour l’enfant.

Le but des cartes ou des objets est de matérialiser très concrètement le nombre de rappels. 3 c’est abstrait ; 3 cartes, c’est compréhensible et visible pour un enfant (ça marche aussi pour le nombre d’épisodes de Tchoupi par exemple). Voir le nombre de cartes diminuer lui permet de mieux intégrer la réalité du nombre de rappels autorisés.

2e point : ca marche surtout quand VOUS avez décidé de respecter le nombre de rappels (cf le passage ⬆️ où je parle de vos actes qui crient plus fort que vos mots).

3e point … c’est plus flou 🤣

En effet, à part ces 2 points, franchement, je ne sais pas EXACTEMENT ce qui fait l’efficacité de l’approche. Mais j’ai une hypothèse à ce sujet. Les enfants que je peux accompagner me l’ont souvent confirmée alors je me permets de vous la livrer :

Avec cette astuce de cartes, l’enfant est responsabilisé et autonomisé : il apprend à différencier les situations qu’il peut gérer seul des situations où il a VRAIMENT besoin de vous (valable pour sortir du confort comme pour reprendre confiance face à ses angoisses du soir).

Il retrouve de la confiance dans ses capacités de discernement. Il développe des compétences pour apprendre à attendre et pour gérer les petits inconforts. C’est très valorisant pour lui, y compris s’il a des problèmes d’angoisses (je vous remets plus bas les liens vers les articles sur l’angoisse que j’ai déjà publiés car vous pourrez y retrouver des clés de compréhension à ce sujet).

Alors, prêt ou prête à tester les cartes jokers pour les prochains couchers ?

Si vous testez à la maison, n’hésitez pas à venir faire un retour ici dans les commentaires ⬇️

L’astuce pour les couchers interminables en vidéo :

Plus de ressources

Sur ce blog, la série sur les peurs et angoisses :

Quelques livres : heu ben non en fait pas de livres, ils sont trop culpabilisants 😁. Si vous en connaissez autour du sommeil, qui sont intéressants et vraiment utiles, n’hésitez pas à me les faire connaitre pour que je les référence chez moi.

Vous rencontrez une difficulté dans la relation avec votre enfant, quel que soit son âge ? Vous pouvez prendre rendez-vous avec moi pour un accompagnement parental très concret et sur mesure (cabinet à Aix les Bains et Aoste ou en visio)

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Sandrine Donzel

Parentalité, couple, communication, développement personnel ? Votre vie ne ressemble pas à ce qui est décrit dans les livres ? Pas de panique et bienvenue dans la VRAIE VIE, celle qui est abordée sur ce blog ! Je vous y propose des outils concrets, pragmatiques et REALISTES pour répondre à vos interrogations. Bonne lecture !

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11 thoughts on “THE astuce pour raccourcir un coucher interminable

  • 13 avril 2022 à 08:15
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    C’est génial. Dommage cela arrive trop tard pour mes enfants. Mais je vais partager

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    • 13 avril 2022 à 10:32
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      Merci de partager, ça peut aider les parents.
      Ca peut marcher aussi pour l’aide aux devoirs (quand l’enfant nous sollicite tout le temps).

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    • 20 avril 2022 à 22:42
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      Le rituel du soir de ma fille de 2 ans 1/2 est hyper compliqué : brossage de dents, aller aux toilettes (elle dans l’apprentissage de la propreté), les doudous, le ou les livre(s), position dodo pour histoire (parfois compliquée), lecture de l’histoire, et puis … apres c’est la partie la plus délicate. Ma fille veut un câlin je lui en fais un, un bisou, bonne nuit… sauf qu’elle s’accroche à moi fermement.
      2 possibilités :
      – soit je la laisse dans son lit seule et la elle se met a pleurer puis à crier puis à hurler de toute sa voix. Etant en appartement c’est un peu délicat pour les voisins
      – soit je m’allonge a côté d’elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme et là c’est parfois délicat, car dès qu’elle sent ou pense que je vais quitter son lit elle saccroche de nouveau à moi.

      Jessaye de comprendre ce qu’il se passe… mais j’avoue être perdue. Cette situation dure depuis des mois et ce depuis que l’on a emménagé toutes les deux sans son papa (qu’elle voit en garde alternée et lui n’a aucun problème pour le coucher)

      Si une solution existe je suis preneuse.
      Merci d’avoir tout lu.

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      • 25 avril 2022 à 15:45
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        L’astuce des jokers peut être utile. Vous pouvez aussi utiliser du renforcement positif : l’inciter à tenter de rester seule un moment, moyennant une récompense (elle pioche une jolie image ou un objet dans un sac, ou bien vous mettez une croix verte dans un tableau) chaque fois qu’elle parvient à rester seule un peu plus longtemps.
        Si vous n’êtes pas trop inquiète vous pouvez aussi lui laisser tranquillement le temps d’apprendre à s’endormir seule quand elle est avec vous car c’est un âge où il est fréquent que les enfants s’accrochent sans que ce soit problématique du tout pour l’avenir. C’est selon ce que vous avez envie de faire.

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        • 25 avril 2022 à 22:43
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          Je vous remercie.
          Je vais essayer tout ca.

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  • 13 avril 2022 à 09:11
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    Je dois faire partie de la catégorie des parents chanceux, parce que ça c’est un truc qu’on a jamais eu (ou peut-être 2-3 fois ?). Mais j’aime beaucoup l’idée des cartes, et avec ma grande qui manque de confiance / a très (trop) souvent peur de plein de trucs… je me dis que ça pourrait nous aider, qu’elle puisse choisir plus concrètement si elle a besoin d’être rassurée ou si elle sait gérer seule. Merci pour les astuces, en tout cas !

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    • 13 avril 2022 à 10:32
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      Oui il existe quand même des parents chanceux :-). Je me demande aussi si les filles ne sont pas un plus cools sur ce point que les garçons (c’est le cas chez moi en tout cas).

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  • 14 avril 2022 à 10:18
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    Genial! Le coucher n’a jamais ete un probleme ici mais les repas!! Chichis, refus de gouter, tri, la moitie de l’assiette a jeter etc… Alors je viens de proposer la meme chose pour les repas: 3 jokers par jour a utiliser a bon escient, pour les choses qu’on n’aime vraiment pas/ contourner les regles qui s’appliquent a table !! Ma fille (7 ans) a fabrique ses cartes avant meme que j’aie fini d’expliquer le concept, je pense que ca va fonctionner et nous faire des vacances de part et d’autre!!

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  • 14 avril 2022 à 15:13
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    Bonjour, très intéressant. Mais si l’enfant manifeste bruyamment son mécontentement à la fin des cartes (cris, pleurs…), on ne va pas pouvoir le laisser hurler trop longtemps et on sera obligé d’y retourner…
    (J’ai 2 filles qui vont toujours au-delà des règles établies…)

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    • 14 avril 2022 à 16:04
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      Le fait de devoir choisir change la position de l’enfant et l’autonomise, c’est ce qui fait qu’il ne réclame souvent plus du tout.

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