Quand les enfants ont tout compris à la gestion de conflit !

source : Danny Mindaugas (http://www.flickr.com/photos/mindaugasdanys/) - licence Creative Commons (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr)

La communication non violente chez les enfants

On me demande souvent à quoi sert de pratiquer une éducation positive, si les enfants ne deviennent pas des « enfants rois ».

Parmi les nombreux avantages que cela présente, il en est un qui, pour moi, est un des plus cadeaux que nous pouvons faire à nos enfants : c’est justement celui d’apprendre le respect mutuel.

Les enfants qui baignent dans une approche de communication ouverte et positive comprennent souvent très vite comment marchent les relations aux autres. Ils en intègrent tout l’intérêt et le fonctionnement de façon naturelle.

Et ça se voit concrètement dans leurs relations aux autres. La preuve …

 

Petite scène de conflit dans la fratrie prise sur le vif …

2 enfants jouent. Ils ont 4 ans 1/2 et 6 ans 1/2.
L’un des 2 fait rouler un jouet de l’autre sous le canapé. Le 2e enfant est furieux. La dispute commence

Comment un conflit démarre et s’amplifie …

Enfant 1 : – Je veux le récupérer ! Tu vas le chercher !!!!!
Enfant 2 : – Non !!!
Enfant 1 : – Si ! Tu y vas !!!
Enfant 2 : – NON !!!! t’as qu’à y aller toi !!!
Enfant 1 : – SI !!! TU Y VAS !!!! C’est ton problème !
Enfant 2 : – Non, c’est pas mon problème !!! C’est TON jouet !
Enfant 1 : – Si c’est ton problème !!! C’est toi qui l’as mis sous le canapé !!!

L’un rejette la faute sur l’autre, qui se défend. Le conflit prend des allures de guerre de tranchée. On ne voit pas bien comment ça va se résoudre, voire même on se dit que ça va finir en bagarre.

Sortir de l’escalade de la violence dans un conflit …

Le même enfant reprend :

Enfant 1 : – … (silence) … Enfin non, c’est pas TON problème, c’est MON problème. Mais c’est TOI qui l’as mis sous le canapé !

Le 1er enfant comprend que l‘escalade du conflit n’est pas constructive. Il en sort en cessant de rejeter la faute sur l’autre = ce n’est plus l’autre qui a un problème, c’est lui. Mais l’autre est partie prenante dans la résolution de ce conflit et le 1er enfant le lui fait comprendre.

Exprimer ses besoins pour trouver une solution constructive au conflit

Enfant 2 : – … oui … Mais si tu me cries dessus et que tu me forces, après j’ai pas envie de le faire.

Le 2e enfant, libéré du poids de l' »accusation » qui pesait sur lui, peut se permettre de dire ce qui coinçait pour lui dans la façon de faire de l’autre, en gros « ne me force pas sinon ça ne marche pas. »

Enfant 1 : – ben oui mais c’est quand même toi qui a mis mon jouet sous le canapé. Si tu ne vas pas le chercher, après j’ai juste plus envie de jouer avec toi. Je ne veux pas perdre mes jouets et je veux jouer avec.

Le 1er enfant reconnait que sa façon de faire n’était pas correcte. Il exprime son besoin en parlant de lui et non en accusant l’autre.

Enfant 2 : – … oui … mais j’arriverai pas à l’attraper :-/ … Il est trop loin et je suis trop petit.
Enfant 1 : – Attends, je vais chercher le balai …

Le 2e enfant reconnait sa part de responsabilité mais exprime une difficulté qui l’empêchait de résoudre ce problème. Le 1er enfant comprend, reconnait le geste de l’autre et lui propose son aide pour que les 2 soient satisfaits.

 

Vous pouvez lire des manuels sur la gestion de conflit, tout y est !

 

(et pendant ce temps-là, moi je bois mon café tranquillement en prenant des notes pour mon prochain billet sur le blog).

Retrouvez les excellents livres de Thomas Gordon sur le sujet de l’éducation non violente (liens sponsorisés) :

Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance ... envers les autres et envers soi-même :-) ... Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

sandrine has 497 posts and counting.See all posts by sandrine

12 pensées sur “Quand les enfants ont tout compris à la gestion de conflit !

  • 28 janvier 2013 à 09:45
    Permalink

    J’aime bien la façon dont tu décris la scène de dispute. Je t’imagine bien en train de boire ton café et prendre tes notes!!!
    Bien souvent je ne supporte pas qu’ils se disputent, ça m’énerve (je me dis au non…c’est partie la dispute commence, fais CHI…!).
    Mais là du coup, ça me donnerais presque envie que mes enfants se disputent ce soir pour voir comment ils vont gérer le conflit. J’ai encore trop tendance à intervenir pour interrompre le vacarme !!! Faut du temps, de la prise de recul et du travail sur soi pour que la gestion des conflits devienne automatique.
    Je suis ravie d’avoir suivi ton atelier sur la communication non violente et contente d’avoir appris ces techniques, d’avoir pû discuter avec d’autres parents . ça libère. Merci encore Sandrine

    A bientôt

    Marlène,

    Répondre
    • 28 janvier 2013 à 09:57
      Permalink

      Merci à toi de ta confiance !
      Et oui il faut du temps pour que ça devienne automatique.

      Je pense aussi que le fait que mes enfants sont autorisés à se taper dessus de temps en temps fait qu’ils ont vite compris que ce n’était pas très productif pour résoudre les problèmes 😀 … ils y reviennent de temps en temps mais de moins en moins souvent à vrai dire.

      Sandrine

      Répondre
  • 28 janvier 2013 à 12:38
    Permalink

    excellent! moi aussi je t’imagine bien en train de boire ton café et prendre tes notes en mode anthropologue…
    Le mien me donne pas mal de missions anthropologiques à approfondir en ce moment notamment sur la relation enfant de 4 ans sadique / chat de 7 ans martyrisé: tu as pas ça qqpart??

    Répondre
    • 28 janvier 2013 à 12:42
      Permalink

      Je n’ai pas encore écrit mais je l’imagine déjà 😀 : nous avons 3 chats à la maison et ils se laissent volontiers martyriser à vrai dire (je me demande encore pourquoi ils font ça d’ailleurs !).
      Le plus expressif est un chat noir de 7 ans aussi. Quand les enfants le prennent dans leurs bras, il nous regarde d’un air implorant disant « faites quelque chose !!!! » mais ne bronche pas malgré les enfermements dans des boites, les ficelles autour du cou et autres joyeusetés !
      Mais les enfants commencent à comprendre car les chats commencent à les fuir et ne se laissent plus aussi facilement attraper. Du coup, ils commencent à réviser leurs méthodes d’approche ;-).

      Répondre
  • 28 janvier 2013 à 14:20
    Permalink

    je crois que nous avons le même chat, noir aussi. l

    Répondre
  • 28 janvier 2013 à 14:25
    Permalink

    sa méthode d’approche est une épée de pirate pointé sur lui en criant: « mon loco, mon loco, mon loco » et le chat qui court dans tous les sens cherchant une porte de sortie…et moi qui essaie: » Elias: le chat! » puis : »on ne court pas après un chat avec une épée », et puis: « les chats n’aiment pas qu’on leur fasse peur »et puis encore: » je te donne le choix: soit tu arrêtes d’embêter loco soit tu ne le touches plus c’est toi qui choisis »!! » et enfin après avoir épuisé ma carte de fidélité: ARRETE AVEC CE CHAT!!! »

    Répondre
  • 31 janvier 2013 à 12:54
    Permalink

    Bonjour,
    Les miens (mes enfants !) ont 11 ans et 14 ans. Ils n’en finissent pas de se disputer pour des banalités et ça prends très vite des proportions allucinantes : insultes, cris et coups. Je suis désespérée !!
    Y a-t-il encore un espoir de voir s’installer une communication non violente entre eux qui résoudrait le conflit sans que je n’ai à intervenir de peur que l’altercation se termine par un drame, OU « l’arbre », déjà pré et ado, est-il définitivement « tordu » ?

    Répondre
    • 31 janvier 2013 à 18:36
      Permalink

      Tout est possible 😉 … Le changement peut intervenir à tout âge, je suis bien placée pour le savoir au travers des accompagnements que je fais.
      Par contre cela demande parfois de pouvoir prendre du recul et agir d’une façon radicalement différente de ce qui a été fait jusqu’alors.

      Répondre
  • 4 avril 2013 à 23:54
    Permalink

    Bonjour,

    J’aimerai bien avoir quelques conseils pratiques: mon fils 3 ans, ma fille, 20 mois. Ils se disputes toujours pour la meme chose 1 jouet ou un truc qu’ils veulent en meme temps. Je n’ai jamais trop su comment réagir, ce qui me dérange c’est que mon fils dit « NON!!  » 1 fois ou 2 puis commence a asséner de coups sa soeur, parfois juste une tape ou une gifle parfois il lui martelle la tete… intervention oblige: « Oui tu peux etre faché, non tu ne peux pas taper, tu peux demander de l’aide, appeler maman ou papa, quand tu est calmé tu viens faire un bisous a ta soeur et tu lui dis que tu ne vas pas recommencer » Voila en gros ma réaction verbale. Mais aussi je me met super en colere, ca bout a l’interieur et parfois g des gestes violent: je balance le jouet au loin ou j’attrape mon fils brusquement… Je ne sais pas comment réagir mieux, comment leur apprendre a faire autrement… J’ai des difficultés en général avec mon fils de 3 ans qui est boudeur et colérique et on a eu des périodes vraiment dures, et je ne supporte pas de le voir faire mal a sa soeur, qui commence a rendre les coup. (j’ai l’impression que ca va de pire en pire!!)
    J’aimerai bien avoir des conseils. En fait j’habite depuis 3 mois Au canada coté anglophone et je me sens parfois un peu beaucoup seule et dépourvue fasse aux difficultées de la maternité. Merci pour ce site qui me donne des idées et du courage au quotidien depuis que je l’ai découvert!

    Répondre
    • 11 avril 2013 à 20:23
      Permalink

      les rivalités entre frères et soeurs sont un sujet très complexe à vrai dire.
      Tu peux lui proposer d’exprimer sa colère d’une autre façon : en montrant une poupée ce qu’il voudrait faire à sa soeur par exemple, ou bien en faisant un gribouillage de la colère ou des expressions symboliques de ce genre.
      Cela l’aidera à se calmer.
      Une autre astuce : bien verbaliser sa colère en la mettant en lien avec ce qui l’a déclenchée : « oui tu es vraiment très fâché quand ta soeur veut le même jouet que toi ! » Il n’est pas juste fâché tout court, il est fâché suite à une situation bien précise. Cela peut l’aider à comprendre ce qui se passe et à faire le lien entre la situation et sa colère. Parfois les enfants ne font pas le lien, ils se sentent envahis par la colère sans savoir d’où elle vient.

      Autre petite astuce : ne pas lui faire promettre qu’il ne recommencera pas ;-). C’est un enfant de 3 ans, il est certain qu’il va recommencer plusieurs fois à taper sa soeur dans les 15 ans qui viennent. Je ne connais pas de relation entre frères et soeurs où les enfants ne se tapent jamais.
      Du coup, lui faire promettre ça, c’est le mettre à coup sur dans une situation d’échec dès qu’il sent une colère contre sa soeur arriver : il risque de faire le lien colère/taper, du coup quand il sent la colère, il va essayer de la bloquer pour ne pas taper … et ce faisant, il amplifie sa colère en essayant de la réprimer et quand elle sort, elle est violente.

      Je ne sais pas si ces quelques pistes de réflexion peuvent t’aider.
      Pour ta propre colère, effectivement, c’est difficile de voir nos enfants se faire mal volontairement. Pour ce point, je te renvoie à l’article que j’ai mis en lien dans mon autre commentaire (« je m’énerve trop vite »).

      Sandrine

      Répondre
  • 27 août 2014 à 14:09
    Permalink

    sandrine, il est où ton article où l’on « encourage » els enfants à s’entre tuer ? impossible de le retrouver (je l’ai révé ? )

    Répondre
    • 28 août 2014 à 18:05
      Permalink

      Je ne crois pas avoir écrit un article à ce sujet là uniquement (j’ai dû en parler dans l’émission de radio mais je n’ai pas fait l’article qui correspond :-D).

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :