Le guide des émotions : la honte, la compagne encombrante

Vendredi soir, j’ai donné une conférence à Val d’Isère. Pour ne pas avoir trop de route à faire de nuit (plus de 2h30 de trajet), j’ai dormi sur place. J’étais ravie d’avoir tout le nécessaire dans ma chambre pour me préparer une bonne tasse de café au réveil …

Mais au petit matin, face à ladite machine à café, comment dire … je me suis retrouvée un peu comme  une poule devant un couteau …

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Et ça m’a donné envie de vous parler de la honte

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La honte, ce sentiment horriblement désagréable

La honte est une émotion extrêmement désagréable. Elle vous prend au bide, vous fait battre le coeur, vous fait rougir, bégayer … Elle est désagréable aussi parce que la honte vient d’un des ressorts les plus puissants qui existe chez l’être humain : le lien au groupe !

La honte est en effet une émotion liée au jugement des autres : on ressent de la honte quand on pense avoir dérogé aux attentes du groupe, à ses valeurs. On se sent nul-le, pas à la hauteur de ce qu’attend le groupe de ses membres.

Quand vous regardez furtivement autour de vous si personne ne vous a vu vous étaler de tout votre long, c’est de la honte que vous ressentez 😉 …

Devant ma machine à café, en cherchant comment faire couler l’eau dans ma tasse, ce à quoi je pensais c’était : « si quelqu’un me voyait, il me trouverait bien bécasse !!!« . (et on est là dans une toute petite honte, on est d’accord 🙂 !!!)

Pas étonnant donc que le geste caractéristique de la honte soit celui de se cacher …

geste caractéristique de la honte : femme se cachant le visage dans ses mains

La honte diffère de la culpabilité qui, elle, nait dans le rapport à soi : nous culpabilisons quand nous avons dérogé à l’une de nos valeurs, quand nous pensons avoir failli sur le plan moral ou avoir fait du mal à quelqu’un d’autre.

Ce que la honte nous fait faire …

La honte nous pousse à cacher nos actes honteux à notre entourage, à dissimuler, à mentir, à travestir la réalité pour que personne ne sache.

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Cette tendance naturelle à cacher ses défaillances est extrêmement forte. Elle est fonctionnelle d’un certain point de vue : elle nous évite d’être rejeté du groupe à court terme puisque notre « défaillance » passe inaperçue.

Mais dissimuler a un prix. Au fond de nous, nous savons qu’il y a un risque que le pot-aux-roses soit découvert.

Pour éviter de nous faire prendre, nous devons devenir prudents, ne pas laisser voir ce qui ne semble pas correspondre aux attentes du groupe. Nous calculons nos actes, nos paroles, réfléchissant sans cesse à ce que nous pouvons dire et ne pas dire.

Difficile alors d’être spontané, qualité pourtant essentielle à la création de relations de confiance. Et dans une relation superficielle, le risque d’être exclu augmente.

Mais aussi, plus nous dissimulons, plus le mensonge prend de l’ampleur et de l’importance. Dissimuler un acte isolé est une chose ; en dissimuler plusieurs et pendant longtemps est beaucoup plus grave.

Plus nous dissimulons, plus nous créons les conditions de notre exclusion. Le mensonge s’aggrave, nos relations sont de plus en plus superficielles, nous dissimulons plus et plus longtemps. Nous avons donc de plus en plus de risques d’être exclus.

Face à la honte, nous avons tous le pouvoir d’aider … les autres !!!

La honte est une émotion sociale, liée au rapport aux autres. Elle ne se « soigne » pas individuellement, chacun dans son coin. Elle se soigne AVEC les autres, PAR les autres.

Souvenez-vous : la dernière fois que quelqu’un a avoué quelque chose de honteux en votre présence, comment vous vous êtes senti-e ? Probablement soulagé-e de l’entendre. Souvenez-vous comme vous avez eu envie, vous aussi, de parler d’expériences similaires … et comment vous vous êtes tous senti plus légers ensuite.

C’est la peur d’être exclu du groupe qui nous retient de dire. Mais dire nous libère. Cela suppose quand même quelques précautions : dire à un groupe non bienveillant n’est pas forcément la meilleure chose à faire 🙂 … Mais il est temps alors de réfléchir à l’intérêt que vous avez à appartenir à ce groupe là.

Face à la honte, vous pouvez donc faire un cadeau aux gens qui vous entourent pour les aider à sortir du piège de la honte !

Osez parler régulièrement de vos défaillances, de vos hontes, petites et grandes. En parlant de tout cela, vous autorisez les autres à faire de même et à se libérer du poids de la honte !


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A propos de la honte : pour aller plus loin

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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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Une pensée sur “Le guide des émotions : la honte, la compagne encombrante

  • 5 décembre 2017 à 11:30
    Permalink

    Article fort intéressant. Comme pour la culpabilité, j’aime bien quand tu replaces les émotions dans leur contexte: nous sommes des êtres sociaux!
    Et sinon, dans ma tête, il fait écho à la récente libération de la parole de nombreuses femmes: « parler pour que la honte change de camp ». Merci !

    Répondre

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