« A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? », un livre pour aborder la mort avec les enfants

Aborder le sujet de la mort avec les enfants n’est pas toujours facile.

J’avais déjà parlé par ici il y a plusieurs mois de la façon dont ma fille m’y a confrontée …

Nous avons souvent du mal à aborder ce sujet car nous craignons d’inquiéter les enfants inutilement.

Et pourtant, les enfants sont souvent beaucoup plus lucides sur la mort que ce que nous croyons et les laisser dans le flou peut parfois renforcer leurs angoisses légitimes.

En effet, si les adultes ne veulent pas aborder le sujet, ne serait-ce pas parce que les choses sont beaucoup plus graves que ce qu’ils avaient compris ?

Vous l’avez compris, je suis plutôt partisane de parler ouvertement de la mort avec les enfants lorsqu’ils abordent eux-mêmes le sujet et ce, même si – et surtout si – ce sujet est délicat pour nous.

Mais pour nous faciliter le travail, mieux vaut avoir un support qui permet d’expliquer des choses à partir d’un texte écrit par d’autres. Je trouve que c’est parfois plus facile car cela aide à libérer la parole quand le sujet est délicat pour nous

L’un des livres que j’aime bien pour parler de la mort est « A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? » d’Emmanuelle Piquet.

Ce livre ne parle pas de la mort en elle-même, de ce qu’il y a après – qui est aussi une question souvent posée par les enfants. Il aborde plutôt une question essentielle à mon avis pour apaiser son angoisse de mourir. Qui ne s’est jamais demandé en effet « à quoi ça sert de vivre si c’est on meurt à la fin ? » …

Et c’est en interrogeant son entourage – sa petite soeur, son grand frère, son cousin, sa maman, ses amis, son grand-père, … – que la petite fille qui pose la question-titre cherche des réponses. Chacun à sa façon répond à cette drôle de question de façon tendre, rigolote, sérieuse,

Ce qui apporte tout son lot de réflexion sur le sujet de la mort et de la vie avant la mort ;-).
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Mes enfants ont adoré ce livre qu’ils aiment parcourir avec moi, se reposant la question, trouvant de nouvelles réponses à chaque fois et m’interrogeant sur ma réponse à cette question si difficile.
Et c’est un si joli moment à partager avec eux !

 

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Sandrine Donzel

Inspiratrice de bienveillance … envers les autres et envers soi-même :-) …

Coach, formatrice, conférencière et auteure du blog S Comm C

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6 pensées sur “« A quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? », un livre pour aborder la mort avec les enfants

  • 24 février 2013 à 14:10
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    Merci pour le partage de ce livre et de façon plus générale pour ton blog qui est lumineux! Vers quel âge les enfants commencent-ils à poser des questions sur la mort? A quel tranche d’âge s’adresse ce livre?

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    • 24 février 2013 à 14:31
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      Bonjour Anne-Laure et merci pour ton compliment <3 !

      Il est difficile de donner des tranches d’âge car cela est très variable d’un enfant à l’autre et cela dépend aussi du contexte de l’enfant : a-t-il eu un/des décès dans son entourage ou pas (des personnes ou des animaux familiers) ? Ce sujet est-il abordé en famille ou pas ?
      Un enfant peut très très jeune se poser des questions sur la mort, surtout s’il sent que c’est un sujet qui pose question dans son entourage.

      Pour le livre en lui-même, il est relativement intemporel : il s’adresse aux enfants mais il questionne aussi les adultes en réalité ;-). Là aussi je dirais qu’à partir de 2 ans, ce livre peut être lu même si à cet âge-là certains sujets abordés – comme l’école, la réussite scolaire, … – seront plus difficilement compréhensibles par un enfant qui n’y est pas confronté. Il sera beaucoup plus approprié à partir de 3 ans environ je pense. Mon fils avait 3 ans à l’époque et il a adoré.
      Mais encore une fois, ça dépend beaucoup des enfants, de leur histoire, de leur contexte. Donner des tranches d’âge en matière d’enfants peut donc être un vrai piège.

      L’intérêt du livre est aussi – essentiellement – d’ouvrir la discussion avec les enfants sur ce qu’est le sens de la vie, ce qui donne du plaisir, … Et ça, c’est à n’importe quel âge ;-).

      Sandrine

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  • 24 février 2013 à 14:48
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    Merci pour tes précisions. Mon fils a 3 ans. Il n’a pas vraiment été confronté à la mort, à part 2 fois (il y a un an et hier) où nous avons retrouvé des petites mésanges mortes dans notre jardin. Je me suis justement dit hier que je sentais que bientôt, il faudrait répondre à ses questions… car la curiosité sans limite des enfants les amène à sans cesse décortiquer le quotidien.
    Si la question vient à moi, je pense que j’y répondrai avec le maximum de transparence. Maintenant, je ne me sens pas à l’aise d’être celle qui amène le sujet…
    Comment as-tu fait avec tes enfants : as-tu abordé le sujet ou as-tu attendu que tes enfants t’en parlent?

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    • 24 février 2013 à 14:56
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      Je ne me souviens pas exactement comment cela s’est passé initialement. Mais j’ai attendu une occasion. Je n’ai pas « fui » ce sujet et nous avons donc toujours parlé librement de la mort, que ce soit au sujet du chat qui mange une souris sur notre terrasse, de l’oiseau mort trouvé au bord du chemin ou de l’arbre sec.
      Par contre, je ne serais effectivement pas allée aborder ce sujet d’emblée comme ça, sans support. Mais la vie amène tellement d’occasions de parler de tout à qui sait les saisir qu’aborder ce sujet n’est pas moins rare que de parler de la pluie et du beau temps ;-).

      Sandrine

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  • 25 février 2013 à 12:03
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    Bonjour,

    Merci d’avoir fait un post sur ce livre, je vais aller l’acheter ce jour.
    En effet, j’ai malheureusement, et donc mes filles également, été confrontée à la mort. Ma maman a décidé de s’en aller car la vie avait été extrêmement difficile à son égard. Puis neuf mois plus tard, mon papa n’est jamais revenu de son voyage en Guadeloupe. Dire qu’il y était aller pour « s’aérer » et se remettre de la mort de sa femme.
    Mais je vais mieux. Je parle (grand avantage souvent pour les femmes!), je me soigne et mes filles aussi!
    J’ai toujours pensée que notre société créait beaucoup trop de tabous sur trop de sujet dont la mort.

    « Les enfants sont des éponges » : cette vérité je l’ai souvent vérifiée; par moi-même, à travers mes filles… Ils épongent en plus de leur propre douleur, celle des adultes qui se taisent en pensant les épargner; sans comprendre qu’ils leurs font plus de mal que de bien.

    Si vous êtes un jour confronté à la mort, il y a de très bon livre:

    – Les questions des tout-petits sur la mort de Marie Aubinais, Dankerleroux et Anouk Ricard
    – Au revoir Blaireau de Susan Varley, Raymond Farré et Marie Saint-Dizier
    – Le Petit Livre de la Mort et de la Vie de Delphine Saulière et Rémi Saillard
    – …
    Il y en a bien d’autres encore, à vous de trouver celui qui vous correspond.
    Ces livres aident les parents, les proches à trouver les mots qui seront compris par l’enfant face à cet évenement. Je trouve judicieux de les utiliser. Que l’on soit croyant, agnostique, athée… personne ne sait véritablement expliquer ce que l’on ne connait pas. En effet, personne n’en est jamais revenu !
    Le psychologue est également un vrai soutien. Mais là, c’est un autre sujet.

    Là où je trouve votre livre très bien, est qu’il pose une vrai question de fond. Une question qui n’est jamais dîtes mais toujours suggérée.
    Quand le travail de deuil a avancé et qu’il faut « comprendre »: pourquoi, à quoi cela sert… ce livre me semble pertinent.
    A force, la mort emplit l’espace de vie et c’est à ce moment là que la lecture du livre que vous conseillé, me parait judicieuse.
    « A quoi cela sert de vivre », c’est une question dont la ou les réponses appartiennent à chacun; à chaque expérience de vie ou de mort.

    L’extrai du livre que vous présenté est emplit de poésie, de douceur et de petits plaisirs transparents. Il me rappelle un moment du film « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » de J-P Jeunet. Je ne sais pas si vous vous souvenez du passage :
    « Amelie cultive un gout particulier pour les tout petits plaisirs…Plonger la main au plus profond d’un sac de grains, briser la croûte des crèmes brulées avec la pointe de la petite cuillère…et faire des ricochets sur le canal Saint-Martin… »
    Voilà, la vie c’est un peu cela : un coucher de soleil éclaboussant de couleurs, un sourire d’enfant, une brise de vent lorsque l’on a chaud…
    Je ne savais pas comment le faire comprendre à ma fille.
    Votre suggestion de livre vient de montrer ce qui se trouvait juste sous mon nez. Ah là là; que l’on est parfois si compliqué !

    Merci et bonne vie à toutes et à tous.

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    • 25 février 2013 à 12:13
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      merci pour votre message trés sensible et touchant.
      Merci aussi pour vos suggestions de lecture !

      Sandrine

      Répondre

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